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Mélange d’histoire (Renan)/Le désert et le Soudan

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Calmann-Lévy (p. 305-317).

LE DÉSERT ET LE SOUDAN[1].




M. d’Escayrac de Lauture a parcouru pendant huit ans les diverses parties du continent africain ; le livre qu’il vient de publier est le fruit de ses observations personnelles et de ses réflexions. On y reconnaît partout un esprit pénétrant, original, rempli de l’amour le plus désintéressé de la science, et possédé de cette large et vive curiosité qui est le signe des natures vraiment distinguées. À toutes les qualités du voyageur, à l’audace, à l’activité, à la persévérance, M. d’Escayrac joint plusieurs de celles du penseur et de l’écrivain. Les défauts de son ouvrage sont ceux d’un esprit encore peu maître de sa méthode et trop charmé du plaisir de penser pour penser avec sobriété. On peut lui reprocher d’avoir donné dans un livre de renseignements précis une trop grande place aux généralités. Ce qu’on est en droit de demander au voyageur, en effet, ce n’est pas de faire preuve d’érudition et de philosophie ; c’est uniquement de bien voir et de bien rendre ce qu’il a vu, c’est d’être le témoin véridique et judicieux des pays lointains devant le tribunal de la critique européenne. La forme du récit ou du journal est pour cela la meilleure. M. d’Escayrac raconte trop peu et raisonne trop. Cela le conduit à des vues parfois hasardées, qui tiennent uniquement à certaines habitudes de style et ne portent aucun préjudice à la justesse et à l’impartialité habituelles de son esprit.

La philosophie de l’histoire de M. d’Escayrac pourrait donner lieu à des observations analogues. Elle est trop absolue, et, s’il fallait la comparer à quelque chose, ce serait au curieux essai d’histoire a priori que le plus ingénieux des chroniqueurs arabes, Ibn-Khaldoun, nous a donné dans ses Prolégomènes. Dominé par l’idée d’un plan uniforme de l’espèce humaine, supposant que tous les peuples sont partis d’un même état, suivent la même ligne et tendent au même but, M. d’Escayrac ne tient pas assez de compte de la diversité des races. Or il semble que, plus on étudie l’histoire dans ses véritables sources, plus on arrive à écarter toute formule générale et à se renfermer dans de pures considérations ethnographiques. M. d’Escayrac, par exemple, trompé par l’équivoque du mot barbarie, rapproche souvent les Germains des premiers siècles de notre ère des diverses populations du Soudan, et semble supposer qu’il ne faudrait à ces dernières que du temps et des circonstances favorables pour produire des œuvres comparables à celles du génie germanique. Il faut avouer que tous les progrès de la science moderne amènent au contraire à envisager chaque race comme enfermée dans un type qu’elle peut réaliser ou ne pas réaliser, mais dont elle ne sortira pas. Gœthe et Kant étaient en germe dans les contemporains d’Arminius ou de Witikind. L’Afrique ne révèle peut-être pas autant que l’Asie cette profonde individualité des branches diverses de l’espèce humaine. Le degré de civilisation y a plus d’importance que la race. C’est en Asie que le fait primordial du sang apparaît dans toute sa force, et c’est en étudiant cette partie du monde qu’on s’habitue à envisager d’une façon toute relative les destinées intellectuelles, morales et religieuses de la planète que nous habitons.

La race arabe semble l’objet de prédilection des études de M. d’Escayrac. Il l’a trouvée dans ses longs voyages, de l'Irak au Sénégal, de Maroc à Madagascar, partout inaltérable, homogène, offrant, si j’ose le dire, l’identité du métal, et présentant l’image d’un peuple qui, suivant la belle expression de Jérémie (xlviii, 11), « n’a point été remué de dessus sa lie ». Les meilleures pages du livre de M. d’Escayrac sont celles qu’il a consacrées au portrait de cette race étrange, dont le privilège est de passionner si vivement tous ceux qui l’étudient. Jamais famille humaine n’offrit, en effet, un si séduisant assemblage de brillantes qualités et de brillants défauts. On l’aime, tout en étant persuadé qu’elle a peu de valeur solide et qu’il n’y a désormais rien à en faire pour le bien général de l’humanité. Les Arabes, comme tous les peuples qu’on appelle sémitiques[2], manquent de cette variété, de cette largeur, de cette étendue d’esprit qui sont les conditions de la perfectibilité. Leur civilisation n’a qu’un seul type et ne tarde jamais à rencontrer sa limite : on a remarqué avec raison que la domination des Arabes a exactement le même caractère dans les pays les plus éloignés les uns des autres où elle a été portée, en Afrique, en Sicile, en Espagne. L’infini, la diversité, le germe du développement et du progrès leur semblent refusés.

