Le grand dictionnaire historique/éd. de 1683

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À Mr moreri
Préface
Av roy
Privilege dv roy



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LE GRAND DICTIONNAIRE

OV

LE MELANGE CVRIEVX

DE L’HISTOIRE SACREE ET PROFANE,

QUI CONTIENT EN ABRÉGÉ

LES VIES DES PATRIARCHES, DES IVGES ET DES ROIS

de L’Ancien Testament ; des Souverains Pontifes de l'Eglisc ; des saints Pères &

Docteurs Orthodoxes, des Evêques des quatre Eglises Patriarchales,

des Cardinaux, des Prélats célèbres ; & des Hérésiarques :

CELLES DES EMPEREVRS DE ROME, DE GRECE, D'ALEMAGNE,

Chrétiens, Payens & Ottomans : des Rois, des Princes Illustres, & des grands Capitaines ; des Auteurs Grecs

& Latins anciens & modernes, des Philosophes, des Inventeurs des Arts, & des autres Personnes de toute

forte de Profeffìon, renommées par leur Erudition, par leurs Ouvrages, ou par quelque action éclatante,

IL FAIT AVSSI REMARQVER

Les plus importans Traitez des Auteurs ; les Opinions particulières des Philosophes ;

& les principaux Dogmes des Hérésiarques;

ET COMPREND

La Description des Etats, Empires, Royaumes, Provinces, Villes, Ifles, Montagnes & Fleuves considérables

de l’ancienne & nouvelle Géographie, ou l'on remarque exactement les bornes, la situation & les

qualitez des Païs ; les Moeurs, les Coutumes, le Gouvernement & la Religion des Peuples ;

Avec l’Histoire des Conciles Généraux & particuliers, des Synodes, des Conciliabules, & des autres

Assemblées Ecclésiastiques, en parlant des Villes où elles ont été tenuës :

Le nom, l’établissement, la propagation des Ordres Religieux & Militaires, la Vie de leurs Fondateurs ;

Les Généalogies, & les actions mémorables de plusieurs Familles Illustres ;

Et l'Histoirc fabuleuse des Dieux, & des Héros de l’Antiquité Payenne.

Le tout enrichy de Remarques & de Dissertations curieuses, tant pour l’éclaircissement des difficultez de la

Chronologie, que pour la decifion des controverses Historiques.

Troisième Edition, corrigée, & divisée en deux Tomes & 4 Parties.

Par Mre LOVYS MORERI, Prêtre, Docteur en Théologie.

TOME PREMIER.

A LYON,

Chez IEAN GIRIN, & BARTHELEMY RIVIERE, ruë Merciere, à la Prudence.

Et se vend A PARIS,

Chez DENIS THIERRY, ruë S. Iacques, vis-à-vis la ruë du-Plaftre.

M. DC. LXXXIII.

AVEC PRIVILEGE DV ROY.

A LYON

Chez IEAN GIRIN & BARTHELEMY RIVIERE, rue Mercières la Prudence.

Avec Privilege du Roy.

A MR MORERI Sur ses Sçavantes Recherches d'Histoire & de Géographie

SONNET.

ETRE un riche Trésor de Science profonde,
chercher dans les beaux Arts toutes ses voluptés,
Sçavoir ceux qui les ont autrefois inventés,
Et poster ses regards jusqu'au berceau du Monde :

Borner tous les Etats fur la Terre & fur f Onde,
Relever du néant les cendres des Cités ;
Etaler aux Mortels leur anciennes beautés,
Avoir de leurs Héros la mémoire seconde :

Affranchir les sçavans des ordres du trépas,
Marquer des Conquerans les vertus ejr les pas,
Des Siécles reculés conserver la mémoire :

Aux récits fabuleux donner un nouveau jour,
N'est-ce pas, cher amy, se placer à son tour
Dans le plus bel endroit du Temple de la Gloire ?

I. SPON, D.M.

A MR MORERI, Sur la première Edition de son Dictionaire achevé à l’âge de trente ans

MADRIGAL.

DAns une si grande jeunesse,

Mettre un Ouvrage sous la Presse,

Dont le vaste projet étonne les Sçavans

Chacun d'eux f admirant, s'écrie,

Que pour le composer il a falu trente ans.

De grâce, expliqués-nous ces secrets importans,

Le commetteates-vous en commençant la vie ?

Le Chevalier de C.

Sur la mort de l’Auteur,


COmme ce Ver industrieux,

Dont le fort est digne d'envie,

Se fait un Tombeau précieux,

Avant que de finir fa vie :

Ainfi l'illustre Auteur de ce Livre sçavant,

Vient de mourir en l’achevant,

Dans le plus beaux cours de son âge.

Mais je me trompe il est vivant

Dans cet incomparable Ouvrage.

T. DE LORME, Avocat au Parlement de Grenoble.

J’Ay lû un Livre intitulé Dictionaire Historique, ou Mélange curieux de l’Histoire Sacrée & Profane, par le Sr MORERI, P. D. E.T. à Paris le 28. May 1674.

