Les Opérations maritimes

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Revue des Deux Mondes6e période, tome 23 (p. 180-188).
LES


OPÉRATIONS MARITIMES




Au moment où le conflit actuel a éclaté, seule des armées navales qui pouvaient y être intéressées, la flotte française de la Méditerranée était concentrée dans le port qui reste sa base d’opérations principale, Toulon. Elle était prête à marcher et à marcher vite. La force de ses unités de combat récentes, le parfait entraînement des autres lui promettaient de beaux et rapides succès — à la condition, toutefois, que l’adversaire ne se dérobât point. Car enfin, comme je le disais ici même, il y a peu de temps, pour se battre, il faut être deux, au moins…

En ce qui concerne l’Italie, il serait injuste et malséant de prétendre qu’elle s’est dérobée. Le mot serait très déplacé. Surprise et mécontente du tour que l’Autriche, « poussée par les destins, » comme le disait Napoléon de la Prusse, en 1806, donnait aux préliminaires diplomatiques de l’agression méditée contre la Serbie, justement inquiète pour ses propres intérêts dans l’Adriatique des conséquences de cette agression, l’Italie avait tous les droits de se déclarer neutre et n’hésitait pas à le faire. Qu’adviendra-t-il, dans un avenir prochain, de cette neutralité et ne sommes-nous pas fondés à concevoir de ce côté de sérieuses espérances, je ne l’examinerai pas. Cette question n’est point de mon ressort. Tant y a que, dès le début des hostilités, notre armée navale, unie à l’escadre anglaise de la Méditerranée[1], ne trouvait plus devant elle que la flotte autrichienne et que la petite division allemande, composée du Gœben et du Breslau.

Ces deux croiseurs ont beaucoup fait parler d’eux. Après s’être efforcés de gagner rapidement l’Atlantique, — non sans canonner au passage et par une inutile bravade Bône et Philippeville, — ils ont rétrogradé en voyant le détroit gardé par l’escadre anglaise, se sont ravitaillés à Messine et, finalement, ont gagné la mer Égée et les Dardanelles. La Turquie, au lieu de les désarmer purement et simplement, les a, dit-elle, achetés à l’Allemagne. Cette transaction, déjà, est fort irrégulière, et, ce qui l’est encore davantage, c’est que la plupart des « marins des spécialités, » mécaniciens, électriciens, torpilleurs, canonniers mêmes des anciens équipages allemands sont restés à bord, avec, probablement, quelques officiers bien choisis. Au reste, on annonce de bonne source, au moment où j’écris, que des détachemens de marins de la flotte impériale arrivent à Constantinople par la voie du continent. Ces contingens vont retrouver dans la Corne d’Or le Kurfürst Fr. Wilhelm et le Weissenburg, devenus le Kaïreddin Barbarossa et le Torghut Reiss, il y a trois ans, ainsi que les quatre contre-torpilleurs de 700 tonnes achetés à Schichau en 1910. Ainsi se prépare dans les eaux turques, et couverte par les deux détroits abondamment minés déjà, une force navale plus sérieuse que celle qui se montra si prudente devant l’escadre grecque, il y a dix-huit mois.

Je reviendrai tout à l’heure là-dessus.

Le Gœben et le Breslau[2] n’eussent-ils pu jouer dans le bassin occidental de la Méditerranée un rôle plus important et plus prolongé ? N’était-on pas en droit de craindre qu’ils ne troublassent les opérations du transport des troupes d’Algérie en France ? Et, d’autre part, n’a-t-on pas quelque droit de s’étonner qu’ils aient échappé aux flottes combinées anglaise et française ?

Autant de questions qu’il n’est pas possible de résoudre en ce moment avec les très faibles lumières que nous possédons sur les mouvemens des escadres au commencement d’août.

Ce que l’on peut constater dès maintenant, c’est que les deux croiseurs allemands avaient une supériorité de vitesse sensible, le Gœben, sur les trois croiseurs dreadnoughts : Inflexible, Indomitable et Indefatigable, formant le noyau de l’escadre anglaise, le Breslau sur les croiseurs légers Gloucester, Chatham, Proserpine, etc., attachés à cette même force navale.

Je ne parle pas des nôtres : on sait quelle est notre infériorité en ce qui touche les grands croiseurs cuirassés modernes, et que nous n’avons, dans l’ordre de bataille de notre flotte, rien d’analogue aux éclaireurs de 5 000 tonnes environ, — le Gloucester et le Breslau, par exemple, — qui sont considérés, en Allemagne et en Angleterre, comme indispensables à une armée bien organisée.

