Lettres choisies de Madame de Sévigné/1675

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1674 Lettres choisies 1676


26.A Madame de Grignan - À Paris, mercredi 29ème mai 1675.

Comment voulez-vous que je ne pleure pas, ma très chère bonne, en lisant votre lettre ? Il ne m’en faut pas tant pour fondre ! Au nom de Dieu, ma bonne, ne vous amusez point à retourner sur des riens. Si j’en suis quelquefois pénétrée, c’est moi qui ai tort ; je dois être assurée de votre cœur, et je la suis en effet. Cette délicatesse vient de l’extrême et unique attention que j’ai à vous, dont rien ne m’est indifférent. Mais songez aussi que, par cette même sensibilité, un mot, un retour, une amitié, me retourne le cœur et me comble de tendresse ; vous n’avez pas loin à chercher pour trouver cet excès. Je vous conjure donc, ma bonne, de n’être point persuadée que vous ayez manqué à rien. Une de vos réflexions pourrait effacer des crimes, à plus forte raison des choses si légères qu’il n’y a quasi que vous et moi qui soyons capables de les remarquer. Croyez, ma bonne, que je ne puis conserver d’autres sentiments pour vous que ceux d’une tendresse sans égale, d’une inclination parfaite, et d’un goût naturel qui ne finira qu’avec moi. J’ai tâché d’apprendre à Livry ce qu’il faut faire pour détourner ces idées. Toute ma difficulté, c’est qu’il ne s’en présente point à moi qui ne soient sur votre sujet, et que je ne sais où en prendre d’autres ; ainsi Corbinelli est bien empêché. Enfin, ma bonne, il faut espérer que le temps les rendra moins amères. Un peu de dévotion et d’amour de Dieu mettraient ce calme dans mon âme ; ce n’est qu’à cela seul que vous devez céder.

Corbinelli m’a été uniquement bon à Livry ; son esprit me plaît, et son dévouement pour moi est si grand que je ne me contraignais sur rien. J’en revins hier, et descendis chez Monsieur le Cardinal, à qui je trouvai tant d’amitié pour vous qu’il me convient par cet endroit plus que les autres, sans compter tous les anciens attachements que j’ai pour lui. Il a mille affaires ; il passe la Pentecôte à Saint-Denis, mais il reviendra ici pour huit ou dix jours encore. On ne parle ici que de sa retraite ; chacun en parle selon son humeur, quoiqu’il n’y doive avoir qu’une opinion qui doit la faire admirer. Mmes de Lavardin, de La Troche et Villars m’accablent de leurs billets et de leurs soins ; je ne suis point encore en état de profiter de leurs bontés. Mme de La Fayette est à Saint-Maur. Mme de Langeron a la tête enflée ; on espère qu’elle mourra. La Reine et Mme de Montespan furent lundi aux Carmélites de la rue du Bouloi plus de deux heures en conférence. Elles en parurent également contentes ; elles étaient venues chacune de leur côté, et s’en retournèrent le soir à leurs châteaux.

Je vous écrivis avant-hier. Je vous adressai la lettre à Lyon chez Monsieur le Chamarier. Je serais bien fâchée que cette lettre fût perdue ; il y en avait une, dans le paquet, de notre Cardinal. Voici encore un billet de lui. Votre lettre est très bonne pour pénétrer le cœur et l’âme. Etre avec lui et faire quelque chose pour vous, voilà ce qui m’est uniquement bon. Son Eminence a été ce matin chez un de vos présidents, et moi chez l’autre et chez deux autres juges. Ce serait à moi à vous remercier de me donner les moyens de vous être bonne ; cela seul me peut contenter.

