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Mémoires d’une danseuse russe/Texte entier

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(Volume 2p. 1-192).

TROISIÈME PARTIE




RÉCIT D’UNE ORPHELINE

Bandeau de début de chapitre


I

DÉBUTS PEU RAGOUTANTS


Je devins orpheline à l’âge de douze ans. Une tante, qui ne pouvait pas me voir en peinture, me conduisit dès le lendemain de l’enterrement de ma mère, dans un de ces orphelinats qui foisonnent à Moscou.

Dans celui où on m’avait emprisonnée, c’est le mot, nous étions une quarantaine de filles de dix à vingt ans. Quand elles avaient atteint cet âge, on les vendait au plus offrant, bien que plus d’une fut usée jusqu’à la corde, tellement on avait abusé d’elles de toutes manières.

La direction en était confiée à un vieux général en retraite, aidé dans sa surveillance par une gouvernante d’une quarantaine d’années, qui portait dans ses traits la méchanceté incarnée. Il y avait là, outre des orphelines, des filles de déportés, ou de simples soupçonnés, qui, lorsqu’on les relâchaient, après une longue détention, n’ayant pu faire la preuve, n’avaient pas besoin de s’informer auprès de la mère, quand ils réintégraient le domicile conjugal, de ce qu’était devenue leur fille, et ils n’osaient pas aller la réclamer, de peur d’être retenus de nouveau comme suspects.

On enseignait à coudre, à repasser, à faire le ménage. On nous faisait balayer chacune à notre tour, et servir de femme de chambre au vieux général et à la matrone, qui surveillait l’orphelinat. Le gouverneur et la femme obligeaient les filles à les servir toutes nues dans leur chambre, pour que rien ne les protégeât contre la correction immédiate qui atteignait n’importe où.

Les filles de chambre couchaient dans les appartements des maîtres. Quand je dis couchaient, je ne veux pas dire qu’elles y dormaient, elles y passaient la nuit dans un fauteuil enveloppées dans un peignoir de flanelle. L’hiver elles devaient alimenter le feu, et malheur à elles si le sommeil les gagnait sur le matin, et si le feu s’éteignait faute de l’avoir entretenu. Elles n’avaient rien pour le rallumer, et quand le dormeur ou la dormeuse se réveillait, ils ne pouvaient manquer de s’apercevoir que la veilleuse avait dormi.

Elles devaient enlever leur peignoir, et apporter l’instrument de correction qu’on leur désignait. Elles montaient sur le lit, où elles devaient s’agenouiller en tournant le dos, pour présenter leur postérieur au fouetteur ou à la fouetteuse, qui leur appliquaient trente-neuf coups de cordes sévères sur les fesses et les cuisses nues. Quelquefois c’était les verges qu’employaient les fouetteurs, jamais le martinet de cuir pour cette faute grave. Les pauvres filles, par quelles mains qu’elles fussent passées, avaient les fesses et les cuisses endommagées.

Cette façon lubrique de faire payer l’extinction des feux à un postérieur, qui gigotait lascivement sous les yeux des fouetteurs excités, les allumaient souvent dans l’organe du vieux général, et toujours dans celui de la matrone, que les fouettées devaient éteindre de la même façon chez tous les deux, en suçant celui du général, et en léchant celui de la gouvernante. Le feu du général s’éteignait après un jet de pompe, l’incendie de la fouetteuse après une heure de manœuvre incessante.

Les filles de chambre devaient rallumer le feu toutes nues, avec des brindilles apportées par une servante sonnée par la fouetteuse. Elles ne reprenaient leur peignoir qu’après avoir rallumé le feu, qui n’était pas plus ardent que celui qui brûlait dans leurs fesses.

L’été elles pouvaient s’assoupir, pourvu quelles se réveillassent au premier appel. Monsieur avait besoin du vase, la servante volait vers le lit tenant le récipient d’une main, ajustant de l’autre le membre dans l’embouchure d’un cylindre en caoutchouc, qui conduisait le liquide dans le vase ad hoc.

Quand c’était madame, on lui glissait une bassine sous les fesses, et quand l’opération était terminée, la servante devait la lécher jusqu’à ce que les bords séchés se remouillassent.

La fille de chambre assistait le vieux général au bain. Elle devait le laver, l’éponger, l’essuyer, sans négliger aucun détail. Cette opération ne se terminait pas souvent sans qu’il enfilât la fille, qu’il fessait préalablement pour augmenter son ardeur. Quand il s’était fait sucer le matin, il ne lui restait pas toujours assez de vigueur pour repiquer au truc, et il se faisait habiller sur le champ.

La matrone usait du même procédé avec la fille de chambre qui la servait. Elle se faisait lécher tous les matins jusqu’à plus soif, cette enragée qui n’aimait que ça au monde, mais qui l’aimait avec rage, car elle y dressait dans la journée des gamines qui n’avaient pas l’âge de servir de femme de chambre. Je fus mise à l’épreuve le lendemain de mon entrée.

Nous étions dans l’atelier de couture sous la surveillance d’une sous-maîtresse d’une trentaine d’années, une grande brune plantureuse, dont la gorge libre de corset gonflait amplement la toile du corsage. Elle était comme nous assujettie à la discipline de l’orphelinat, et aussi aux fonctions de femme de chambre, qu’elle remplissait plus souvent qu’à son tour auprès de la matrone, ce qui n’empêchait pas celle-ci de la traiter avec la plus grande sévérité, quand elle la fouettait en présence des ouvrières.

Nous étions là une vingtaine de filles portant toutes le même uniforme, un corsage de toile sur la chemise, sans corset, de façon que la gorge parut telle qu’elle était et aussi pour qu’on put la peloter librement. Une jupe de toile sur un jupon de calicot complétait le costume d’été. Des bas de filoselle de diverses nuances était attachés sur le genoux, finissant à des escarpins d’un cuir souple et léger.

L’hiver, le corsage, la jupe et le jupon étaient en laine, et bien que les appartement fussent chauffés, nous gélions en longeant les longs corridors, qui étaient très froids.

La maîtresse entra. Tout l’atelier se leva, elle fit rasseoir les ouvrières. Elle n’avait pas paru faire attention à moi. Elle s’assit dans un fauteuil, à côté d’une table, sur laquelle il y avait des martinets de cuir et des martinets de cordes de toutes les dimensions.

Elle se fit apporter son ouvrage par une grande fille, qui devait approcher de la vingtaine, qui le lui remit en tremblant. Elle l’examina sur toutes les coutures. Elle fit une grimace significative.

— Le martinet va t’apprendre, Tania, à faire des points longs d’une aune.

La jeune fille vint s’agenouiller devant la fouetteuse, le buste allongé entre les cuisses, qui s’élargirent de façon que le buste et la figure disparurent à moitié. La sous-maîtresse vint la trousser, et mit au jour un joli postérieur rose, rebondi par la pression exercée par les genoux de la fouetteuse sur les hanches de l’agenouillée, dont les cuisses serrées empêchaient de voir la fente, dont on apercevait à peine les bords vermeils sous le creux bouché des fesses.

Je me demandais pourquoi cette bizarre façon de fouetter les ouvrières. Était-ce pour nous offrir le spectacle en exemple, ou pour quelqu’autre raison ? La fouetteuse dut se pencher pour fouetter le postérieur, et alors la figure et le buste disparurent complètement. Elle devait respirer mal à l’aise dans cet étouffoir.

Elle prit le plus grand des martinets de cuir, ayant une vingtaine de lanières, qui retombaient en long sur les fesses et sur les cuisses, atteignant jusqu’aux genoux. Quelques coups cinglèrent la raie, tombant entre les cuisses. On entendait des soupirs étouffés.

Elle put en appliquer ainsi deux douzaines. La fouettée avait les fesses et les cuisses de la couleur d’une langouste cuite. Quand elle se retourna, elle avait la figure congestionnée et les yeux pleins de larmes.

— Tu vas me découdre ça. Je repasserai dans une heure, et gare à tes fesses, si ce n’est pas plus proprement fait.

Elle en fouetta deux autres de la même façon. Il me semblait maintenant qu’elle y prenait plaisir. Elle m’appela :

— Nadine !

Je me disposais à lui porter mon ouvrage.

— Non, non, laisse-là ton ouvrage. Ce n’est pas pour ça que je t’appelle.

Je m’approchai du fauteuil. Elle me posa en travers de ses cuisses, les pieds et la tête dans l’espace, releva ma jupe courte avec mes dessous, découvrant mon postérieur et mes cuisses, qu’elle palpa dans tous les coins. Puis elle m’appliqua cinq ou six claques sur les fesses, et autant sur les cuisses.

Ensuite elle me prit par les jambes, me fit basculer la tête en bas, les dessous retombés, je dus m’appuyer sur les mains. Elle écarta mes jambes, les ramena brusquement cinq ou six fois, faisant claquer les talons, sans doute pour plonger dans mes cuisses, et comme nous ne portons pas de pantalons, ce serait gênant pour la fessée et pour autre chose, elle put se régaler tout à son aise. Elle me reposa sur les pieds.

— Suis-moi, me dit-elle.

Je sortis sur ses pas. Elle me conduisit dans sa chambre à coucher, où elle me fit déshabiller. Quand je fus toute nue, elle s’assit dans un fauteuil, les fesses sur les bords, se troussa, et me montrant son gros chat roux, parsemé de poils gris, elle me dit de m’agenouiller, d’écarter les lèvres de son con, de l’embrasser, et de lécher ce que je trouverais à l’entrée sur les bords.

— Et tâche de te bien comporter, ou sinon je t’encouragerai avec ceci, dit-elle, en brandissant un martinet de douze branches de cuir. Je t’ai fait mettre toute nue pour pouvoir te distribuer plus facilement les encouragements sur ton corps. Allons, à l’ouvrage !

Je dus écarter les poils et prendre les grosses lèvres ridées dans mes doigts. Le bas de la toison était humide, le clitoris suintait. Je fermai instinctivement les yeux, quand je posai mes lèvres et ma langue sur ce con qui sentait le rance, bien que j’en eusse déjà léché à dix ans. Mais c’était le conin d’une jeune barine de quatorze ans, encouragée par les claques que m’appliquait sur les fesses sa noble mère, à laquelle la mienne m’avait louée pour un an. La maman ne manquait jamais de m’offrir son chat à bouffer le matin, sans compter les revenez-y de la journée, mais ils étaient propres et parfumés.

J’avais la figure enfouie dans la toison, et je barbottais dans le logis humide assez maladroitement, car ici le dégoût ne m’encourageait pas, ce n’était pas comme dans les minets parfumés de mes premières maitresses. Aussi, bien qu’elle se fut épanchée sur mes lèvres, elle crut avoir affaire à une apprentie, et elle m’encouragea par quelques cinglées bien senties.

Après la seconde affaire, elle me renvoya en me disant que j’avais besoin de quelques leçons encore, mais qu’elle se chargerait de me les inculquer par les fesses, pendant que je reprenais mes vêtements.

Je rentrai à l’atelier, où toutes les ouvrières, y compris la sous-maîtresse, se mirent à rire.

— Eh ! bien, me fit l’une, comment as-tu trouvé le premier bouillon ?

— Un peu salé, n’est-ce pas ?

— Puis, c’est qu’il faut le boire dans une vieille marmitte.

— Tu t’y feras, tu t’y feras, me dit la sous-maîtresse, en voyant ma grimace. Elle a un martinet, des cordes, des verges et autre chose encore de plus piquant que tout cela, qui se chargeront de rendre habile la plus maladroite, dut-elle mettre un mois à t’écorcher les fesses tous les jours. C’est qu’il lui en faut des langues, à cette vieille chipie, et toutes y passent, moi plus souvent qu’à mon tour, ce qui ne l’empêche pas de me tanner les fesses pour un rien, mais je sais bien pourquoi.

Elle me fait remplacer par la plus grande d’ici, quand elle vient de me fouetter dans l’atelier, et c’est dans sa chambre qu’elle m’entraîne, où elle est comme une furie pendant plus d’une heure. Je la mordrais avec plaisir. Il me prend quelquefois envie, quand je tiens ce vilain clitoris ridé dans mes dents, de le lui couper et de le lui cracher à la figure. Elle abuse du contrat qui me lie à elle pour m’obliger à toutes les horreurs.

D’ordinaire, en sortant d’ici elle va dans la lingerie, où se trouve l’atelier des ravaudeuses et des lisseuses. Mais elle était pressée de te mettre à l’épreuve, et de te caresser les fesses avec son méchant martinet. Car elle t’a fessée un brin, n’est-ce pas ?

Je fis signe que oui.

— Montre-nous tes fesses.

Je me troussai. Tout l’atelier vint défiler devant moi. Mes fesses étaient roses, mais pas trop maltraitées.

— Elle a été bien indulgente pour toi. Tu as dû la satisfaire à demi.

Je leur racontai mon année passée chez la jeune barine. Le goût de cette mère, qui m’avait louée pour me faire gougnotter sa fille de quatorze ans, et qui se faisait bouffer le chat tous les matins, et souvent dans la journée, après m’avoir offert sa progéniture, m’encourageant d’une façon piquante à me bien comporter, les fit bien rire. Mais c’est surtout quand je leur dis que le dégoût m’avait fait fermer les yeux lorsque j’avais dû me mettre à cette sale besogne, et que ce dégoût avait été cause de mes maladresses, qu’elles éclatèrent.

— Ne crains rien, tu y reviendras demain et les jours suivants, et si le dégoût persiste, ainsi que ta maladresse, le martinet et les verges se chargeront de t’en guérir.

Le lendemain, en effet, après en avoir fouetté trois entre ses cuisses, elle me dit d’aller l’attendre dans sa chambre, pendant qu’elle allait inspecter la lingerie. Je l’attendais avec l’anxiété dans mes fesses, redoutant que mon dégoût ne s’accentuât, et ne m’empêchât de me bien comporter, et alors gare les verges. Brrr, je sentais un frisson me courir sur l’épiderme en me déshabillant, car elle aurait pu trouver mauvais de ne pas me trouver dans la tenue réglementaire et me le faire payer cher.

Dès qu’elle fut entrée, elle se plaça dans le fauteuil et s’offrit à mon baiser. Je pris mon courage à deux mains, je m’agenouillai précipitamment et je plongeai entre les cuisses, me collant comme une sangsue à ces deux lèvres ridées, léchant le bouton qui suintait, et qui avait un véritable goût acide.

Ça ne m’empêchait pas de lécher et de relécher avec une ardeur qui me permit de mener deux fois l’affaire à bien, ce qui ne l’empêcha pas, quand je me relevai, de me prendre sur ses cuisses, et de m’appliquer une douzaine de fortes claques sur les fesses, qui me cuisaient fortement.

Elle me renvoya en me disant qu’elle était satisfaite des progrès que j’avais faits dans deux leçons, mais que je devrais revenir le lendemain et le surlendemain.

Je dus raconter à l’atelier comment les choses s’étaient passées, mon courage à boire dans ce vieux pot, sa rude fessée, malgré la satisfaction de mes progrès.

Le lendemain et le surlendemain elle me fit monter dans sa chambre, comme elle me l’avait annoncé pour parfaire mon éducation, toujours avec la fessée qui suivait. Puis elle ne me fit monter que de temps en temps, une fois tous les mois, pour savoir si j’avais désappris, car elle avait à son service des langues plus expertes et plus raffinées que la mienne.

Il y avait des jours où elle ne prenait pas de fouettée dans l’atelier de couture, car elle en amenait une tous les jours. C’était alors la lingerie qui lui fournissait sa gougnotte.

Tous les soirs, après le dîner, elle désignait les deux filles de chambre qui devaient passer la nuit dans les appartements des maîtres. Je n’étais pas encore dans la catégorie des filles de chambre, j’étais trop jeune pour ces fonctions.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre

II

CHAIR À PLAISIR ET À FESSÉES

Dans l’après-midi du troisième jour, une fille de chambre ouvrit la porte de l’atelier sans frapper, criant : « Véra » ! À l’appel de son nom, une grande fille blonde de dix-huit ans se leva, posa son ouvrage sur sa chaise et se dirigea vers la porte, qui se referma derrière elle.

— Encore un client pressé, à moins que ce ne soit une cliente.

J’ouvris de grands yeux étonnés, interrogeant mes compagnes, dont l’une se chargea de me renseigner.

— Ma chère, les Orphelinats ne sont pas ce qu’un vain peuple Russe pense, un refuge sûr pour les orphelines qu’on y emprisonne. Ce sont, comme tu auras souvent l’occasion de le constater, des maisons de débauche, communément appelés b…els.

Véra en ce moment passe par les mains d’un homme ou d’une femme. La femme ne doit pas t’étonner, puisque tu en as déjà tâté, les premiers propres et parfumés, le dernier peu ragoûtant, et quelles que soient les mains par lesquelles elle passe, je t’assure qu’elle ne reviendra pas les fesses nettes. Ces clients mâles et femelles s’excitent par tous les moyens propres à les faire bander et le moyen le plus propre, c’est le fouet sur le cul des ouvrières de leurs plaisirs. Et ils savent s’arranger, la femme comme l’homme, pour les fouetter pendant qu’elles travaillent à leur bonheur.

Moi qui te parle, j’ai eu affaire il y a huit jours à une femme, qui a des fantaisies féroces quand on lui lèche le bouton. Elle me fit mettre, comme c’est l’habitude, toute nue. Elle me fit ensuite poser sur elle, comme si elle avait l’intention de me payer de retour. Je dus descendre ma croupe sur sa figure, tandis que je plongeais dans ses cuisses.

Je sentis ses crocs mordre dans mes chairs, serrant légèrement, pendant que sa main droite me giflait sur les hanches, sur mes fesses, sur mes cuisses, partout où elle pouvait atteindre. Quand son bouton se mit à frétiller, ses crocs s’enfoncèrent dans mes chairs, et je sentis une cruelle morsûre. Je ne lâchai pas prise, elle aurait été capable d’emporter le morceau,

Je la léchai pendant une heure, toujours mordue par cette cannibale. Tu peux compter sur mes fesses le nombre de fois qu’elle a joui, cette enragée, car la trace des crocs paraît encore.

Elle se troussa et me mit ses fesses sous le nez. Il y avait douze rateliers bleus. Elle l’avait mordue toutes les cinq minutes cette enragée.

Une petite boulotte, qui pouvait avoir seize ans, prit la parole en ces termes :

— Moi, à mon arrivée dans ce b…el, lorsqu’on m’enleva à ma mère, il y a un an, je reçus deux fois le fouet à quelques jours d’intervalle. Trois jours après mon entrée, on vint m’appeler dans la lingerie, où l’on m’avait placée. Je ne savais pas ce que l’on me voulait, n’étant pas au courant des us et coutumes de l’établissement.

On me conduisit dans un appartement, où je trouvai un monsieur qui commença par me caresser les seins par dessus la toile. Je trouvai cela déjà assez impertinent, cependant je le laissai faire, n’osant résister.

Il passa la main sous mes jupes, empoignant mon chat à pleine main. Pour le coup, je me rebiffai, mais comme il me tenait sous son bras gauche, il avait toute facilité de me peloter. Cette résistance inattendue l’amusa tout d’abord, mais quand il s’aperçut que je résistais sérieusement, il me lâcha en me disant :

— Ah ! oui, tu résistes ! Eh ! bien, mets-toi toute nue. Tu ne m’entends pas ? Tu me regardes bouche bée, comme si je te demandais quelque chose d’extraordinaire. Ne sais-tu donc pas que je t’ai louée, et que toutes les pensionnaires doivent une obéissance passive aux clients qui les retiennent ? Mais on a ici de quoi dompter les rebelles.

Il alla pousser un bouton. Deux femmes de chambre entrèrent, demandant en s’inclinant au monsieur ce qu’il désirait. Elles l’avaient deviné en me voyant vêtue de pied en cap.

— Voilà une donzelle qui se refuse à se laisser peloter, et qui ne veut pas se mettre toute nue, malgré l’ordre que je lui en ai donné.

— C’est bien, nous allons l’y contraindre.

Ces deux filles très vigoureuses me saisissent, l’une me trousse, me fait pencher en pesant sur mes épaules, l’autre me tient par les jambes, pendant que le monsieur prend un martinet de cordes et vient me fouetter à tour de bras. Je n’avais jamais été à pareille fête, ces nœuds tressés qui me froissaient la peau me causaient une vive douleur, et je hurlais comme une brûlée, pendant que le fouetteur me chapitrait.

— Tu seras fouettée jusqu’à ce que tu consentes à te mettre toute nue, et à te prêter à tous mes caprices. D’ailleurs, tu m’appartiens pour le quart d’heure, et je vais t’écorcher les fesses et les cuisses si tu ne veux pas te mettre toute nue.

— Oh ! oui, oui, je veux.

— Tu voudras bien mieux tout à l’heure.

Il me cingla les cuisses et l’entre-cuisses encore pendant deux minutes, m’obligeant à hurler comme une écorchée.

Les femmes de chambre disparurent. Je me déshabillai, me mettant toute nue, les larmes aux yeux et le feu au derrière. Puis je dus le dévêtir et lui retirer sa chemise. Il bandait plus fort que mon cousin, celui qui m’a dépucelée, et il avait la verge plus longue et plus grosse. Aussi j’éprouvai une certaine souffrance quand il me pénétra.

Je ne m’avisai plus de me refuser à me mettre toute nue. Mais quelques jours après, un vieux débauché, après m’avoir lui-même dénudée, m’obligea à le déculotter. J’avais dû m’agenouiller pour cette opération, et j’avais devant les yeux l’objet qui pendait entre ses cuisses.

Il me dit de caresser ses bourses et de prendre sa pine dans mes lèvres. Je pris les bourses dans mes mains, mais j’hésitais à prendre l’objet dans mes lèvres, et je lui donnai quelques timides baisers.

— Eh ! mais ce n’est pas le prendre dans la bouche ça. Attends, je vais t’y encourager.

Il s’assied sur une chaise, me prend entre ses cuisses, et là, il m’applique une fessée, mais une fessée qui me faisait cuire affreusement la peau. C’était la première fessée sérieuse que je recevais, je ne compte pas celles que m’appliquait ma mère ; ici, c’était une forte main d’homme qui me tannait le cuir, en m’arrachant des cris de détresse. Je sentais son objet grossir sous mes cuisses. Quand il eut fini de me fesser, il me dit :

— Bien qu’il n’en ait plus besoin, je veux que tu l’embrasses.

Je le pris dans ma bouche, l’enfonçant jusqu’au gosier. Comme s’il avait craint de perdre le bénéfice de la fessée, il se retira et m’enfila toute chaude. Je dois avouer que, préparé ainsi, ce vieux se tira assez proprement d’affaire.

Pendant que Véra restait toujours absente, une troisième ouvrière raconta ce qui lui était arrivé dernièrement.

— Il y a trois semaines, je fus appelée dans la matinée. On me fit monter dans un appartement où un monsieur d’une quarantaine d’années m’attendait avec une grande levrette grise, qu’il tenait en laisse.

Je dus lever mes jupes par derrière, me pencher en avant, pendant qu’il se déculottait. Il planta son outil dans mes fesses assez difficilement, bien que le passage fut ouvert depuis longtemps, car il franchit la porte en prenant très peu de précautions. Puis il m’enjoignit de lever mes jupes par devant. Il lâcha la levrette, qui s’élança vers mon chat, plongeant son museau dans mes cuisses, léchant ces parages en chienne habituée.

Le monsieur ne faisait pas un mouvement, se fiant sans doute à l’effet que ne manquerait pas de produire l’épaisse langue du molosse sur mon clitoris léché, et qui se communiquerait assurément au muscle constricteur.

La première sensation que j’éprouvai sous cette épaisse langue, fit que je me tordis sous l’horrible volupté que je ressentais. Le muscle se contracta, mais ce ne fut pas à la première contraction que l’effet se produisit, ni à la seconde, ni à la troisième. Ce ne fut qu’à la dixième qu’elle opéra.