Pour Monseigneur le Chancellier.

GRANDIN

PRÉFACE

ON a tellement décrié depuis quelque tems les Préfaces des Livres, que divers Auteurs se sont dispensés d'en mettre au commencement de ceux qu'ils ont donnés au public. J'ay pourtant crû que je ne les devois point imiter en cela & qu’il y a bien, de choses dans mon Ouvrage qu’il etoit important de faire remarquer à ceux qui se donneront la peine de le lire. Je dois avouer de bonne foy que ce n’est point une vaine démangeaison d'écrire, qui m'a engagé à composer ce Dictionaire. Ce sont mes Amis seuls qui l'ont voulu absolument, qui m'y ont forcé, & qui ont eû assez bonne opinion de moy, pour croire que je pourrois réussir dans cette sorte de travail. L'amitié preocupe furieusement : elle se fait fête de rien; & elle se croit tout permis quand il s'agit de disposer du loisir des personnes qu'elle engage. Ceux avec qui je suis uny par ce doux lien, parurent satisfaits de quelques Pièces que j'ay déja données au public ; & ayant vû des Remarques de l’Histoire que j'avois faite, pour mon usage, ils s'imaginèrent que je n’aurois pas bien de la peine à les ranger par ordre alphabétique, &: en former le Livre que vous Voyés. L'inclination particulière que j'ay toûiours euë à connoître les grands Hommes qui ont vécu dans chaque Siécle; & l'étude des Conciles, & des affaires Ecclésiastiques où ma profession m'a engagé, persuadoit encore à mes amis qu'il me seroit facile de composer un Dictionaire, qu'un deux nommoit l'EncycIopedie de l'Histoire ; Et que ce mélange curieux des choses Saintes & profanes, seroit extrêmement utile au public. Je donnois dans leur sens pour ce dernier point ; mais l'execution d'un dessein si vaste & si universel me faisoit peur. Je ne pûs pourtant me dispenser de l'entreprendre. C'est présentement à vous, MON CHER LECTEUR, à juger si j’y ay bien réussi. Ie ne m’en flatte pas : Je sçay que le plus parfait des hommes a ses défauts, & le Soleil mêmes a ses taches. Un Livre pour excellent qu'il soit, n'a pas le privilège de la Manne, d'être agréable à toute forte de goûts ; & souvent de certains endroits qui plaisent aux uns, sont tout à fait insupportables aux autres. Si cela est indubitable pour les Ouvrages ordinaires qui ne traitent qu'un sujet en particulier, il l’est bien davantage pour un Dictionaire Historique, où l'on est obligé de parler de tant de choses différentes. Il faut pourtant avouer que cette forte de Piece est bien utile & bien nécessaire, même pour les gens de Lettres. C'est pour cette raison que divers Auteurs anciens y ont travaillé, même devant S. Isidore & Suidas ; mais leurs Ouvrages ne font pas tous venus jusques à nous. Dans le dernier Siécle, Thomas Eliote, Gentilhomme Anglois, célèbre par l’amitié de Thomas Morus, eut la curiosité de faire un Recueil de tous ceux qui ont composé des Dictionaires, dans un Traité intitulé Bibliotheca Dictionaria . C'est ce que nous apprenons du docte Pitseus, dans

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PREFACE.

son Livre des illustres Ecrivains d'Angleterre, car je ne pense pas que cette Piece ait jamais été imprimée.

Mais peut-être que les Curieux seront bien aises de scavoir quelle a été la destinée des Dictionaires Historiques ; & qui a été le premier dans le dernier Siécle, qui s'est donné la peine d'y travailler. Érasme avoue en quelque part, qu'il avoit eu dessein d'en composer un, pour le soulagement de ceux qui commençoient à lire les Poètes : Mais il n'exécuta pas ce dessein. Un Auteur anonyme, qui se dit des amis d'Erasme, en publia un vers l'an 1534. Cette Piece imprimée à Bâle, ne fut pas beaucoup estimée ; aussi n'étoit-elle qu'un recueil de quelques mots tirés du Dictionaire d'Ambroise Calepin, qu'on avoit réimprimé à Venise, avec une augmentation considérable. Quelque tems aprez, Jean Cibenius Alemand, publia un Dictionaire intitulé, Lexicon Historicum ac Poëticum. Cet Ouvrage est tresbien conduit, & il fut imprimé à Lyon chés Geofroy Beringue en 1544. Depuis Charles Etienne en composa un nouveau, qu'il rendit aussi Géographique ; & comme l'on en fit diverses éditions, on se donna la peine de l'augmenter toutes les fois qu'on le mit fous la presse. Mais comme ce Livre avoit été mis en un Volume in quarto, on le trouva trop incommode pour les escoliers, & c'est ce qui donna la pensée d'en faire un abrégé fous le nom d’Amaltheum Poèticum & Historicum, tel que nous l’avons auiourd'huy. Cependant le Dictionaire d'Etienne étoit estimé. Le Sr de Juigné Broissiniere, Angevin, en fit une traduction en François, avec des additions selon les connoissances qu'il pouvoit avoir, & pour s'accommoder à notre usage. Mais comme presque toutes ces additions font tirées des Ouvrages de Magin & de Sebastien Munster, qui sont des Auteurs peu estimés pour avoir trop donné dans les fables, ce nouveau Dictionaire est peu utile pour les ieunes gens, qui ne sçavent pas faire la différence de ce qui est véritable, d'avec ce qui ne l’est pas. C'est ce que mes amis me disoient pour me persuader d'entreprendre cét Ouvrage. Nous en avons un, qui est appelle Bibliothèque Universelle, composé par le Sr Boyer. C'est un gros Dictionaire in folio, qui contient plusieurs noms propres d'hommes, de païs, de villes, d'animaux, de plantes & d'autres choses expliquées assés au long en quelques endroits de ce Livre. Il y a cecy de particulier, que ces noms sont rangés selon les terminaisons, de sorte que c'est proprement un Dictionaire de rimes. Les verbes s'y trouvent dans tous leurs tems & leurs personnes ; avec tous les mots François qu'on peut former, comme les composés, les dérivés & les diminutifs. Cet ordre renversé est plaisant à considérer.