M. de Coulanges saura votre souvenir. Il est vrai qu’il ne faut pas perdre un jour dans les adieux ; je serais très fâchée d’avoir perdu celui de Fontainebleau. Le moment de la séparation est terrible, mais il est encore pis ici. Je ne perdrai jamais aucun temps de vous voir. Je ne m’en reproche point, et pour me raccommoder avec Fontainebleau, j’irai au-devant de vous, ma bonne. Dieu nous enverra des facilités pour me conserver la vie. Ne soyez point en peine de ma santé ; je la ménage, puisque vous l’aimez. Je me porte très bien ; je sais l’intérêt que vous y prenez. Ne soyez jamais en peine de ceux qui ont le don des larmes. Je prie Dieu que je ne sente jamais de ces douleurs où les yeux ne soulagent point le cœur ; il est vrai qu’il y a des pensées et des paroles qui sont étranges, mais rien n’est dangereux quand on pleure. J’ai mandé de vos nouvelles à vos amis. Je vous remercie, ma chère Comtesse, de votre aimable distinctions.

M. le maréchal de Créquy a pris Dinant. On dit qu’il y a du désordre à Strasbourg. Les uns veulent laisser passer l’Empereur, les autres veulent tenir leur parole à M. de Turenne. Je n’ai point de nouvelles des guerriers. On m’a dit que le chevalier de Grignan avait la fièvre tierce. Vous en apprendrez des nouvelles par lui-même ; il a écrit. J’embrasse ce triste voyageur et le supplie de se remettre à son humeur naturelle. Un souvenir à Montgobert. Mandez-moi bien de vos nouvelles, et si vous mangez, et comme vous aurez trouvé vos enfants.

Du Cardinal de Retz

Je ne vous dis point, ma très chère nièce, que je suis touché comme je le dois des marques de bonté que j’ai vues pour moi dans la lettre de madame votre mère ; vous ne doutez assurément pas de ma considération ni de ma reconnaissance.

Le Cardinal de Retz.

27.A Madame de Grignan - À Paris, vendredi 14ème juin 1675.

C’est au lieu d’aller dans votre chambre, ma bonne, que je vous entretiens. Quand je suis assez malheureuse pour ne vous avoir plus, ma consolation toute naturelle, c’est de vous écrire, de recevoir de vos lettres, de parler de vous et de faire quelques pas pour vos affaires. Je passai hier l’après-dîner avec notre Cardinal ; vous ne sauriez jamais deviner de quoi nous parlons quand nous sommes ensemble. Je recommence toujours à vous dire que vous ne sauriez trop l’aimer et l’honorer. Vous êtes trop heureuse d’avoir renouvelé si solidement dans son cœur toute l’inclination et la tendresse naturelle qu’il avait déjà pour vous. Nous vous prions tous deux de ne point perdre courage dans vos affaires. Ne jetez point le manche après la cognée, comme on dit ; ayez quelque application à retrancher un bel air d’abondance, qui est chez vous, qui est fort indifférent à ceux qui le font, et fort préjudiciable à ceux qui le payent. Quand on croit que vous ne vous en souciez pas, on garde peu de mesure, et cela va loin. Au nom de Dieu, soutenez-vous, et croyez que les arrangements de la Providence sont quelquefois bien contraires à ce que nous pensons. Mandez-moi comme vous vous portez de l’air de Grignan, s’il vous a déjà bien dévorée, si vous avez le teint gâté, si vous dormez mal, enfin comme vous êtes, et comme je me dois représenter votre jolie personne. Votre portrait est très aimable, mais beaucoup moins que vous, sans compter qu’il ne parle point. Pour moi, n’en soyez point en peine. Ma règle, présentement, est d’être déréglée ; je n’en suis point malade. Je dîne tristement ; je suis ici jusqu’à cinq ou six heures. Le soir je vais, quand je n’ai point d’affaires, chez quelqu’une de mes amies ; je me promène selon les quartiers. Nous voici dans les saluts. Et je fais tout céder au plaisir d’être avec Monsieur le Cardinal. Je ne perds aucune des heures qu’il me peut donner ; il m’en donne beaucoup. J’en sentirai mieux son départ et son absence ; il n’importe, je ne songe jamais à m’épargner. Après vous avoir quittée, je n’ai plus rien à craindre. J’irais un peu à Livry, sans lui et vos affaires, mais je mets les choses au rang qu’elles doivent être, et ces deux choses sont bien au-dessus de mes fantaisies.