Quoi qu’il en soit, cette grave opération du transport du 19e corps au début d’une grande guerre continentale s’est poursuivie dans une tranquillité parfaite. On n’a pris que les précautions le plus naturellement indiquées et les difficultés qui avaient fait couler tant d’encre, qui avaient soulevé tant de controverses, se sont trouvées tout aplanies par le seul fait de l’abstention de la flotte italienne.


L’entrée en ligne, à nos côtés, de l’Angleterre, si maladroitement provoquée par l’arrogante brutalité du gouvernement allemand à l’égard de la Belgique, posait nettement, dans la Manche, le problème écarté dans la Méditerranée.

Comment allaient se dérouler, si près de la flotte allemande, les longues opérations de la mise à terre dans nos ports de Dunkerque, Calais, Boulogne, le Havre et Rouen, d’une « force expéditionnaire » de 70 à 80 000 hommes au moins, bien pourvue de cavalerie et d’artillerie, parfaitement outillée, montée, au point de vue des « services à l’arrière ?… »

Sans doute, dès le début du conflit, la Homefleet de l’amiral Jellicoe s’était portée dans la mer du Nord, dans une position de couverture. Deux barrages étaient créés, en outre, avec des croiseurs et bâtimens légers, torpilleurs et sous-marins, l’un dans le pas de Calais, constitué principalement avec des élémens anglais, l’autre dans l’étranglement Cherbourg-Wight, avec des élémens français (escadre légère du Nord, renforcée.) Sans doute aussi on était prêt à miner le pas de Calais, s’il le fallait absolument, pour assurer la pleine sécurité des transports. Mais, en fait, aucune tentative ne se produisit du côté de la flotte impériale. Outre que celle-ci avait été surprise par les événemens et qu’elle était descendue en toute hâte des fjords de Norvège, non pas dans la mer du Nord, mais dans la Baltique, où elle avait pris une position d’attente à l’ouvert du Kieler-bucht, elle se fermait à elle-même la route du pas de Calais en semant à profusion dans le sud de la mer du Nord et même jusque sur la ligne Pentland-Skager rack, les mines sous-marines qui ont provoqué la perte de l’Amphion et de paquebots assez nombreux déjà.

Et c’est ainsi que, pour des causes bien différentes, — en 1815 notre marine était complètement désorganisée, surtout dans le Nord, — l’armée anglaise qui s’est battue avec nous à Mons a pu prendre terre aussi aisément, aussi paisiblement, dans nos ports que celle qui débarqua, il y a quatre-vingt-dix-neuf ans, à Anvers et à Ostende pour se ranger, sous Wellington, aux côtés des Prussiens de Blücher. Ce n’est pas l’un des moins curieux rapprochemens que l’on puisse faire à ce sujet.


Draguer toute, ou à peu près toute la mer du Nord ! C’est à cette besogne ingrate, dangereuse, fort longue en tout cas, que s’emploie la marine anglaise depuis plus d’un mois.

On savait bien que les Allemands avaient l’intention — et les moyens — de faire un large usage des mines sous-marines dans le cas où ils seraient obligés de rester sur la défensive. On ne supposait pas, ne les connaissant jamais assez, qu’ils en mettraient partout, et jusque sur les routes commerciales où n’apparaît aucun intérêt stratégique. Il semble même qu’ils aient employé les mines dérivantes, flottantes, libres enfin, sans s’assurer que ces engins présentassent les garanties exigées par les conventions internationales. Nul doute que la navigation dans la Mer du Nord et dans les mers immédiatement voisines n’offre de sérieux périls pendant une longue période de temps après la cessation des hostilités.

En attendant, les Anglais se sont mis résolument, méthodiquement, à la besogne, non seulement avec leurs 12 dragueurs de mines réguliers (6 anciens chalutiers de 550 tonnes achetés par l’amirauté et les anciens avisos torpilleurs), mais avec un nombre considérable de dragueurs improvisés, qui ne sont autres que les chalutiers à vapeur ou à moteur à combustion interne des grands ports de pêche de Hull, de Lowestoft, de Harwich, etc. Et le succès couronne ces efforts persévérans puisque, ces jours derniers, on annonçait qu’un brillant combat avait été livré, sous Helgoland, par les croiseurs d’avant-garde anglais aux navires légers allemands, bien appuyés pourtant sur le précieux poste avancé qui garde, à 28 ou 29 milles de distance, les estuaires de l’Elbe, du Weser et de la Jade.