Outre ces Dictionaires dont j’ay parlé, nous en avons d'autres qui sont excellens, comme le Poétique de Robert Etienne, celuy des Villes d'Etienne de Bizance, ou comme les doctes le nomment de Stephanus ; & le Géographique d'Ortelius & de Ferrari, tel que nous l’avons, augmenté par M. le Prieur Baudrand ; sans parler du Philosophique de Goclenius, du Chimique de Rutlandus, du Mathématique de Dasypodius & deVitalis ; &; de quelques autres pour la Jurisprudence, pour la Médecine, & des Vocabulaires pour les mots Grecs & Latins. Ces Livres sont d'une merveilleuse utilité, & les gens de Lettres en ont fait une estime particulière. Celle qu'on a eu pour les Ecrivains célèbres, a donné la pensée à ceux qui les ont suivis, d'en dresser des Catalogues, pour conserver leur mémoire à la postérité. C'est ce qui a été heureusement exécuté par plusieurs Auteurs de toute forte de nations, comme saint Jérôme, Gennade, Honoré d'Autun, S. Ildefonse, S. Isidore, Sigebert, Henry de Gand,Tritheme, Sixte de Sienne, le Cardinal Bellarmin, & divers autres. Quelques Auteurs ont dressé des Catalogues de

PREFACE.

tous tes Ecrivains Grecs & Latins. Conrard Gesner de Zurich a servy de guide à tous ceux qui aiment ces Ouvrages, dans la Bibliothèque des Auteurs qui ont vécu jusques à son tems. Elle fut si bien reçue que Licosthene, Antoine du Verdier Vauprivas, & quelques autres, tâchèrent d’acquérir de l’honneur en y ajoutant le nom de quelques pièces qui y manquoient. Josias Simler en fit un Abrégé, Le docte Antoine Possevin Jesuite, a suivy le même dessein de Gesner, dans son excellent & Curieux Apparat sacré. Ce qui est bon & utile, est presque toujours l'objet de beaucoup de personnes. Ainsi on entreprit en France le même dessein & afin de montrer les richesses de nôtre Langue. Le Sr de la Croix du Maine publia une Bibliothèque, où il parle de tous les Auteurs qui ont écrit en François depuis plus de cinq cens ans, jusques à luy. Cela fut imprimé à Paris chés Abel Angelier, en 1584. L'Année d'aprez, Antoine du Verdier Sr de Vauprivas, donna au public un Ouvrage d'un semblable projet, sous le même nom de Bibliothèque. Il fut imprimé à Lyon chés Barthélemy Honorât. L'un & l'autre parlent des Auteurs qui sont venus à leur connoissance, & ils nomment souvent les mêmes; mais leur méthode est différente. La Croix du Maine nomme plus d'Auteurs connus que du Verdier, & rapporte quelque chose de leur condition & de leur vie. Au contraire Du Verdier rapporte souvent des pièces entières des Auteurs. Le P. Louis Jacob, Carme, qui nous a donné un Traité des plus belles Bibliothèques du monde, nous promettoit un grand Ouvrage, utile, comme il le disoit, à la nation Françoise ; & souhaitté avec passion des étrangers. C'était une Bibliothèque Universelle de tous les Auteurs de France, qui ont écrit en quelque forte de Sciences & de Langues que ce soit. Il la promettoit en quatre Volumes in folio, deux en Latin, & deux en François, C'est un grand malheur pour les Curieux que cet Ouvrage n'ait, pas été imprimé. Le P. Iacob ne manquoit pas d'érudition, il â publié divers Traités qui le témoignent. C'est luy qui dressoit il y a vingt ans le Catalogue des Livres qui s'imprimoient en France, fous le nom de Btbliographia Gallica unirversalis & qui a écrit Bibliotheca Pontificia, & Bibliotheca Foeminarum.