La Reine fut voir Mme de Montespan à Clagny, le jour que je vous avais dit qu’elle l’avait prise en passant. Elle monta dans sa chambre ; elle y fut une demi-heure. Elle alla dans celle de M. du Vexin, qui était un peu malade, et puis emmena Mme de Montespan à Trianon, comme je vous l’avais mandé. Il y a des dames qui ont été à Clagny. Elles trouvèrent la belle si occupée des ouvrages et des enchantements que l’on fait pour elle que, pour moi, je me représente Didon qui fait bâtir Carthage ; la suite de l’histoire ne se ressemblera pas. M. de La Rochefoucauld m’a fort priée de vous assurer de son service ; Mme de La Fayette vous embrasse. Nous craignons bien ici que vous n’ayez tout du long Madame la Grande Duchesse. On lui prépare ici une prison à Montmartre, dont elle serait effrayée, si elle n’espérait point de la faire changer ; c’est à quoi elle sera attrapée. Ils sont ravis en Toscane d’en être défaits.

Mme de Sully est partie ; Paris devient fort désert. Je voudrais déjà en être dehors. Je dînai hier avec le Coadjuteur chez Monsieur le Cardinal ; je le chargeai de vous faire l’histoire ecclésiastique. Monsieur Joly prêcha à l’ouverture, mais comme il ne se servit que d’une vieille évangile et qu’il ne dit que de vieilles vérités, son sermon parut vieux. Il y aurait de belles choses à dire sur cet article.

La Reine a dîné aujourd’hui aux Carmélites du Bouloi, avec Mme de Montespan et Mme de Fontevrault ; vous verrez de quelle hauteur se tournera cette amitié. On dit que M. de Turenne reconduit les ennemis quasi jusque dans leur logis ; il est assez avant dans leur pays. Voilà un si gros paquet de M. d’Hacqueville que c’est se moquer que de vouloir vous apprendre quelque chose aujourd’hui.

J’ai le cœur bien pressé de M. le cardinal de Retz. Je le vois souvent et longtemps, et cela même augmente ma tristesse ; il sort d’ici. Il s’en va demain. Je ferai ce soir mon paquet chez lui. Je n’ai point encore reçu vos lettres. Croyez, ma chère bonne, qu’il n’est pas possible d’aimer plus que je vous aime ; je ne suis animée que de ce qui a quelque rapport à vous. Mme de Rochebonne m’a écrit très tendrement ; elle me conte avec quels sentiments vous reçûtes et vous lûtes mes lettres à Lyon. Vous êtes donc quelquefois faible aussi bien que moi, ma très aimable enfant.

Embrassez M. de Grignan pour moi, et vos pichons. J’aurais bien des baisemains à vous faire, si je voulais vous dire tous ceux qu’on me fait pour vous.

Mlle de Méri a trouvé une très jolie petite maison dans ce quartier.

28.A Bussy-Rabutin - À Paris, ce mardi 6ème août 1675.

Je ne vous parle plus du départ de ma fille, quoique j’y pense toujours, et que je ne puisse jamais bien m’accoutumer à vivre sans elle. Mais ce chagrin ne doit être que pour moi.

Vous me demandez où je suis, comment je me porte, et à quoi je m’amuse. Je suis à Paris, je me porte bien, et je m’amuse à des bagatelles. Mais ce style est un peu laconique ; je veux l’étendre. Je serais en Bretagne, où j’ai mille affaires, sans les mouvements qui la rendent peu sûre. Il y va quatre mille hommes commandés par M. de Forbin. La question est de savoir l’effet de cette punition. Je l’attends, et si le repentir prend à ces mutins et qu’ils rentrent dans leur devoir, je reprendrai le fil de mon voyage, et j’y passerai une partie de l’hiver.