J’étais un peu fatiguée après cette horrible lécherie répétée. Le monsieur appela la levrette, qui vint lécher le sirop gluant à la sortie du récipient.

Il me fit mettre toute nue et m’étendre sur le tapis, couchée sur le dos. La levrette vint me lécher des pieds à la tête, s’arrêtant entre mes cuisses, que je dus écarter pour que le maître put assister à l’opération conduite par la fidèle compagne de ses yeux. Il s’amusait à voir l’affreuse grimace que je faisais chaque fois que la langue du molosse m’arrachait des cris de volupté.

Comme il bandait, après cette émoustillante scène, il me fit mettre sur lui, les fesses écartées, cuisse de ci, cuisse de là, pour que la levrette put me lécher le cul pendant que je me tortillais sur lui. Il profitait de la lécherie, car l’épaisse langue léchait son membre à la sortie et à la rentrée.

Quand nous fûmes dégagés je dus me remettre sur le dos, pour permettre à la levrette de se régaler de la crème qui dégouttait le long de mes cuisses. Le nettoyage dura cinq minutes. Quand je me relevai, le clitoris me cuisait, et je titubais comme une femme ivre de gin.

Pour me dégriser, le monsieur, qui bandochait, me donna à boire la crème qui restait dans ses réservoirs. J’avais dû m’agenouiller pour caresser les bourses, en même temps que je suçais le sucre d’orge, la levrette se remit à me lécher. Bien que ce fut la troisième lampée, elle sortit plus vite que les deux autres, mais cette fois je m’accroupis sur les talons et restai sans connaissance.

Je me réveillai sous une rude fessée que m’appliquait le monsieur sur ses genoux, tandis que l’infatigable levrette avait repris sa besogne. Les claques retentissaient bruyantes sur mes fesses et sur mes cuisses, m’arrachant des cris perçants, qui se changèrent bientôt en cris de volupté. Il me fessa pendant cinq minutes, durant lesquelles ma chanson fut plusieurs fois variée.

Ce n’était pas fini. Comme il bandait encore, je dus le branler, moi étendue sur le tapis, lui, à cheval sur ma gorge, et recevoir tout sur ma figure, où la levrette vint lécher la crème.

Il voulut me payer de retour. Il me prit sur ses genoux, me branla pendant un quart d’heure, me faisant un mal affreux avec ses deux doigts, qui me frottaient furieusement le clitoris endolori, pour obtenir trois méchants succès. Il riait dans sa barbe de la souffrance qu’il savait très bien me faire endurer.

Il vint s’informer de l’état de mon bouton de rose. Il le trouva à son gré, envenimé, rutilant, rouge comme un rubis. Alors il le prit entre le pouce et l’index et se remit à le branler, l’écrasant entre ses deux doigts. Je souffris une véritable torture. Il insista jusqu’à la réussite, mais cette fois je hurlais et non de plaisir.

Enfin il me renvoya. Je revins à l’atelier en assez mauvais état, me tenant avec peine sur mes quilles.

Je ne vous souhaite pas d’avoir affaire à cet homme-là et à sa levrette. Huit jours d’un pareil régime aurait raison de la plus vigoureuse fouteuse.

Comme elle achevait ces paroles, Eva reparut. Il y avait une heure environ qu’elle était sortie. Elle avait les joues sillonnées de larmes, et marchait difficilement. Elle se dirigea vers l’ouvrière qui avait parlé la première, lui tourna le dos, se troussa, lui mettant sa croupe sous le nez.

— Parbleu, tu viens d’avoir affaire à l’enragée, je reconnais ses crocs. Mais elle t’a mordue jusqu’au vif. Tu as deux râteliers qui saignent sur les douze, — c’est sa dose, sans doute, — qu’elle a imprimés sur tes fesses. Tu as dû la mécontenter, cette féroce mégère.

— Non, mais quand j’ai senti ses crocs s’enfoncer dans mes chairs, mes dents se sont crochetées malgré moi, et j’ai mordu son bouton. Elle a poussé un cri de bête fauve, et j’ai senti ses crocs s’enfoncer dans ma chair comme les dents aiguës d’un chien.

— Si tu y reviens, m’a-t-elle crié, j’emporte le morceau.

— Je n’y suis pas revenue. Ça ne l’a pas empêchée, au dernier assaut que je livrais, de me remordre cruellement.

Elle avait des taches de sang sur la chemise, qui provenaient des deux râteliers saignants, découpés par les dents cruelles de l’enragée.

La sous-maîtresse l’envoya avec un mot à l’une des femmes de chambre qui sont chargées de fomenter les postérieurs endommagés par les clients.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre

III

CON RANCE ET CUL FOIREUX

Huit jours après mon entrée dans l’atelier de couture, la gouvernante entra comme une furie, se dirigeant vers la sous-maîtresse, qui devina qu’une tempête était suspendue sur son postérieur,

— J’en apprends de belles, Miarka, Tu as conversé ce matin avec le groom du général pendant cinq minutes. Tu tentais sans sans doute de le débaucher. Tu sais bien pourtant qu’il est défendu de parler aux hommes sous peine du fouet. Aussi tu peux être assurée que je vais te faire expier cruellement ta criminelle conversation.

— Mais, dit Miarka, on vous a trompée, maîtresse, je n’ai fait que lui rendre son bonjour en passant.

— Ah ! oui, tu veux m’en vendre, et tu crois, dans ta naïveté, que je vais m’en rapporter à ton dire plutôt que d’ajouter foi à la parole des témoins qui t’ont surprise. Tu ajoutes le mensonge à la faute, tu vas le payer cher.

La matrone prit un lourd faisceau de verges sur la table. Miarka, voyant que miséricorde se perdait, se retourna sur son estrade, qui était élevée de deux pieds au-dessus du sol, s’agenouilla, attendit qu’on vint la trousser. La grande fille qui la remplaçait dans ses fonctions, quand elle venait d’être fouettée sévèrement, vint lui relever les dessous, qu’elle lança sur les reins, découvrant un superbe postérieur ivoirin.

La fouetteuse se mit à fustiger les grosses fesses à coups de verges, après avoir dit quelques mots à l’oreille de la grande fille, qui sortit aussitôt. Les verges retombaient avec force sur les globes rebondis, sillonnant la peau de lignes rouges, sans que le postérieur fît un mouvement d’impatience, et sans qu’on entendît une plainte.

Pourtant la correction était très sévère, on voyait que cette mégère fouettait la plantureuse sous-maîtresse avec une vraie passion de brute. Ses narines palpitaient, ses yeux, fixés sur cette mer de chairs lubriques qui l’hypnotisaient, lançaient des éclairs fulgurants, et elle tapait à tour de bras, lui détachant ainsi trente neuf coups de verges. Les fesses et les cuisses étaient en pitoyable état, tuméfiées dans tous les coins.

Comme elle détachait le dernier coup de verges, la grande fille rentra, portant un gros bouquet d’orties nouées dans le bas en forme de manche. Je me demandais à quoi allaient servir ces orties ? La sous-maîtresse dut se relever et se présenter de face. Elle avait du sang sur les lèvres, qu’elle avait dû se mordre, mais pas une larme dans les yeux.

La grande fille lui leva les jupes par devant jusqu’au nombril. Elle avait une belle toison noire, tenant toute la largeur du ventre et haute d’un empan. La féroce mégère, armée de son bouquet d’orties, la fouetta sur les cuisses, frappant à la porte du séjour de la volupté. La peau se soulevait à chaque appel, le bas du ventre et le haut des cuisses étaient enflés à éclater.

On laissa retomber les jupes. Je croyais que c’était fini, mais l’ouvrière dégrafait le corsage, rabattant les deux pans, et la superbe gorge blanche apparut toute nue dans l’échancrure de la chemise. Cette cruelle femme cingla avec son bouquet d’orties les deux gros seins qui enflaient à vue d’œil, et qui bientôt furent de la grosseur de deux citrouilles. La pointe avait disparu.

On ne put naturellement pas renfermer la gorge enflée dans le corsage, et la sous-maîtresse dut suivre la vilaine femme, les mamelons à l’air, mais cette fois avec des larmes dans les yeux.

— Maintenant c’est le moment le plus horrible à passer pour la pauvre Miarka.

Je demandai pourquoi.

— Pourquoi ? Cette horrible mégère a avec la sous-maîtresse des exigences révoltantes. Chaque fois qu’elle la fouette ainsi, elle se met sur le vase.

Quand elle en sort, et que ses fesses ridées émergent au-dessus du pot de chambre elle crie : « Ici Mirza ! » comme si elle s’adressait à une chienne. Et Miarka vient faire Mirza, léchant avec des nausées le trou du cul foireux, avec le fumet qui monte du vase à son nez.

Tu as vu qu’elle emportait les orties dont elle s’est servie, elle en a pourtant presque toujours dans sa chambre. Eh ! bien, c’est pour l’encourager à faire la chienne, si l’odorat venait à lui manquer. Elle la fouette entre les cuisses, jusqu’à ce que les lèvres soient gonflées comme des mamelons de pucelle, qui l’obligent à se tenir les jambes écartées, et qui sont tellement serrées que le pipi, qui ne peut plus sortir, suinte sur les cuisses.

C’est d’ailleurs par ce procédé qu’elle la força à lui servir d’essuie-cul. Le premier jour, Miarka s’y refusa obstinément. Elle sonna, une servante entra.

— Va me cueillir un paquet d’orties.

La fille remonta et tendit à sa maîtresse les orties nouées, comme tu les as vues.

— Tiens-la moi.

La servante qui était au courant, fit agenouiller la sous-maîtresse et lui tint la tête au dessus du fumet qui s’exhalait du récipient pendant que les orties, maniées par la main de la féroce femme, la fouettaient entre les cuisses, piquant affreusement ces bords si sensibles, arrachant des cris d’écorchée vive à la pauvre fille.

Elle vint représenter son cul foireux à Miarka, essayant de le lui mettre sur les lèvres. Elle détourna la tête avec dégoût. Ce fut alors le tour de la gorge, qui enfla comme aujourd’hui, mais elle perdit sa peine.

Elle eut la barbarie de la renvoyer nous surveiller avec sa gorge nue, dont la peau tendue à éclater était couverte d’une roséole. Elle marchait difficilement, les jambes écartées, elle ne put s’asseoir. Elle souffrait le martyre quand elle devait pisser. Les lèvres et la gorge ne désenflèrent qu’au matin.

Le lendemain, trouvant la même répugnance dans Miarka, elle lui fit mettre un paquet d’orties entre les cuisses, tout en haut, et tandis que la servante lui tenait les genoux serrés pour que les piquants entrassent bien partout, la fouetteuse lui appliquait trente neuf coups de verges sur les fesses, quelles meurtrissaient à chaque cinglée.

Ce fut pendant huit jours une lutte sanglante entre la chienne et la maîtresse.

Le huitième jour, la matrone vint la trouver dans l’atelier, la fit s’agenouiller sur l’estrade et trousser par deux ouvrières, qui épinglèrent ses dessous aux épaules sur l’ordre donné. Nous pensions qu’elle allait la fouetter devant nous comme elle l’avait déjà fait. Mais nous vîmes qu’elle était sa cruelle intention.

Elle prit des mains des ouvrières la pelote d’épingles et se mit à en piquer dans la chair des fesses, au milieu des cris épouvantés de la pelote vivante. De chaque piqûre, il sortait une gouttelette de sang. La peau en était constellée, et comme les fesses se secouaient, les gouttes en s’allongeant, prenaient la forme de larmes rouges. Elle en planta vingt cinq sur chaque fesse en rond, de façon qu’il y avait une pelote sur chaque globe.

Elle la fit relever, l’emmenant avec elle les jupes troussées, pendant que son gros postérieur saignant se déhanchait à chaque pas, et que la chanson aiguë continuait.

Cette fois, quand la sale truie lui présenta son cul foireux à lécher, la pelote vivante, dont les yeux étaient obscurcis par les larmes, se jeta sur l’horrible mets, et lécha le dépotoir. Elle la lécha ensuite par devant pendant une heure, souffrant toujours horriblement des piqûres d’épingles fichées dans ses fesses, mais elle ne voyait pas la marmite ridée dans laquelle elle barbottait.

Elle ne reparut pas de la journée. Elle dut se tirer elle-même les cinquante épingles, souffrant autant que lorsque la mégère les lui avait plantées dans les fesses.

Le lendemain elle nous montra son derrière. Les piqûres ressemblaient à des petits boutons rouges. Elle garda ces deux pelotes plus d’un mois.

Depuis ce jour, chaque fois que la truie la fouette sous nos yeux, la même scène de scatologie se reproduit, car rien ne met la sale vache en rut comme de fouetter la sous-maîtresse en public.

Pourvu, pensai-je, que je ne serve jamais de pelote vivante ! Ce doit être joliment douloureux.

Quand la sous-maîtresse rentra avec sa gorge nue démesurément enflée, elle se dirigea vers un petit placard qui servait à enfermer les coupons d’étoffe, en retira un verre, une carafe, un petit flacon et une cuvette cachés derrière les lés.

Elle versa de l’eau dans le verre, puis quelques gouttes de parfum de violette dont elle se servait comme toutes les ouvrières qui, servant de femmes de chambre, devaient Être parfumées. Elle se rinça la bouche huit ou dix fois, crachant dans la cuvette. Puis, avec son mouchoir imbibé, elle se tamponna les lèvres et le menton à plusieurs reprises.

Comme elle ne pouvait s’asseoir à cause de l’état de ses fesses endolories, elle se promena dans l’atelier. Toutes les ouvrières se levèrent sur son passage et l’embrassèrent avec effusion. J’en fis autant quand elle arriva à moi, et je l’embrassai du meilleur cœur du monde.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre

IV

LA PEAU DE ZÈBRE

On amenait de temps en temps quelque grande fille, prise à sa famille, dont le père était proscrit ou simplement soupçonné. Ces jeunes filles venaient augmenter le nombre des servantes à plaisir de l’orphelinat. Quelques-unes ne se prêtaient pas toujours volontiers à la chose, et faisaient les récalcitrantes. On avait une façon de les assouplir qui réussissait une fois ou l’autre.

J’assistai, trois mois après mon entrée, à un essai d’assouplissement d’une jeune fille de seize ans, qu’on avait arrachée à sa mère, sous prétexte que le père avait conspiré, et qu’il s’était enfui. On l’avait d’ailleurs arrêté chez un de ses amis, qui avait été coffré lui aussi. Mais à lui on ne pouvait pas enlever de fille, pour la bonne raison qu’il n’en avait pas.

Mina fut placée dans notre atelier, où elle devait apprendre la couture. Mais le premier jour elle ne put rien faire. Elle pleura toutes les larmes de son corps de se savoir emprisonnée jusqu’à vingt ans, dans un orphelinat dont elle connaissait par ouï dire, les turpitudes et les hontes par lesquelles passaient les prisonnières, car on était dans une véritable prison.

Le lendemain elle n’était pas plus consolée que la veille. Elle pleurait à chaudes larmes, incapable de pousser l’aiguille, quand le général, que je n’avais pas encore vu dans l’atelier, entra suivi de la gouvernante. À la vue de la nouvelle venue qui pleurnichait, il fronça le sourcil.

Ce froncement était significatif. La maîtresse vint prendre Mina par la main, la fit s’agenouiller, la troussa, découvrant un ravissant postérieur à la peau d’ivoire. Le général vint fesser de sa grosse main velue les jolies fesses rondes, qui se démenaient, n’ayant jamais été sans doute à pareille danse. Les cuisses eurent aussi leur tour, au milieu des sanglots que poussait la pauvre fille. Il avait dû se pencher pour cette opération, de sorte que son monocle était bien en face du gigotement des fesses.

On la laissa ainsi pendant que la maîtresse lui promettait qu’elle serait fessée tous les jours, si elle s’avisait de pleurnicher au lieu d’apprendre à pousser l’aiguille.

Les deux inspecteurs s’en allèrent. La jeune fille s’en retourna à sa place, la figure plus rouge que le postérieur. Les ouvrières, qui devinaient la cause de ses larmes, voyant la rougeur du visage, qui annonçait une pudeur exagérée, lui donnèrent des conseils. La sous-maîtresse prit la parole :

— Ma pauvre Mina, un jour ou l’autre tu seras obligée de passer par là. Le général a dû te faire monter hier soir dans sa chambre et, sous prétexte de passer la revue de ton corps, il t’a fait mettre toute nue par la matrone. Tu as dû rougir de la tête aux pieds, quand tu t’es vue ainsi devant ce vieillard lubrique, c’est dans ta nature, et tu as dû t’insurger quand il t’as caressé les tétons, puis autre chose. Je sais comment ça se passe, la matrone tient la récalcitrante, et l’inspecteur palpe tous les charmes à son aise, passe même la revue de ce qui est entre les cuisses.

Mais ne rougis donc pas comme ça. Ce qui vient de t’arriver n’est rien. Pour te dompter, ils te fouetteront tous les jours. Ils n’hésiteront pas à te déchirer les fesses à coups de verges, jusqu’à ce que tu consentes à ce que l’on exige de toi. Comme ils te prendront de gré ou de force, crois-moi, ma fille, il vaut mieux que ce soit de bon gré, tu sauveras tes fesses d’un désastre.

— Jamais, dit Mina, je n’y consentirai de bon gré.

— Tant pis, ma chère, ils te mettront au pli, et même aux plis.

— J’aimerais mieux mourir que de me prêter à leurs vilaines choses.

— Tu ne mourras pas, mais tu souffriras joliment, et tu y passeras quand même. Crois-moi, c’est un bon conseil que je te donne, j’ai trop vu d’exemples de ton cas. Demandes à Tania comme ils lui ont arrangé les fesses, avant qu’elle se décidât à consentir. Elles ont mis six semaines à reprendre leur satin et tous leurs lis.

Le soir, Mina dut se rendre dans l’appartement du général, pour ne pas se laisser emporter par le valet de chambre. Là les attouchements recommencèrent sous les jupes, la main trouva la même résistance.

Devant une pareille obstination, il sonna son valet de chambre, qui était à côté, et qui entra aussitôt. Pour augmenter la confusion de la pudique jeune fille, il commanda à celui-ci de la trousser sur ses genoux, et de lui appliquer une bonne fessée de sa forte main sur le postérieur et sur les cuisses, jusqu’à ce qu’il l’arrêtât.

La main voltigea, distribuant des claques bruyantes sur les globes rebondis, qui s’empourpraient, sautant à chaque cinglée. Le général, profitant de l’écartement des cuisses, empoigna le chat dans sa main droite, le serrant et le pressant à la faire crier, pendant que le valet de chambre la fessait à tour de bras, la peau se soulevait sous ces fortes claques. La fustigée poussait des cris perçants, dus moins à la verte fessée qu’à la prise de la main qui secouait son chat, pinçant les chairs.

Cette pression persistante l’obligea à se mouiller malgré elle. Le général, voulant profiter de cette émotion passagère qu’il avait provoquée, renvoya son valet de chambre, et tirant son vieux braquemart bandé, il essaya de la prendre toute chaude. Mais, malgré la cuisson de ses fesses, et les larmes qu’elle répandait, elle résista en désespérée. Le général, furieux, lui secoua la perruque, lui arrachant une poignée de poils, et la renvoya avec sa botte au derrière, qui lui fit grand mal.

Le lendemain matin, à l’atelier, elle nous raconta sa lutte opiniâtre, la terrible fessée par le valet de chambre, la honte qu’elle en avait éprouvée, la prise de son chat par la main du vieux paillard, l’émotion malgré le mal qu’il lui faisait, et le coup de botte en guise d’adieu.

Il fallait toutes les herbes de la Saint-Jean pour l’obliger à nous laisser voir ses fesses, lui dire que nous les avions déjà vues, et que nous les reverrions. Et encore fallut-il la trousser, elle ne se serait jamais troussée elle-même.

Elle avait les fesses violettes, le coup de botte était imprimé en bleu au bas des fesses. Les cuisses avaient été épargnées malgré l’ordre donné, car le bras du général gênait la main du fesseur. Les lèvres étaient meurtries. Nous nous demandions où on pourrait bien la fouetter ?

Le général entra dans l’atelier vers les trois heures, suivi de la maîtresse, qui portait dans sa main droite un objet enfermé dans du papier. Elle fit tenir la jeune pucelle par quatre vigoureuses ouvrières, la troussa et retira de l’enveloppe un paquet d’orties. Elle savait qu’on ne pouvait la fouetter qu’avec ça.

Le général lui appliqua pour préluder deux douzaines de claques, qui s’imprimèrent en plaques d’un rouge vif sur le tapis violet qui recouvrait les fesses.

Mina, qui ne se doutait pas de ce que contenait l’enveloppe, et qui n’avait pas assisté à la séance de la sous-maîtresse, fut douloureusement surprise de ces piqûres d’épingles qu’elle ressentait sur la peau. Elle poussait des cris perçants, pendant que les orties voyageaient sur les fesses et sur les cuisses, soulevant la peau sur toute la surface piquée.

On avait ménagé l’entre-cuisses, nous devinions bien pourquoi. Elle avait des fesses et des cuisses monstres. On la laissa ainsi quelques minutes, mais comme elle hurlait épouvantablement, les quatre ouvrières durent l’emporter toute troussée dans leurs bras, sortant sur les pas des fouetteurs.

— Le général doit avoir une furieuse envie de cette fille, dit la sous-maîtresse. D’ordinaire, il met plus de temps à vaincre les pucelles rebelles. Mais je crois que le pucelage de la pauvre Mina a vu luire son dernier jour. Cela vaut mieux pour elle, que de passer par toutes les tortures physiques et morales, par lesquelles tu es passée, ma pauvre Tania.

— Si c’était à refaire, maintenant que je l’ai perdu, j’aurai bien consenti à me le laisser prendre dès le premier jour, plutôt que d’endurer une vraie torture pendant huit jours. Sans compter ce que j’ai souffert, quand le vieux satyre, ne pouvant me pénétrer, bien que je fusse attachée les jambes écartées, j’étais trop étroite, me fit violer brutalement par son valet de chambre, qui me défonça d’un seul coup de cul, sous lequel je m’évanouis.

Quand je repris mes sens, je ressentais une vive cuisson entre mes cuisses. Le vieux général fourrageait ma gaîne ensanglantée.

Cette brutale prise de possession me fit passer un frisson par tout le corps. Heureusement que je n’étais pas encore en âge de passer par là. Mais je pensais qu’avec mon corps déjà formé, on ne me laisserait pas moisir longtemps quand je serais nubile. Les ouvrières qui avaient emporté Mina ne revenaient toujours pas.

— Parbleu, dit la sous-maîtresse, elle y passe, et puisqu’elles ne reviennent pas, c’est qu’on la viole, et qu’on la fait tenir. Pauvre Mina, elle n’est pas sur un lit de roses, avec ses fesses et ses cuisses tuméfiées par les orties. On l’entendrait gueuler d’ici, si on ne lui avait mis un bâillon.

Enfin, après une heure d’absence, les quatre ouvrières rentrèrent à l’atelier, rouges, essoufflées, la gorge haletante, les tempes en moiteur. Nous les regardions, curieuses de connaître les péripéties de la bataille.

L’une d’elles, après avoir soufflé un moment, nous raconta la chose, pendant que nous étions suspendues à ses lèvres.

— Le général nous l’a fait porter dans l’antichambre de la matrone. Là, nous l’avons dépouillée de tous ses vêtements, malgré la résistance énergique qu’elle opposait. Ses cris étaient étouffés par un épais bâillon.

Nous la posions sur le bord du lit. Ses fesses enflées devaient joliment lui cuire, et pendant que l’une de nous lui tenait les jambes écartées, les deux autres la maintenait immobile par les épaules. Moi, je dus guider l’outil du vieux général, qui bandait assez bien, et qui banda plus fort dans ma main.

