Les Mystères de Saint-Pétersbourg/Partie 2/XXIV
XXIV
NADÈJE INTERROGÉE
C’était quelques jours plus tard, dans une petite chambre mansardée, mais où des tentures de couleurs vives, et d’une étoffe assez rare, révélaient une certaine recherche de luxe.
Il y avait dans l’angle d’un mur une statuette de la madone, peinte et dorée, qui portait dans ses bras le divin bambino.
C’était, en effet, dans la chambre de Tarrask, dont le vrai nom était Tiépolo.
Là, sous la fenêtre ronde d’où tombait un rayon de soleil triste, Nadèje était à demi couchée dans un grand fauteuil.
Elle avait les yeux fermés comme si elle eût été endormie, et ses deux bras pendants.
Assis tout près d’elle sur un tabouret bas, Tiépolo, le front levé, la regardait avec une tendresse douloureuse.
Il ne disait pas une parole, mais il y avait dans son regard et dans toute son attitude une adoration profonde, une pitié sans bornes.
C’est que c’était vrai : transporté sous le ciel froid de la Russie par le caprice du sort, Tiépolo s’était pris d’un grand amour pour la jolie et farouche Nadèje, qui avait les airs résolus et vifs des jolies filles qu’il avait vues dans son pays.
Et puis, entre ces deux enfants, il y avait, en même temps que de singuliers rapports de caractères, bien des ressemblances de destinées.
Tous les deux, ils avaient mené une vie coupable, tous les deux, ils avaient volé ou prêté aide à des voleurs ; mais, par une bénédiction céleste, ils étaient demeurés innocents au milieu de tout le mal qu’ils avaient fait ou laissé faire.
Ce n’était pas leur faute si une volonté inconnue les avait poussés dans les mauvais chemins, et quels que fussent leurs torts, ils étaient restés honnêtes parce qu’ils étaient restés enfants.
Il eût été beau qu’ils se fussent aimés tous deux, et que, se conseillant mutuellement, se communiquant l’un à l’autre leurs commencements d’expérience, ils se fussent peu à peu retirés du mal, se faisant une vertu à cause de leur amour.
Mais, hélas ! Tiépolo aimait seul ; et c’était pour un autre homme que battait le cœur de Nadèje.
Il savait bien, le jeune garçon, que jamais il ne serait payé de retour. Pourtant, son dévouement pour Nadèje n’était pas diminué par la certitude de ne pas être aimé ; et maintenant, assis tout près, il le considérait avec des yeux pleins d’une passion douce.
Quelqu’un entra.
C’était le chevalier Philippe.
Il avait l’air singulièrement inquiet et il demanda vivement :
— Eh bien ?
— Eh bien, répondit Tiépolo, la journée d’aujourd’hui ressemble à celle d’hier qui ressemblait à celle d’avant-hier. Depuis que nous l’avons transportée ici, chez moi, Nadèje est toujours la même. La plaie de sa langue s’est enfin cicatrisée ; mais la pauvre enfant est toujours secouée par de violents accès de fièvre qui s’achèvent dans un sommeil profond comme un évanouissement. Ah ! mon maître !
Non seulement elle demeurera muette mais j’ai peur qu’elle ne soit folle aussi.
— Elle seule, pourtant, dit le chevalier Philippe peut me tirer de la gêne terrible où je suis ! Ah ! Tiépolo, les jours passent ; le père Villemain et ses amis, tous ceux qui se sont jetés avec moi dans mon aventure commencent à se lasser des retards, et je suis mis en demeure de réussir tout de suite ! Ils ne veulent plus attendre ; ils m’abandonneront si je ne leur donne pas avant peu de jours quelque espérance certaine ! Il faut que je trouve le triple rouble, ou je suis perdu ! Vois-tu, Tiépolo, par amitié pour toi, par pitié pour Nadèje, j’ai eu tort de ménager cette enfant malade.