Ce soin de conserver la mémoire des Auteurs, a été commun à toutes les nations ; & il y en a peu qui n'ait eu quelque Sçavant qui ne se soit donné la peine de recueillir ces noms illustres. Bal ou Balaeus & Pitseus ont travaillé pour les Anglois : Iacques Warëus pour ceux d'Irlande : Le Mire, François Swert, Valere André, &, pour ceux des Païs Bas : Corneille Callidius & quelques autres pour ceux d'Allemagne, aussi bien que Melchior Adam qui nous a donné les vies des Théologiens, des Philosophes, des Iurisconsultes & des Médecins de ce païs, qui vivoient dans le dernier Siécle. Suffridus Pétri a recueilly les noms des Auteurs de Frise : Simon Starovolscius ceux de Pologne : le P. André Schot, Alphonse Garcias, & Nicolas Antoine de Seville, ceux d'Espagne : Vberto Folieta, Raphaël Soprani, & Michel Iustiniani, ceux de la côte de Gènes, & de toute la Ligurie. Plusieurs ont travaillé au recueil des Auteurs des Villes : comme Iacques Thomasin de ceux de Padoue, Iean Antoine Bumaldi de ceux de Bologne, Ierôme Rubei de ceux de Ravenne, Corio & Ripamonte de ceux de Milan ; Hugolin Verrin de ceux de Florence, Sandere de ceux de Gand, Iule du Puy des Iurisconsultes de Veronne. Le P. Louis Iacob dont j'ay déja parlé, de ceux de Châlon fur Sône, le Sr Pitton de ceux d'Aix en Provence, &c. Les Historiens des Provinces particulières, ont aussi parlé des Hommes de Lettres qui y ont fleury ; & c'est ce que nous voyons observé avec assés d'exactitude dans l’Histoire de Dauphine écrite par le Sr Chorier, dans celle de Languedoc par le Sr Catel, dans celle de Provence, du Sr Bouche ; & ainsi de grand nombre d'autres. Ie dis le même pour les Ordres Religieux,

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PREFACE

qui ont tous eu quelqu'un qui a fait des Bibliothèques, & des recueils de leurs Ecrivains. Pour les Bénédictins, Tritheme, Arnoul, Wion, & Pour les Chartreux Pierre Dorland & Théodore Petreius. Pour les Dominicains, Leandre Albert, Antoine de Sienne, Alfonse Fernandes, Ambroise Gozzée, Pierre Malpaeus, &c. Pour les Carmes, Arnoul Bostius, Pierre Luce, Marc-Antoine Alegre, & Pour les Religieux de l'Ordre de S.François, Henry Willot, Vadinge, &c. Pour ceux de Premontré, Iean le Page. Pour les Iesuites, Pierre Ribadeneira & Philippe Alegambe. Ce qu'on peut encore assurer de presque toutes les autres Congrégations Religieuses. Dans les Professions illustres, dans les Académies, & dans les Chapitres, il y a eu des Curieux qui ont recueilly le nom de leurs Confrères. Ainsi Bernard Rutilius, Bernardin Gasneri, Iean Forster, Iean Nevisan, Iean Fichard, Wolfangus Freimonius, Iean Bertrand, &c. ont travaillé au recueil des Iurisconsultes célèbres ; Et celuy des Médecins a été fait par Simphorien Champier, Iean George Schenck, Remacle Fusch, Pierre Castellan, Vander Linden, &c. Nous avons aussi les Vies de divers Académiciens, comme de ceux de l'Academie Françoise, dans l’Histoire de cette célèbre Compagnie, écrite par M. Pelisson ; de quelques autres Académies d’Italie ; des Professeurs des Universités de Leiden, de Groningue, &c. Des Peintres par Vasari, par le Chevalier Rodolfi, & par M. Fillebien, dans les Entretiens curieux de ceux de cette profession. Les Vies des Evêques font recueillies dans les Histoires des Eglises particulières, que nous avons en grand nombre. Elles ont été assemblées, pour la France dans le Gallia Christiana de MM. de Sainte Marthe : Pour l'Italie dans îltalia Sacra de l'Abbé Vghel : Pour l’Angleterre dans l’Histoire Ecclésiastique de Nicolas Harpsfeldt : Pour le Païs-Bas dans Gazey, le Mire, Sandere, &c. Enfin ce soin a été si fort du goût de quelques Ecrivains de ce dernier Siécle, qu'Antoine Sandere a fait un recueil de tous les Auteurs qui avoient nom Antoine : Le P. Théophile Rainaud, des Théophiles : Le P. Philippe l'Abbé, des Philippes: M. André du Saussay, des Andrés: Iean Mursius, des Antigones, des Aristoxenes, des Nicomaches, des Philostrates, &c. Leon Allatius, des Siméons, des Philons, des Pselles, des Methodius, &c.