La gouvernante, qui dirigeait les ébats, pendant que le général enserrait le corps de la pucelle dans ses bras, vint l’aider à entrer. Pendant que je tenais la pointe sur les bords, elle tirait avec ses doigts sur les lèvres à les déchirer. Le gland pénétra, cherchant à se faufiler, mais il resta à l’entrée.

Il ressortit. Elle enfonça son gros doigt dans l’hiatus. On voyait qu’elle essayait d’élargir la membrane. Elle réussit enfin à en déchirer un coin, car la pucelle fit un soubresaut, et le doigt reparut ensanglanté.

Je remis le gland entre les bords toujours écartés par les dix doigts. Cette fois, après quelques coups de cul, la verge finit par se loger, élargissant la déchirure, car on voyait la croupe de la pucelle se tordre de douleur. Il navigua un grand quart d’heure avant de débarquer son lest au port, d’où il revint la verge ensanglantée.

Nous dûmes lui faire la toilette, et je vous assure que ce n’était pas ragoûtant. Puis nous dûmes faire celle de la pauvre Mina, dont la gaîne saignante ensanglanta le premier bain. On dut en tirer un autre, dans lequel nous la laissâmes. On nous congédia, le reste est l’affaire des femmes de chambre.

Mais la pauvre fille avec ses pudeurs n’est pas au bout de ses tribulations. Elle n’est pas encore passée par le con rance de la gouvernante et par son cul foireux. Je doute qu’elle s’y fasse jamais, à ce métier de femme de chambre qui, avec cette horrible guenon, est un métier de chienne.

— Alors je plains ses pauvres fesses. Dans huit jours elle n’y aura plus de peau. Elle la fera mourir sous les verges, ou elle arrivera à ses fins, dit la sous-maîtresse. Quand on résiste à cette truie, elle est capable de tout.

Mina resta quinze jours sans reparaître. Quand elle revint prendre sa place, elle était d’une pâleur extrême, et d’une maigreur diaphane. On n’en put rien tirer. Elle restait muette et pleurait sans cesse.

La gouvernante vint inspecter l’atelier. Elle ne parut pas faire attention à elle, car elle ne lui fit aucun reproche, et elle se retira après en avoir fouetté deux ou trois à sa façon habituelle. Elle revint plusieurs jours de suite, sans jamais lui adresser la parole.

Cette indifférence avec cette fille, qu’elle paraissait vouloir dévorer dès le premier jour de son entrée nous intriguait, et on résolut dans l’atelier, puisqu’elle se refusait à nous montrer ses fesses, de les inspecter malgré elle.

En effet, dès que la matrone fut sortie de l’atelier, quatre ouvrières prirent Mina et la troussèrent, malgré la résistance qu’elle opposait. Elle avait les fesses et les cuisses zébrées par les verges jusqu’aux genoux. Nous eûmes un soupçon. On lui enleva ses jarretières, descendant les bas jusqu’aux talons, les jambes étaient zébrées jusqu’à la cheville. Par devant, les cuisses avaient été aussi maltraitées, les zébrures montaient jusqu’au nombril par les hanches.

Nous la déshabillâmes. Un spectacle affreux s’offrit à nos yeux, quand on lui enleva la chemise. Les zébrures montaient jusqu’au dessus des tétons, qui n’avaient pas été épargnés non plus. Le dos avait été habillé de la même façon. On eut dit une peau de zèbre.

Nous avions toutes les larmes dans les yeux devant ce hideux tableau, et toutes nous l’embrassâmes avec une effusion qui lui mit du baume au cœur, car nous la vîmes sourire au milieu de ses larmes.

Nous inspectâmes le chat, il avait été haché par les verges, il était à peine cicatrisé.

Il n’était pas difficile de deviner ce qui s’était passé. Elle avait dû se refuser obstinément à faire la chienne. La matrone, vexée, avait dû la fouetter pendant une semaine, lui hachant chaque jour un coin de son corps. Puis, voyant qu’elle la tuerait sans rien obtenir d’elle, elle l’avait laissée en repos,

Il avait bien fallu huit jours aux cicatrices pour se fermer, et c’est pour qu’on ne vit pas les zébrures qu’elle ne la fouettait plus. Elle comptait aussi sur la pudeur innée de la jeune fille, mais elle avait compté sans la curiosité des filles d’Ève.

Depuis qu’elle se sentait aimée de ses camarades, elle se montra un peu plus gaie, mais elle ne fut jamais très expansive. Elle nous dit cependant le lendemain :

— Pour les hommes, je sais qu’on me violerait, et que je serais toujours prise, attachée ou tenue. Alors, j’aime mieux m’y prêter, et si mon corps est de la fête, ce qui est inévitable, mon cœur n’y participera pas.

Mais pour lécher de mon plein gré le chat de cette sale femme, pour faire volontiers cette horrible besogne de chienne, j’aimerais mieux mourir, je vous l’avais dit et elle l’a bien vu, puisqu’elle a abandonné la partie. Mais elle a voulu me faire subir le martyre. Elle a réussi, j’ai souffert comme une damnée.

Les zébrures mirent six mois à disparaître complètement, la peau reprit son satin sur tout le corps, ce fut sur les fesses qu’il fut le plus long à redevenir lisse et uni. Comme c’est la partie du corps la plus étoffée, celle qui peut supporter plus de coups de verges que les autres, le postérieur était tous les jours de la fête.

Le général la faisait monter de temps en temps dans le jour. Il la trouvait toujours soumise à ses désirs, même quand elle lui servait de femme de chambre. La gouvernante n’essaya jamais de s’en servir.

Quand son corps eut repris tout son satin, on l’appela pour les clients. Ses pommettes se couvraient du fard de la pudeur, et elle allait au combat, comme si elle allait à la mort. Elle en revenait plus confuse encore.

Aucune de nous ne se serait avisée de se moquer d’elle, car on savait qu’elle souffrait une véritable torture morale d’être obligée de subir les atteintes des hommes.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


V

VIOL AVEC EFFRACTION


J’arrivai à quinze ans, sans être passée par les fonctions de femme de chambre. Bien que je fusse habituée au con rance de la matrone, j’éprouvais de la répugnance à sécher la boîte, quand elle venait de pisser jusqu’à ce qu’elle se remouillât.

Pour le vieux général, je mis longtemps à m’y faire, car il me donnait de temps en temps son robinet à sucer, et dans les commencements je ne pouvais pas garder ce qu’il me donnait à boire et je le rendais aussitôt. Aussi j’étais sûre ces jours-là de me retirer les fesses en sang, car il me déchirait le postérieur à coup de verges, pour m’apprendre à garder le dépôt qu’il me confiait.

J’avais été dépucelée huit jours avant des deux côtés, en même temps qu’une jeune fille de dix-huit ans, qu’on avait enlevée l’avant veille à sa famille, soupçonnée de complot. Les deux opérations se firent dans le même appartement. C’étaient deux frères qui avaient acheté nos pucelages, et qui voulaient sans doute profiter des deux victimes.

Ce fut Nadia qui passa la première, mais ce ne fut pas de son plein gré, car ils durent la violer. Voyant qu’elle résistait énergiquement, ils l’emportèrent sur une estrade où ils l’agenouillèrent, faisant passer le buste et les bras dans une espèce de lunette percée dans un madrier, de façon qu’elle était emprisonnée jusqu’à la ceinture. Le postérieur, qu’ils découvrirent, était très proéminent dans cette posture. Les pieds, attachés à deux anneaux écartés, maintenaient les fesses et les cuisses élargies.

L’un prit des verges, l’autre un martinet de cuir, et ils s’installèrent à droite et à gauche de la belle croupe qu’ils fouettèrent de concert, les verges cinglant les fesses, le martinet les cuisses. Sous les lanières, comme sous les bouleaux, la partie fouettée rougissait en gigotant sous les cinglants baisers, tandis que la victime geignait pitoyablement.

Quand la croupe fut incendiée, et aussi le chat sur lequel les lanières s’étaient chargées d’allumer le feu, l’un d’eux se déculotta, et s’agenouilla devant la croupe fumante. Je ne voyais pas ce qu’il faisait, mais je compris qu’il emportait la redoute d’assaut, car la dépucelée sifflait comme une locomotive.

Quand il sortit, les poils étaient ensanglantés. Le frère vint prendre la place quittée par le premier occupant. Je me demandais s’il allait se loger dans l’arène sanglante. Je vis qu’il essayait de se tailler un gîte plus haut. Il entra après quelques efforts, perçant l’huis verrouillé de la place d’armes, non sans quelque douleur pour l’assiégée, car elle manifesta la sensation douloureuse par des gémissements plaintifs.

Quand il fut délogé, ce fut mon tour d’y passer. Ils me firent agenouiller en face du postérieur fouetté. L’un me troussa, l’autre s’installa sur ma croupe et me fouetta à tour de bras.

Puis il vint derrière moi, s’agenouilla, planta son outil dans les bords qu’il força avec l’aide des doigts complaisants de son frère, crevant la toile et déchirant tout ce qui s’opposait à son ascension.

Malgré la cuisson intolérable de la déchirure, je ne poussai pas un cri, je me mordais les lèvres. Pendant qu’il fouillait ma gaîne ensanglantée, le frère alla s’installer devant la croupe fumante d’en face avec un martinet de cuir, et là, lentement, espaçant ses coups, il cingla les fesses et les cuisses, qui se secouaient furieusement.

Quand celui qui occupait ma gaîne se fut retiré, le fouetteur vint me prendre l’autre pucelage. Il me perfora assez vite, car le gland pénétra assez facilement. Mais quand il fut logé et qu’il poussa son engin dans l’intérieur, dilatant les parois étroites, je ne pus retenir un cri de douleur.

Le frère s’était installé devant la croupe cramoisie qu’il fessait maintenant, appliquant des claques bruyantes pour que le fouteur put jouir à son tour de la gigue dansée par ce gros postérieur carminé, qui bleuissait sous les gifles, tandis que la chanson de la fustigée montait à l’aigu.

Ils la prirent ensemble par les deux bouts dans cette posture, joutant l’un à l’orient, l’autre à l’occident, la secouant comme un prunier. Quand ils sortirent, le foutre ruisselait par les deux issues, se rejoignant sur les cuisses.

Avant de la délivrer ils reprirent, l’un les verges, l’autre le martinet, et ils recommencèrent la double fessée sur les fesses et sur les cuisses. C’était maintenant de véritables vociférations, les verges entamaient la peau.

Ils sortirent, me renvoyant et laissant là Nadia, à laquelle on envoya deux filles de chambre. Elle faisait une telle musique assourdissante, qu’elles l’y laissèrent deux heures, tout le temps que dura la chanson.

Je restai jusqu’à vingt ans dans cet orphelinat, passant par toutes les turpitudes et les tribulations inhérentes à ces maisons là. On me céda à une modiste de la ville, où les corrections étaient aussi à l’ordre du jour.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre


QUATRIÈME PARTIE




À L’ACADÉMIE IMPÉRIALE DE DANSE

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


I

L’INSTITUT DE DANSE


Le lendemain une voiture m’emportait à l’Institut de Danse. Les glaces du coupé étaient opaques et empêchaient de voir dans la rue, et les passants de plonger un regard indiscret sur les voyageuses. C’était le commencement de ma prison et de mon isolement d’avec le monde extérieur. La voiture roula sur le pavé d’une voûte et s’arrêta dans une cour intérieure.

On ouvrit la portière. Une femme de chambre m’attendait sur le perron. Elle me conduisit au salon d’essayage qui se trouvait au premier étage. Je n’avais que le costume que je portais, mais comme il n’était pas d’ordonnance, on devait le retourner à la modiste.

On me passa une chemise et un peignoir, et on me conduisit au bain dans cette tenue, les pieds nus dans des babouches. Là, deux servantes qui étaient vêtues d’un peignoir pour la circonstance, me lavèrent et me relavèrent, me passant à deux eaux parfumées, nettoyant chaque fois les deux bijoux voisins l’un sur les bords, l’autre jusqu’aux combles. Bien que je fusse dans l’eau, la seconde descente me causa une émotion palpable pour mes deux baigneuses qui se mirent à rire comme des folles.

— En voilà une facile à branler.

Je dus sortir du bain. Les deux servantes m’épongèrent avant de m’essuyer. Déjà l’éponge avait produit un petit émoi ; aussi, quand le linge brûlant vint essuyer cette partie si sensible, le même tressaillement se reproduisit. Elles retirèrent aussitôt le linge et s’aperçurent qu’il était mouillé.

Alors ces deux filles me branlèrent l’une après l’autre en y mettant deux doigts. Elles me firent jouir une fois chacune en moins de deux minutes.

Elles me firent prendre un bain de siège, et n’osèrent pas recommencer craignant que ça n’y parut. Elles me recommandèrent de ne pas les dénoncer, disant qu’on les fouetterait jusqu’au sang, si l’on savait qu’elles s’étaient livrées à une pratique défendue sous peine du fouet.

J’étais trop enchantée de leurs bons offices pour leur vouloir du mal. Alors ces deux femmes, qui avaient bien trente ans, s’agenouillèrent, l’une à l’orient, l’autre à l’occident, et je connus pour la première fois de ma vie la double volupté, si bien complétée l’une par l’autre. Je frétillai comme sous deux outils virils, sous ces deux langues expertes qui jouaient leur rôle à merveille.

Je me retournai pour qu’elles n’eussent pas à se déranger pour intervertir l’ordre des actrices. Les deux langues se valaient pour les deux services. Elles durent m’éponger de nouveau. Tout ça, bain compris, n’avait pas duré dix minutes.

Elles me ramenèrent au salon d’essayage, où l’on me mit toute nue. L’essayeuse en chef me prit elle-même les mesures, elle ne confiait la chose à personne, à cause des responsabilités encourues par son postérieur.

Elle prit d’abord le tour de ma ceinture, puis de mes hanches, et enfin de mes fesses par le milieu du ventre. Elles mesuraient une envergure de cent vingt deux centimètres. Elle me fit porter les pieds à un mètre d’écart et me pencher en avant. Avec les fesses rebondies et élargies, le centimètre marqua cent trente.

Elle prit la mesure de la hanche au talon, puis celle d’entre-cuisses. Les deux servantes, qui m’avaient assistée au bain, semblaient se demander s’il n’allait pas m’arriver quelque accident. Il y avait trop peu de temps que j’en avais éprouvé plusieurs, et puis cette main de femme, au lieu de me paraître caressante, me semblait au contraire rude et sèche. Elle prit le tour de ma cuisse sous le creux, elle avait soixante douze centimètres de circonférence.

Elle alla ensuite prendre dans un carton numéroté un maillot à ma taille. On me mit un corset de toile gommée qui laissait à découvert les trois quarts de la gorge. Les deux femmes de chambre vinrent m’essayer le maillot.

Je dus m’asseoir sur le bord d’un canapé. L’une me souleva la jambe, me tenant le pied tendu, l’autre fit glisser le maillot jusqu’à ce que le pied et la jambe fussent emprisonnés. Elle en fit autant à l’autre. Puis l’on me mit des babouches aux pieds, et je dus me mettre debout.

Elles durent se mettre à deux pour enfermer mes cuisses, qui étaient serrées dans cette soie collante, puis les fesses et le ventre qui entrèrent difficilement jusqu’au milieu. Comme le maillot était taillé pour s’ajuster à la ceinture, à partir de la cîme des fesses, il avait la forme d’un entonnoir renversé. Depuis le milieu du ventre il était fendu pour que la circonférence put passer, et on le laçait comme un corset car il fallait qu’il collât de partout.

Le mien était outrageusement collant, j’étais serrée comme dans un fourreau. L’essayeuse me fit marcher pour savoir si le maillot ne faisait pas de plis. Elle m’inspecta sur toutes les coutures. Elle savait que le moindre défaut apparent lui valait une correction immédiate de la main des Grands Ducs, dans un des appartements qu’ils s’étaient réservés dans l’Institut qui leur appartenait. On leur conduisait aussi celles dont on changeait le maillot.

Elle me fit écarter les pieds à un mètre de distance. Puis elle fit un signe à l’une des aides qui la secondaient dans ses essayages. L’ouvrière me prit par les épaules et me fit incliner peu à peu vers le parquet. Je sentais la soie se tendre sur mes fesses qui s’élargissaient rebondies. Je n’étais pas encore dans la posture horizontale, que les coutures craquèrent sur toute la longueur des fesses, laissant voir dans le milieu une langue de chair de dix centimètres.

Je m’attendais à recevoir une dégelée de claques, mais quand je me relevai sur l’ordre de l’essayeuse, je m’aperçus qu’elle était ravie de ce qui m’arrivait, car debout, les deux morceaux d’étoffe présentaient encore un écart de cinq ou six centimètres. C’était bien là le maillot qui me convenait. Elle prenait ses précautions pour éviter les reproches, qui lui auraient été indifférents, s’ils n’avaient pas eu une suite fâcheuse pour son postérieur. Elle faisait essayer les maillots jusqu’à ce qu’elle en trouvât un dont les coutures craquaient dans cette posture.

Pour le reste, jupes de gaze, jupes pour la danse, costume d’intérieur, les mesures furent plus vite prises. Quant au corset, c’était un corset de toile gommée qu’on serrait à la taille et qui était évasé ainsi que la chemise, les tétons devaient se reposer sur le bord, la pointe en dehors.

Quand c’était une belle gorge rebondie, les trois quarts des gros seins devaient être en dehors, de façon qu’ils pussent ballotter à l’aise pendant la danse, les pointes dressées en avant. Les jupes de gaze étaient très courtes, très empesées : c’était nécessaire pour la tenue de la répétition, et aussi pour celle de la scène, pour que les spectateurs des deux sexes, car l’un y est aussi intéressé que l’autre, pussent découvrir sous le ballonnement tous les appas à nu, car les maillots étaient couleur de chair.

Dés que je fus équipée de pied en cap, l’essayeuse me passa elle-même le maillot. Elle confia l’ajustement de mon corset de toile à une des filles de chambre, qui me passa également ma jupe de gaze. Puis l’essayeuse me passa une jupe de soie rouge vif, formant corsage, très évasé, la gorge nue.

Ensuite elle me conduisit dans l’un des appartements que s’étaient réservés les Grands Ducs dans l’Institut, où nous dûmes attendre plus d’une heure, moi dans l’immobilité la plus complète, pour ne pas déranger la symétrie de l’ajustement, elle confortablement assise, attendant le bon plaisir des maîtres.

Une voiture roula dans la cour. Un timbre résonna. Elle se leva pour attendre l’entrée des maîtres.

Un grand jeune homme blond, qui paraissait vingt cinq ans environ, entra seul.

— C’est la nouvelle acquisition, dit-il, en me regardant d’un œil indifférent ?

— Oui, monseigneur.

— Elle se nomme ?

— Mariska, monseigneur.

Il s’approcha de moi, regarda un instant ma gorge, la prit dans ses mains, palpa mes nichons pour s’assurer s’ils étaient durs, toujours avec la même indifférence. Il vint derrière, tâta mes fesses et mes cuisses, dut trouver la soie bien ajustée car il ne fit pas d’observation. Il me fit incliner, la soie se tendit.

Lui aussi me fit écarter les pieds à la distance réglementaire, et l’essayeuse vint, comme la fille de chambre dans le salon d’essayage, me faire pencher peu à peu, appuyant sur mes épaules. Le maillot éclata au même endroit de la descente.

L’essayeuse continuait à me courber vers le parquet, le maillot se décousait de haut en bas, et mes grosses fesses qui se dilataient à l’aise, maintenant qu’elles n’étaient plus serrées dans la soie, se montrèrent dans toute leur ampleur, avec tous les alentours. Elle me maintint un moment la tête entre les jambes.

— Bien, dit le Grand Duc, en m’appliquant cinq ou six fortes claques sur mes fesses nues, c’est bien là le maillot qui convient à ce gros postérieur.

Il tourna sur ses talons, pendant que l’essayeuse et moi l’imitant, nous nous inclinions jusqu’à terre. Elle me ramena au salon d’essayage où je repris les vêtements d’intérieur.

Les Grands Ducs, qui étaient les propriétaires de l’Institut et par conséquent les maîtres absolus, ne venaient que rarement aux répétitions La direction en était confiée à l’Intendant général, celui qui avait couché avec moi pour reconnaître la valeur de la marchandise. Il était aidé dans ses fonctions par la directrice, une femme d’une quarantaine d’années, par un maître de ballet, des professeurs des deux sexes.

Mais les professeurs mâles n’assistaient pas à la répétition. Ils donnaient des leçons en particulier dans la même tenue aux retardataires, et ne se gênaient pas pour appliquer des claques, à la moindre faute, sur les fesses nues des délinquantes. Comme je n’ai jamais eu à passer par leurs mains, je ne connais la valeur de leurs claques que par ouï-dire, et par les cuisses et les fesses rouges que rapportaient leurs élèves.

Il y avait aussi des surveillantes, des filles de chambre, des filles de cuisine, des jardinières, toute une série de postérieurs susceptibles de recevoir le fouet.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


II

LA RÉPÉTITION


Dès le lendemain de mon arrivée je dus assister à la répétition, costumée comme les autres, corsage très échancré, la gorge nue, jupes de gaze très empesées, très raides, très courtes, ballonnées, qui laissaient voir les cuisses et les trois quarts des fesses nues, et quand elles s’envolaient, on découvrait tout jusqu’aux hanches. Nous avions des bas de soie de nuances diverses, attachés sur les genoux, et des escarpins de danse aux pieds.

On ne prenait le maillot que le soir, pour le théâtre. Les caleçons avaient été supprimés par les Grands Ducs, d’abord parce qu’ils protégeaient les fesses à l’inspection qu’on passait avant le départ pour le théâtre, puis pour que les spectateurs pussent apprécier la dimension exacte des postérieurs sous la soie nue collante. L’hiver, la salle de répétition était chauffée, mais l’été comme l’hiver, on arrivait avec des peignoirs qu’on laissait au vestiaire.

Cette absence de toute enveloppe de nos fesses et de nos cuisses avait une raison. C’était d’abord pour que le régal des yeux, braqués sur ces maillots de chair fraîche, fut complet, et puis c’était aussi pour que la correction, qui était immédiate, fut plus sensible sur la peau nue, que rien ne défendait contre la rigueur des cordes et des lanières de cuir, qu’on employait pour ne pas détériorer le satin qui entourait ces parages.

Ces parages avaient en effet un double emploi. Ils étaient destinés à se trémousser en scène et… ailleurs. C’était d’ailleurs ce second emploi qui préservait nos fesses d’un trop grand dommage, et on ne se servait que de cordes ou de lanières de cuir, et même de la main, dont la peau gardait un souvenir cuisant, mais qui laissaient ces parties là présentables.

Toutes les pensionnaires, les élèves comme les danseuses en pied, étaient de la chair à plaisir, que les grands seigneurs, les hauts dignitaires de la cour, les officiers de la Garde impériale s’offraient à leur gré. Les Grands Ducs avaient naturellement le privilège du choix. Mais on ne les voyaient que rarement à la répétition.

Seules, les gamines ne passaient pas par leurs mains. Mais l’intendant, la directrice et le maître de ballet ne manquaient pas de s’informer chaque jour de la pousse de ces jeunes plantes en serre chaude. Dès qu’il y en avait une en état de supporter le choc, elle était inscrite sur le registre des garnitures de lit, que s’offrait le premier venu de ces débauchés, jeune ou vieux, qui venait d’assister à la danse de ses fesses nues, quand ce n’était pas le maître de ballet ou l’intendant qui se l’offrait.

L’armée, la cour, la haute aristocratie avaient donc libre entrée dans la salle de répétition. Les vieux étaient en plus grand nombre. Ils venaient là pour se regaillardir au spectacle affriolant du frétillement des postérieurs, que l’on fouettait sous leurs yeux émoustillés, et aux cris que la souffrance arrache aux fustigées. Ce gigotement et ces cris sont pour leur outil un précieux stimulant.