Si elle ne peut parler, elle pourra du moins répondre par signes ; retire-toi : laisse-moi l’interroger.
— Oh ! monseigneur, ne faites pas cela ! Vous savez bien ce que le médecin a dit : Une émotion trop brusque peut tuer ma pauvre Nadèje. Il ne faut pas la tourmenter.
— Il faut que je réussisse ! dit le chevalier.
Tiépolo vit que la résolution de son maître était inébranlable ; alors, de deux maux il préféra le moindre.
Il reprit.
— Soit, on l’interrogera. Mais pas vous. Vous seriez trop violent. Vous lui feriez peur. Je lui parlerai moi-même.
Je sais ce que vous cherchez aussi bien que vous, continua Tiépolo. Eh bien ! retirez-vous d’ici. Je vous promets que la journée ne se passera pas avant que j’aie appris de Nadèje tout ce qu’on peut en apprendre, et je vous promets que dès que je saurai quelque chose, j’irai vous le dire sur le champ.
Le chevalier Philippe du Quesnoy rêva pendant quelques minutes, puis il dit :
— Je consens à attendre encore. Ce soir, à huit heures, je serai au couvent de Saint-Séverin.
Il sortit.
Chose singulière : le chevalier Philippe du Quesnoy se sentait ému, malgré lui, par la tendresse de Tiépolo pour la malheureuse Nadèje, et même pour conquérir son rêve d’opulence et de gloire, il n’osait pas, lui qui aurait sans scrupule marché sur des cadavres d’hommes, il n’osait pas violenter cette jeune fille malade.
Resté seul, Tiépolo se dit :
— Allons, il faut obéir. Mais me comprendra-t-elle ? M’entendra-t-elle, seulement ?
Il prit entre ses mains la main pendante de la jeune fille.
— Nadèje ? dit-il.
Elle ne fit aucun mouvement.
Il l’appela une seconde fois, une troisième fois, d’une voix plus haute.
Enfin elle ouvrit les yeux, regarda autour d’elle, tout étonnée, comme quelqu’un qui sort d’un long sommeil.
Elle vit Tiépolo, elle tendit les bras vers lui, et, comme pour lui parler, elle entr’ouvrit la bouche.
Hélas ! Chatte-Blanche, que l’on appelait aussi Petite-Chatte, avait bien fait son œuvre de bourreau et Nadèje ne parlerait plus jamais !
Comprenant sans doute son affreuse destinée, Nadèje se prit la tête entre les mains et sanglota amèrement.
— Ah ! ma mignonne ! ma pauvre mignonne ! dit Tiépolo, comme tu dois souffrir ! Quelle chose monstrueuse ils ont faite, les gens du traktir ! Oui, pleure, pleure, cela te fera du bien. Depuis que tu es ici, tu n’avais pas encore pleuré. Tu avais toujours des attaques, avec des cris sans paroles, et un terrible délire, d’autant plus effrayant qu’il était muet. Pleure, ma chère bien-aimée, et rassure-toi. Ici tu es en sûreté. Personne ne te fera plus de mal. C’est Tiépolo, ton ami Tiépolo qui te parle.
Elle ne répondit pas ; elle pensait.
Ce n’était sans doute pas à elle-même qu’elle songeait, la généreuse enfant ; elle songeait à Darius, dont elle ne pouvait pas révéler l’innocence, puisqu’elle était muette et puisqu’elle ne savait pas écrire.
Qui pourrait exprimer les tourments qui lui bourrelaient le cœur, dans ce moment où, après bien des jours de fièvre, elle avait repris la conscience de son horrible situation ?
Cependant Tiépolo lui dit :
— Écoute-moi, ma pauvre Nadèje. Il faut que je te parle d’une chose. Tâche de rassembler tes souvenirs. Je ne devrais pas t’ennuyer de cela, triste et troublée comme tu l’es.