J’ai eu bien des vapeurs, et cette belle santé, que vous avez vue si triomphante, a reçu quelques attaques dont je me suis trouvée humiliée, comme si j’avais reçu un affront.

Pour ma vie, vous la connaissez aussi. On la passe avec cinq ou six amies dont la société plaît, et à mille devoirs à quoi l’on est obligé, et ce n’est pas une petite affaire. Mais ce qui me fâche, c’est qu’en ne faisant rien les jours se passent, et notre pauvre vie est composée de ces jours, et l’on vieillit, et l’on meurt. Je trouve cela bien mauvais. Je trouve la vie trop courte. À peine avons-nous passé la jeunesse que nous nous trouvons dans la vieillesse. Je voudrais qu’on eût cent ans d’assurés, et le reste dans l’incertitude. Ne le voulez-vous pas aussi ? Mais comment pourrions-nous faire ? Ma nièce sera de mon avis, selon le bonheur ou le malheur qu’elle trouvera dans son mariage. Elle nous en dira des nouvelles, ou elle ne nous en dira pas. Quoi qu’il en soit, je sais bien qu’il n’y a point de douceur, de commodité, ni d’agrément que je ne lui souhaite dans ce changement de condition. J’en parle quelquefois avec ma nièce la religieuse ; je la trouve très agréable et d’une sorte d’esprit qui fait fort bien souvenir de vous. Selon moi, je ne puis la louer davantage.

Au reste, vous êtes un très bon almanach. Vous avez prévu en homme du métier tout ce qui est arrivé du côté de l’Allemagne, mais vous n’avez pas vu la mort de M. de Turenne, ni ce coup de canon tiré au hasard, qui le prend seul entre dix ou douze. Pour moi, qui vois en tout la Providence, je vois ce canon chargé de toute éternité ; je vois que tout y conduit M. de Turenne, et je n’y trouve rien de funeste pour lui, en supposant sa conscience en bon état. Que lui faut-il ? il meurt au milieu de sa gloire. Sa réputation ne pouvait plus augmenter. Il jouissait même en ce moment du plaisir de voir retirer les ennemis, et voyait le fruit de sa conduite depuis trois mois. Quelquefois, à force de vivre, l’étoile pâlit. Il est plus sûr de couper dans le vif, principalement pour les héros, dont toutes les actions sont si observées. Si le comte d’Harcourt fût mort après la prise des îles Sainte-Marguerite ou le secours de Casal, et le maréchal du Plessis-Praslin après la bataille de Rethel, n’auraient-ils pas été plus glorieux ? M. de Turenne n’a point senti la mort ; comptez-vous encore cela pour rien ?

Vous savez la douleur générale pour cette perte, et les huit maréchaux de France nouveaux. Le comte de Gramont, qui est en possession de dire toutes choses sans qu’on ose s’en fâcher, écrivit à Rochefort le lendemain :

« Monseigneur,

La faveur l’a pu faire autant que le mérite. Monseigneur, je suis votre très humble serviteur,

Le Comte de Gramont. »

Mon père est l’original de ce style. Quand on fit maréchal de France Schomberg, celui qui fut surintendant des finances, il lui écrivit :

« Monseigneur,

« Qualité, barbe noire, familiarité.

« Chantal. »

Vous entendez bien qu’il voulait lui dire qu’il avait été fait maréchal de France, parce qu’il avait de la qualité, la barbe noire comme Louis XIIIème, et qu’il avait de la familiarité avec lui. Il était joli, mon père !

Vaubrun a été tué à ce dernier combat qui comble Lorges de gloire. Il en faut voir la fin ; nous sommes toujours transis de peur, jusqu’à ce que nous sachions si nos troupes ont repassé le Rhin. Alors, comme disent les soldats, nous serons pêle-mêle, la rivière entre-deux.

La pauvre Madelonne est dans son château de Provence. Quelle destinée ! Providence ! Providence !