Ils sont tous armés de lorgnettes, malgré la faible distance qui les sépare de la scène, sans doute pour grossir les objets, comme au panorama de la maison de correction. Aussi, après la répétition, il n’est pas rare de voir disparaître quelques-unes des filles fouettées, qui reviennent une heure ou deux après. Cette tenue pour la répétition se prête à merveille à la seconde fonction de ces parages, quelle que soit la fantaisie du maître d’un moment, jeune ou vieux. La loge Grand-Ducale n’était pas souvent occupée.

Il venait des dames à la répétition. Mais c’était surtout le soir, après la représentation, quelles arrivaient en foule dans leur voiture, les unes seules, les autres avec leurs époux, assister aux corrections, qui ont bien plus de piquant aux lumières, qui font étinceler la peau nue. Puis on doit préparer la coupable, lui baisser le maillot sur les genoux, et on la fouette, le ventre posé sur un billot, qui fait rebondir le cul, le corps formant un arc de cercle.

Les élèves prenaient leurs leçons par groupe, suivant la classe à laquelle elles appartenaient. La répétition générale se faisait à la fin.

Je dus assister en simple spectatrice à cette première répétition. On me plaça en face des commençantes, en me recommandant de bien faire attention, qu’on me mettrait à l’épreuve le lendemain.

Il y avait dans ce petit escadron volant des débutantes depuis dix ans jusqu’à quatorze. J’étais la plus âgée et la plus grande, j’avais près de seize ans. J’étais naturellement la mieux roulée, et je me sentais le point de mire des assistants des deux sexes, qui lorgnaient sous mes jupes ballonnées, mes fesses et mes cuisses nues, qui étaient du fruit nouveau pour leurs yeux, et ils purent apprécier à loisir la qualité et la quantité de la marchandise.

L’escadron des débutantes, qui se composait d’une vingtaine d’élèves, marchait au commandement d’une des danseuses gagées, qui les dirigeait, un martinet de cuir à la main, au son d’un violon, accompagné d’une harpe. On voyait les fesses se déhancher à chaque pas en avant, repoussant la jupe de gaze à chaque pas en arrière.

Soudain les musiciens se turent, l’escadron s’arrêta, et je vis la plus grande de ces filles se pencher en avant, les jupes prenant la forme d’une cloche à la moitié de sa volée. Le professeur femelle vint lui appliquer six coups de lanières, qui rougirent les fesses qui se mirent à grimacer sérieusement. Je ne devinais pas ce qui lui avait valu cette correction. Toutes les lorgnettes étaient braquées sur le contenu vibrant de la cloche, qui reprit l’aplomb horizontal, quand la fustigée eut le droit de se redresser.

Le violon et la harpe reprirent leurs accords, les marcheuses leurs pas cadencés, moi toute mon attention, et les lorgnettes des assistants des deux sexes le point de vue qui les fascinait. Cette fois les marcheuses sautaient d’un pied sur l’autre, les fesses se disjoignaient à chaque enjambée. Elles pivotèrent les jupes envolées, et revinrent toujours en sautillant. Il n’y en avait que quatre ou cinq qui avaient de la mousse sur la petite éminence, une seule avait un petit chat noir assez bien garni.

Elles firent demi-tour, et cette fois deux d’entr’elles durent se mettre en posture, une gamine de dix ans et la marcheuse au petit chat noir. Elle avait quelques poils autour de la fente. La fouetteuse commença par la gamine, qui reçut six coups de martinet sans sourciller. Elle prit la nagaïka pour la grande fille, qui se trémoussa de la belle façon, se lamentant comme si on l’écorchait. Les assistants, surtout les dames, se tordaient à ce spectacle, et elles crièrent bis, pour lui apprendre à geindre pour rien. La fouetteuse accédant au désir manifesté par ces grandes dames et qui était des ordres pour elle, compléta la douzaine par six nouveaux coups de cordes, qui teignirent le postérieur en un beau rouge vif, au milieu des contorsions et des sanglots de la fustigée.

La fille, fessée ainsi, dut reprendre la voltige avec ses compagnes, elle avait un caleçon écarlate. La leçon dura une demi-heure. Il y eut encore deux marcheuses qui reçurent le fouet dans la même posture.

Puis ce fut le tour de la seconde classe. Une flûte et un second violon vinrent s’adjoindre aux deux musiciens. Ici c’étaient des danseuses de quinze à vingt ans. On voyait qu’elles avaient été choisies avec un soin minutieux, triées sur le volet. Elles étaient toutes jolies, pourvues d’appas rebondants, de fesses abondantes, amples, charnues, potelées, surplombants deux cuisses rondes et fortes. La peau qui recouvrait ces reliefs était du plus luisant satin.

Elles avaient toutes de belles garnitures de con d’une riche venue. Le blond fauve dominait, mais il y avait cinq ou six beaux chats noirs de vingt ans, un surtout qui faisait mon admiration. Cependant, il n’y avait pas dans les filles de dix-huit ans, une fourrure aussi fournie que la mienne, qui n’en avait que seize.

Ici, les danseuses étaient une trentaine, qui s’élançèrent battant des entrechats, jetant les jambes en l’air ; on voyait leurs fesses se tordre dans l’espace. Elles pivotèrent, tournant sur la pointe des pieds, les jupes envolées, montrant tour à tour leurs postérieurs charnus, satinés, ou leurs riches toisons soyeuses de toutes les nuances.

Ensuite, elles valsèrent enlacées, les jupes toujours envolées, exhibant dans leur volte rapide leurs fesses qui marquaient tous les mouvements de la valse, tournant à droite, tournant à gauche, glissant en avant, glissant en arrière, toujours avec les mêmes contorsions de leurs fesses nues.

Quand la valse fut terminée, les danseuses vinrent saluer l’assistance en s’inclinant. Les tétons, tous gros et fermes, se reposaient sur le bord du corset de toile, émergeant au dehors, palpitants, après cette valse essoufflante, les pointes dressées.

Elles durent se retourner. On n’avait pas interrompu la valse pour infliger les corrections. La directrice se leva de son fauteuil de présidente, armée d’une nagaïka, se dirigeant vers la fille de vingt ans, qui avait le plus beau chat du quadrille. La ballerine savait ce qui l’attendait, car elle se pencha en avant, les cuisses écartées, montrant, dans son plein, la plus belle lune blanche qu’on put voir. La forme en était parfaite, elle eut pu lutter avantageusement avec celle de la Vénus callipyge.

Dans cette posture, on ne voyait que la naissance de la riche fourrure qui ornait l’autre versant. La fouetteuse fit un signe à une surveillante, qui devait savoir ce qu’elle avait à faire, car elle vint devant la danseuse, mit ses mains sur ses épaules, l’inclinant vers la terre, de façon à ce qu’on vit sa figure entre ses jambes, et que par suite de l’angle aigu formé par le corps, on aperçut le ventre jusqu’à la ceinture. La superbe garniture noire semblait monter jusqu’au nombril par un triangle qui allait en s’amincissant.

La directrice la fouetta avec une lenteur calculée, pour faire jouir plus longtemps les spectateurs des mouvements lascifs de ce beau postérieur blanc, qu’elle traitait avec sévérité. Elle lui appliqua douze coups de cordes habillant de pourpre la vaste croupe qui sautait à chaque cinglée, aux applaudissements des spectateurs ravis. Quand elle la laissa, la lune blanche ressemblait à un soleil couchant.

Elle dut rester ainsi pendant que les surveillantes fouettaient une demi-douzaine de postérieurs, qui protestaient énergiquement contre les cordes qui leur tannaient les fesses, au milieu d’un concert vocal et instrumental. Elles en reçurent une douzaine chacune.

Puis ce fut le tour des deux autres quadrilles, composés d’environ vingt-cinq danseuses, qui avaient de vingt à trente ans, et qui répétèrent ensemble. On se défaisait généralement des danseuses avant cet âge, mais il y en avait qui restaient fraîches, conservées et très appétissantes avec leurs appas rebondis, qui étaient dans l’apogée de leur forme. Celles qui avaient la malechance de tomber enceintes, malgré les précautions qu’on prenait dès la cessation des règles, étaient vendues à des entrepreneurs de spectacles après leur délivrance.

Ainsi, dans ces deux quadrilles, il y avait quelques filles de vingt-huit à trente ans, qui étaient recherchées par de vieux paillards, d’abord pour leurs formes rebondies, il leur fallait beaucoup de viande à tripoter, puis pour leur talent à les mettre en train.

J’eus l’occasion de voir, dans ces quadrilles réunis, des fesses presque aussi volumineuses que celles qu’on voyait au travers des verres grossissants de la maison de correction. Une surtout, une grande femme de trente ans, portait au bas de ses fesses cambrées, sous une taille assez fine, un postérieur d’une envergure remarquable, sur deux puissantes cuisses rondes. Deux gros tétons, saillant de son corsage en deux reliefs rebondis comme une gorge de nourrice, se tenaient sur les bords, les longues pointes vermeilles dressées sur les globes arrondis, qui s’affaissaient à peine sous le poids de la chair.

Avec tout ça, elle était fort fêtée, car elle était première danseuse. Celle-là aussi avait une véritable forêt noire, et comme elle était plus grande et plus forte que la danseuse de vingt ans, sa toison était plus large et plus haute.

Au milieu de la danse elle esquissa un pas toute seule, lançant plusieurs fois sa jambe en l’air, le pied à la hauteur de l’œil. On voyait, sous son superbe chat noir, les grosses lèvres rouges taillées entre ses cuisses au milieu d’une vraie broussaille de poils, tordues par le jettement du pied dans l’espace.

Celle-ci aussi reçut le fouet des mains de la directrice après la répétition. Mais elle n’eut pas besoin de la surveillante pour prendre la posture voulue. On voyait tout, et l’aspect de ces énormes fesses, qui se balançaient furieusement, pendant les trente-neuf coups de cordes qu’elles reçurent en dehors de la règle ordinaire, qui était de six à douze, au-dessus de ses fortes cuisses entre lesquelles on distinguait toutes les nudités, était de la plus belle indécence.

Elle garda cette posture, le gros postérieur se dandinant toujours, pendant qu’on fouettait en deux séries les dix coupables de quelque maladresse. Quand elle se releva, elle avait la figure congestionnée.

Un petit orchestre s’était installé pendant cette orgie de fouet, et les musiciens n’étaient pas les derniers à se repaître de ce spectacle affriolant. On répéta en entrant le ballet qu’on devait danser le soir. Quelques unes des marcheuses, qui faisaient partie des quadrilles, y prirent part. Il y avait là plus de quatre-vingts paires de fesses, qui tourbillonnaient les jupes envolées pendant plus de vingt minutes.

Les spectateurs avaient braqué leurs jumelles sur cette fourmilière de postérieurs et de chats de toutes les dimensions, qui tournaient, viraient, sautillaient, levaient la jambe. Une douzaine de danseuses vinrent terminer le ballet en ligne, le pied gauche dans la main, la jambe au port d’armes, sautant sur le pied droit en tournant, montrant tour à tour le spectacle de douze cons tordus. Puis dix de ces ballerines vinrent former un demi-cercle ouvert au milieu, devant la première danseuse, qui avait un genou à terre, le pied droit à plat, et comme le maillot était de la chair vivante, il semblait qu’il y avait une déchirure entre les cuisses.

L’une des danseuses libres vint monter sur la cuisse gauche qui était horizontale, se pencha en se prenant au cou de l’agenouillée, levant la jambe, formant un angle droit, dont la déchirure du maillot était le sommet. La première danseuse prit l’autre sous son bras, le corps horizontal, les cuisses écartées. Les autres s’agenouillèrent devant l’idole en s’inclinant.

Les soixante-dix danseuses, car elles étaient bien soixante-dix, étaient agenouillées à droite et à gauche de l’apothéose sur des gradins, les unes au-dessus des autres, penchées en avant, de sorte qu’on voyait plus de quatre-vingts paires de fesses et autant de déchirures de maillots vivants de toutes les dimensions. Quand je dis autant, on voyait une déchirure de plus, on n’avait qu’un aperçu des fesses de la première danseuse.

Quand le ballet fut terminé, ce fut dans cette posture que les délinquantes, signalées par les surveillantes, reçurent le fouet. On en fouetta une douzaine deux à deux, pour faire durer le plaisir des spectateurs, et le plus rapprochées possible, pour que les assistants eussent les deux culs fouettés au bout de leur lorgnette.

La danse lascive des fesses, et la chanson des fustigées, qui étaient accompagnées par une valse entraînante, jouée par l’orchestre dont les cordes suivaient le rythme en battant la mesure à contre-temps sur la chair tendue comme celle d’un tambour, durèrent une demi-heure. Les croupes incendiées, contrastaient avec leurs voisines épargnées, qui gardaient leur blancheur de neige, restant immobiles, tandis que les soleils couchants se secouaient furieusement.

Cette dernière orgie de fouet, à la fin de la répétition, et cette exhibition de tous ces culs potelés, charnus, satinés, car toutes les danseuses étaient plus ou moins richement fessues, avaient un autre but. Les vieux débauchés, après une demi-heure de contemplation absorbée, la plus émoustillante du monde, du frétillement de ces belles fesses nues, sous les morsures des cordes tressées, étaient dans un état qui leur permettait d’essayer leur force dans ces croupes incendiées.

Plusieurs des danseuses fouettées ne s’en revinrent pas avec nous. Quelques-unes restèrent une heure, d’autres deux. Ces dernières avaient été retenues par de jeunes officiers de la Garde Impériale, qui étaient, paraît-il, de forts galants serviteurs. Les hauts dignitaires de la cour étaient presque tous de vieux barbons, d’un âge qui ne leur permettait la récidive, qu’après une insistance prolongée de la patiente sur leur bijou en détresse après une seule expérience.

Le soir vers sept heures, après une légère collation, on conduisait les danseuses au théâtre, dans des voitures fermées comme les voitures cellulaires. Mais avant de les embarquer, la directrice et le maître de ballet leur faisaient passer l’inspection. Comme on me menait au théâtre, j’assistai à cette revue.

Le maître de ballet et la directrice se partagèrent la corvée. Ils tenaient à la main, lui, une baguette souple et flexible, elle, une cravache d’amazone. Ces deux instruments de correction devaient joliment cingler la peau mal défendue par la fine enveloppe collante qui la couvrait.

Les danseuses, quand ils passaient derrière elles, devaient se tenir penchées en avant. Les deux scrutateurs palpaient les maillots, regardant sur toutes les coutures, pour voir s’ils étaient bien ajustés. Je vis retomber la cravache par deux fois sur les grosses fesses d’une grande fille qui bondit en avant, en poussant un cri perçant. Ça devait mordre comme sur la peau nue, sans l’écorcher, car le maillot, qui était d’une soie très fine, très collante, montait jusqu’à la ceinture, depuis la suppression des tutus par les Grands Ducs.

La baguette eut son tour presqu’aussitôt. Elle cingla deux fois les fesses d’une jeune marcheuse, produisant le même bond en avant et le même cri. Il lui fit reprendre la même posture, et lui appliqua deux claques bruyantes sur chaque fesse, qui lui firent pousser un quadruple cri.

— Ça t’apprendra à mettre les coutures de travers.

La revue continua, toujours passée de la même façon piquante. À chaque observation la baguette ou la cravache entrait en danse, cinglant les fesses sous la fine soie. Presque toutes furent projetées en avant, sous l’impulsion de la morsure, en poussant un cri. Ils en trouvèrent une vingtaine en défaut.

Il paraît que cette cinglée, surtout quand c’était la cravache qui leur disait deux mots, laissait toute la soirée une douleur cuisante dans les fesses. Moi qui avait était été emmaillotée par une fille de chambre, je n’avais pas à redouter la baguette du maître de ballet, quand il vint passer l’inspection de mes cuisses et de mes fesses, prolongeant ses investigations sur mes appas potelés.

Décidément, ici c’est pire que chez la modiste qui, elle, ne se servait pas d’une cravache cinglante, comme celle de la directrice, ni d’une baguette coupante, comme celle du maître de ballet. Au cri poussé, et à la projection en avant, on devinait que la morsure devait joliment cuire.

Au théâtre, je dus rester dans les coulisses pendant le ballet, avec mes camarades inoccupées et les danseuses qui attendaient leur tour d’entrer en scène. C’était la première fois que je voyais un ballet au théâtre, et que j’entendais la musique par un orchestre complet. Il y avait de petits trous, percés dans la toile qui montait le long des portants, où mes camarades mettaient un œil.

J’y collai le mien, et je vis la salle tout entière, éclairée par un plafond lumineux, l’orchestre, où il y avait près de cent musiciens, les fauteuils, les loges, les baignoires, le premier balcon, tout ça garni des plus brillantes toilettes, étincelait de diamants et de pierreries. Les dames, en tenue de soirée, étaient décolletées très bas. En face, je reconnus une des spectatrices qui avaient assisté à la répétition.

En ce moment je reçus deux coups de baguette sur mes fesses mal protégées par la fine soie du maillot collant. Je poussai un cri, projetée en avant par la surprise, ressentant une cuisante douleur. Le maître de ballet m’avait châtiée de ma curiosité. Il avait profité d’un crescendo de l’orchestre pour m’appliquer ces deux cinglées, se doutant bien qu’on n’entendrait pas le cri que ne manqueraient pas de m’arracher la surprise et la souffrance.

C’était, en effet, comme si la baguette avait cinglée la peau nue. Je souffris toute la soirée, qui dura trois heures, comme sous une morsure continue. Dans la voiture qui nous ramenait, je souffrais encore, et même dans mon lit, mais ça ne m’empêcha de dormir. Mais pourquoi m’avait-il appliqué ces deux coups de baguette ? J’avais pourtant vu mes camarades plonger leurs regards dans la salle.

Il paraît qu’elles profitaient du moment où il était occupé à régler les entrées en scène. Mes bonnes petites camarades se gardèrent bien de m’aviser. Elles guettaient du coin de l’œil le moment fatal pour mes fesses. Elles riaient de bon cœur à la pensée de ma surprise en recevant les deux cinglées imprévues, et elles furent enchantées que j’eusse fait aussi vite connaissance avec la coupante baguette du maître de ballet.

Le ballet continua. Je dus me tourner vers la scène et assister à la réédition de toutes les danses qu’on avait répétées dans l’après-midi, seulement, là-bas, je n’avais pas le feu au derrière, et j’y avais pris un grand plaisir, tandis qu’ici mon plaisir était gâté par la souffrance. Puis vive le nu pour les ballets !

Bien qu’il n’y eût plus rien à danser au dernier acte, nous attendîmes dans nos sorties de théâtre la fin du spectacle, avant de nous embarquer dans les voitures closes, qui nous attendaient dans la cour intérieure, pour nous ramener à l’Institut. Je m’informai auprès de ma voisine pourquoi nous ne partions pas ?

— Tu le verras tout à l’heure.

Quand le spectacle fut terminé on nous fit monter dans les voitures fermées qui nous ramenèrent à l’Institut. Nous laissâmes nos sorties de théâtre au vestiaire, et l’on nous fit monter dans la salle de répétition, éclairée à giorno, avec nos riches et brillants costumes de scène. Aux stalles d’orchestre il y avait une brillante assistance, les dames étaient en tenue de soirée, c’étaient des spectatrices du théâtre.

On attendait la fin du spectacle, pour leur permettre d’assister aux corrections des danseuses signalées par le surveillant, qui prenait des notes dans les coulisses, comme ayant commis quelque maladresse, manqué un pas, ou pour n’importe quelle peccadille. Il savait qu’il lui fallait un contingent tous les soirs, et quand il ne trouvait pas assez de fautives, il en signalait à tort et à travers, qui se seraient bien passées de cette faveur.

Je remarquai au milieu de la salle un billot de forme ronde matelassé avec un coussin devant, qu’on avait dû transporter là pendant notre absence. Je me demandai à quoi pouvait bien servir ce billot ? Eh ! parbleu, ce ne peut être que l’échafaud sur lequel on exécute les postérieurs des coupables.

Le surveillant tenait une liste à la main. Sur un signe de la directrice, qui lui annonçait sans doute que la séance était ouverte, il appela : « Daischa » ! À l’appel de son nom, une grande fille brune de vingt ans, que j’avais remarquée dans le second quadrille, sortit des rangs, les pommettes rouges, la gorge haletante, se dirigeant en tremblant vers l’échafaud.

Elle s’agenouilla sur le coussin. Une surveillante vint lui descendre le maillot jusqu’au bas des cuisses. Puis elle se pencha en avant, le ventre appuyé sur le billot, les bras en croix. Sa jupe de soie rouge, soulevée par le jupon empesé, semblait une capote de cabriolet. Le corps formait ainsi un arc de cercle, le postérieur très proéminent, dont le satin neigeux reluisait aux lumières, les fesses disjointes par l’écartement des genoux posés aux deux extrémités du coussin.

Ce fut une des assistantes, madame la Duchesse de B., qui s’était prétendue mécontente de sa danse, à qui l’on avait offert la correction de la danseuse coupable de lui avoir déplu, qui vint la fouetter. C’était une femme de vingt-huit à trente ans, qui était là avec Mgr le Duc son noble époux. Ses grands yeux fauves lançaient des éclairs, quand elle leva les cordes menaçantes sur le ravissant postérieur à la neige immaculée. Elle ne le resta pas longtemps.

La grande dame prenait le plus grand plaisir à roser ces jolies fesses blanches qui se trémoussaient, et sous lesquelles la broussaille noire, qui masquait l’antre du plaisir, dont on apercevait à peine les battants vermeils, se remuait et s’agitait, obéissant aux mouvements du postérieur flagellé.

Quand elle fut au bas des fesses rosées, elle n’avait appliqué qu’une vingtaine de coups sur les trente-neuf qu’elle lui devait, il lui en restait dix-neuf à utiliser. Elle reprit la promenade au bas des hanches, refaisant le voyage toujours de haut en bas, mais cette fois avec une verve endiablée, au milieu du gigotement furibond des fesses et du chat poilu, qui prenait part à la danse, sans que la fustigée donnât autrement signe de vie.

Quand les cordes eurent atteint de nouveau le terme du voyage, la danseuse semblait avoir un caleçon rouge sur un maillot rose.

Quand elle se releva, sans une larme dans les yeux, elle dut rester debout, isolée des autres, les fesses et les cuisses nues, le maillot retourné sur les jambes, avec son caleçon rouge qui tremblait toujours.

La Duchesse regagna sa stalle, avec l’air de contentement d’une femme qui s’est bien vengée, recevant les félicitations de ses voisins des deux sexes.

On en fouetta une douzaine. Deux d’entre elles durent venir présenter leurs fesses recouvertes de leur maillot de soie dans la posture penchée, à deux dames qui avaient sans doute des griefs contre elles. La directrice leur passa sa cravache. Les deux aimables personnes cinglèrent par deux fois le postérieur qui leur était offert. Quand on leur baissa le maillot, elles avaient deux sillons sanguinolents sur la peau.

Un jeune officier des Gardes, qui s’était plaint d’une jeune marcheuse de quatorze ans et demi, vint lui baisser le maillot lui-même, la prit sous son bras gauche, et la fessa de sa forte main d’homme. Les fesses se tordirent tout le temps que les claques bruyantes, vigoureusement détachées, résonnèrent sur la peau tendue qui s’empourprait dans tous les coins.

Il lui en appliqua ainsi au moins trois douzaines. Elle ne cessa de chanter pendant toute la durée de cette correction. Celle-là aussi avait un caleçon écarlate.

Plusieurs des danseuses fouettées ne couchèrent pas au dortoir, entr’autres la marcheuse fessée par l’officier des Gardes, qui avait dû la réclamer. Nous passâmes au réfectoire, tandis que l’on conduisait au lit les danseuses fouettées, qui devaient se coucher sans souper.

