Lettres à Herzen et Ogareff/Préface de la brochure de Bakounine

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Lettres à Herzen et Ogareff
Préface de la brochure de Bakounine.



PRÉFACE DE LA BROCHURE DE BAKOUNINE


Publiant, dans cet opuscule, des documents importants qui se rattachent à l’ère nouvelle du mouvement russe et polonais, notamment : la Lettre du Comité National polonais à la Rédaction de la « Cloche » ; la Réponse de la Rédaction de la « Cloche » au Comité polonais ; la Réponse à la Lettre des officiers des troupes russes casernées en Pologne ; enfin, l’Adresse de ces troupes au grand duc Constantin Nicolaevitch, nous prions tous nos amis de Russie, surtout les militaires, de leur prêter une attention particulière. Nous espérons que, par la publication de ces documents il sera mis fin à un malheureux malentendu, contraire au progrès de la Liberté, et qui, jusqu’ici, a divisé les défenseurs de la cause du peuple russe et ceux qui luttent pour l’émancipation de la Pologne. Confiants les uns dans les autres, nous agirons, désormais, solidairement et, par cela même, avec plus de force et de succès. Vous, frères polonais et vous, camarades russes, dans quelques circonstances et où que ce soit que vous puissiez vous rencontrer ; en luttant contre l’ennemi commun, ou vaincus par lui et envoyés en exil, vous vous donnerez la main et vous prêterez un secours fraternel pour la défense de notre cause commune, vous unirez vos efforts pour vous délivrer du joug pénible et honteux que le gouvernement de Pétersbourg vous impose, en opprimant également la Pologne et la Russie. Et quand vous aurez reconquis la liberté de ces deux pays, ce sera à eux seuls d’établir leurs frontières, de choisir leurs alliés et de préciser la forme de leur existence future qui, renouvelée, sera désormais, basée sur un droit légitime et incontestable, celui de la souveraineté du peuple.

Quant à nous, pour conclure, nous exprimons notre profonde conviction que, tant que la Pologne restera enchaînée, la Russie, condamnée au rôle du bourreau ne pourra espérer voir luire le moindre rayon de Liberté.


Michel Bakounine.