L’illustre M. Lassen, que ses sympathies exclusives pour la race indo-européenne rendent parfois injuste pour la race sémitique, a défini d’un mot cette dernière : une race personnelle, égoïste, et, comme on dit en Allemagne, subjective. Il est certain que nulle part ailleurs les passions individuelles, l’amour, la haine, la vengeance, n’ont eu autant de développement. Jamais la poésie arabe ne s’élève au-dessus des sentiments personnels. Les Moallakat sont sous ce rapport un genre unique, auquel on ne saurait rien comparer dans aucune littérature. Le poëte arabe ne se résigne jamais à prendre au sérieux un sujet étranger à lui-même. Pas de drame, pas d’épopée, aucune de ces grandes compositions où l’auteur doit s’effacer. Race incomplète par sa simplicité même, la race sémitique se distingue presque exclusivement par des caractères négatifs ; elle n’a ni mythologie, ni science, ni philosophie, ni fiction, ni arts plastiques, ni vie politique. La moralité elle-même a toujours été entendue par cette race d’une manière tort différente de celle que nous imaginons. Le mélange bizarre de sincérité et de mensonge, d’exaltation religieuse et d’égoïsme qui nous frappe dans Mahomet, la facilité avec laquelle les musulmans eux-mêmes avouent que dans plusieurs circonstances le Prophète obéit plutôt à sa passion qu’à son devoir, ne peuvent s’expliquer que par cette espèce de machiavélisme qui rend le sémite indifférent sur le choix des moyens, quand il a pu se persuader que le but qu’il veut atteindre est la volonté de Dieu. Notre manière désintéressée et pour ainsi dire abstraite de juger les choses lui est complètement inconnue.

C’est dans la vie nomade qu’il faut chercher la cause de cette indomptable personnalité, et aussi du sort étrange qui prédestinait l’Afrique à devenir, par le travail continu des siècles, une terre sémitique. N’est-il pas bien remarquable que, tandis qu’en Asie la race arabe ne put dépasser les limites de la Syrie et de l’Irak, en Afrique elle se répandit, comme par une sorte d’infiltration lente, jusqu’à l’Atlantique et jusqu’à la Cafrerie ? C’est que le désert est, à vrai dire, la patrie de l’Arabe. Partout où il trouve un sol convenablement disposé pour le recevoir, il est chez lui, si bien qu’à cette heure les limites de l’Arabie sont à proprement parler les limites du désert.

Une affinité aussi étroite, une prise de possession aussi complète, feraient croire que l’envahissement du continent africain par la race arabe a dû se produire dès une époque reculée, et sans doute bien avant l’islamisme. La race arabe nous apparaît dans la plus haute antiquité répandue sur les deux rivages de la mer Rouge. L’Égypte n’était qu’une étroite vallée, entourée de Sémites nomades, tantôt soumis, ainsi que nous le voyons pour les Israélites, tantôt maîtres, comme les Hyksos. Abd-el-Kader exposait naguère[3], avec sa remarquable érudition, les traditions des Arabes sur leurs émigrations anté-islamiques en Barbarie. L’émir, comme la plupart des savants de sa religion, n’a pas beaucoup de critique, et je n’accorde, pour ma part, aucune valeur historique à ces récits, qui occupent une grande place chez les historiens musulmans. Ils reposent pourtant sur un fait réel, je veux dire les profondes racines que la race arabe a jetées en Afrique ; on peut dire, en effet, que l’Afrique, et en particulier le Maroc, est de nos jours le sanctuaire de l’esprit arabe et le point du monde où cet esprit semble le moins prêt à céder aux influences de l’étranger.

