Les Démoniaques dans l’art/p46

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SCÈNE DE POSSESSION
Tableau de Matteo Rosselli (né en 1578, mort en 1650). Église de l’Annunziata, à Florence [1]

Un tableau de Matteo Rosselli, dans l’église de l’Annunziata, à Florence, n’est découvert et


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SCÈNE DE POSSESSION
D’après un tableau de Matteo Rosselli, dans l’église de l’Annunziata, à Florence XVIe siècle.

proposé à l’admiration des fidèles que le jour de la fête de l’Annonciation. Peu de gens ont donc

l’occasion de le voir ; mais une gravure que nous devons à obligeance du Dr Tommaso-Tommasi suffit pour montrer tout l’intérêt qu’il a pour nous [2].

Il ne s’agit point ici d’exorcisme. Aucun prêtre ou diacre n’est présent, et rien ne nous fait supposer dans les gestes des assistants une manœuvre destinée à expulser le démon. Point particulier à noter, la délivrance n’en a pas moins lieu, ainsi que le témoignent les trois petits diables qui s’échappent dans les courtines du lit.

La possédée est étendue toute habillée sur son lit, et la violence de ses convulsions doit être fort grande, puisque quatre personnes, dont deux hommes, sont nécessaires pour la contenir ; une cinquième arrive prêter main-forte, apportant un linge vraisemblablement destiné à servir de lien. On peut remarquer que l’aide, qui est au pied du lit en même temps qu’il maintient les jambes de la malade, rassemble ses jupes dans un mouvement destiné à sauvegarder la pudeur que l’agitation de la patiente ne manque pas de mettre à une rude épreuve. Quant à la possédée elle-même, étendue sur le dos, le corsage entr’ouvert, les jambes demi-fléchies, les bras écartés du tronc, maintenue par la partie antérieure de l’épaule et du bras, elle parait se livrer à ces grandes gesticulations avec flexion du tronc en avant que nous avons décrites dans la crise hystérique, sous le nom de « mouvements de salutation » (Voy. p. 96). La petite dimension de la gravure ne nous permet pas de juger complètement de la physionomie. Cependant on peut constater que la bouche est ouverte, les yeux vraisemblablement convulsés en haut et toute la face légèrement bouffie.

Tous ces traits appartiennent à la deuxième période de la grande attaque hystérique ou période de clownisme.

  1. Nous devons la connaissance de ce document au Dr Tommaso-Tommisi, de Florence.
  2. Nous n’avons pas pu faire reproduire directement la gravure originale à cause de son mauvais état. Nous en avons fait un trait aussi fidèle que possible, que nous donnons ici.