Je ne dis rien des Vies particulières des grands Hommes, quoy qu'elles se rapportent au même dessein; comme des Papes & des Rois, dans les Histoires particulières : des Ministres d'Etat de France, dans le Traité publié par M. le Comte d'Auteuil : Des Cardinaux, par Ciacconius, Aubery, &c. & de ceux de France, par du Chesne & Frizon : Des Hommes illustres & des grands Capitaines,par M. de Brantôme : De plusieurs grands Capitaines François, par M. le Baron de Forquevauls, & ainsi de quelques autres. Mais je ne me sçaurois dispenser de dire un mot de divers Eloges que nous avons ; & qui ont été dressés par Paul Iove, par Thevet, par Papire Masson, par Sandere, par le Mire, & par Scevole de Sainte Marthe, qui a composé ceux des doctes François. Nous avons aussi les Portraits des Hommes illustres par Beze, & par Iacques Boissard ; les Eloges des doctes malheureux par Pierius Valerianus, & des gens de Lettres de toute forte de nations par Laurent Crastò. Ce dernier Ouvrage est en Italien. Ianus Nicius Erithraeus, dont le véritable nom est Iean Victor Rossi, a écrit en Latin ceux des Hommes d'esprit qui ont vécu de son tems, dans son Livre intitulé Pinacotheca ìmaginum illustrium. Iean Bocace, Ioseph Betussi, Pierre Paul de Ribera, François Serdonati, François Augustin délia Chiesa, Iacques Philippe de Bergame, Bernardin Scardeoni, Iules César Cappacio, Charles Pinto,1e P. Hilarion de Coste, &c. ont écrit l'Eloge des Dames illustres ; Et M. de Brantôme a composé les Vies de celles qui vivoient en France de son tems. Lilio Giraldi, Crinitus, Scaliger & Voffius

PREFACE.

Vossius ont fait des recueils des Poètes. Ce dernier a fait des Traités des Mathématiciens, des Philosophes, des Orateurs & des Historiens Grecs & Latins. La Popeliniere a parlé des Historiens : Nostradamus a laissé les Vies des Poètes Provençaux : Martin Zeiller a écrit un Traité des plus célèbres Historiens, Chronologues & Géographes : Iean André Quenstedt a composé un Ouvrage du lieu de la naissance des gens de Lettres, intitulé, de patriis illustrium doctrina & scriptis Virorum ; Et enfin le Père Labbe nous a donné un Recueil de tous les Auteurs qui ont écrit des Eloges, des Vies, des Dictionaires, des Bibliothèques, &c. dans un volume in-8°, intitulé, Bibliotheca Bibliothecarum.

Tous ces Ouvrages sont, en certain sens, des Dictionaires, dont je me fuis servy pour composer celuy que vous voyés. Ie n'y rapporte rien dont les Auteurs que je cite ne me soient garans. J'ay taché de n'y rien mettre d'inutile, & de n'y rien oublier de tout ce qui pouvoit satisfaire la curiosité des Lecteurs. A la vérité je pouvois composer un plus gros volume, bien qu'il le soit beaucoup : Mais si je prens garde que cette sorte de travail plaise au public, il ne me fera pas difficile de le faire dans une seconde édition. On me persuade qu'on ne tardera pas long-tems d'y travailler. l’ay été assés exact pour la Chronologie; & je me suis attaché au sentiment des Auteurs qui sont les plus doctes, les plus raisonnables, & les mieux suivis. En parlant des Villes, je rapporte les Conciles qu'on y a assemblés, commençant par les Généraux ; & souvent je remarque les Canons qui me plaisent davantage. En cela je ne me suis point fait d'ordre particulier ; & j ay suivy mon inclination & mon génie. Quelquefois je fais de petites Dissertations, pour éclaircir les difficultés de Chronologie, & pour terminer les Controverses Historiques. Ces Dissertations font ordinairement marquées par une main de cette façon . le ne décide pourtant pas en maître, & je rapporte seulement les différentes opinions des Auteurs. Les Lecteurs s'attacheront à celle qui sera le plus de leur goût. En parlant des Nations, je distingue mon sujet par Articles, qui sont la division du Païs, les coutumes des Habitans, leur Gouvernement & leur Religion. Ce que je termine par la citation des Auteurs qui en font mention ou qui en ont écrit l’Histoire. En parlant des Auteurs, je remarque les plus beaux Ouvrages qu'ils ont laissés. En nommant les Hérésiarques, je rapporte leurs principales erreurs : Et en mettant les Philosophes, je mets aussi leurs opinions les plus importantes. J’ay tâché de parler des Villes Episcopales, & de marquer leur nom Latin, ancien & moderne. Pour les personnes illustres, voicy l’ordre que je me suis proposé. Ie commence par mettre les Papes, les Rois de France, les Empereurs & les autres Princes. En suite je parle des gens de Lettres; & à la fin je remarque encore en abrégé & tout de fuite, ceux qui font le moins connus, l'observe pourtant toujours l’ordre alphabétique. Ie ne dis rien des Saints qui n’ont point écrit, parce que ce n'est pas un Martyrologe que je compose, je fais seulement mention de çeux qui ont eu part aux affaires importantes de l'Eglise ; des Evêques des quatres Eglises Patriarchales ; des Cardinaux & des Prélats célèbres ; & des Fondateurs des Ordres Religieux & Militaires. Les differens sentirnens des Auteurs m'ont souvent bien donné de la peine, quand il s'est agy de se fixer à quelque chose, & de faire choix des matières. Ie dis le même pour la Géographie, où les Auteurs font si partagés, & si peu d'accord entr eux.