M. d’Escayrac a été frappé de trouver au fond du Soudan les mœurs, la langue, la religion de l’Arabe conservées avec une merveilleuse pureté, tandis que, partout où la race arabe s’est renfermée dans la vie citadine, elle a bientôt perdu ses qualités essentielles, sa fierté, sa grâce, sa sobre et sévère majesté. Cette race n’a jamais compris la civilisation dans le sens que nous y donnons. La vraie société arabe est celle de la tente et de la tribu, sans aucune institution politique ni judiciaire, sans autre autorité et sans autre garantie que celle du chef de la famille. Les questions d’aristocratie, de démocratie, de féodalité, qui forment le secret de l’histoire de tous les peuples indo-européens, n’ont pas de sens pour les Sémites. L’aristocratie n’ayant pas chez eux une origine militaire, est acceptée sans contradiction et sans la moindre répugnance. La noblesse arabe est toute patriarcale ; elle ne tient pas à une conquête, elle a sa source dans le sang. Quant au pouvoir suprême, l’Arabe ne l’accorde rigoureusement qu’à Dieu et à ses envoyés. « C’est un curieux spectacle, dit M. d’Escayrac, que celui que présente la tente d’un chef arabe, lorsque quelque affaire s’y traite ; elle est pleine de monde, et ceux qui ne peuvent s’y placer se pressent à la porte. Chacun donne son avis, sans que personne l’interrompe : l’un blâme le chef, l’autre lui reproche d’être incapable ou poltron ; il se justifie ou laisse dire : les femmes mêmes prennent la parole et la gardent volontiers ; l’enfant parle et tous sont attentifs ; le domestique, le mendiant, l’étranger parlent aussi, souvent tous à la fois, sans qu’on les fasse taire. »

Il peut sembler paradoxal de le dire, et rien n’est pourtant plus exact, l’anarchie complète a toujours été l’état politique de la race arabe. Cette race nous donne le spectacle singulier d’une société se soutenant à sa manière sans aucune espèce de gouvernement ni d’idée de souveraineté. Le khalife n’est nullement un souverain, c’est un vice-prophète. Les historiens arabes sont pleins d’anecdotes qui témoignent de la liberté avec laquelle les premiers musulmans blâmaient en face ces représentants de l’autorité prophétique, et résistaient à leurs ordres quand ils ne les approuvaient pas. Les révolutions des premiers siècles de l’hégire, l’extermination de la famille du Prophète et du parti resté fidèle à l’idée primitive de l’islamisme, venaient de l’incapacité absolue de rien fonder et de l’impossibilité où était la race arabe de se développer dans des pays qui appellent une organisation régulière. En Afrique, au contraire, où elle rencontrait un sol approprié à la vie nomade et patriarcale, cette race s’est répandue de proche en proche, par un mode de propagation analogue à celui du sable dans le désert, portant avec elle ses habitudes d’indiscipline, sa religion simple, son purisme grammatical.