Mais, si je ne t’interrogeais pas moi-même, d’autres le feraient, et ils sauraient pas la douceur que j’ai. Écoute-moi bien et réponds-moi, si tu peux, par signes.
Elle le regarda comme pour lui dire :
— Parle.
— Est-ce que tu te souviens, Nadèje, d’une médaille en platine, d’un faux triple rouble, que tu as eu !
Vivement, Nadèje fit signe que oui. Oh ! certainement, elle devait se rappeler la pièce qu’elle avait considérée comme un talisman puisqu’elle lui avait fait retrouver M. Darius blessé sur la route.
— Aussi tu ne l’as pas oublié ! Tant mieux, tant mieux. Eh bien, as-tu ce triple rouble ?
Nadèje portait encore les vêtements que lui avait donnés Daria en échange de l’habit de religieuse. Elle se fouilla vivement, ne trouva rien. Elle fit un mouvement de tête comme pour exprimer qu’elle n’avait plus ce qu’on lui demandait.
— Je comprends, dit Tiépolo. Nous savions déjà que la pièce n’était pas sur toi. On t’a fouillée, on l’aurait trouvée. Mais la possèdes-tu encore ? Sais-tu où elle est ?
Nadèje leva la tête, rêva longtemps, cherchant dans ses souvenirs.
Sans doute, il était bien naturel qu’après tant de catastrophes elle ne sût plus ce qu’était devenu le rouble.
On ne l’a pas oublié : la dernière fois que Nadèje avait paru s’en inquiéter, ce fut dans la voiture, où elle l’avait invoqué comme une relique, dans l’espoir que le ciel lui permettrait de s’évader.
Mais, depuis, qu’en avait-elle fait ?
Était-il resté dans les chiffons brûlés de sa robe de dessous ? ou dans le lourd carrik dont elle s’abritait contre le froid ?
En admettant cette dernière hypothèse, avait-elle eu la pensée de le retirer du carrik lorsqu’elle se déshabilla et rhabilla dans la cellule de la novice ?
En admettant encore qu’elle eût pris ce soin et qu’elle n’eût pas oublié le rouble dans la vieille défroque, ne se pouvait-il pas qu’elle l’eût laissé dans les habits de religieuse donnés à Daria ?
Autant de questions auxquelles personne, en ce moment, n’aurait pu répondre, et toute cette histoire devait paraître bien confuse, bien obscure à Nadèje elle-même.
Après avoir rêvé assez longtemps, elle leva doucement les épaules avec un geste d’ennui, comme pour entendre qu’elle avait perdu la mémoire des choses dont on lui parlait, et que cela l’ennuyait d’ailleurs.
Mais si Tiépolo adorait Nadèje, il n’aimait pas moins son maître, et il insista.
— Oh ! je t’en conjure ! Tâche de te rappeler. Il y va d’un si grand intérêt ! Si tu savais que de choses sont attachées à la possession de ce rouble ! Nadèje, pense bien, revois bien les jours qui viennent de s’écouler, et tâche de te faire comprendre.
Elle avait sinon de l’amour, du moins beaucoup d’amitié pour le petit Tiépolo ; elle s’efforça de faire ce qu’il lui demandait.
Elle revécut par la pensée les tristes jours qui s’étaient écoulés, et la fixité de ses yeux indiquait qu’elle concentrait toute son attention sur les moindres détails.
Enfin, elle remua vivement les mains et agita les lèvres, sans paroles, hélas !
Elle se souvenait.
Mais alors la douleur contracta ses traits. Elle considéra Tiépolo avec l’air de dire que cela ne servirait à rien qu’elle se souvint, puisqu’elle ne pourrait pas s’exprimer.
— N’importe, dit Tiépolo, qui l’avait devinée. Un geste, un signe pourront me suffire. Essaye, mon cher amour, de parler sans la voix.
Alors, quoique bien faible, encore, elle se leva.
Elle tendit les deux mains vers les murs, puis les rapprocha lentement.