Le jeune lieutenant des Gardes, qui n’avait pas voulu formuler sa plainte, avait trouvé la jolie marcheuse, qui était la mieux roulée de l’escadron, rebelle à ses attouchements. Il lui avait caressé la gorge, qu’elle avait déjà rondelette, dans les coulisses. Elle s’était regimbée. Alors il lui avait pris les fesses dans ses mains, la soulevant entre ses cuisses, pressant fortement les lèvres dans ses doigts. Dès qu’elle fut à terre, elle se sauva.

Il se promit alors de lui assouplir le caractère, en lui assouplissant les fesses par des arguments frappants. Il demanda à la fesser en public, ce qu’on lui accorda, sans même lui demander la raison de cette fantaisie. Puis on la lui amena dans un appartement, où elle ne s’avisa plus de résister. D’ailleurs elle était ouverte depuis six mois, et elle avait déjà servi à plusieurs.

Il se trouva bien de la fessée, car il y avait gagné une ardeur qui lui permit de courir plusieurs postes. La marcheuse elle-même était en feu.

Le lendemain, c’était le troisième jour de mon enrôlement, je dus assister en maillot de chair, les fesses et les cuisses nues comme mes camarades. Seule, la danseuse qui avait reçu les trente neuf coups de cordes de la Duchesse, avait son maillot. Je devais commencer mon apprentissage aujourd’hui. Le maître de ballet se dirigea vers moi. Il venait sans doute passer l’inspection de la nouvelle venue.

Il me fit pencher en avant, et il vint s’informer du contenu de la cloche, palpant de ses doigts inquisiteurs tous les alentours, mes fesses très développées, rebondies, d’une riche carnation, écartant les globes, qui étaient d’une élasticité remarquable, et tapissés d’un velours de pêche mûre. Tout ça sous les lorgnettes des assistants braquées sur mes nudités.

Il fit glisser sa main de la hanche au bas des fesses, appuyant pour s’assurer de leur fermeté. Il m’empoigna à deux mains sous le creux des fesses, me soulevant de terre, les doigts appliqués entre les cuisses. Comme il était très vigoureux, il me tint un moment en l’air. S’il m’avait tenue quelques secondes de plus, je crois que je lui aurais mouillé les doigts. Il passa à mes cuisses, qu’il dut trouver bien roulées, puis à mes jambes, qui étaient finement tournées.

Il passa ensuite la revue de mon devant, me faisant pirouetter pour me présenter de face aux lorgnettes des stalles. Il fit jaillir mes tétons, les pressa, agaça du bout du doigt la pointe qui se dressa. Puis je dus tenir ma jupe de gaze relevée, de façon à montrer ma fourrure noire. Il passa ses doigts dans les poils, et s’informa, lui aussi, de la grosseur de l’hôte qui nichait dans ce palais satiné.

Je dus prendre place parmi les marcheuses. À l’aller, je suivis assez bien la cadence rythmée par le violon et la harpe. Mais pour le retour, je n’avais pas l’habitude de marcher à reculons, je trébuchais à chaque pas, perdant la cadence. Arrivée au terme fatal, la directrice me fit pencher et m’appliqua deux coups de cordes à tour de bras sur mes fesses nues, qui me cuisirent affreusement.

— C’est pour t’apprendre à marcher à reculons. Aujourd’hui ce n’est rien, mais demain tu seras servie comme les autres.

Je dus rester dans la posture indécente, dans laquelle les regards lubriques des spectateurs ne devaient rien perdre de mes charmes nus, pendant que la directrice, qui aujourd’hui était en verve, en fouettait deux autres.

Je dus repartir chaque fois avec l’escadron volant, recevant régulièrement à mon retour deux coups de cordes secs et durs, devant toujours garder la même posture indécente, pendant qu’on fouettait les autres. J’en reçus ainsi une douzaine qui me mirent le feu aux fesses.

Tous les groupes répétèrent ensemble, pendant une demi-heure, durant laquelle il y en eut une trentaine d’encouragées par quelques coups de cordes bien sentis, qui les cinglaient au vol, n’importe où, sur les fesses, sur les cuisses, lancés au hasard par les mains des surveillantes, sans préjudice de la correction après le pas terminé.

Je ne pris pas part à la répétition générale. Je restai au milieu d’un groupe de marcheuse, qui n’en étaient pas non plus, contemplant avec plaisir cette fourmilière de postérieurs, plus gros les uns que les autres, se trémoussant de la belle façon.

Comme c’était le même ballet qu’hier, l’apothéose se termina comme la veille au grand ébaudissement des spectateurs, les délinquantes furent fouettées sur les gradins. Seulement, comme on commença par le groupe de la première danseuse, qui était de la partie, pour ne pas désorganiser la symétrie, les surveillantes chargées de la besogne les fouettèrent dans la pose qu’elles occupaient.

Si l’on ne voyait pas fouetter les plantureuses fesses de la statue vivante, on voyait danser son gros chat noir, ses épaisses lèvres rouges embroussaillées se tordre entre ses cuisses, ses gros tétons sauter, et la grimace qu’elle faisait.

Celle qui levait la jambe, le pied posé sur la cuisse, avait toutes les peines du monde, bien qu’elle entourât le cou de la statue dans ses bras, à se maintenir dans cette fatigante position, pendant que les cordes lui cinglaient rudement les fesses en travers. Les lèvres roses bâillaient grandes ouvertes entre ses cuisses.

Celle qu’elle enserrait dans ses bras tenait ses cuisses écartées, étalant elle aussi son chat dans toute son indécence, sachant bien que si elle s’avisait de serrer les fesses malgré elle, on avait un moyen infaillible de les lui faire ouvrir. Elle aussi recevrait les cordes en travers.

Deux des agenouillées vinrent leur servir d’arc-boutant, pour les soutenir, l’une mettant la jambe sur son épaule, l’autre tenant les deux pieds écartés dans ses mains, pour les garder dans cette posture jusqu’à la fin de la mazurka que l’orchestre jouait aujourd’hui. La séance fut un peu plus longue que la veille.

Aujourd’hui, il y en eut encore quelques unes qui disparurent, mais la plupart étaient des dernières fouettées, car on les traitait plus sévèrement que dans le courant de la répétition et l’incendie mettait plus longtemps à s’éteindre.

Le soir, en rentrant du théâtre, après qu’on eut donné le fouet à une douzaine de délinquantes, le maître de ballet me dit d’aller l’attendre dans son lit. Je savais par ouï dire comment il traitait ses servantes à plaisir, et j’allai me coucher en tremblant de tous mes membres. Je m’attendais cependant à cette invite, après la minutieuse inspection qu’il avait passée de mes charmes nus à la répétition.

Dès qu’il fut tout nu à côté de moi, il me fit m’étendre sur lui, mon chat sur son membre, les bourses entre mes cuisses ; il croisa ses jambes sur les miennes, embrassa mon buste dans son bras gauche, écrasant mes tétons sur sa poitrine, pour m’obliger à ne remuer que le postérieur, et il me fessa, m’appliquant une vingtaine de claques bruyantes de sa forte main d’homme, qui me mirent le feu au derrière, tandis que je sentais croître démesurément sous mon ventre la plante sensitive qu’il a au bas du sien.

Il me fit m’agenouiller, m’obligeant à me tourner du côté du pied du lit, la tête sur le drap, où il vint me prendre en levrette, pour pouvoir profiter de l’incendie qu’il venait d’allumer dans mon postérieur, et qui s’était communiqué à mon devant. Lui aussi fut surpris du frétillement presque immédiat de mes fesses, et du tressautement de mes tétons dans ses mains, qui précéda le terme de son voyage, et qui reprit quand il entra au port.

Cinq ou six fois il recommença ce manège dans la nuit, variant la fessée, me cinglant sur les cuisses, entre les cuisses, me retournant pour me cingler au bas de la toison, dont il s’amusait à secouer les poils. Toutes ces piquantes caresses me cuisaient, et cependant je le précédais chaque fois dans le plaisir. Il me dit qu’il se proposait de me fesser ainsi de temps en temps.

Quand il me renvoya au matin, je n’avais pas les fesses présentables, et l’après-midi, je dus assister à la répétition en maillot.

J’eus l’occasion de lier connaissance avec la cravache de la directrice. Je revenais à reculons de la première marche, sans avoir trébuché. Je reçus cependant, sans m’y attendre, deux coups de la cinglante cravache, qui me piquèrent horriblement, comme sur la peau nue, sous la fine soie du maillot. Je poussai un cri, mais je restai sur place. Les fesses me cuisirent jusqu’au soir.

Je dus continuer la répétition avec la souffrance intolérable de ces morsures, tremblant chaque fois que je revenais à la portée de la terrible « Sifflante », c’est ainsi que l’avaient baptisée les danseuses. Mais je n’en reçus plus de l’après-midi.

Je poursuivis le cours de mes études chorégraphiques, toujours encouragée par la nagaïka ou le martinet pendant la répétition, la baguette et la cravache au moment du départ pour le théâtre, sans compter les fessées à la main du maître de ballet, qui me prenait de temps en temps dans son lit. C’était toute la nuit que sa main entretenait le feu dans mes fesses, chaque fois que l’envie le prenait de s’allumer aux dépens de mon postérieur.

Le lendemain, à la répétition, j’étais toujours obligée de prendre mon maillot. Celles qui étaient passées par ses mains savaient à quoi s’en tenir.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


III

DORTOIRS


Pour loger ces cent et quelques recluses, il y avait dix dortoirs, avec une vingtaine de lits sur deux rangs, dont une douzaine étaient occupés par les pensionnaires, et un par la surveillante au milieu, entre les deux rangées. Quatre becs de gaz, entourés d’un globe de porcelaine, éclairaient le dortoir, permettant à la surveillante de voir tout ce qui s’y passait.

Nous faisions notre toilette en commun. On nous menait tous les matins dans une salle de bain attenante aux dortoirs. La surveillante nous y conduisait. On se baignait par couple, l’une devait éponger l’autre.

La directrice et le maître de ballet ne manquaient pas un seul jour de venir nous passer l’inspection. L’intendant les rejoignait quelquefois. Ils ne sortaient jamais sans avoir appliqué quelques claques sur les fesses mouillées, et aussi sur les cuisses de quelques-unes d’entre nous. Ça cuisait comme un tison sous la peau.

L’intendant daigna se souvenir de la nuit agréable qu’il avait passée auprès de mes fesses. C’était trois semaines après ma première nuit, renouvelée depuis dans le lit du maître de ballet. Je dus me mettre debout dans la baignoire, comme toutes celles qu’on inspecte, de façon que le corps émerge depuis les genoux.

Il m’appliqua quelques claques sur les fesses, Puis se prenant à ma perruque il la secoua. Il en arracha ensuite cinq ou six poils l’un après l’autre, et alla les examiner au jour, il ne les avait vus que la nuit. Il les garda dans sa main.

— Vous m’amènerez cette fille après le bain, dans ma chambre, dit-il à la surveillante. Vous lui passerez un peignoir de flanelle, c’est tout ce qu’il faut pour qu’elle n’ait pas froid en route.

Le maître de ballet et la directrice devaient se demander la raison de cette faveur de l’intendant pour une nouvelle venue. Elle est jeune et jolie, assez bien roulée, il est vrai, mais sa toison, qui promet sans doute pour un prochain avenir, est loin d’avoir fait toute sa pousse. Encore si c’était une primeur ! mais elle n’est pucelle d’aucun bout. Moi je savais bien pourquoi il me mandait dans sa chambre.

La surveillante me conduisit à l’appartement de l’intendant. Elle me laissa dans l’antichambre en me disant de soulever la portière que j’avais devant moi. Je trouvai le maître de céans assis tout nu dans un large fauteuil sans bras, avec des accoudoirs.

— Enlève ton peignoir, ma fille, et viens te mettre entre mes cuisses. Bien. Penche-toi, que je puisse te fesser à l’aise. Je veux savoir si tu supportes bien les gifles sur le cul.

J’avais mon chat appuyé sur le membre dressé contre ma cuisse gauche, mes fesses, proéminentes à cause de la posture inclinée de mon corps, s’offraient rebondies à la main du fouetteur. Il me fessa vigoureusement pendant deux minutes, à chaque claque mon postérieur s’élançait en avant, mon chat écrasait le membre, qui grossissait à chaque pression contre la cuisse.

Il fut obligé de s’arrêter, redoutant sans doute un accident. Il me fit agenouiller sur le tapis. J’avais le sourire aux lèvres, malgré la cuisante douleur qui me lancinait les fesses.

Il augura bien de ce sourire, et vint m’accoster sur le champ par derrière, arc-bouté à mes tétons. Malgré l’avance qu’il pensait avoir sur moi, je le précédai dans la volupté à la troisième ascension. Il s’arrêta, ne voulant rien perdre du frétillement voluptueux de mes fesses. Puis il reprit son va-et-vient, qui ne dura longtemps ni pour l’un ni pour l’autre.

Il se reposa un moment sur mes fesses brûlantes, et put reprendre la fouille après quelques minutes de répit. Je jouis tout le temps qu’il me fouilla. Cette pose prolongée avait eu une influence heureuse sur mon bouton qui, dès que le voyage reprit, ne cessa de répandre des pleurs que lorsque le visiteur déposa son offrande dans mon sein.

Après les ablutions, il allait me renvoyer quand une idée le prit. Il poussa un bouton. Une surveillante parut.

— Vas me chercher Marta, pour que je lui donne sur le champ la correction que je lui ai promise ce matin au bain.

Une grande fille de vingt trois ans, blonde comme les blés mûrs, très élancée, entra revêtue d’un peignoir, qu’elle enleva sans attendre l’ordre du maître. Sur un signe qu’il lui fit, elle vint s’agenouiller le buste en travers de ses cuisses, ses deux tétons appuyés sur le membre. Elle avait un superbe fessier d’une blancheur de neige et d’une peau très fine.

Le maître me montra un martinet de cuir, en me recommandant de lui en appliquer trente neuf coups et de ne pas la ménager, si je ne voulais pas qu’il me fit fouetter ensuite par Marta, qui ne se ferait pas faute de m’écorcher les fesses pour se venger.

Il n’avait pas besoin de me recommander la sévérité. Je ne sais quel démon me poussait, celui de la luxure sans doute, mais je fouettai ce beau postérieur avec une vigueur et un plaisir sans pareils. Le gigotement de ces belles fesses, le premier que je causais, m’alluma tellement que je tapais sans compter, appliquant les lanières de cuir de plus en plus fort. Le maître devinant le feu que j’y gagnais ne m’arrêta que vers la cinquantaine. Marta avait les fesses écarlates. On employait le martinet de cuir pour ses fesses à cause de la finesse de sa peau.

L’Intendant n’eut pas à se repentir de ne pas m’avoir arrêtée. Dés qu’il fut logé, je me mis à frétiller sous son ventre, et comme je ne cessais pas, il resta plongé dans la gaîne jusqu’à ce que le jet s’élança tout seul.

Pendant quinze jours il me fit monter de temps en temps après le bain, m’appliquait une bonne fessée, me prenait une fois, quelquefois deux. Puis il faisait monter une fille que je fessais sur ses genoux, m’amusant fort au gigotement de ces gros postérieurs que je fouettais toujours avec plaisir, et le jeu de la gaîne et des fesses recommençait, il jouissait appuyé sur mon derrière frétillant.

Quand il eut assez de moi, il m’abandonna aux plaisirs des débauchés. Le maître de ballet n’insista plus avec moi, quand il vit que l’intendant avait fait de moi sa favorite.

À la répétition de l’après midi, Marta, la fille que j’avais fouettée le matin sur l’ordre du maître, avait son maillot. Elle me regardait avec des yeux qui lançaient des éclairs, comme si elle eut voulu me foudroyer. Mais elle savait que j’étais en ce moment la favorite du directeur de l’institut, et elle se serait bien gardée de me faire éprouver son ressentiment.

J’assistai, dans la nuit [qui] suivit, à la correction sévère d’un postérieur que je connaissais pour le voir tous les jours, mais que je n’avais jamais vu à découvert pour un pareil affront.

Deux coryphées s’étaient glissées dans le lit de deux jeunes rats de danse. La surveillante, une femme d’une trentaine d’années, plantureuse à souhait, feignait de ne pas s’en apercevoir. Le maître de ballet et la directrice entrèrent sur ces entrefaites pour une ronde de nuit, qu’ils ne devaient pas prodiguer, car c’était la première fois qu’ils le faisaient dans notre dortoir depuis mon entrée dans l’institut. Minuit venait de sonner. Les deux couples effrayés se cachèrent sous la couverture.

— Oui, oui, vous pouvez vous cacher, je vous promets que vous allez payer cher vos petites saletés. Et toi, Marpha, tu sais ce qui attend ton postérieur pour fermer les yeux sur de pareilles turpitudes.

Tout le dortoir s’était réveillé à cette virulente apostrophe. La surveillante regardait les deux couples d’un air effaré, comme si elle ignorait leurs relations, qu’elle connaissait aussi bien que nous. Moi, je ne voyais pas là de quoi fouetter un chat, encore moins un rat.

Les deux couples durent se lever. La directrice mit un martinet de vingt lanières de cuir entre les mains des plus petites. Les grandes filles, qui savaient ce qui leur pendait au derrière, les deux coupables devaient se fouetter mutuellement, durent se pencher sur le lit. La directrice jeta la chemise de l’une sur ses reins, le maître de ballet en fit autant à l’autre.

— Et vous savez, vingt-cinq coups, et ne marchandez pas, ou je vous tannerai les fesses tout à l’heure.

Les gamines brandirent les lanières, appliquant les coups ensemble pendant que le chef d’orchestre improvisé comptait la mesure. Les fesses des grandes filles étaient d’un beau rouge vif après cette verte flagellation, mais elles n’avaient rien dit, honteuses sans doute de crier pour si peu de chose.

Le maître de ballet et la directrice vinrent prendre les martinets des mains des jeunes fesseuses pour compléter la cinquantaine, que devaient recevoir les gros postérieurs coupables d’en avoir débauché de petits. Les lanières, qui repassaient le voyage sur une route fraîchement passée, s’enfonçaient dans les chairs, empourprant la peau jusqu’à mi-cuisses, au milieu des hurlements des deux coupables qui n’étaient pas à la noce.

La directrice mit ensuite dans les mains des fouettées, qui durent enlever leurs chemises, un martinet de douze lanières. Elles tapèrent à tour de bras, se vengeant, sur les postérieurs dodus de leurs jeunes complices, de la cuisson qui brûlait leurs fesses empourprées, qu’on voyait se déhancher à chaque coup qui retombait. Ici ce fut un concert de grincements de dents et de sanglots, depuis le premier coup jusqu’au vingtième.

Après ce fut le tour de la surveillante, qui devait recevoir soixante coups de cordes à nœuds, cinq de chacune des coupables, qu’elle surveillerait mieux quand elle serait passée par leurs mains, puis le reste par les maîtres. Elle dut aller se porter à l’extrémité du dortoir pour que toutes les danseuses, qui étaient sous sa surveillance, fussent témoins de son châtiment.

Là, elle releva sa chemise elle-même, le corps penché en avant, présentant son gros postérieur à la peau épaisse, recouverte d’un véritable duvet de pêche, aux cordes que manièrent d’abord les gamines, qui tapaient comme sur du bois, sans cependant arracher une plainte à la fustigée.

Les grandes filles la fouettèrent à tour de bras. Les fesses rougirent du haut en bas sous ces dix coups de cordes assénés avec fureur. Mais la torturée resta muette.

Cependant, quand la directrice prit la nagaïka, les cordes, qui retombaient sur un terrain ramolli par la préparation récente, marbraient les fesses de raies violettes, et la surveillante poussait des cris de détresse. Elle lui en appliqua ainsi une quinzaine puis le reste sur les cuisses, et le dernier entre les fesses, arrachant un cri strident à la mordue.

Le maître de ballet appliqua, lui aussi, une quinzaine de coups sur les fesses dont la peau se soulevait à chaque cinglée des cordes retombant éparpillées, terribles dans la main d’un homme. Il appliqua les cinq derniers sur les cuisses qui se tuméfièrent aussi. Puis, comme supplément, il lui détacha deux cinglées entre les cuisses, ensanglantant les bords lacérés, qui arrachèrent à la martyrisée deux cris déchirants.

Tout le temps que cette main d’homme la fouetta, ce fut un concert de vociférations assourdissantes, qui ne cessèrent qu’une demi-heure après que la surveillante se fut recouchée sur le ventre, ne pouvant prendre une autre position à cause de ses fesses tuméfiées. Les sanglots durèrent plus longtemps, ils ne cessèrent qu’au matin.

Depuis cette nuit, elle avait pris en aversion ces deux grandes filles, qui étaient la cause de son châtiment, et qui l’avaient fouettée avec trop de plaisir ; aussi elle ne manquait jamais l’occasion de les fesser quand elle les prenait en faute, ce qui arrivait plusieurs fois par semaine pour chacune, ce qui faisait que tous les jours elle en avait une à fesser. Quand elle était en avance, elle les fessait l’une après l’autre.

Elle leur appliquait toujours une douzaine de claques. C’était le maximum qui lui était dévolu, et elle n’avait le droit que de se servir de la main avec nous. Mais quand elle avait affaire à un de ces gros postérieurs détestés, les porteuses ne sortaient jamais de ses mains, fortes et larges comme des mains d’homme, car elle tapait à tour de bras, appliquant des claques retentissantes sur la peau tendue comme celle d’un tambour, car elle les obligeait à se mettre la tête entre les jambes, sans avoir les fesses fumantes et du plus beau rouge écarlate.

Pendant cette terrible fessée, plus sensible et surtout plus cuisante sur une peau tendue à éclater, les fouettées poussaient des cris déchirants, la figure renversée faisait d’horribles grimaces. Elles en avaient pour plus d’une heure à sangloter, et pour toute la journée à ressentir une douleur cuisante.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


IV

J’ENTRE EN SCÈNE


Au bout de six semaines, j’entrai dans les marcheuses, laissant derrière moi des élèves qui étaient là depuis un an. Le premier soir, je sus ce que c’était de se coucher sans souper. On venait de fouetter six danseuses, l’une après l’autre, sur le billot, quand le surveillant cria à haute voix :

— Mariska !

À l’appel de mon nom, que je ne m’attendais guère entendre, ne sachant quel méfait j’avais pu commettre dans le ballet, un frisson me passa par tout le corps, et je me dirigeai en tremblant vers le pilori, entre les six postérieurs palpitants des danseuses fouettées, agenouillées avec leurs maillots retournés au bas des cuisses.

Je dus m’agenouiller sur le coussin, les genoux écartés. Une surveillante me rabattit le maillot en un clin d’œil sur les cuisses et me fit étendre sur le billot. La directrice m’appliqua vingt-neuf coups de cordes, qui voltigèrent sur mes fesses et sur mes cuisses nues avec l’habileté consommée et la rigueur qui rendaient la correction si douloureuse.

J’avais joué des fesses malgré moi, mais je n’avais pas poussé un cri par un effort de volonté surhumaine, ne voulant pas servir de risée aux seigneurs, qui venaient avec leurs dames, après le théâtre, se régaler de cette gigue supplémentaire, si alléchante aux lumières, et qui riaient à se tordre, quand les fesses se secouaient furieusement et que les fessées criaient comme des brûlées.

On ne me fit pas m’agenouiller auprès des grandes filles qui venaient d’être fouettées, bien qu’il y eût de la place. Je dus m’agenouiller dans la tenue penchée auprès des stalles, les fesses et les cuisses nues, le maillot sur les genoux, sans doute pour que les assistants vissent de plus près des fesses neuves pour les lumières. Je vins prendre ma place les yeux secs.

La séance n’était pas terminée. Il y avait encore à fouetter une surveillante qui s’était relâchée dans son service. C’était une femme de trente-deux ans, qui, elle aussi, dut se mettre sur le billot. Seulement, comme elle était en tenue de ville, ce fut une de ses collègues qui dut venir la trousser.