L’islamisme n’était pas moins bien adapté que la race arabe à la nature africaine. Né dans le désert, il tend de plus en plus à s’y renfermer. M. d’Escayrac de Lauture insiste vivement sur ce phénomène bizarre que l’islamisme est bien plus pur dans le Soudan qu’en Syrie, en Égypte, à Constantinople. Les superstitions, les dévotions mesquines, qui ont terni presque partout la pureté de la doctrine unitaire, n’ont aucun accès parmi les tribus nomades de l’Afrique ; les derviches et les ordres religieux, qui ailleurs ont supplanté les oulémas dans la faveur du peuple, n’exciteraient ici que le dégoût. Ce puritanisme confine parfois à l’incrédulité. L’Arabe bédouin, à force de simplifier sa religion, en vient presque à la supprimer : c’est assurément le moins mystique et le moins dévot des hommes. Sa religion ne dégénère jamais en crainte servile ; le monothéisme est moins pour lui une religion positive qu’une manière de repousser la superstition. Il est prouvé aujourd’hui que l’islamisme se produisit au viie siècle presque sans conviction religieuse, et n’obtint une créance absolue que quand, sortant de l’Arabie, il tomba sur un sol mieux disposé pour la foi. La plupart des tribus bédouines se convertirent par force, sans trop savoir ce qu’elles faisaient. M. Fresnel nous a appris que, dans le Hadramant, des tribus entières n’ont embrassé l’islamisme que depuis peu d’années, par suite du mouvement wahhabite. L’Arabie, qui a converti le monde, a été convertie la dernière. « Le Persan, le Criméen, le Turc traversent la moitié de l’Asie, le noir du Sénégal affronte un voyage de deux années, pour adresser à Dieu leurs ferventes prières dans le sanctuaire de l’islamisme ; le Bédouin, qui, chaque année, vient planter ses tentes sous les murs de la ville sainte, ne dépense pas un quart d’heure pour assurer son salut, et meurt à quatre-vingts ans sans avoir accompli le premier devoir du musulman. »

« Je voyageais dans le Soudan avec un secrétaire égyptien, continue M. d’Escayrac ; parfois nous réclamions le soir l’hospitalité du désert, je le priais de chanter, comme les muezzins du Caire, l’appel à la prière : l’étonnement des Arabes nous amusait beaucoup. « Que chante-t-il ? » venaient-ils me demander ; « qu’est-ce que cela veut dire ? — C’est l’appel à la prière, » leur disais-je, « ne l’avez-vous jamais entendu ? — Jamais. — Est-ce que vous ne priez pas ? — Nous ne le pouvons pas : l’eau est rare chez nous et les ablutions en demandent beaucoup. — Ne pouvez-vous donc pas les pratiquer avec le sable ? C’est pour vous que le Prophète a institué le teyemmum[4] ; voulez-vous que je vous le fasse connaître ? — Ce n’est pas la peine ; nous sommes des Arabes, nous ne sommes pas des saints. »

« Parcourant la Syrie, il m’arriva de passer devant un Arabe qui déjeunait de fort bon appétit et m’invita à prendre part à son repas. Nous étions en ramadhan, et je lui en fis l’observation, « Dieu, » lui dis-je, « n’a-t-il pas ordonné de jeûner pendant ce mois béni ? — Je ne l’ai pas entendu, » me répondit-il. « Mais, » ajoutai-je, « c’est écrit dans le Coran. — Bah ! » fit-il, « je ne sais pas lire. »

La langue arabe enfin présente chez les nomades du Soudan le même caractère d’inaltérable pureté. Elle y a conservé tout son atticisme, tandis que partout dans les villes elle s’est promptement altérée. Ainsi se vérifie encore ce fait capital que le désert est le centre et le milieu naturel de la culture arabe. Une poésie d’une extrême recherche, une langue qui surpasse en délicatesse les idiomes les plus cultivés, des subtilités de critique littéraire telles qu’on en rencontre aux époques les plus fatiguées de réflexion, voilà ce qu’on trouve au désert, cent ans avant Mahomet, et cela chez des poètes voleurs de profession, à demi nus et affamés. Des caractères tels que ceux de Tarafa et d’Imroulkaïs, fanfarons de débauche et de bel esprit, unissant les mœurs d’un brigand à la galanterie de l’homme du monde, à un scepticisme complet, sont certes un phénomène unique dans l’histoire. Les Arabes ont toujours cru que les tribus nomades conservent le dépôt du langage choisi et des manières distinguées. Les familles nobles d’Espagne et d’Afrique faisaient faire à leurs fils un voyage littéraire parmi les Bédouins. Les chérifs de la Mecque envoient encore aujourd’hui leurs enfants passer un certain nombre d’années et, en quelque sorte, faire leur rhétorique au désert.

