Lettres à Herzen et Ogareff/À Ogareff (31-08-1870)

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Lettres à Herzen et Ogareff
Lettre de Bakounine à Ogareff - 31 août 1870



LETTRE DE BAKOUNINE À OGAREFF


31 août. Locarno.


Mon cher ami,


Je ne te répondrai aujourd’hui que par quelques lignes seulement.

1) T. me promet de l’argent tous les jours, mais il ne me l’a pas encore donné. Il me remboursera certainement et je payerai aussitôt ma dette à la caisse des « fonds ». Pour le moment, je n’en ai point. Nous souffrons la misère.

2) Remets de suite à O., et de main en main, je t’en prie, les grandes feuilles ci-jointes de la première à la vingt-sixième page. C’est la continuation de ma longue lettre à mes amis français. (J’ai prié O. de t’en donner à lire le commencement). Lis cette suite, si tu veux, seulement, ne la garde pas chez toi plus de quelques heures. Cette lettre doit être immédiatement copiée en plusieurs exemplaires et envoyée en différents lieux. Elle est faite dans le but de développer cette idée, que si la révolution sociale en France ne sort pas directement de la guerre actuelle, le socialisme sera tué dans toute l’Europe et ne ressuscitera pas longtemps encore. Sans y mettre le moindre retard, donne cette lettre à O., afin qu’il puisse en disposer comme il l’entendra.

J’envoie ces feuilles à ton adresse, parce que je ne suis pas sûr que O. soit à Genève. Dans le cas où il serait absent, je te prie de les envoyer immédiatement à Guillaume (Neuchâtel, Suisse M. James Guillaume. Imprimerie. 14, rue de Seyon), en ajoutant de ta part que tu les lui envoies sur ma prière et que je vais lui écrire moi-même.

3) Quels sont donc ces commérages, que, de nouveau, on vient de répandre chez vous, à Genève ? Écris-moi de tout cela ; j’attends cette information avec impatience ; je t’embrasse et je serre la main à Marie.


Ton M. B.


Il faudrait trouver moyen de sauver O. de cet enfer, dans lequel le pauvre garçon s’est embrouillé tout de bon.