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Les Anacréontiques/Sur l’Or

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Les AnacréontiquesAlphonse Lemerre, éditeurPoésies d’Auguste Lacaussade, tome 1 (p. 94-96).

XXIII

SUR L’OR


 
Si des mortels l’or prolongeait la vie,
Avoir de l’or serait ma seule envie,
Et le garder mon plus constant effort ;
Et quand viendra l’heure amère où la mort,
Apparaissant, me dira de la suivre,
Je répondrais : « Prends tout, laisse-moi vivre ! »

Mais puisque l’or ne peut nous racheter
Du noir Hadès qui jamais ne pardonne,
Pourquoi gémir ? pourquoi se lamenter ?
A quoi bon l’or et les soucis qu’il donne ?
N’y songeons plus ! Pour moi, j’aime bien mieux,
Près des amis dont la verve m’inspire,
Chanter, Bacchus ! ton nectar radieux ;
Ou sur ma couche, aux bras d’une hétaïre,
Fêter Cypris, reine et fille des Dieux !