C’est bien à tort, en effet, qu’on envisage la vie nomade comme inséparable de la barbarie, parce qu’elle n’admet pas le genre de raffinements auxquels nous sommes habitués à donner exclusivement le nom de civilisation. Elle en admet d’une autre sorte, et n’est nullement incompatible avec une grande culture intellectuelle et morale. Est-il un plus charmant tableau que celui que nous offrent dans la haute antiquité les patriarches abrahamides, menant partout leur noble vie de pasteurs, riches, fiers, chefs d’un nombreux domestique, en possession d’idées religieuses pures et simples, traversant les sociétés plus compliquées des Chananéens et des Chamites sans s’y confondre et sans en rien accepter ? Il est difficile de se figurer à quel point la vie du douar développe les instincts individuels, combien elle fortifie le caractère personnel, mais aussi combien elle rend incapable de discipline et d’organisation. Un cercle d’idées assez étroit, des passions très-profondes, un grand sens pratique, une tendance à faire prédominer les considérations de l’intérêt égoïste sur celles de la moralité, une religion épurée, tel est l’esprit du douar. Nos préoccupations toutes naturelles en faveur de la vie urbaine nous font en général envisager la vie nomade sous de très-fausses couleurs. Nous ne comprenons en dehors du citadin que le paysan à demi serf, ne recevant la vie sociale d’aucune institution, tel que l’a créé le moyen âge ; or, c’est là un genre de vie assez nouveau, et de tous, peut-être, le plus fermé à la civilisation ; c’est celui où l’homme est le plus isolé et participe le moins à la vie commune de la société. On peut affirmer que le genre de vie du Kirghiz, abstraction faite de l’inégalité des races, est bien plus propre à cultiver l’individu que celui de nos paysans. La vie commune de la tribu est, en effet, comme une grande école traditionnelle à laquelle tous assistent ; le contact perpétuel et intime des individus excite à un haut degré certaines facultés ; enfin, si une telle vie est très-impropre aux spéculations scientifiques et rationnelles, elle constitue un milieu souverainement poétique et où les grandes idées religieuses trouvent merveilleusement à se développer.

Tel est l’intéressant résultat qui sort du livre de M. de Lauture. Ce livre est en quelque sorte l’apologie du désert et de la race du désert. On ne peut nier que la conversion et par suite la conquête de l’Afrique centrale ne semblent dévolues à l’Arabie par une sorte de droit naturel. À l’heure présente la langue arabe est partout en Afrique le signe d’une certaine civilisation : c’est grâce à l’arabe que l’Afrique a eu quelque littérature, et qu’on a vu, par exemple, un assez beau mouvement littéraire se produire à Tombouctou[5]. De nos jours, l’islamisme et la langue arabe font de grands progrès dans la partie orientale de l’Afrique, du côté de Mozambique et de Madagascar, comme nous l’apprennent les renseignements fournis par le missionnaire Krapf[6]. Plusieurs pays du Soudan, tels que le Ouaday, paraissent avoir été récemment convertis, et la propagande musulmane chez les noirs du Sénégal est de plus en plus active. L’islamisme est encore conquérant de ce côté, et bien que des causes physiques condamnent à jamais l’Afrique à n’occuper qu’un rang secondaire dans l’histoire de la civilisation, on devra savoir gré à l’islamisme et aux Arabes d’avoir élevé les races noires du Soudan, autant peut-être qu’il était possible, au-dessus de leur incurable matérialité.

  1. Le Désert et le Soudan, études sur l’Afrique au nord de l’équateur, par M. le comte d’Escayrac de Lauture. — Paris, 1853.
  2. On donne ce nom très-impropre aux peuples qui parlent ou ont parlé hébreu, syriaque ou arabe, trois langues fort ressemblantes entre elles, et qu’on a regardées bien à tort comme correspondant à la catégorie biblique des enfants de Sem.
  3. Lettre au général Daumas, dans la Revue des Deux Mondes, 15 février 1854.
  4. Mode d’ablution qui se pratique avec du sable à défaut d’eau.
  5. L’histoire littéraire de Tombouctou nous a été récemment révélée par M. Cherbonneau, Journal asiatique, janvier 1853.
  6. Journal de la Société asiatique allemande, 1840, page 44 et suivantes. — Depuis la publication de cet article, l’islamisme a fait en Alfrique des progrès effrayants.