Lettres de Chopin et de George Sand/Lettre 48

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Texte établi par Ronislas-Edouard Sydow, Denise Colfs-Chainaye et Suzanne Chainaye,  (p. 103-104).


48. — George Sand à la comtesse Marliani, à Paris.

[Marseille, 17 mars 1839.]

Chère amie,

Que vous êtes aimable et bonne de vous occuper de moi comme vous faites ! Quand donc, moi, serai-je bonne à quelque chose ! Puisque Buloz vous remet l’argent de Simon,[1] envoyez-le moi car celui que Chopin attend de son éditeur souffre quelque retard et je touche avec mon hôtesse au quart d’heure de Rabelais.

Dans une dernière lettre à Buloz que je vous ai fait passer je lui demandais de m’envoyer le tout à la fois, mais j’aime autant avoir quelque chose tout de suite. Vous aurez, dans peu de jours, mon article sur Mickiewicz qui sera je crois plus long que je ne l’annonçais. […] Encore un mot pour en finir avec Buloz : Faites-moi envoyer la Revue depuis le dernier N° de Spiridion. J’avais écrit à Buloz de me l’adresser ici, il ne l’a pas fait. Chopin va toujours très bien. Il me charge de vous remercier bien tendrement de tout l’intérêt que vous prenez de lui. Soyez sûre que lui aussi vous aime bien, et que chacune de vos lettres est une fête pour nous deux. Le Docteur est très content de sa santé, il nous mène souvent promener et diner ensuite chez lui où il nous traite en gourmets. Hier, il a versé à son malade un demi-verre de Champagne coupé d’eau, quand il lui en versera un pur, il sera bu à votre santé. Je vous quitte, voici notre bon Docteur et il n’y a pas moyen de causer avec d’autres qu’avec lui, même avec vous ; vous savez que le Docteur ne tarit guère. Il vous dit mille compliments, mille amitiés. Je ferme ma lettre car l’heure du courrier arrive, et je veux vous embrasser par ce courrier.

  1. « Simon », roman de George Sand.