Elle avait un pantalon collant, fendu par derrière, que bombait un opulent postérieur. Avant de la faire déculotter, la directrice cingla cinq ou six fois la croupe emprisonnée. On voyait les muscles palpiter sous la toile collante. Puis la servante lui baissa le pantalon, et jeta la chemise sur les reins. Les fesses, très blanches, étaient sillonnées de lignes rouges.

Ainsi posé sur le billot, le gros postérieur paraissait très volumineux. Les cordes envolées dans l’espace, retombèrent éparpillées au bas des hanches, s’enroulèrent, s’imprimant en rouge vif sur une large surface. Elles voyagèrent, retombant avec un bruit mat sur les deux globes charnus, assommant la chair à chaque coup.

Par exemple, ici les spectateurs en eurent pour les yeux et pour les oreilles. Le gros postérieur bondissait et se démenait furieusement, et la chanson, qui avait commencé dès les premières cinglées, s’accentua jusqu’à la fin, arrivant à l’aigu.

Elle reçut ainsi trente-neuf coups de cordes, assénés avec la même violence, les dix derniers sur les cuisses, mais l’un après l’autre, la fouetteuse alternait les coups. Quand c’était la cuisse gauche, les cordes passant sous le creux s’égaraient dans les cuisses, à la grande hilarité des spectateurs, et au grand préjudice du chat maltraité.

Avec les surveillantes, on ne prenait pas les mêmes ménagements qu’avec nos fesses, non plus que pour le reste, qui avaient chez nous un double emploi, comme vous le savez.

Je dus me coucher toute seule, attendant dans mon lit mes compagnes de dortoir. J’endurai une telle souffrance, que mon énergie m’abandonna, et maintenant que je n’avais plus de témoins, je donnai un libre cours à mes larmes, qui ne cessèrent que lorsque mes camarades vinrent se coucher. Mais j’étais étendue sur le ventre, et elles ne pouvaient voir mes yeux rougis de larmes.

J’eus un mal d’estomac affreux toute la nuit. On dit qui dort dîne ; je n’eus même pas cette ressource, je ne pus fermer l’œil de toute la nuit.

Quatre jours après, je dus de nouveau venir parader sur le billot. Bon ! pensai-je, encore une nuit sans souper. Je reçus vingt-neuf coups de cordes sur mes fesses nues, qui frétillèrent tout le temps de la correction, qui fut très sévère.

Je dus m’agenouiller cette fois à côté de l’échafaud, et si je ne vis pas fouetter mes camarades, j’entendis le concert des fustigées, en même temps que les coups de cordes bruyants de l’archet, qui battait le mesure sur la chair claquée. Mes fesses se tortillèrent tout le temps qu’on fouetta la demi-douzaine de danseuses condamnées.

Quand on nous délivra, au lieu de reprendre ma place dans les rangs, on me conduisit dans un appartement, où je me trouvai en présence du jeune lieutenant des Gardes, qui avait fessé en public la jeune marcheuse de quatorze ans et demi. Il était enveloppé dans une robe de chambre en flanelle.

Je pense que tu ne seras pas aussi rebelle que ta jeune camarade, Mariska. Avec des appas comme les tiens, tu ne peux manquer d’être une luronne. Puis, tu supportes si stoïquement les cordes, que tu dois être une fille énergique. Mais tu vas te restaurer pour avoir des forces cette nuit.

Je lui fus si reconnaissante de l’offre qu’il me faisait de partager son souper, qu’il dut lire dans mes yeux l’amour dont j’allais le payer de sa gracieuseté.

Je dus me mettre toute nue et m’asseoir à nu sur ses cuisses, mes fesses brûlantes appuyées contre son beau vit, qui bandait déjà superbement, et qui se mit à bander à tout rompre, sous ce brasier. Il était surpris, lui aussi, de l’épaisseur de ma toison à mon âge, il parcourut tous mes charmes, palpant les reliefs pendant que je mangeais.

Il ne toucha à rien. Mais quand j’eus fini, il fit sauter un bouchon de champagne, il m’en fit vider plusieurs coupes, j’en bus plus de la moitié.

Cette boisson mousseuse, que je buvais pour la première fois, me causa une demi-griserie, qui, ajoutée au feu qui ardait déjà mes fesses, firent de moi un vrai volcan. Et avec mes dispositions naturelles, vous devinez ce que furent les premières joutes de cette nuit. Pendant deux heures, il n’y eut pas de cesse dans le frétillement de mes fesses, dans mes épanchements, dans la valse enragée de mes tétons.

Lui aussi fut surpris d’une pareille sarabande. Il est vrai qu’il avait le droit de l’être plus qu’aucun de mes précédents enfileurs, car aucun ne s’était trouvé à pareille fête, la griserie, l’incendie de mes fesses, l’amour uni à la reconnaissance, et ce qui ne gâtait rien, au contraire, le fouteur était un jeune et beau garçon, vigoureux et bien outillé. Tout ça contribuait à m’entretenir dans une verve endiablée.

Nous nous endormîmes collés l’un à l’autre, lui derrière moi, insinué comme l’onde à mon corps. Quand il se réveilla au matin, il m’appliqua cinq ou six claques qui m’éveillèrent en sursaut.

Cette fois, il voulut s’étendre sur moi pour se reposer sur mes tétons. Il me pénétra lentement, les mains accrochées à mes fesses. Il fut surpris de les sentir frétiller à peine logé.

— On n’a pas idée d’un pareil tison.

Il resta une heure étendu sur mes seins, mes fesses toujours dans ses mains, jouissant trois fois. Je ne comptai pas combien de fois je goûtai du plaisir, mais ce fut assurément plus souvent que lui.

Le soir il me fit mander de nouveau dans sa chambre. Lui, qui ne passait jamais deux nuits de suite avec la même compagne de lit, ne pouvait pas se passer de moi. Mais avant de nous coucher, comme je n’avais pas reçu le fouet, après le champagne, il m’appliqua, entre ses cuisses, une solide fessée qui m’incendia le postérieur. Je gardai mon plus gracieux sourire.

Quand nous eûmes fini nos passes amoureuses, qui avaient duré près de deux heures après tous ces excitants, je pris le vaillant champion dans mes lèvres. Il grossit aussitôt, s’enfonçant dans ma bouche. Il se demandait si ce que je faisais là n’était pas une passion chez moi, avec mon tempérament de feu.

Quand il fut en état, je me retournai, lui disant, en lui présentant sous mes fesses levées le logis naturel entrebâillé, me souvenant de mon dépuceleur :

— Logez-le là, monseigneur, il aura un gîte chaud toute la nuit.

— Voyez-donc les bonnes idées qu’elle a cette petite putain-là.

Il se logea dans le repaire, s’appuyant sur mes fesses brûlantes. Il eut l’occasion, avant de s’endormir, d’éprouver deux fois le frétillement de mes fesses. J’eus encore quelques rêves réalisés pendant la nuit. Je crois que lui aussi y participa une fois.

Il lui arriva à lui aussi de bander plus fort en se réveillant. Seulement, comme il était jeune et vigoureux, il me servit deux fois sans désemparer.

Depuis ces deux nuits, il me prend de temps en temps dans son lit, quand je viens d’être fouettée. Il sait que ma reconnaissance pour le souper que je lui dois, augmente ma ferveur, et que l’incendie allumé dans mes fesses par vingt-neuf coups de cordes sévères dure jusqu’au matin.

Pendant deux ans, je passai par tous les grades, encouragée par les cordes et le martinet, toujours suspendus sur mes fesses nues. Il n’y avait guère de semaine où je n’eusse à danser quelque ballet avec la douleur cuisante de la cravache ou de la baguette.

Quand je fus dans les premières danseuses, j’avais acquis une souplesse et une agilité qui me permettaient de danser d’une façon impeccable. Ça ne m’empêchait pas de recevoir de temps en temps vingt-neuf coups de cordes sur mes fesses nues à la fin de la répétition générale, qui alors ne revenaient jamais au bercail d’une heure ou deux. On me fouettait la plupart du temps sans motif plausible, simplement pour augmenter le plaisir des débauchés qui m’avaient retenue.

Le soir, quand on me fouettait après la représentation, je ne me couchais jamais sans souper, car c’était toujours mon motif. Mes locataires de la nuit, quelques-uns par bon cœur, le plus grand nombre par égoïsme, me faisaient partager leur souper, pour que je ne faiblisse pas pendant les ébats nocturnes.

Je crois que mes aptitudes physiques avaient dû passer de bouche en bouche, car j’étais la plus demandée, surtout depuis que j’avais dix-huit ans. Pendant les trois dernières années de mon contrat, je ne reçus jamais le fouet sur mes fesses nues, pendant ou après la répétition, sans passer par les mains de quelque débauché.

Je fus même mandée un jour par un couple, mari et femme, qui me firent m’étendre sur le ventre. La dame s’étendit à cul nu sur mes fesses brûlantes, tandis que l’époux, agenouillé entre mes cuisses, fourrageait le noble con de sa moitié. La croupe de la dame dansait sur la mienne à chaque coup de cul que donnait l’enfileur. Elle sentit mes fesses frétiller sous les siennes.

En se relevant, ils vinrent constater le phénomène, en y portant les doigts.

Le mari s’assit à cul nu sur mon postérieur. L’épouse enfourcha la monture, et chevaucha le plus légèrement du monde. Les fesses dures du monsieur s’enfonçaient dans les miennes, les élargissant à chaque descente de la cavalière. Mon frétillement précéda leur épanchement, et ne cessa qu’après la chevauchée.

Ce n’était pas fini ainsi. Le mari me présenta le postérieur satiné de sa femme, que je dus embrasser dans le bas, et le darder de petits coups de langue. Puis il la renversa sur ses cuisses, je dus m’agenouiller devant le chat de la jeune femme, que je dus bouffer pendant une demi heure, pour tirer trois fois des perles à son petit clitoris.

Ces deux époux s’étaient si bien trouvés du bon matelas charnu, très large, et, ce qui ne gâtait rien, toujours brûlant, ainsi que de ma langue experte, qu’ils faisaient monter de temps en temps le bon sommier élastique. La séance se terminait toujours par une conversation en trois points, qui durait une demi-heure plus ou moins.

Un jour les Grands-Ducs donnèrent une fête intime à leurs amis. J’avais alors dix-neuf ans, et tous mes charmes s’étaient richement développés. Comme c’était en plein été, le ballet se dansa sur une pelouse ombragée de grands arbres, qui se trouvait au milieu du parc qui entourait l’Institut, où nous allions respirer l’air dans la journée, car nous vivions, ainsi que vous le savez, comme des recluses.

Nous étions en tenue de répétition. L’orchestre était au grand complet. Le plus grand nombre des musiciens n’avaient jamais assisté à un ballet répété dans cette tenue. Aussi, ils reluquaient avec des yeux concupiscents ces maillots de chair humaine qui les fascinaient.

On exécuta d’abord deux danses de caractère, une valse et une mazurka, qui permettaient de voir l’entrelacement des cuisses, et les postérieurs, tous d’une belle dimension, car il n’y avait que les grandes filles qui prissent part à ces deux danses. C’était la première fois que je valsais en plein air. Avec la chaleur qu’il faisait sur cette pelouse, cet enlacement des cuisses, la chair moite, nos toisons mêlées, produisirent sur moi un effet désastreux. Je me mouillai, mes fesses se mirent à frétiller malgré moi, refusant d’aller en mesure.

Les Grands-Ducs s’apercevant de ce grave manquement à la cadence en présence de leurs amis, interrompirent la valse, et firent approcher les deux délinquantes, qui durent présenter leurs fesses nues à la correction quelles allaient recevoir séance tenante.

Comme dans la posture où nous étions, le fouetteur pouvait tout voir, il aperçut au bas de ma toison quelque chose d’anormal. Il y porta le doigt et constata l’accident.

Il appela ses amis, qui vinrent défiler devant la preuve évidente de mon épanchement, riant de ma facilité à me mouiller, y mettant le doigt, appuyant sur le corps du délit. Cette insistance prolongée des doigts inquisiteurs reproduisit le phénomène, au dixième contact mes fesses se mirent à frétiller de nouveau, au grand ébahissement du doigt qui passait l’inspection en ce moment.

Les doigts continuèrent leur investigation quêteuse. Pendant cette constatation obstinée, le même phénomène se reproduisit encore deux fois.

Comme j’étais la seule coupable, je reçus une douzaine de coups de cordes sur mes fesses nues. Je dus rester à genoux sur le gazon, appuyée sur les mains, sous les yeux des spectateurs qui braquaient leurs lorgnettes sur mes nudités étalées dans leur plein, pendant qu’on reprenait la valse, et qu’on dansait la mazurka. Ma compagne dût prendre une autre valseuse.

J’eus la permission de me relever pour le ballet, sans qu’on m’eût autorisée à prendre un bain de siège, dont j’avais pourtant bien besoin, dans un des bidets qu’on avait rangés autour de la pelouse. Je vis bien pourquoi à la fin de la danse, c’était pour me prendre toute chaude.

On congédia l’orchestre, le maître de ballet, les surveillantes, on garda trente-deux filles des mieux roulées dont j’étais, et une douzaine de femmes de chambre, qui n’allaient pas manquer de besogne.

Chacun fouetta celle qu’il avait choisie. Ce fut, pendant quelques minutes, un concert vocal des mieux nourris. Moi, que le Grand-Duc, qui m’avait fouettée, avait choisie, malgré les douze coups de cordes reçus, je subis sans une plainte les vingt-neuf coups de verges dont il se servit pour mon postérieur rose, et qui me torturaient cependant affreusement, venant se greffer sur la récente fessée, mais mes fesses se tortillaient de la belle façon.

Quand les fesses et les cuisses furent partout d’un beau rouge cardinal, les fouettées durent s’agenouiller sur le gazon, toute la pelouse en était couverte. Les amis des Grands-Ducs, qui étaient tous jeunes et vigoureux, se logèrent assez facilement dans l’hiatus entrebâillé, venant s’appuyer sur les croupes incendiées, et joutèrent dans un repère brûlant, accrochés aux gros tétons de leur monture.

Quand je sentis le noble outil Grand-Ducal pénétrer un peu brutalement entre les lèvres que je lui ouvrais, écartant les obstacles, ma vanité ne connut pas de borne, et quand son ventre princier vint heurter mes fesses brûlantes, elles frémirent de plaisir.

Il fut surpris d’une riposte aussi prompte, l’attribuant sans doute à l’honneur qu’il faisait à mon con de serve d’y loger un outil royal. Que ce fut ça, ou autre chose, il voulut que ses amis les plus vigoureux s’en rendissent compte sur le champ.

Pendant les joutes charnelles les filles de chambre avaient installé sur la pelouse les bidets à côté de chaque jouteuse. Elles couraient de l’un à l’autre pour faire la toilette à leurs bijoux. C’était un spectacle fort amusant de voir bassiner, éponger et essuyer ces postérieurs, tous de grosse dimension, car il y en avait qui s’étaient logés dans les fesses, et ces chats barbouillés, qui se tenaient en l’air, car les amis changeaient de monture.

Moi, j’y passai douze fois, foutue par derrière, par le frère du Grand-Duc, puis par les dix amis qu’il avait conviés à éprouver la valeur de mes fesses. Je payai comptant à chaque fouteur.

La séance était terminée qu’on me foutait encore. On voyait se dandiner au-dessus des bidets les trente et une paire de fesses cramoisies, qui perdaient le trop-plein qui dégouttait sur les cuisses, ici par l’issue d’en haut, là par l’issue du milieu, quelques-unes par les deux. On attendait que j’eusse fini pour nous obliger à faire notre toilette toutes ensemble. Les filles de chambre ne servaient que pendant l’action pour que les jouteurs ne chômassent pas.

J’étais tellement éreintée, après ces enfilades répétées, et le branlage des trente-deux doigts, qu’on me dispensa de la corvée du soir.

Je ne voyais plus aux stalles d’orchestre le jeune lieutenant des Gardes, si bien outillé, si aimable dans la conversation charnelle. Je ne savais pas ce qu’il était devenu.

Depuis la fête intime, donnée par les Grands-Ducs à leurs amis, je reçus pendant deux mois le fouet plus souvent qu’à mon tour, soit pendant ou après la répétition, soit au retour du théâtre, et l’après-midi, comme à minuit, par un ami des Grands-Ducs qui bénéficiait de l’incendie allumé dans mes fesses. Il y avait des jours où je recevais le fouet deux fois, la première pendant la répétition, légèrement, car on devait savoir que j’étais retenue pour la nuit et, qu’à cette heure-là, le feu n’avait pas besoin de durer longtemps, la seconde fois sévèrement, parce que l’incendie ne devait s’éteindre qu’au matin.

Les Grands-Ducs venaient à la répétition deux ou trois fois par mois. Ils n’arrivaient guère que pour la reprise de l’ensemble. Ils choisissaient deux filles plantureuses, ils les aimaient ainsi, que quatre surveillantes venaient fouetter agenouillées devant la loge Grand-Ducale, la tête sur le parquet, les cuisses écartées. Là, elles leur appliquaient, en mesure, pendant que l’orchestre jouait une redova, trente-neuf coups de cordes à tour de bras sur les fesses et sur les cuisses, qui s’empourpraient à chaque cinglée rudement détachée.

Elles avaient ordre, pour les châtier des cris qu’elles ne manquaient pas de pousser, pendant que l’archet de cordes battait la mesure sur l’épaisse métronome de chair, de battre quelques mesures de plus, en supplément entre les cuisses. Ces trois ou quatre battements, sur ce métronome si sensible, leur faisaient terminer le concert par un final aigu.

Ils prenaient des filles plantureuses pour deux raisons. Ils les faisaient mettre toutes nues, puis se faisaient déshabiller par les deux filles. L’une s’étendait sur le ventre, les cuisses élargies. Le fouteur se couchait sur le dos, le derrière sur les fesses brûlantes de la porteuse. L’autre devait venir s’enferrer à reculons, cuisse de ci, cuisse de là, de façon à venir reposer son cul brûlant sur le ventre du fouteur. Elle devait jouer des fesses, se remuer sans s’enlever du clou, roulant sur la colonne, la pressurant, jusqu’à ce que l’issue arrivât.

Elle devait continuer le roulement des fesses, jusqu’à ce que la monture eut cessé de la fesser. Ils encourageaient la croupe à se distinguer par des claques sur les fesses, et sur tout ce qu’ils avaient à la portée de leurs mains, les hanches, les reins, les cuisses. L’éjaculation durait une bonne minute sous cette double pression.

Ils choisissaient des filles aux larges assises pour avoir sous leurs fesses un matelas débordant, et sur le ventre un édredon qui rejoignait le matelas. Ils étaient entre deux brasiers.

Les deux actrices changeaient ensuite de rôle. La seconde devait, pendant qu’il se reposait sur le matelas brûlant, mettre le perforateur en état, en le prenant dans sa bouche, les lèvres sur les réservoirs, remontant peu à peu, quand le gland lui touchait le gosier, jusqu’à ce qu’elle put le prendre dans son con.

À celle-ci, il fallait un peu plus de temps qu’à la première, aussi les encouragements devenaient plus piquants vers la fin de la séance.

Il y avait un an que j’étais passée par les mains des Grands-Ducs et de leurs amis, j’avais vingt ans, mes appas avaient acquis un développement remarquable. Je dus leur paraître assez plantureuse pour servir à leurs ébats, car je fus une des quatre fouettées devant la loge Grand-Ducale avec le supplément habituel, bien que je n’eusse pas mêlé ma voix à leur trio.

Le postérieur du jouteur était sur mes fesses, la moitié entre mes cuisses, qu’il me recommanda de serrer. Je sentis que la cavalière s’enfourchait. Je le sentis bien mieux, quand ses grosses fesses, débordantes, vinrent se reposer sur le ventre du fouteur, rejoignant les miennes, et qu’elle commença le roulement obligé.

Je serrais mes cuisses de plus en plus fort, malgré moi le séjour de la volupté se mit à imiter les mouvements de l’écuyère, et mon cavalier sentit bientôt son matelas se remuer sous ses fesses. Il frétillait encore quand les claques cessèrent.

Quand la cavalière eut vidé les arçons, il vint constater avec le doigt l’effet produit. Il se souvint alors de ce qui m’était arrivé le jour de la fête intime qu’il avait donnée à ses amis.

Après les ablutions indispensables pour les deux acteurs, l’édredon devint matelas et je pris le rôle de la cavalière, après avoir mis la monture en état comme je le devais. Je descendis ma croupe incendiée sur le membre quillé. Je dus écarter les poils qui embarrassaient l’entrée, et je m’enfourchai, descendant sur son ventre mes fesses brûlantes.

Ce roulement de mes fesses, sur une quille qui garnissait si bien ma gaîne, eut un effet magique sur mon bouton, qui se mouilla pendant que mes fesses frétillaient, et qu’il se sentait serré dans le vagin qui le tétait. Alors commença la voltige sur mes hanches, sur mes cuisses, sur mes fesses, me pinçant au vif. Mon frétillement durait toujours, je sentis qu’il s’épanchait. La fessée dura deux minutes, il mit ce tout ce temps à évacuer le sirop.

Quand je fus désenconée et débarbouillée, il voulut tenter une expérience sur moi. Il obligea ma compagne à me lécher le bouton sur le bord du lit, les pieds à terre. Elle fut obligée d’écarter les obstacles broussailleux, pour mettre au jour le gros clitoris qui nichait dans ces parages.

Il le toucha du bout du doigt, appuyant dessus. Le bouton frétilla et se raidit à cette caresse. Il me branla pendant trente secondes avec deux doigts, un seul ne pouvait pas le couvrir. Le bouton frétilla tout le temps et lui mouilla les doigts.

La fille s’agenouilla tenant les lèvres entr’ouvertes, car il voulait tout voir, et elle ne devait se servir que de la langue. Elle était bien experte cette langue, car elle me frottait avec une dextérité merveilleuse, si bien que la minute ne s’était pas écoulée, que le bouton se mit à frétiller. Le Grand-Duc se prit d’une main à mon épaisse toison, passant sa main droite sous mes fesses, qu’il trouva frissonnantes, qu’il pinça dans ses doigts, regardant mes tétons bondir sur ma poitrine.

À la seconde expérience, qui fut concluante en peu de temps, ce fut à mes gros seins qu’il s’adressa. Il les prit dans ses mains, qui pouvaient à peine les embrasser en entier, car ils dansaient une véritable sarabande.

Pendant vingt minutes, sa langue infatigable ne cessa pas un instant de lécher mon bouton, qui ne cessa de pleurer. Il se mouilla une douzaine de fois.

Le Grand-Duc était en état après cet exercice prolongé. Il me fit servir de matelas, comptant sur le frétillement dont mon postérieur était coutumier. Il se reposa sur mes vastes assises, et la cavalière vint s’encheviller. Le roulement des fesses avait à peine commencé, que je sentis mon bouton, bien qu’il me cuisit un peu, s’émouvoir, et elle n’était pas à moitié du voyage, que le matelas se mit à frétiller au grand plaisir des fesses étendues dessus.

Je fus fouettée quinze jours après, devant la loge Grand-Ducale, avec trois de mes compagnes. Cette fois, ce fut dans l’appartement du frère, qui devait être renseigné sur mon compte, que je fus conduite avec une compagne.

Il avait les mêmes procédés que son frère pour encourager la cavalière à chevaucher allègrement sur la quille. Il apprécia sans doute la valeur de mes larges assises, à qui le rôle importait peu pour frétiller, car il me fit fouetter trois fois, depuis cette séance, dans l’espace d’un mois, devant la loge Grand-Ducale.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


V

CHANGEMENT DE DÉCOR À VUE


Il y avait cinq ans que j’étais dans cette prison ; j’avais vingt et un ans, mon contrat était fini. J’attendais cependant sans trop d’impatience, qu’on vint me réclamer, car si je ne redoutais pas la férule de mes maîtres à l’égal des corrections d’ici, je n’y aurais pas eu non plus les mêmes distractions, auxquelles je m’étais si bien habituée, que je m’en serais passée difficilement.