Deux éclaireurs de 4 500 tonnes, du type Mainz[3], ont été coulés, un autre semble avoir été incendié. On signale de source danoise que plusieurs « destroyers » allemands sont rentrés à Kiel fortement avariés : ils venaient sans doute de Helgoland. Quelques autres y ont succombé. Cette opération, sur laquelle plane encore un certain mystère, avait été annoncée dans une allocution de Lord Kitchener, qui a fait quelque bruit. En tout cas, c’est une très honorable affaire pour nos vaillans et habiles alliés, dont les cuirassés ne tarderont certainement pas à faire parler d’eux, soit en se mesurant directement avec l’armée allemande, soit, si celle-ci refuse le combat, en bombardant et ruinant de fond en comble cet Helgoland que la Grande-Bretagne céda si imprudemment, en 1890, à l’Allemagne, en compensation de Zanzibar.


Mais que font donc les sous-marins allemands ? On nous avait annoncé à grand fracas, il y a quelques mois à peine[4], que ces petits bâtimens se chargeraient de rétablir promptement l’égalité des forces entre les deux flottes en coulant nombre de cuirassés anglais. Disons tout de suite qu’ils ont essayé, mais sans autre résultat que de faire couler l’un d’eux. L’attaque s’était produite en plein jour, et les Anglais se gardaient bien. Il faut que les sous-marins, — en général, — se persuadent que les guetteurs des grands bâtimens, exercés à cet effet, commencent à voir les périscopes de très loin. Les attaques de nuit, avec des appareils de vision spéciaux, ou, en attendant, les attaques exécutées à la pointe de l’aube et à la nuit tombante, « entre chien et loup, » paraissent être les seules assurées désormais d’un plein succès. Il ne faudrait d’ailleurs pas juger de l’efficacité des sous-marins sur l’échec qu’ont subi ceux de la flotte allemande, bien moins entraînés que ses torpilleurs, par exemple. Et c’est un grand regret pour nous que des circonstances sur lesquelles il y aura lieu sans doute de revenir plus tard, n’aient pas permis aux nôtres de montrer ce qu’ils savaient faire. Mais la guerre n’est pas finie !…


La guerre commerciale, en tout cas, bat son plein. On pouvait être certain qu’elle serait, de part et d’autre, conduite avec activité. Comme je l’avais annoncé dans mon étude du 1er avril 1914[5], nos prévoyans adversaires avaient pris leurs mesures pour que leurs grands paquebots, répandus à l’étranger au moment de la déclaration de guerre, fussent armés immédiatement sur place en croiseurs auxiliaires. Mais l’Amirauté anglaise avait, elle aussi, pris ses précautions et, si l’on en juge par les pertes déjà subies par les Allemands (Kaiser Wilhelm der Gross, Kronprinz Wilhelm, etc.), les dommages subis par la marine de commerce anglaise se réduiront à fort peu de chose. Pendant ce temps les prises allemandes encombrent les ports anglais de la métropole et des colonies ; de véritables convois de paquebots germains sont bloqués dans les ports neutres, et des cris de détresse s’élèvent à Brême et à Hambourg.

Faut-il croire, toutefois, que l’Allemagne puisse être bientôt affamée ? Ne l’espérons pas trop. Elle a pour elle de précieuses neutralités, celles de la Hollande, du Danemark, de la Roumanie, de l’Italie enfin. Cette dernière, à la vérité, semble un peu chancelante. Quant aux deux premières, je ne serais point surpris qu’il se produisît à bref délai de sérieuses modifications dans l’état de choses actuel. Il n’est plus possible d’admettre, en présence du caractère que prennent les immenses conflits modernes, qu’un belligérant puisse se ravitailler par les ports neutres voisins de son territoire. Je rappelle encore, — en m’excusant de cette insistance auprès des lecteurs de la Revue, — ce que je disais sur cet important et délicat sujet dans l’étude citée tout à l’heure.


Revenons à la Méditerranée, où les Anglais nous ont laissé toute liberté d’action, en mettant leur escadre de croiseurs cuirassés sous les ordres du commandant en chef de notre armée navale.

