Les Œillets rouges

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F. Roy, libraire-éditeur (p. 158-159).

LES ŒILLETS ROUGES

Dans ces temps-là, les nuits, on s’assemblait dans l’ombre,
Indignés, secouant le joug sinistre et noir
De l’homme de Décembre, et l’on frissonnait, sombre,
Comme la bête à l’abattoir.

L’Empire s’achevait. Il tuait à son aise,
Dans sa chambre où le deuil avait l’odeur du sang.
Il régnait, mais dans l’air soufflait la Marseillaise.
Rouge était le soleil levant.


Il arrivait souvent qu’un effluve bardique,
Nous enveloppant tous, faisait vibrer nos cœurs.
À celui qui chantait le recueil héroïque,
Parfois on a jeté des fleurs.

De ces rouges œillets que, pour nous reconnaître,
Avait chacun de nous, renaissez, rouges fleurs.
D’autres vous reprendront aux temps qui vont paraître,
Et ceux-là seront les vainqueurs.


Le second feuillet des Œillets rouges fut écrit à Versailles, à travers l’hécatombe de 1871 et envoyé à Ferré, condamné à mort. Le voici :