— Est-ce que tu veux dire, demanda Tiépolo, que tu étais dans une chambre petite, étroite ?
De la tête elle fit signe que oui.
— Bien, bien, continue.
Brusquement, elle montra du doigt la madone qui était dans un angle de la pièce.
Que signifiait cela ?
— Je ne t’entends pas, dit Tiépolo.
Elle montrait toujours l’image de la madone.
— Est-ce que tu veux invoquer la madone ?
Elle fit signe que non. Mais elle désignait toujours la figure avec un commencement d’impatience.
— Impossible de t’entendre ! Passe là-dessus.
Elle fit d’autres mouvements, en effet.
Elle marcha aussi vivement qu’elle put vers la muraille et fit le geste de décrocher quelque chose qui aurait été pendu là.
— Tu as pris une robe suspendue au mur ?
Elle fit signe que oui.
— Va, va toujours.
Elle mit sa main au-dessus de sa tête, puis l’éleva le plus haut qu’elle put.
Tiépolo se découragea de nouveau.
— Enfin, dit-il, je comprendrai peut-être plus tard.
Il continua à l’observer fixement.
Elle retira un fichu qu’elle avait sur les épaules et le laissa tomber par terre à côté du lit.
— Tu t’es déshabillée ?
Elle fit signe que oui.
Et elle se dressa sur la pointe des pieds comme pour atteindre la robe imaginaire suspendue à la muraille.
— Tu as mis d’autres vêtements ?
Elle fit signe encore que c’était bien cela.
— Très bien ! très bien ! et, quand tu as changé d’habits, tu avais le rouble sur toi ?
— Oui, fit-elle de la tête.
— Eh bien, l’as-tu mis dans les nouveaux habits ou l’as-tu laissé dans ceux que tu as quittés ?
Elle désigna le fichu qu’elle avait laissé tomber à terre.
Alors Tiépolo se frotta joyeusement les mains. Il ne lui restait plus à deviner que le lieu où s’était fait le changement d’habits, et, quand il aurait deviné cela, la piste du triple rouble pourrait être retrouvée.
Déjà même une lumière lui venait.
Pour s’évader de la prison, il se doutait bien, — quoique son maître eût omis de lui parler de cela, — il se doutait bien que Nadèje avait dû employer un déguisement, et ne sachant pas qu’elle avait une seconde fois changé de vêtements dans la maison de la Générale, il était presque convaincu que la médaille de platine était restée dans la prison.
Il dit, comme il l’avait déjà fait au commencement de cet interrogatoire :
— Tu étais dans une petite chambre ?
Mais de nouveau Nadèje leva le doigt vers la madone de plâtre peinte et dorée.
Ce que ce signe voulait dire, il était impossible au jeune garçon de le deviner ; et il se disait avec une sorte d’irritation :
— N’avoir plus qu’une chose à apprendre, et ne pas pouvoir y parvenir.
Mais, en ce moment, la porte qui était restée entrebâillée après le départ du chevalier s’ouvrit toute grande, et Philippe du Quesnoy, qui sans doute ne s’était pas éloigné, reparut en disant :
— Tu as réussi, Tiépolo ! Je sais tout, maintenant.
Nadèje eut peur de cet inconnu et se rassit toute tremblante.
Mais Tiépolo la rassura en lui disant que le nouveau venu était son maître, leur ami à tous deux, et que loin de lui faire du mal il la protègerait contre tout le monde.
— Oui, je sais tout ! dit le chevalier. Quand Nadèje mettait sa main sur sa tête, puis l’élevait, elle voulut indiquer le haut bonnet des religieuses, et quand elle montre de la main la madone qui est là, cela signifie qu’il y avait une image de sainteté aussi dans la chambre où elle a changé d’habits. Ainsi plus de doutes, c’est dans la prison des femmes, c’est dans la cellule de la novice que Nadèje a laissé le rouble, et on le retrouvera si on retrouve le manteau qu’elle a quitté !