C’est naturellement dans l’Adriatique que se porte notre effort. On a appris, avec une grande satisfaction, — et cette satisfaction serait plus grande encore sans doute si nous avions des détails sur l’engagement dont il s’agit, — que notre flotte avait coulé un cuirassé autrichien, le Zrinyi[6], et deux bâtimens de moindre tonnage, dont un croiseur de 2350 tonnes, le Zenta. Celui-ci aurait été atteint, affirme-t-on, à 14 000 mètres, par un projectile de gros calibre. Ce chiffre de 14 000 mètres a vivement frappé les imaginations. Quelques doutes ont même été émis, qui ne sont pas entièrement justifiés ; et, sous prétexte qu’il s’agissait de la Méditerranée, on a parlé d’exagération méridionale. La vérité est qu’avec la tension et la justesse de trajectoire des canons modernes, avec la perfection de leurs engins de pointage, avec, surtout peut-être, la limpidité d’atmosphère de l’Adriatique, des pointeurs exercés et de bons officiers de tir, comme le sont les nôtres, peuvent obtenir de surprenans résultats.

Au moment où j’écris ce rapide résumé des opérations maritimes, la flotte combinée canonne énergiquement les positions autrichiennes qui dominent le bassin si curieusement découpé[7] que l’on désigne sous le nom de bouches de Cattaro. Nos canonniers se trouvent là en présence de difficultés d’un genre tout différent de celles qu’ils sont appelés à résoudre d’ordinaire, car, s’il s’agit de buts fixes, ces objectifs sont souvent peu visibles, en tout cas placés très haut, les montagnes qui encadrent le bassin ayant des altitudes qui varient de 400 à 800 mètres. L’action de nos bouches à feu a cependant puissamment secondé les efforts des Monténégrins.

D’autre part, on assure qu’en employant certains procédés de tir indirect, nous aurions atteint, — probablement par-dessus l’isthme de la baie de Traste, — des navires autrichiens mouillés dans la baie de Teodo, où la marine imperiale a, depuis longtemps, un établissement d’une certaine importance.

Tout cela est très bien et doit être considéré comme un bon préambule à l’attaque de Pola. Pourrons-nous pénétrer dans les bouches, en dépit des mines que la marine autrichienne a certainement disposées dans les trois ou quatre étranglemens qui en resserrent le plan d’eau ? C’est un point douteux et peut-être une opération peu désirable.

On a parlé de l’intérêt qu’il y aurait, avant de rien entreprendre contre Pola, de s’assurer une base d’opérations secondaires dans une des îles de la Dalmatie. Un coup d’œil sur la carte montre tout de suite que c’est toujours Lissa qui remplirait le mieux le rôle dont il s’agit. Dans quel état sont les ouvrages de cette place, qui résista victorieusement, les 18 et 19 juillet 1866, aux cuirassés de Persano ? Les renseignemens précis manquent là-dessus. Il semble cependant que l’attention de la marine autrichienne s’était un peu détournée de cette position pour s’attacher à Teodo, — dont je viens de parler, — à Castelnuovo et Sebenico, enfin à Lussin piccolo, dans une longue île qui s’étend à quelque trente milles au sud de la pointe de l’Istrie et de Pola.

Quant à Pola même, c’est une place maritime de premier ordre, parfaitement armée de forts à coupoles d’un type un peu ancien peut-être, mais qui ont dû recevoir, dans ces derniers temps, des perfectionnemens sérieux. L’altitude de ces ouvrages varie de 30 à 75 mètres (Fort Musil). Sur la plus grande des petites îles Brioni, qui couvre, au nord-ouest, l’entrée du port et la baie de Fasana, mouillage extérieur de la flotte autrichienne, s’élève le grand fort Tegetthoff. La défense sous-marine est parfaitement assurée. Enfin il faudrait compter sur de vigoureuses opérations de défensive active conduites par la force navale autrichienne, concentrée dans son port principal.

Ni la ville, ni l’arsenal de Pola[8] ne possèdent d’enceinte continue. Les hauteurs qui les dominent sont couronnées d’ouvrages auxquels on peut reprocher d’être trop près du noyau qu’ils prétendent couvrir,

De cet ensemble de faits, il résulte que c’est du côté de la terre ferme qu’il faudrait faire porter l’attaque principale, après le débarquement d’un corps de siège qui descendrait dans l’une des baies très favorables du revers oriental de l’Istrie. Voilà donc une grosse opération en perspective, sur laquelle j’aurai l’occasion de revenir.