Aprez tout, ma consolation est que cet Ouvrage peut être utile à toute sorte de personnes, & que s'il n'est agréable par la dignité de quelques unes de ses matières, ou par la grâce du langage, il le pourra être par sa diversité & par la nouveauté de fa méthode & de son ordre. J’oubliois de dire que j'y par-

e4 PREFACE.

le des Dames illustres & sçavantes, & des Héros de l'Antiquité Fayenne & Idolâtre. Souvent j'explique cette Théologie ingénieuse des Anciens, que nous nommons Mythologie. Ie prie les Lecteurs de ne m'imputer pas toutes les fautes qu'ils trouveront dans ce Livre. Ie l’espere de ceux qui fçavent la difficulté qu'il y a de les éviter dans les Livres d'Histoire & de Chronologie, où il y a une infinité de noms propres & extraordinaires aux Compositeurs ; & un si grand nombre de chiffres & de citations. Aprez ces excuses, par lesquelles je travaille peut-être en vain a me préparer des Lecteurs favorables, je dois les avertir que cét Ouvrage a demeuré treslong-tems sous la Presse ; &c que souvent j'y parle des choses comme nouvelles, qui ne le seront plus aujourd'huy. Ceux qui voudront voir l’Histoire des Hommes de Lettres, ou de quelques autres personnes Illustres, la chercheront par le nom propre, & s'ils ne la trouvent pas, ils viendront au nom appellatif. Ie m'attache pour l’ordinaire à celuy qui est le plus connu. Voilà, MON CHER LECTEVR, ce que j'avois dessein de vous dire. Ie ne demande rien de déraisonnable ; & à parler de bonne foy, il y auroit de l’injustice a condamner celuy qui ne réussit pas dans un bon destein ; & qui fait mal ce qu'il a eu dessein de bien faire. l’ay commencé cet Ouvrage à l’âge de vingt-cinq ans ; & Dieu me donnera peut-être encore assés de vie pour le revoir plus d'une fois & d’y corriger les fautes qu'on m'y fera remarquer. Je recevray avec plaisir &s avec gratitude les avis qu'on me donnera pour cela. Ie seray aussi beaucoup obligé à ceux qui me voudront fournir des mémoires, ils pourront s'adresser au Libraire. En attandant ces faveurs, il faut que je die encore que si je n'ay pas le bonheur de plaire à tout le monde, du moins je n'ay point eu dessein d'offenser personne. Car il est seur que je n'ay rien écrit contre ma conscience , ny contre la vérité qui m'ait été connue. Aussi je me soumets au jugement d'un équitable Lecteur, ayant appris de Clément Alexandrin à ne me soucier guère d'être repris, pourvu que je ne le puisse pas être avec raison. Ie soumets aussi cet Ouvrage au jugement de l’Eglisc Catholique, Apostolique & Romaine, que je reconnois pour ma bonne & unique Mère, & pour ma Maîtresse . Ie souscrits par avance â toutes ces censures ; parce que je fais gloire de dire avec un S. Evêque de Barcelone, que Chrétien est mon nom, & Catholique mon surnom. Christianus mihi nomen est, Catholicus vero cognomen : Illud me nuncupat, istud ostendit.