Nadèje baissa vivement la tête pour indiquer qu’on ne se trompait pas, que c’était bien cela qu’elle avait voulu exprimer.
— Eh bien, mon maître, s’écria Tiépolo, vous devez être content ?
— Tout est perdu ! dit Philippe du Quesnoy. Ce que j’apprends maintenant je l’avais pressenti, et j’ai cherché le manteau vainement. On l’a volé dans la prison même, et il a disparu !
S’étant assis sur le rebord du lit, le chevalier regardait fixement le plancher en se tordant les doigts avec rage.
Mais tout à coup il releva la tête et il considéra Tiépolo.
Il semblait qu’une idée lui était venue.
— Tarrask, dit-il, tout n’est peut-être pas perdu, si tu peux m’aider.
— Tout ce que vous me demanderez, mon maître, je le ferai, si je puis le faire sans nuire à Nadèje.
— Sois tranquille sur le sort de ton amie ! Je réponds de son salut. Ainsi suis-moi vite et partons.
— Quoi ! la quitter ? dit Tiépolo.
— Nous enverrons quelqu’un, un médecin, qui veillera sur elle, qui ne l’abandonnera pas.
— Cependant…
— Ah ! je le veux ! dit le chevalier.
— J’obéis, dit Tiépolo.
Quelques instants plus tard, après avoir fait ses adieux à Nadèje, après lui avoir promis qu’il reviendrait bientôt, le jeune garçon sortit avec son maître.
Quand ils furent dans la rue :
— Où allons-nous ? demanda Tiépolo.
— Au Marché-aux-Punaises.
— Bah ! chez qui ?
— Chez le Patriarche Kouli-Koulitch.
— Chez ce vieux réprouvé ? Pourquoi ?
— Il vend de vieux habits d’hommes et de femmes.
— Eh bien ?
— Eh bien, tu vas te déguiser.
— Moi ?
— Toi-même.
— En femme, peut-être ?
— En femme, justement.
— Et cela pour retrouver le triple rouble ?
— Pour cela, précisément.
Malgré les graves préoccupations de Tiépolo à propos de Nadèje, l’imagination du chevalier parut si bizarre au jeune garçon qu’il ne put s’empêcher de rire. La jeunesse, même parmi les tristesses, a de ces instants d’heureux oublis.
Mais si, en ce moment, il se fût retourné, Tiépolo aurait cessé de rire sans doute.
Car, pendant que le maître et le serviteur s’éloignaient, des hommes qu’on pouvait aisément reconnaître pour des agents de police, bien qu’ils fussent sans uniformes, entraient dans la maison que le chevalier venait de quitter.
L’un d’eux dit à la concierge, avec la plus grande politesse :
— Pardon, Madame, pardon. N’est-ce pas ici que loge un jeune homme nommé Tarrask, que l’on nomme aussi Tiépolo ?
— C’est ici, dit la concierge, mais il vient de sortir.
— Il vient de sortir ? Fort bien, fort bien. Mais, depuis quelques jours, quelqu’un n’est-il pas venu loger chez le nommé Tarrask ?
— Si fait, messieurs.
— Une jeune fille ?
— Une enfant.
— Qui s’appelle Nadèje ?
— Je crois que j’ai entendu ce nom.
— Et qui est malade, n’est-il pas vrai ?
— Oh ! très malade ! il paraît que des gens lui ont coupé la langue.
— Fort bien, fort bien. Tout est pour le mieux. Et où se trouve le logement de M. Tiépolo ?
— Au second étage, tout au fond d’un grand couloir.
— À merveille. On ne saurait mieux répondre. C’est tout ce que nous voulions savoir, et nous avons l’honneur de vous remercier, madame.
Après ces paroles, les agents commencèrent à monter l’étroit escalier qui conduisait à la mansarde de Tiépolo.