La langue de mes compagnes ne me suffisait pas, et je savais ce qu’il en coûtait à celles qui se laissaient surprendre.

Enfin, un jour on me dit de faire mes paquets. J’emportai mes vêtements de ville, mais je dus laisser mes costumes de danse, qu’on gardait, quand on renvoyait les danseuses, à l’exception d’un seul qu’on lui laissait emporter.

Un coupé attelé de deux chevaux m’attendait à la porte de l’Institut. Le cocher descendit de son siège pour prendre mon petit paquet avec lui. C’était la première fois, depuis cinq ans, que je respirais l’air de la rue. J’en aspirais à pleins poumons.

Je montai dans le coupé, dont les glaces étaient polies, et me permettaient de voir dehors. Je m’en payai de regarder à droite et à gauche, dans des endroits où je passais peut-être tous les jours. Il me semblait reconnaître le chemin que nous suivions tous les soirs. Mais où me conduisait-on ?

Le voyage dura une demi-heure. Il me semblait qu’il n’y avait pas dix minutes que nous étions partis, tellement le chemin m’avait paru court avec les distractions de la rue, les magasins, les voitures et les passants.

Le cocher descendit de son siège, monta dix marches d’un perron, poussa un bouton, et revint sur son siège. La porte s’ouvrit. Une femme d’une quarantaine d’années, aux traits durs, qui devait remplir dans la maison les fonctions de gouvernante, parut sur le perron,

Elle descendit les degrés, ouvrit la portière, me saluant d’un signe de tête, comme si elle était muette. Elle prit mon petit paquet, et me montrant le chemin, elle monta les marches devant moi. Elle me conduisit à travers un dédale de corridors à une petite porte où elle frappa, « Entrez » ! cria une voix mâle. J’entrai, la femme qui m’avait amenée referma la porte derrière moi.

Un homme d’un certain âge était assis dans un fauteuil. Il m’examina des pieds à la tête.

— Mariska, je t’ai achetée à tes maîtres, tu es mon bien, tu es mon esclave, tu m’appartiens, et tu seras traitée comme une serve, tu m’obéiras sans regimber dans tout ce que je te commanderai. Je t’ai vue plusieurs fois en scène, où tu m’as parue apte à la double fonction à laquelle je te destine.

Je me suis informé de la durée du contrat qui te liait à l’Institut de Danse, et quand j’ai su que les cinq ans étaient près d’expirer, je me suis empressé d’aller offrir de toi un bon prix à tes maîtres, ne voulant pas laisser échapper ce trésor qui doit me rapporter doublement, d’abord sur la scène, car je fournis les petits théâtres et la foire de Nijni-Novgorod avec mon escadron volant, puis… ailleurs, où mes donzelles sont d’un excellent rapport.

Je ne te connais que pour t’avoir vue au théâtre. Déshabille-toi, que je te voie toute nue.

Je me déshabillai, retirant mes vêtements l’un après l’autre, enfin j’enlevai ma chemise. Comme j’étais à sa portée, voyant ma superbe toison, il s’y prit des deux mains, la secouant comme une perruque.

— Bigre, ceci ne paraissait pas au théâtre, et l’acquisition n’en a que plus de valeur.

Il me fit pivoter en me donnant de l’élan par la prise. Il me fit me pencher en avant et il me claqua sur mes fesses rebondies, passant la main dans la fente parfumée, enfouie dans une vraie broussaille de poils, faisant glisser ses doigts entre les lèvres satinées, venant jusqu’au clitoris, qu’il trouva très gros, mais qui ne s’émut pas au contact de ses doigts ridés.

Il me fit retourner, écarta le buisson, et constata la grosseur du bouton de rose.

— Bonne affaire encore. Va me chercher ce martinet de cordes. Déculotte-moi. Maintenant à genoux, et prends ça dans ta bouche, tu l’embrasseras jusqu’à ce qu’il bande. Ce sera peut-être un peu long, il n’est pas, comme tu le vois, de la première jeunesse, mais je te fouetterai jusqu’à ce que tu l’aies mis en état.

Je dus m’agenouiller entre ses jambes, accroupie sur mes talons, et prendre l’objet ratatiné dans mes lèvres, pendant qu’il me fouettait, penché sur mon postérieur en face d’une grande glace, qui reflétait tout le tableau. Comme mon chat était appuyé sur les talons de mes escarpins, chaque coup de cordes, que le vieux appliquait avec vigueur, faisait frotter ma fente contre la souple peau d’agneau.

Il vit bientôt mes fesses frétiller, mais il se figura que c’était sous l’impression des cinglées qu’il m’appliquait. S’il avait jeté un coup-d’œil sur mes talons, quand il banda après cinq minutes, et que je levai ma croupe pour la lui apporter, il aurait pu constater que ce qui luisait sur le cuir n’était pas du vernis naturel.

Je dus m’asseoir à reculons sur son ventre ridé, en prenant tout plein de précautions pour faire entrer son outil, qui n’était pas très raide et qui garnissait mal le repaire. Je dus le rouler, le pressurer dans ma gaîne. Ce jeu dura cinq minutes, avant qu’il put cracher dans mon sein. Moi, qui avais joui sur mon talon, mon bouton ne s’émut pas plus que sous un morceau de bois.

Ce vieux barbon avait un joli petit escadron de danseuses, qu’il louait à des théâtres qui ne pouvaient pas se payer un ballet. Il faisait aussi les foires de Nijni-Novgorod. Il en retirait un joli bénéfice, mais ce n’était rien auprès de celui qu’il en retirait des débauchés, qui les lui louaient à l’heure, à la journée, ou à la nuit. Les locataires ne se privaient pas d’user de tous les droits que leur location leur donnait sur les fesses des danseuses qu’ils faisaient mettre toujours à poil.

Comme il était usé jusqu’à la corde, il avait des fantaisies révoltantes. Il y employait des gamines de dix à douze ans, qui n’étaient pas en âge de rapport. La gouvernante l’aidait en fessant la gamine pendant qu’elle suçait le vieux vit ramolli, à qui il fallait plus de cinq minutes pour verser des pleurs. Ça se passait devant la glace en pied, pour que le vieux bougre put jouir du spectacle affriolant d’un postérieur tordu par la souffrance. Quand la petite suçeuse se relevait, elle avait les fesses empourprées, et quelquefois ensanglantées. Ces soirs-là, elles étaient dispensées de paraître et on les couchait, après leur avoir fomenté les fesses.

Moi, pendant les six mois que je restai avec cet entrepreneur à tout faire, je ne passai pas vingt nuits dans mon lit. C’est vous dire que je fus fessée et baisée tout le temps.

Nous étions aux foires de Nijni-Novgorod. Nous venions de danser un ballet, quand le directeur vint me dire qu’un client me demandait au salon. Je pensai que c’était quelque débauché, et je maudissais le fâcheux qui ne me laissait pas un instant de repos. Puis la perspective d’être fessée en plein jour et d’avoir le feu au derrière pendant les autres représentations diurnes, ne me souriait guère.

Aussi, vous devinez quelle fut ma joie débordante, quand je me trouvai en face du lieutenant aux Gardes, aujourd’hui capitaine, qui m’avait reconnue malgré le développement que mes formes avaient acquis, et il s’en assurait en palpant mes seins nus, et mes fesses par dessus le maillot.

Enfin, il ne put y résister, et comme il y avait tout le confortable dans le salon, il me baissa le maillot, s’amusant à ce pelotage, et quand il vit la superbe dimension de la forêt noire, avec tous les obstacles qui barraient l’entrée, il poussa un cri d’admiration, et se mit à secouer la perruque à pleins doigts. Puis il constata que l’habitant de ces lieux avait, lui aussi, gagné en grosseur.

Je dus m’enfourcher à reculons. Ma croupe, très vaste aujourd’hui, débordait des deux côtés de ses cuisses, et pendant qu’il pelotait mes chairs, je me mis à rouler sur ses cuisses comme avec les Grands-Ducs. Ce nouveau procédé lui parut exquis. D’ailleurs, le frétillement de mes fesses commença presqu’aussitôt, et reprit pour ne pas cesser jusqu’à la fin de l’escarmouche.

Il fut si content d’avoir retrouvé la perle des foutteuses, qu’il me dit qu’avant longtemps j’aurais lieu d’être satisfaite de lui. Il me pria de lui envoyer mon directeur, qu’il avait à lui parler.

Que se passa-t-il entre eux ? Je ne sais. Mais ce que je sais bien, c’est qu’un coupé de maître vint me prendre deux heures après cette conversation entre les deux hommes, dans mon costume de ville, comme pour une promenade à la campagne, m’amena hors ville, entra dans un petit parc au milieu duquel était un petit chalet. Je me doutais bien un peu du nom du locataire. C’était en effet le jeune capitaine des Gardes, qui, pour m’avoir à lui seul, m’avait achetée un bon prix, paraît-il, à mon directeur.

— Mariska, tu es mon esclave, tu m’obéiras comme un caniche à son maître, ou gare la cravache, disait-il, en faisant siffler l’air de sa terrible cravache de cheval, mais ses yeux démentaient ses paroles.

Il n’avait jamais eu une esclave aussi soumise, aussi passionnée, aussi ingénieuse à décupler sa volupté, aussi habile à faire naître ses désirs, prenant du plaisir à se laisser mordre comme la cavale par l’étalon, à sentir ses crocs s’enfoncer dans la chair nue, dans un rut de passion échevelée pour cet homme, qui m’avait retirée de la fange. C’était mon Dieu, je l’adorais à genoux.

Il me fessait toujours entre ses cuisses avant de commencer nos ébats. Pendant cette fessée, il n’était pas rare que nous jouissions, moi deux fois, lui une, lançant sa fusée dans ma toison, que je devais nettoyer.

Souvent, dans l’après-midi, nous nous mettions tout nus sur le lit de repos, dont le ciel et le pied étaient munis d’une glace, qui reflétait tout ce qui se jouait sur le lit. Pour ce jeu-là, j’étais dessus, pour qu’il ne perdit rien du tableau vivant. Mes gros seins bandés, appuyés sur sa poitrine, la piquaient de leurs pointes raidies. Il serrait ses cuisses de sorte que ses boules remontaient, et comme mes fesses et mes cuisses émergeaient en dehors, il était entre mes jambes, il pouvait tout voir, l’engloutissement de la belle machine dans le gouffre, les lèvres vermeilles qui la vomissaient.

Je lui recommandais de me fesser à tour de bras pendant l’action. En commençant, il me fessait légèrement, mais bientôt, stimulé par cette mer de chairs lubriques, il m’appliquait des claques bruyantes qui rougissaient mes fesses, et qui me faisaient me démener comme une possédée. Plus elles étaient piquantes, et plus nous jouissions.

Quand mes fesses frétillaient, se roulant sur la quille, il cessait de me fesser, se prenant des deux mains à mes fesses, qu’il tenait écartées, tirant à les fendre, il voyait jusqu’au trou plissé.

Quand il restait en route, je lui criais « plus fort, tire-moi du sang », car je le tutoyais pendant le rut qui m’affolait. Alors il tapait si fort, que quelquefois des rubis pointillaient mes fesses. J’étais alors comme une enragée, ma croupe se démenait furieusement, et les pointes de mes seins se dressaient aiguës comme des fers de lance. Il jouissait comme un damné.

Sa verge restait toujours en assez bon état, pour me permettre de livrer un autre assaut. Il se contentait, maintenant que c’était plus long à venir, d’attendre immobile sous moi, les yeux au ciel, s’absorbant dans la contemplation de mes fesses empourprées ou saignantes, qui frétillaient toujours deux ou trois fois, avant qu’il eut part à la fête. Cette lenteur à s’épancher prolongeait la jouissance, et quand ça venait, c’était le paradis sur la terre.

Nous restâmes quinze jours dans ce chalet. Puis, son congé expiré, il m’amena dans sa nouvelle garnison, qui était Saint-Pétersbourg. Seulement, il ne me garda pas bien entendu chez lui. Il m’avait fait meubler un petit appartement dans les faubourgs. Il venait de temps en temps le jour et quelquefois la nuit, quand il n’était pas de service.

J’avais une femme de ménage, qui prenait soin de mon appartement et de mon linge. Elle couchait à l’extrémité du corridor, dans une chambre avec laquelle je communiquais à l’aide d’une sonnerie électrique. Il la payait grassement, pour qu’elle prit bien soin de sa maîtresse. On nous montait les repas d’un restaurant voisin, bien qu’il y eût dans l’appartement tout le confortable d’un ménage.

Cette existence pleine d’agréables passe-temps dura près d’un an. Sur la fin, il venait moins fréquemment, il allait se marier. Je me demandais ce que j’allais devenir. J’étais assez inquiète à la pensée du sort qui m’était réservé, mais je ne lui laissai pas deviner mon inquiétude.

Il me réservait la plus agréable des surprises, une surprise dont on n’a pas assez de toute une existence, pour la reconnaissance qu’on doit dans ma situation à celui qui vous la fait.

Il me donna la liberté. Je fus tellement émue par cette annonce, que je ne sus même pas balbutier un merci. Il me vit pâlir, me retint dans ses bras, où je perdis connaissance. Je repris mes sens assez vite. Il m’avait dégrafée, caressait mes seins, suçant les pointes l’une après l’autre, qui s’étaient dressées dans sa bouche.

Nos adieux pendant deux heures furent du délire. Je ne cessai de jouir tout le temps sous mon bienfaiteur.

Quand il s’en alla, il laissa sur la table une enveloppe non cachetée et une bourse. L’enveloppe, c’était ma liberté, la bourse, c’était une fortune pour moi. Il y avait mille roubles en or et en papier.

Je vis une lettre sur la table de nuit, où je ne l’avais pas aperçue. Elle était cachetée à son chiffre. J’étais très émue en l’ouvrant. Il y avait dedans une prolongation du bail de mon appartement pour un an, et l’engagement d’envoyer tous les mois pendant ce laps de temps le règlement des gages de ma femme de ménage, ainsi que de la pension au restaurant.

Il était riche, il est vrai, mais quel homme, assez généreux pour affranchir une serve qu’il avait achetée, qu’il pouvait revendre un bon prix pour s’indemniser, eût poussé la générosité jusqu’à lui donner une petite fortune, un abri pour un an, le gîte et le couvert ? Oh ! je le bénirai toute ma vie.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


VI

JE TIENS LE MANCHE


Bien que vous connaissiez la suite de mon histoire, je veux vous en raconter les faits les plus saillants.

Je donnai d’abord des leçons de danse, qui me rapportaient gros, car j’avais la réputation d’être une bonne éducatrice. Mon postérieur était à présent à l’abri de la nagaïka, car j’étais du côté du manche. Je fessais plus souvent que je ne fouettais les élèves que l’on m’amenait, car je donnais mes leçons dans mes appartements l’après-midi.

J’avoue que je me servais de préférence de la main, pour sentir palpiter sous mes doigts cette chair fraîche et douce, surtout dans la posture penchée qu’on fait prendre à ces ravissants postérieurs dodus et potelés, qui ressemblent quand on les découvre à un parterre de lis immaculés, qui se changent bientôt, sous ma main cinglante, en deux plates-bandes de giroflées à cinq feuilles, où l’on monte par deux avenues rouges, qui partent d’à mi-cuisses. Je ne ménage pas cette peau si fine, si tendre et si sensible, qui peut bien supporter cinq ou six claques sans danger, qui cuisent joliment.

Quand j’avais deux jolis postérieurs à fesser l’un après l’autre, le second était sûr d’en sortir plus rouge que le premier, parce que je n’arrivais pas souvent à la fin de la correction sans perdre mon sang-froid, en perdant autre chose.

Quelques dames me faisaient venir le matin à domicile, donner des leçons de souplesse à de jeunes serves sous leurs yeux, et le plus souvent, en présence de l’époux et des jeunes maîtres, filles et garçons, je me servais de l’instrument qu’on me mettait en main, et qui variait à l’infini : martinets de cuir, de cordes, verges, balais de brandes, rotin, cravache, etc., pour fustiger les fesses et les cuisses nues que j’avais à ma portée, car elles étaient en costume de répétition, c’est-à-dire en maillot de chair. La correction ne cessait que sur un signe des maîtres, et elle était toujours sévère, même pour une peccadille.

J’eus quelques bonnes fortunes pendant que j’exerçais mes fonctions de maîtresse de danse. J’avais eu le don de taper dans l’œil, comme on dit chez vous, à un riche boyard, qui m’avait vue à l’œuvre. Pour avoir le droit de me fesser, il m’offrit cinquante roubles. J’eus l’air de bouder devant la chose, tandis que j’en mourais d’envie, car c’était un bel homme, qui devait avoir un bel outil.

Il me fessa entre ses cuisses tout à son aise pendant cinq minutes. Il bandait comme un carme ; quand il m’enfila il garnissait toute la gaîne. Je frétillai tout le temps sous lui après cette verte fessée qui m’avait mise en feu.

Il voulut se loger dans ces fesses frétillantes. Il lui en coûta cent roubles. Il me dit en sortant que j’étais volée, qu’il avait joui pour mille. Je m’étais en effet tortillée tout le temps, me tordant sous la volupté que je goûtais, frétillant jusqu’à la fin du voyage.

Un an après mon émancipation, grâce aux largesses de mon libérateur, à mes leçons bien payées, et aussi grâce à mes bonnes fortunes, je pus monter un petit ballet à mes frais.

Je m’installai dans un faubourg de la ville dans une maison spacieuse, isolée de la rue, entre cour et jardin. J’avais fait choix de vingt-cinq danseuses plus râblées, plus fessues les unes que les autres et toutes jolies. Je les avais louées pour un an, avec la faculté de les acheter à la fin du contrat, à un prix fixé d’avance si elles faisaient mon affaire.

J’avais un maître de ballet qui venait pour les répétitions, qui réglait les divertissements et conduisait les danseuses au théâtre. Il ne logeait pas dans la maison. Je voulais garder ma liberté pleine et entière chez moi.

J’avais deux aides, deux surveillantes, une cuisinière et un souillon qui l’aidait, un cocher et un jeune groom, qui conduisaient mes pensionnaires au théâtre dans deux grands omnibus. Tout ce monde-là que j’avais loué, était susceptible de recevoir le fouet, même le cocher, un gaillard de vingt-six ans.

J’avais, pour me conduire au théâtre et m’en ramener, ainsi que pour toutes mes courses en ville, un coupé de remise, loué au mois, qui se tenait à ma disposition de minuit à minuit.

Un soir mon cocher d’omnibus se saoûla, je dus le faire remplacer par un cocher de place. Le lendemain je le fis monter à la cuisine, où je lui reprochai son ivrognerie devant tout le personnel féminin. Comme il me voyait un martinet de cordes dans la main, il se douta de ce qui lui pendait au derrière.

Je le fis s’agenouiller devant une chaise, en lui disant de se déculotter. Il le fit avec un tel empressement, qu’on eut dit qu’il était à une partie de plaisir. Il releva lui-même sa chemise sur ses reins et tendit son dur fessier aux cordes tressées de nœuds.

Je le fouettai avec une sévérité que je n’employais pas avec les tendres postérieurs féminins, pour lesquels je ne me servais guère que du martinet de cuir. Je cinglai ses fesses comme je l’avais vu faire par la méchante comtesse, les cordes envolées dans l’espace, retombant après deux ou trois tours, éparpillées, enveloppant toute la surface, qui rougissait à vue d’œil. Ça claquait comme sur du bois.

Son bijou se balançait entre ses cuisses à chaque cinglée. L’application des soixante coups de cordes, destinés à son dur fessier, assénés à tour de bras avec cette lenteur durèrent dix minutes. Il n’avait pas poussé un cri durant cette longue et sévère correction, mais aux dernières cinglées, la croupe bondissait en avant, son membre s’agitait, et il fit comme l’outil d’Yvan sur l’estrade d’ignominie, il cracha par terre.

Seulement l’issue ne fut pas la même pour lui que pour le serf, qui obtint les faveurs de sa maîtresse la boïarine, émerveillée par le superbe outil qui avait déchargé sous ses yeux. Je ne me sentais pas la moindre envie d’imiter ma maîtresse. D’ailleurs, il n’y avait pas la moindre comparaison à établir entre les deux outils de joie.

Il se reculotta et s’en alla en me jetant un regard qui ne respirait pas la haine du serviteur fouetté, il y avait au contraire dans ses yeux comme de la reconnaissance. Par exemple, je ne m’aviserai plus de fouetter un homme devant mes femmes, elles avaient toutes, même la cuisinière, une femme de quarante ans, les pommettes rouges et les yeux luisants de luxure.

J’avais loué, pour la répétition, un petit orchestre de six musiciens, qui venaient autant pour le régal des yeux que pour l’argent, car je ne les payais pas cher. Je crois même qu’ils seraient venus pour rien.

J’avais aussi comme élèves de jeunes serves, que leurs maîtresses m’envoyaient, ou me conduisaient quand la fantaisie les prenaient d’assister à leur éducation chorégraphique, et des jeunes filles amenées par leurs mères, auxquelles je donnais des leçons. Je leur fournissais les costumes pour la répétition. Elles s’habillaient dans une antichambre voisine de la salle, sous la surveillance de la servante ou de la mère qui les avait amenées.

Il n’y avait que les parents, les maîtres et la maîtresse ou leurs déléguées, qui eussent le droit d’assister à la répétition. Il y avait des maîtres et des pères qui amenaient l’un une serve, l’autre sa fille, pour avoir le droit de reluquer le gigotement des fesses nues, et qui quelquefois, ne revenaient pas après une ou deux leçons.

Je m’en apercevais, mais je me serais bien gardée de leur faire la moindre observation. Plus j’avais de leçons, plus j’avais d’argent et de fesses à palper, car je fessais le plus souvent ce genre d’élèves, dont les jolis postérieurs était du fruit nouveau pour ma main qui les giflait toujours avec le plus grand plaisir.

Un père, d’emprunt sans doute, m’amena un jour sa grande fille de vingt ans. Elle avait de fort beaux tétons, qui émergeaient en dehors du corset de toile, un gros postérieur rebondi, une toison d’un blond fauve qui sortait comme un bouquet de flamme de la bouche d’un cratère. Il me pria de lui montrer à marcher, et surtout de ne pas lui ménager les encouragements frappants.

Le petit orchestre joua une polka. Elle était tellement troublée qu’elle ne marchait pas en mesure. J’avais le martinet à la main, mais la tentation fut plus forte que moi quand je vis cette belle croupe s’arrondir, en s’épanouissant, pour s’offrir à la correction, je passai l’instrument dans la main gauche et je me mis à la fesser, appliquant des claques sans compter.

Le père s’avança :

— Vous ne savez pas fesser ma fille qui a le cul très dur. Elle n’a pas protesté sous votre main, mais vous allez entendre comme elle va chanter sous la main paternelle.

En effet, à chaque soufflet que cette main d’homme détachait sur ce gros postérieur, on entendait claquer la chair et rugir la fustigée. Il lui en appliqua trois douzaines qui empourprèrent les fesses et les cuisses. Pendant cette verte fessée qui faisait gigoter le gros cul cinglé j’achevai, en serrant les cuisses, ce que j’avais mené assez loin en giflant le ravissant postérieur.

— Aujourd’hui, dit le père, on n’en tirera rien de bon. Mais je veux qu’elle ne perde pas tout et qu’elle profite de la répétition.

Je la fis s’agenouiller à la place habituelle, le dos tourné vers les spectateurs, et je poursuivis ma répétition toujours avec la même méthode, le martinet de cuir à la main.

