Les Blasphèmes/Reprise d’espoir

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Les Blasphèmes
G. Charpentier et Cie, éditeur (p. 62).

XXV

REPRISE D’ESPOIR

Non, non, cela n’est pas possible, je vous dis !
Je ne me sens pas fait pour la plainte éternelle.
Car le soleil est bon, réjouit ma prunelle,
Sourit dans les matins, flambe dans les midis ;

Car l’amour plane encor par les cieux attiédis ;
Car la Terre est joyeuse, et douce, et maternelle ;
Car je suis son enfant, j’ai foi, j’espère en elle,
Je veux dans son giron trouver mon paradis.

C’est les Dieux qu’on a mis dans chacun de ses antres
Qui me font peur, avec leurs yeux fous, leurs gros ventres,
Leurs foudres, et leur tas de dévots prosternés.

Mais ces faux appétits, cette soif téméraire
D’infini, d’idéal, je les leur crache au nez,
Et je vas leur souffler au cul pour me distraire.