AV ROY

SIRE

La liberté que je prens d'offrir à VÔTRE MAJESTÉ ce mélange curieux de l'Histoire Sacrée & Profane n'est pas seulement un effet de mon inclination respectueuse pour tout ce qui peut Luy être agréable ; C'est une loy qui m'a été imposée par un amy qui n’est plus, & qui a voulu acquérir une nouvelle vie, en consacrant les fruits de ses veilles à VÔTRE MAJESTÉ. Ce grand travail, SIRE, dont feu M. Moreri avoit déja donné une partie au Public fous le titre de Dictionaire Historique, n’etoit pas dans toute fa perfection ; il est maintenant achevé, par l’augmentation d'un second Volume, & par la correction tres-exacte qu'il en a faite. VÔTRE MAJESTÉ verra fans doute avec étonnement, qu'à l’âge de trente sept ans, cét Auteur ait pu finir un Ouvrage de tant d'étendue, & de tant de sçavoir : de sorte qu'on peut luy appliquer justement ces paroles sacrées de la Sagesse, Qu’en peu de tems il a rempli le cours d'une longue vìe. Il a parcouru avec rapidité les anciens §£ nouveaux Historiens, & quelque foin qu’il ait pris d'en recueillir les evenemens les plus remarquables, il n'a rien trouvé qui approche des prodiges qui composent la Vie de V. M. Il a admiré cette supériorité desprit Sc de valeur, qui Vous élevé au dessus de tous les Princes du Monde ; cette grande puissance qui Vous fait révérer par toutes les Nations ; & plus encore cette Science de bien Régner, dont 1 éclat semble navoir excité lenvie,que pour donner lieu à VÔTRE MAJESTÉ d'en triompher plus glorieusement. H a enfin considéré V. M. comme un Roy qui a rassemblé en sa personne, le mérite de tous ces grands Princes dont les Siécles pasiez ont célébré la mémoire. C'est dans ce sentiment, SIRE, que cét excellent Auteur auroìt voulu nous laisser FHistoire entière de VÔTRE MAJESTÉ, Mâis connoissant bien qu'il n est pas moins difficile decrsre tous ses miracles, qu'il est impossible de les imiter, il s est contenté de nous représenter en gênerai l'autorité que V. M. a si heureusement employé pour abbatre FHeresie, pour conserver la pureté de la Religion, &: pour étouffer toutes les semences de nouveauté, le bon ordre .qu Elle a rétably dans Fadministration de lalustice & des Finances, la rigueur qu Elle a exercé pour arrêter la fureur des duels ^particulièrement fa Conduite si admirable en ses Armées toujours victorieuses, qui ont rendu V. M. Farbitre de la destinée de toute FEurope. C'est aufsì par une juste reconnoissance qu'il auroit souhaitté de VOUS présenter un Ouvrage qui devoit tirer son principal ornement de la gloire de Vôtre Nom. La briefveté de ses jours ne lu y a pas permis de s'acquitter luy-même de ce devoir, & m'ayant choisi pour exécuter ses dernieres volontez, j'y satisfaits, SIRE, avec d autant-plus d'avantage pour moy, que la cessation de mes emplois ayant ôté à ma plume le peu de force quelle pouvoit avoir tiré de Fhonneur de servir VÔTRE MAJESTÉ, depuis vingt-trois ans, je sens qu'elle se ranime dezie e moment quelle peut vous marquer mon zèle. Et comme ces Peintres qu'on sçait avoir été si remplis de leurs passions qu'ils ne pouvoient oublier ce qu'ils aimoient, & en exprimoient quelque -ressemblance dans tous leurs tableaux; je ne puis oublier tant de grandes & sages pensées de VÔTRE MAJESTÉ, qui mont été confiées par trois differens Ministres de son Etat, & mon esprit toujours occupé de ces grandes idées, rend ma plume inhabile à tout autre usage qu'à celuy du service de VÔTRE MAJESTÉ. Ie la supplie d'agréer les treshumbles protestations que je Luy en fais, & de croire qu'on ne peut être avec plus de vénération és de respect que je suis,

SIRE,

DE VÔTRE MAJESTÉ Le tres-humbìe, tres-obeïssant, & tres-fìdelle serviteur & sujet

PARAYRE

A Paris ce 2.

Ianvier 1681.

