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Les Amours (1553)/Poème 138

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Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 160).

Dieus, si là haut s'enthrône la pitié,
En ma faveur, ores ores qu'on jette
Du feu vangeur la meurtriere sagette,
Pour d'un mauvais punir la mauvaistié,

Qui seul m'espie, & seul mon amitié
Va detraquant, lors que la nuit segrette,
Et mon ardeur honteusement discrette,
Guident mes pas où m'atent ma Moitié.

Accablés, Dieus, d'une juste tempeste
L’œil espion de sa parjure teste,
Dont le regard toutes les nuis me suit :

Ou lui donnés l'aveugle destinée
Qui aveugla le malheureus Phinée,
Pour ne voir rien qu'une eternelle nuit.