Adieu, mon cher Comte ; adieu, ma très chère nièce. Je fais mille amitiés à M. et à Mme de Toulongeon. Je l’aime, cette petite comtesse ; je ne fus pas un quart d’heure à Monthelon que nous étions comme si nous nous fussions connues toute notre vie ; c’est qu’elle a de la facilité dans l’esprit, et que nous n’avions point de temps à perdre. Mon fils est demeuré dans l’armée de Flandre ; il n’ira point en Allemagne. J’ai pensé à vous mille fois depuis tout ceci. Adieu.

29. À Madame de Grignan - Mardi septembre 1675.

Voici une bizarre date.

’’Je suis Dans un petit bateau, Dans le courant de l’eau, Fort loin de mon château.’’

Je pense même que je puis achever :

’’Ah ! quelle folie !’’

car les eaux sont si basses, et je suis si souvent engravée, que je regrette mon équipage, qui ne s’arrête point et qui va son train. On s’ennuie sur l’eau quand on y est seule ; il faut un petit comte des Chapelles et une Mlle de Sévigné. Mais enfin c’est une folie de s’embarquer, quand on est à Orléans, et peut-être même à Paris (c’est pour dire une gentillesse), mais il est vrai qu’on se croit obligée à prendre des bateliers, comme à Chartres d’acheter des chapelets.

Je vous ai mandé, ma bonne, comme j’avais vu l’abbé d’Effiat dans sa belle maison ; je vous écrivais de Tours. Je vins à Saumur, où nous vîmes Vineuil. Nous repleurâmes M. de Turenne ; il en a été vivement touché. Vous le plaindrez, quand vous saurez qu’il est dans une ville où personne n’avait jamais vu le héros. Vineuil est bien vieilli, bien toussant, bien crachant, et dévot, mais toujours de l’esprit. Il vous fait mille et mille compliments. Il y a trente lieues de Saumur à Nantes. Nous avons résolu de les faire en deux jours et d’arriver aujourd’hui, mardi 17ème de septembre, à Nantes. Dans ce dessein, nous allâmes hier deux heures de nuit ; nous nous engravâmes, et nous demeurâmes à deux cents pas de notre hôtellerie sans pouvoir aborder. Nous revînmes au bruit d’un chien, et nous arrivâmes à minuit dans un tugurio, plus pauvre, plus misérable qu’on ne peut vous le représenter ; il n’y avait rien du tout que de vieilles femmes qui filaient, et de la paille fraîche, sur quoi nous avons tous couché sans nous dépouiller. J’aurais bien ri, sans l’Abbé, que je meurs de honte d’exposer à la fatigue d’un voyage. Nous nous sommes rembarqués avec la pointe du jour, et nous étions si parfaitement bien établis dans notre gravier que nous avons été près d’une heure avant que de reprendre le fil de notre discours. Nous voulons, contre vent et marée, arriver à Nantes ; nous ramons tous. J’y trouverai de vos lettres, ma bonne, mais j’ai si bonne opinion de votre amitié que je suis persuadée que vous serez aise de savoir des nouvelles de mon voyage, et comme on m’a dit que la poste va passer à Ingrande, je vais y laisser cette lettre en passant.

Je me porte très bien ; il ne me faudrait qu’un peu de causerie. Je mange tristement des melons ; c’est selon Bourdelot qu’il faut se gouverner sur cette route. Notre bon Abbé se porte bien ; c’est toute mon application. Je vous écrirai de Nantes. Comme vous pouvez croire, j’ai de l’impatience d’y savoir de vos nouvelles, et de l’armée de M. de Luxembourg ; cela me tient fort au cœur. Il y a neuf jours que j’ai ma tête dans ce sac.

L’Histoire des Croisades est très belle, surtout à ceux qui ont lu Le Tasse et qui revoient leurs vieux amis en prose et en histoire, mais je suis servante du style du jésuite. La Vie d’Origène est divine.

Adieu, ma très chère, très aimable et très parfaitement aimée ; vous êtes ma chère enfant. J’embrasse le matou.