PRIVILEGE DV ROY

LOVIS PAR LA GRACE DE DIEV, ROY DE FRANCE ET DE NAVARRH,

£ÈS§[ 0WÌp§Ê -A nosamez & seaux Conseillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maistres des S/W áSIW* ^cqueftes ordinaires de nostre Hostel, Grand Conseil, Baillifs, Sénéchaux, Prevosts, leurs \IÉP^ £^ vw Lieutenans, & à tous autres nos lusticiers & Officiers qu'il appartiendra. Salut. Nos chers lUi? ife'sllt ^ ^en âllleZ IEAN GIRIN & BARTHÉLEMY RIVIÈRE, Marchands Libraires de nostre yÊjSÊé&zM§^5& Ville de Lyon, nous ont fait remontrer, qu'ayant cy-devant imprimé en vertu de nos Lettres de Privilège un Livre intitulé, Le grand Ditìionaire Historique, ou le Mélange curieux de VH islo'rre sacrée & profane, composépar le steur ~Lovis MORERI, Prestrc Dottcnr enTheologie, il se seroit trouvé si utile pour le public, que plusieurs personnes d'érudition auroient conseillé aux Exposàns, afin de mettre ce Livre dans sâ perfection, d'engager l'Auteur à le revoir, le corriger & l'augmenter de quantité de choses curieuses, tant de l’Histoire, & de la Géographie, que des autres Sciences ; ce qui rend cet Ouvrage' tres-considérable, & si diffèrent de la première édition, qu'on peut dire non seulement qu'il n'est plus reconnoissable, mais que c'est véritablement un Ouvrage nouveau, qui a causé tant de soin & de fatigue à l'Auteur, quoy que jeune, fort & robuste, qu'il est mort avant que de l'avoir pû finir : de telle sorte que les Exposons qui av oient déja dépensé prezde dix mille écus pour réimpression dudit Livre, ont esté contraints de faire de nouveaux frais pour Faehever ; &: l'ayant donné au public, ils orit esté avertis que Nous avons fait tres-expresses inhibitions & défenses à tous Imprimeurs, Libraires &c autres, d'imprimer, ny mesme de réimprimer à l'avenir aucun Livre, sous quel prétexte que ce soit, sans nestre permission : ce qui les oblige d'avoir recours à Nous,& de Nous supplier tres- humblement de vouloir leur accorder nos Lettres fur ce nécessaires, pour leur servir comme de premier Privilège, ce Dictionaire estant augmenté de plus de la moitié, & contenant à présent deux gros volumes in folio. A CES CAVSES, voulant favorablement traitter lesdits Exposàns, & leur procurer les moyens de se dédommager des frais qu'ils ont faits pour l'impression dudit Livre, Nous leur avons permis, accordé, permettons & accordons par ces présentes d'imprimer ou faire imprimer, vendre & débiter en tous les lieux de nostre Royaume, Païs,Terres & Seigneuries de nostre obéissance» le grand Dïclionaire Historique, ou, le Mélange curieux de l’Histoire sacrée & profane, composé, revu, corrigé & augmenté par ledit sieur MORERI, soit en Latin, ou en François, ensemble, ou séparément, entier, óupar abregé, en tels volumes, marges & caractères, & autant de fois que bon leur icmblera, durant le tems de dix années consécutives, à compter du jour que chaque volume fera achevé d'imprimer pour la première fois ên vertu des Présentes ^lesquelles leur serviront comme de premier Privilège, attendu que l'Onvrage est non seulement tout changé, mais qu'il est mesme augmenté de plus de la moitié. Pendant lequel rems Nous faisons tres-expresses inhibitions & défenses à toutes personnes, de quelle qualité & condition qu'elles soient, Imprimeurs, Libraires & autres, d'imprimer, faire imprimer, vendre & débiter ledit Livre, sons prétexte d'augmentatiori,correction,changcment de titre, fausses marques, ou autrement, en quelque forte & manicre que ce soit, ny d'en faire des Extraits ou Abrégez, pas mesme de Fimprirner sur l'Edition que les Exposàns en ont cy-devant faite, nonobstant le Règlement du xj. Février 1665.auquel nousavons dérogé & dérogeons par ces présentes pour cet égard seulement, Sc sans tirer à conséquence. Défendons en outre à cous Marchands étrangers d'en apporter ny distribuer en ce Royaume d'autres Impressions que de celles qui auront été faites du consentement des Exposàns, à peine de six mille livres d'amende, payables par chacun des contrevenans, & applicablcun tiers à Nous, un tiers à l'Hospital General de nostre bonne Ville de Paris, & l'autre tiers aux Exposàns, de confiscation des exemplaires contrefaits, & de tous dépens, dommages & interestsjA condition qu'il fera mis deux exemplaires dudit Livre dans nostre Bibliothèque publique, un en celle du Cabinet de nos Livtes de nostre Chasteau du Louvre, &: un en celle de nostre tres- cher & féal le Sieur le Tellier,Chevalier Sc Chancelier de France, avant que de l'exposèr en vente ; A la charge, aussi que l'impression en sera faite dans le Royaume, & non ailleurs, Sc que ledit Livre fera imprimé fur de beau & bon papier, & de belleimpression -, & ce suivant ce qui est porté par lc Règlement fait pour la Librairie Sc Imprimerie, au mois de Iuin 1G18. enregistré en nostre Cour de Parlement de Paris le 9. Iuillet ensuivant, à peine de nullité des Présentés ; lesquelles seront enregistrées dans le Registre de la Commu nauré des Imprimeurs & Libraires de nôtre bonne Ville d« Paris. Si vòus mandons & enjoignons, que du contenu en icellesvous fassiez jouir pleinement & paisiblement lesdits Exposàns, ou ceux qui auront droit d'eux, fans souffrir qu'il leur sbit fait ou donné aucun empêchement : Voulons aussi qu'en mettant au commeneement ou à la fin dudit Livre une copie des Présentes, ou extrait d'icelles, elles soient tenues pour bien & dûement sighifiées, & que foy y soit ajoutée, Sc aux copies collatiònnées par un denos amez & seaux Conseillers Sc Secrétaires, comme à l'Original : Commandons au premier nostre Huissier ou Sergent fur ce requis, de faire pour l'execution d'icelles tous exploits, saisies, & autres actes nécessaires, fans demander autre permission; nonobstant toutes oppositions y ou appellations quelconques, Clameur de Haro, Chartre Normande, Sc autres Lettres à ce contraires: ÇA R tel est nostre plaisir. Donné à Paris ce seizième jour de May, l'an de grâce mil six cens quatre-vingt un; Et de nostre Règne le trente- neufiéme. PAR LE ROY EN SON CONSEIL, Signé, LE PETIT -,Et scellé du grand Sceau de cire jaune.

Regifre fur le Livre de la Communauté des Imprimeurs & Libraires de Paris, le iy.May 1.68.i.suivant l'Arrest du Parlement du 8. Avril 16 53. &%celuj>du Conseil Privé du Roy, du 2.7. Février 166$. Signé A N~ G O T, Syndic. Les Exemplaires ont été fournis.

Lesdits Sieurs GIRIN ET RIVIÈRE ont cédé Sc transporté moitié dudit Privilège au Sieur DENYS THIERRY, Marchand Libraire & ancien Consul des Marchands à Paris, pour en jouïr conjointement entre eux, suivant leurs paches.