Elle deviendrait naturellement plus facile si nous avions à la faire avec le concours des Italiens qui y ont, en somme, plus d’intérêt que nous, et dont les forces terrestres ne sont pas, comme les nôtres, engagées ailleurs.

Au surplus, il se pourrait que notre flotte et l’escadre anglaise fussent bientôt obligées de partager leur attention entre l’Adriatique et la mer Égée. Voici que les préparatifs belliqueux de la Turquie s’accentuent au point qu’il devient difficile de douter des intentions, hostiles à notre cause, que nourrit le cabinet dominé par Enver-Pacha et le parti Jeune-Turc. La flotte grecque s’apprête, renforcée de deux puissantes unités qui ne sont peut-être pas, malheureusement, tout à fait « au point. » De l’autre côté, la flotte russe de la mer Noire brûle d’agir. À l’entrée du Bosphore, comme à l’entrée des Dardanelles, il y aura quelque chose à faire pour qui se rappellera que ce n’est pas seulement par une attaque de front — du côté de la mer — qu’on peut venir à bout de puissantes batteries de côte installées dans un passage étroit où l’on a mouillé des torpilles !

Quoi qu’il en soit, la physionomie de la guerre maritime dans la Méditerranée peut fort bien, dans un avenir rapproché, prendre la physionomie que voici :

Blocus et attaque de la flotte autrichienne dans Pola.

Formation d’une flotte combinée anglo-franco-grecque dans là mer Égée ; formation, en même temps, d’un corps expéditionnaire emprunté aux contingens français encore disponibles dans l’Algérie-Tunisie, à la puissante garnison anglaise de Malte, à celle de Chypre, aux troupes d’Égypte et de l’Inde, enfin à l’armée grecque.

Et, cela fait, il y aura sans doute encore de beaux jours pour les opérations combinées entre forces navales de terre et de mer.


Contre-amiral Degouy.
  1. 2e escadre de croiseurs cuirassés de combat (type Dreadnought) : Inflexible et Indomitable (17 500 tonnes) ; Indefatigable (19 000 t.). 1re escadre de croiseurs (croiseurs cuirassés de 2e rang) : Defence (14 600 t.) ; Duke of Edinburgh, Black Prince, Warrior (13 600 t.) ; 3e escadre de croiseurs légers : Gloucester (4 800 t.) ; Chatham, Dublin (5 400 t.) ; Proserpine (2 200 t.) ; 5e flottille de « destroyers » ; 2 avisos (Hussor et Imogene) et 16 destroyers.
  2. Gœben, croiseur cuirassé type Dreadnought, 24 000 tonnes, 28-30 n. de vitesse, 3 100 tonnes de charbon, ceinture de 280 m/m d’épaisseur, armement de 10 canons de 28 cm, 12 de 15 cm, 12 de 88 mm. ; 4 tubes lance-torpilles sous-marins ; 1013 h. d’équipages. Breslau ; croiseur protégé, éclaireur d’escadre, 4 550 t., 28 n., 1 200 t. de combustible, cuirasse de 100 mm, armement de 12 canons de 105mm, 2 tubes sous-marins, 373 h. d’équipage.
  3. Le Mainz, très voisin du Breslau, a le même armement, mais un peu moins de charbon (900 tonnes au lieu de 1 200) et une vitesse de 26 à 27 nœuds, au lieu de 27 ou 28.
  4. On se rappellera sans doute, à ce sujet, la conférence de l’amiral Breusing, délégué de la Ligue maritime allemande, à Bâle.
  5. Le rôle des croiseurs cuirassés allemands.
  6. Le Zrinyi était à peu près exactement du type de nos cuirassés de 15 000 tonnes Patrie, Vérité, Justice, etc. Caractéristiques essentielles : 14 500 tonnes, 20 nœuds, 1 300 tonnes de charbon, 230 millimètres de cuirasse, 4 canons de 305 millimètres, 8 de 240, 20 de 100, 3 tubes lance-torpilles, 870 hommes d’équipage. — Je dois dire que la destruction de cette puissante unité n’a pas été confirmée officiellement.
  7. Le golfe de Cattaro proprement dit est précédé de deux bassins, — baie de Teodo et baie de Topla, — et d’un vestibule débouchant sur la haute mer. Les Autrichiens tiennent ces débouchés et bloquent les Monténégrins dans le fond du golfe de Cattaro.
  8. L’établissement central est d’ailleurs dans la petite île d’Olivi, au milieu de la rade.