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Les Paraboles cyniques/Les Couronnes

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Les Paraboles cyniquesAthéna (p. 197-198).
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XLI

Les Couronnes.

— Hélas ! — disait Excycle parmi les approbations — nous vivons dans le plus triste et le plus inglorieux des siècles…

Eubule cependant remarquait :

— Mon aïeul avait coutume de lamenter l’infériorité du temps où il vécut. Et j’ai lu de telles plaintes aux livres de toutes les époques.

Après un instant de réflexion, il ajouta :

— La gloire est peut-être faite d’éloignement. Excycle, qui aime les définitions et les formules, pourrait s’écrier : « gloire, toi qui es un effet de perspective… »

Mais Psychodore :

— Entendez une parabole :

Il y a dans un jardin des femmes couronnées. Chacune d’elles dit jalousement :

— Mes sœurs portent de nobles couronnes. Mais moi je suis sans gloire.

Car, comme nota Momus un jour qu’il passait par là, aucune n’a les yeux placés de façon à voir le haut de sa tête.

— Tu crois donc, demanda Excycle, toutes les époques égales ?…

— Ai-je dit que les femmes fussent de la même taille ou les couronnes du même prix ?… Cependant entendez la fin de la parabole.

L’or des couronnes est lourd, et il s’enfonce dans le front meurtri. Ce qui est bas est toujours blessé par ce qui est haut.

Et chaque femme gémit :

— Hélas ! hélas ! non seulement je suis privée de la couronne brillante qui honore mes sœurs. Mais les Moires ont chargé ma tête de je ne sais quel fardeau et de je ne sais quelle blessure.

De doigts acharnés les femmes stupides s’efforcent d’arracher le fardeau et de le jeter sur le sol. La plupart réussissent, et elles frappent la couronne tombée avec des pieds furieux qui la brisent. Leur piétinement transforme la terre en une boue qui bientôt entoure l’or et le cache.

Mais quelques-unes ne parviennent point à arracher l’or tenacement vivant. Celles-là restent, malgré leur folie, glorieuses et enviées.