Ce prétendu père, qui avait acheté cette serve bon marché, en avait fait naturellement l’esclave de ses plaisirs, et l’obligeait à venir parader dans les salles de répétition, qui sont en grand nombre à St. Pétersbourg. La leçon se terminait toujours ainsi. Il savait que presque partout il trouverait quelque paillard qui lui ferait des offres pour sa belle marchandise, qu’il laissait en montre pendant toute la durée de la répétition. Personne ne se méprenait à cette prétendue paternité.

Il demandait qu’elle passât la première, pour que les débauchés eussent tout le temps d’apprécier la qualité et la quantité de la marchandise. Il ne s’en retournait pas souvent bredouille, et il retirait un joli revenu de la location de la chair à plaisir de son esclave, qu’il avait dressée à tous les talents.

Cet exemple d’une fessée donnée par un père (?) à sa fille eut des imitateurs. Les mamans venaient quelquefois fesser leurs filles, les maîtresses, mais surtout les maîtres, se payaient de temps en temps une bonne fessée sur les postérieurs de leurs serves, qui auraient préféré ma main, surtout à celles des maîtres qui leur appliquaient, avec leur forte main d’homme, des claques bruyantes, doublant presque toujours la dose qui leur faisait fumer les fesses, en leur arrachant des cris discordants qui arrêtaient souvent le cours de la leçon.

Ça me privait d’un plaisir, mais je trouvais presque toujours le moyen de prendre ma revanche sur les postérieurs des serves que les servantes, qui les avaient amenées, n’avaient pas le droit de fouetter étant serves comme elles.

Il y avait un mois que je dirigeais le ballet, quand je vis entrer un monsieur très distingué, qui tenait par la main une jeune fille de quinze ou seize ans, d’une beauté remarquable, suivi d’une fille de chambre qui entra à leur suite. Tous les yeux étaient braqués sur cette jolie fille qui rougissait sous les regards des curieux.

Son conducteur me prit dans un coin, et me dit qu’ayant entendu vanter mon talent d’éducatrice, il avait résolu de me confier l’éducation chorégraphique de cette jeune fille, qu’il avait achetée la veille dans un orphelinat, où elle désespérait ses maîtres par son inaptitude à tous les métiers. Peut-être aura-t-elle plus de dispositions pour la chorégraphie.

— Je vous prie, me dit-il en terminant, de ne pas lui ménager les arguments frappants, et de la traiter avec la plus grande sévérité. Je ne serais pas fâché qu’elle gardât longtemps le souvenir de votre première leçon.

Je devinai, à la rougeur des joues de la jeune fille et aussi aux recommandations de son maître, que celui-ci avait imaginé de la faire fouetter en public pour assouplir son caractère et la plier à ses fantaisies.

La jeune fille revint du cabinet de toilette en tenue de répétition, amenée par une surveillante. Tout ce qu’on voyait de chair nue, la figure, le cou, la gorge, le dos, les fesses et les cuisses était cramoisi. La honte de se voir presque nue devant des spectateurs des deux sexes, lui avait mis des larmes aux yeux. Je dus la conduire à sa place, tandis que tous les yeux reluquaient les audités de cette pudique jeune fille.

Je n’eus pas de peine à exécuter à la lettre les ordres du maître. Elle faisait deux pas en avant et s’arrêtait. Je la fessai sous mon bras, il n’aurait pas fallu songer à lui faire prendre la posture toute seule. À mon commandement, elle fit deux pas en avant et s’étala de tout son long sur le parquet. Je dus me pencher pour lui appliquer une nouvelle fessée qui me mit dans tous les états.

Je pris alors la nagaïka. Les cordes à nœuds n’eurent pas plus de succès sur le postérieur que les claques. J’épuisai mon talent et ma patience. Cette fille n’avait pas le moins du monde conscience de ce qu’on lui demandait par ces piquants encouragements. Elle reçut plus de cinquante cinglées sur les fesses et sur les cuisses sans pousser un cri ou une plainte. Toute la partie fouettée était d’un beau rouge vif.

Quand elle se retourna, elle avait la figure empourprée et les yeux pleins de larmes. Cette pudeur peu ordinaire dans une serve surprenait tous les spectateurs.

Le maître ne voulut pas qu’on l’exposât. Il avait une affaire pressée qui l’appelait ailleurs. Sous prétexte de me régler, il me fit venir dans l’antichambre voisine, suivie de l’orpheline et de la femme de chambre. Il me parla à l’oreille, en me glissant cinquante roubles dans la main. Je fis signe que oui, je poussai un bouton en lui disant d’attendre là.

Je rentrai dans la salle de répétition, sachant bien que d’une façon ou d’une autre l’orpheline ne serait plus pucelle dans quelques instants.

Après la répétition qui dura deux heures je m’informai si les locataires du cachot étaient partis. Le fille de chambre qui les avait accompagnés me dit que oui, en me montrant un rouble de gratification que le monsieur lui avait donné.

Je montai avec elle dans la chambre du saut de carpe, ainsi dénommée, parce qu’il y a un fauteuil à bascule dans lequel les récalcitrantes passent sous les fourches caudines le plus facilement du monde, surtout avec le costume de répétition avec lequel on n’a pas besoin de trousser la danseuse.

Le maître n’avait pas eu besoin de s’en servir. Les draps, étendus sur la couverture témoignaient que c’était sur le lit que s’était accompli le sacrifice sanglant. Les seaux où l’on avait vidé les rinçures de la cuvette, les serviettes ensanglantées parlaient aussi clairement.

Puisque le fauteuil n’avait pas servi, ils ne reviendront pas. Il n’y a que le premier pas qui coûte, elle a dû le franchir, bien à contre-cœur, mais certainement pour éviter la honte de reparaître nue devant les regards allumés de tous ces paillards, qui se repaissaient de ses hontes nues indécemment étalées, sans compter les gloutonnes qui la dévoraient des yeux.


Mémoire d’une danseuse russe, Vignette fin de chapitre


IMPRESSIONS DE LA BOÏARINE

Mémoire d’une danseuse russe, Bandeau de début de chapitre


YVAN


J’ai cru qu’elles ne s’en iraient plus, ces deux vampires. Autant je désirais leur venue pour les distractions que nous devions prendre ensemble sur les postérieurs de mes filles de chambre, autant j’ai souhaité vivement leur départ. Elles l’auraient mis à sec, si elles étaient restées huit jours de plus. Enfin, elles sont parties, grâce au ciel.

J’ai mandé mon cocher Yvan ce matin dans ma chambre, après avoir congédié mes habilleuses, qui, sur mon ordre, m’avaient laissée en peignoir. Il entra, s’inclinant jusqu’à terre, comme il sied à un serf devant sa maîtresse. Je tenais à la main une forte verge que je brandissais d’un air menaçant.

— Yvan, tu va te mettre tout nu pour que je puisse te fouetter à mon aise. J’ai à te punir d’une malpropreté, dont tu t’es rendu coupable sous mes yeux le jour où je te fouettai sur l’estrade.

Le jeune serf ne paraissait pas fort effrayé de ma menace en se dévêtant, il avait au contraire la figure de quelqu’un qui se doute, que si je me servais d’une verge, ce ne serait pas de celle que je brandissais. Peut-être aussi que ma toilette matinale lui rappelait les visites en négligé que lui faisaient les deux vampires.

Quand il enleva sa chemise je revis l’objet tel qu’il m’était apparu sur l’estrade, à point pour ce que je voulais en faire. L’espoir d’avoir affaire à sa maîtresse avait dû lui suffire pour acquérir ce beau volume. Je ne pus m’empêcher de me porter vers ce gros outil, et bien que ce fut l’outil d’un serf, je le pris dans ma main. Il grossit encore. Je jetai les bouleaux.

— Je te donnerai les verges après, mais je veux que tu me fouettes avant avec celle-ci. Et si tu ne me fouettes pas bien, si tu n’as rien gardé pour ta maîtresse, si tu as tout dépensé avec des étrangères, tu m’entends bien, je te promets de t’enlever la peau des fesses, et de t’arracher ce vilain outil, s’il n’est plus bon à rien.

J’enlevai tous mes vêtements, ce qui ne fut pas long, et je m’agenouillai devant un fauteuil, ne voulant pas qu’un serf fut tenté, dans le feu de l’action, d’embrasser sa maîtresse, ce que je lui aurais fait payer cher. Il s’agenouilla avec une précipitation de bon augure.

Il dut aider son gros outil à entrer dans l’enceinte, où il ne pénétra pas sans difficulté, et son ventre vint se reposer sur mes fesses. Je n’avais pas prévu ces deux contacts, le premier d’abord, qui me froissait dans ma délicatesse, puis le second, qui me causa une surprise presque désagréable. Mais j’oubliai bien vite ces deux froissements faits à ma dignité, car l’outil de ce rustre garnissait le logis en le dilatant et me touchait au cœur.

Il navigua trois fois sans désemparer, déchargeant chaque fois sa cargaison au port. Combien de fois abordai-je durant ce voyage au long cours ? Je ne sais, mais je ne manifestai jamais mon émotion. Cependant il devait la deviner à l’agitation plusieurs fois renouvelée de mes fesses.

Quand je le renvoyai, j’avais repris toute ma dignité, et lui et son affaire, toute leur humilité Je passai une demi-heure à faire la toilette de ces parages souillés par l’outil d’un serf, bien que je n’eus pas l’habitude de me servir moi-même, mais je ne voulais pas mettre mes filles de chambre dans la confidence.

Il y avait deux heures que j’avais renvoyé le porteur du bel outil à sa besogne, quand la fantaisie me reprit de tenter de nouveau le pouvoir des charmes d’une maîtresse sur un serviteur, à une distance si rapprochée d’un trio si bien joué. Je mandai de nouveau Yvan, qui entra en s’inclinant profondément.

Avant de rien entreprendre, je lui demandai s’il se sentait de force à me fouetter comme tout à l’heure et aussi souvent. Si tu ne me donnes pas mon compte, lui dis-je, moi je te promets de te donner le tien. Avant de me répondre, il se déshabilla et me montrant l’objet terriblement quillé, il me donna l’assurance qu’il me fouetterait, puisque je lui en donnais la permission, aussi bien et aussi fort que tout à l’heure.

— Trois fois ?

— Trois fois, maîtresse, et si je m’arrête en chemin, vous pourrez me fouetter, maîtresse, pour me redonner des forces.

— Alors, elle est inépuisable, ce n’est pas comme celles-ci, qui sont vite usées.

Je repris de nouveau la posture à genoux devant le fauteuil, les dessous relevés. Cette fois, j’essayai de lui ouvrir la porte, mais je vis bien que son gros outil n’entrerait pas facilement, s’il ne le dirigeait pas lui-même, et je dus de nouveau subir son contact.

Il ne s’était pas vanté. Il navigua trois fois, déposant du lest à chaque escale qu’il faisait au port, appuyé sur les fesses de sa maîtresse, qui commençait à s’y faire, car elle n’avait jamais rêvé d’un serviteur de cette taille.

Il a vraiment une machine surprenante, toujours en état de fonctionner, et comme je suis à l’abri d’une rechute d’enfant, autant lui laisser jeter son lest dans le bassin.

J’ai eu cette après-midi une autre fantaisie. Sous prétexte de sieste, je me suis fait déshabiller, j’ai passé un peignoir. Puis j’ai fait monter le jeune serf, qui derechef m’a servie trois fois dans la même posture, sans jamais faiblir dans la lutte. Vraiment, les réservoirs qui alimentent ce bel outil doivent être inépuisables.

Je lui jette une serviette, lui disant de m’attendre, je vais faire une toilette intime, et je reviens toute nue. D’un coup d’œil jeté au serviteur, je remarque qu’il n’est pas en aussi brillant état que quand il est sorti du repaire. Je n’ai pas l’air de m’en apercevoir, je me renverse sur le bord du lit, m’offrant à lui par devant, les cuisses bien écartées, pour qu’il ne perde rien de ce qui peut ranimer sa virilité.

À cette vue Yvan perd la tête, et manquant au respect qu’il doit à sa maîtresse, il se précipite sur le con défendu qui le fascine, et l’embrasse à pleine bouche, comme si c’était celui d’une fille de chambre quelconque. Mon premier mouvement est de me relever pour le châtier de son insolence, mais je réfléchis qu’il avait peut-être besoin de cela pour s’émoustiller, je le repousse brusquement des deux mains. Il se relève, et je vois que son outil, qui baissait la tête, la relève gaillardement, excité par cette accolade sur le minet sacré de sa maîtresse.

Quand je le vois se diriger vers l’orifice, je ferme instinctivement les yeux. Je l’avais sentie jusqu’ici, mais je ne l’avais jamais vu m’aborder. Il planta l’outil entre les bords, s’aidant de ses doigts, poussant et s’enfonçant lentement jusqu’au sein, mais cette fois au plus profond.

Il dut me prendre dans ses bras, pour pouvoir me servir à l’aise. Sa poitrine effleurait la pointe de mes seins, et chose étrange, ce que j’aurais châtié à un autre monsieur avec sévérité, me causait un certain plaisir. Il ferma les yeux quand il fut dans un état où nul ne se connaît, pas même un serf, pour ne pas être tenté d’embrasser la gorge ou la bouche, qui étaient sacrées, même pour un serf délirant.

Je me suis si bien trouvée de cette posture, dans laquelle l’outil à plaisir se consacre tout entier à votre bonheur, que je veux l’utiliser souvent ainsi.

J’ai, depuis quelques jours, une fantaisie corsée, que j’hésite chaque matin à satisfaire. Je voudrais prendre ce gros engin dans mon derrière, pour savoir ce que l’on éprouve avec un bijou de ce calibre dans les fesses. Mais je crains qu’il ne me déchire en entrant. J’y pensais encore ce matin, me demandant si je tenterais oui ou non l’épreuve aujourd’hui.

Mais au fait, il n’y a qu’à essayer sur Catya. S’il lui gâte les fesses, eh ! bien, tant pis pour ses fesses. Le beau malheur, qu’une serve ait le cul abîmé pour une expérience que veut tenter sa maîtresse ! Elle a passée par là d’ailleurs, ainsi que toutes ses compagnes, car nos invités ne se gênent guère pour les prendre par tous les bouts. Seulement elles n’ont pas dû en loger souvent de ce calibre.

Sitôt pensé, sitôt exécuté. J’envoie quérir la fille de chambre et Yvan, qui entrèrent en même temps, s’inclinant tous deux à une distance respectueuse. La jeune fille semblait se demander pourquoi je les avais fait monter ensemble, le jeune serf et elle.

— Yvan, tu vas me trousser cette fille. Tu la mettras en travers de tes cuisses, et là, tu lui appliqueras, sous mes yeux, une bonne fessée, que tu ne cesseras que lorsque je t’arrêterai, et surtout ne la ménage pas.

Puis tu m’obéiras en tout point, en faisant ensuite tout ce que je te commanderai sur ses fesses.

Yvan avait déjà troussé la fille, dont le gros derrière émergeait en dehors de ses cuisses, bien en face de mes yeux. Au signal donné, la main s’abattit avec force, s’imprimant sur la peau en rouge vif, chaque gifle amenait le sang à fleur de peau, faisant sauter la croupe sur les genoux.

Il la fessa ainsi pendant dix minutes, la peau en fumait, et la fille de chambre, qui supportait assez bien les verges que je lui appliquais cependant avec sévérité, se tordait et se lamentait sous les maîtresses claques, que la forte et large main du serf lui détachait avec une vigueur redoutable.

Je lui montrai les cuisses, chaque claque meurtrissait la chair. Ce fut alors des hurlements de rage. Jamais fessée à la main ne me réjouit autant que ces gifles cinglantes, qui abîmaient ce fessier orgueilleux et les alentours. Je l’arrêtai après vingt minutes de ce traitement salutaire. La peau était fendillée en plusieurs endroits.

— Maintenant, porte-la devant ce fauteuil, agenouille-la ainsi toute troussée. Toi, porte-toi devant ce gros cul fumant et plante-lui ton bel outil dans les fesses. Je ne serais pas fâchée de voir la jolie grimace qu’elle fera, quand elle l’aura tout entier dans son vaniteux derrière, bien qu’elle en ait logé d’autres, mais pas de ce volume.

Toi, la belle, si tu n’aides pas ton complice à entrer, tu dois savoir comment ça se pratique, c’est à moi que tu auras à faire, et les verges auront beau jeu à faire saigner ton vilain derrière déjà tout écorché par cette main de fer. Lamente-toi un peu moins, et aide-le un peu mieux.

Yvan, qui avait baissé sa culotte, avait mis au jour son gros outil. Jamais je ne l’avais vu dans un aussi brillant état, et je regrettai de ne pas avoir à m’en servir tout de suite.

Catya l’aide en effet, Yvan met la tête de l’outil sur l’orifice. À ma grande surprise, la tête entre assez facilement, se logeant dans les bords écartés. Puis, il y pousse le reste, qui s’enfonce plus difficilement, élargissant de plus en plus les bords, se plongeant jusqu’au fond. Il ne restait dehors que ce qui ne pouvait pas franchir la porte.

Je fis signe à Yvan de sortir immédiatement du repaire. Il se retira peu à peu, et quand il fut sur les bords, je vis que l’ascension et la descente lui avaient suffi pour s’épancher. Heureusement qu’il y avait des serviettes préparées en prévision de l’événement.

— Essuie-toi, grande malpropre, et emporte ces deux serviettes. Va prendre un bain, et reviens tout de suite me montrer tes fesses. Si elles ne sont pas propres, je te promets une danse complète au retour.

Je regrettais la perte qu’avait faite l’outil dans le fourreau, non pas que je voulusse le prendre dans mes fesses sortant du cul d’une serve, j’aurais envoyé Yvan prendre un bain, comme je l’y envoyai d’ailleurs, en lui recommandant de ne pas s’amuser. Puis, je voulais éviter que Catya en profitât, l’expérience me suffisait. Mais la précipitation avec laquelle tout ça avait été conduit me rassurait sur l’issue.

Yvan revint le premier. Il était plus pressé sans doute que la fille de chambre, car ce qui attendait l’un, c’était une faveur inappréciable pour un humble valet, et ce qui menaçait l’autre, c’était une douzaine de claques qu’Yvan serait chargé de lui appliquer. Je comptais aussi sur l’effet que ne manquerait pas de produire cette nouvelle fessée sur sa virilité. Enfin Catya parut.

— Trousse-la, Yvan. Tiens-lui les fesses écartées, que je voie si elle les a propres.

Il n’y avait pas la moindre trace d’effraction, les plis étaient resserrés comme avant la prise de possession.

— Maintenant, reprends-la sur tes genoux, et applique-lui douze bonnes claques sur les fesses, elles peuvent encore les recevoir sans trop de dommage, pour lui apprendre à se dépêcher une autre fois et à ne pas faire poser sa maîtresse.

Le serf la remit en posture et lui appliqua les douze claques commandées avec une vigueur et une lenteur calculées. Les dernières gifles lui mirent les fesses en sang. Quand elle eut fini de hurler, je la renvoyai à sa besogne.

— Voyons maintenant, si tu es en état de me servir.

Il était peut-être plus brillant que pour la première escarmouche, sans doute parce qu’il savait qu’il allait entrer dans un domaine seigneurial. Je lui recommandai de prendre toutes ses précautions. Il hésitait l’arme au poing.

— Que crains tu donc, pour hésiter ainsi à la porte ?

— Il faudrait préparer la voie.

— Et comment ? Tu ne l’as pas préparée pour Catya. Il est vrai que pour le vulgaire cul d’une serve, on ne prend pas des précautions comme pour les nobles fesses d’une boïarine. Voyons, comment tu t’y prends pour préparer l’entrée ?

Je me doutais bien un peu de ce qu’il allait faire. À genoux devant le cul de sa maîtresse, il posa ses lèvres sur l’orifice, le lécha et le relécha, y poussa sa langue à plusieurs reprises, puis il vint appuyer la pointe de son arme sur l’huis lubrifié. Mais il eut beau s’escrimer de ses dix doigts, il ne put jamais forcer l’entrée tout seul.

Je dus, moi aussi, l’aider, car j’étais impatiente de sentir le gros objet dans mes fesses. Grâce à l’aide que je lui apportai, il se logea doucement, je sentais les bords s’écarter, et le fourreau se dilater pendant qu’il pénétrait lentement, et quand il fut tout en haut, je sentis qu’il déposait son offrande bouillante dans mes entrailles. Je n’éprouvai que la sensation de l’occupation.

Je sentais qu’il me manquait quelque chose.

Il se remit à voyager un moment, reprenant du champ, s’enfonçant et redescendant lentement, Enfin, il déposa sa seconde offrande, j’éprouvai du plaisir cette fois, mais il me manquait toujours quelque chose. Je le renvoyai à son écurie.

Je savais bien ce qui me manquait. J’y ai suppléé aujourd’hui. J’ai fait monter Mina, ma femme de chambre favorite, dont j’ai fait jadis l’éducation. Je n’en ai jamais abusé, quand il ne me manquait rien, mais aujourd’hui, elle sera le suppléant qui me manquait.

— Ma fille, j’ai besoin de tes services. Tu devines lesquels ?

— Oui, maîtresse.

— Mais j’entends te garder pour moi seule, en dehors de ton jeune maître, à qui je ne veux pas t’enlever.

— Oui, maîtresse,

Elle balbutia ce oui en rougissant. Je savais pourquoi. Je ne pouvais pas ignorer les relations des deux soubrettes avec mon fils, et la passion mutuelle de ces deux filles, qui leur avait valu un châtiment vigoureux. Le jeune barine en profite, il fait bien, et tant qu’il continuera à s’en servir je fermerai les yeux. Après, j’en ferai mon affaire, si elles s’avisaient de continuer.

Yvan entra, saluant et se courbant jusqu’à terre. En le voyant entrer Mina devina le rôle que je lui réservais. Sans plus de préambule nous nous mîmes tous en tenue. Mina se chargea d’introduire le visiteur, puis elle vint s’agenouiller devant la porte qui lui était réservée.

Elle n’avait rien oublié, elle avait fait même des progrès sensibles. Elle me traita avec une ardeur que je ne lui connaissais pas, et elle mit dans l’action une chaleur à laquelle elle ne m’avait pas habituée. Était-ce parce qu’elle avait tenu dans sa main le superbe outil pour le diriger dans son logis ? Je ne sais, mais ce que je sais, c’est que le locataire n’a pas pris l’avance aujourd’hui sur la propriétaire du logement. Par exemple, moi, blasée sur les plaisirs, j’ai failli perdre mes sens, quand, à la seconde émotion que j’ai éprouvée, le visiteur a déposé son injection bouillante dans mes entrailles.

Deux fois encore j’ai repris l’avance avec le même succès. Mina y contribuait par son agilité et son ardeur ininterrompues. Je l’ai laissé se distinguer encore deux fois pendant que le visiteur se retirait lentement.

Depuis que j’ai trouvé ce qui me manquait, quand je veux loger le bel outil dans mes fesses, je fais monter Mina, qui accourt au premier appel, et dont l’ardeur et l’agilité ne se démentent jamais.

Quand je veux que la fête soit complète, j’envoie quérir Catya, dont je confie la correction à un jeune serf, qui lui applique sur ses genoux des fessées terribles avec sa grosse main velue, qui lui met chaque fois les fesses en sang. Je lui ai enseigné à la gifler entre les cuisses, ce qui lui fait pousser des hurlements de bête fauve, et moi j’y gagne un tel feu, à voir déchiqueter ces fesses et ces cuisses détestées, que je prends ce jour-là un plaisir inouï.

Yvan, lui aussi, après cette verte fessée, surtout depuis qu’il la gifle entre les cuisses, est dans un état de raideur tel, qu’il fait jusqu’à quatre voyages, quelle que soit la route qu’il parcourt.

Mina elle-même y gagne en ardeur, et je bénéficie triplement de la rude fessée appliquée à Catya, que je réserve pour nos jeux, d’abord le plaisir des yeux en voyant gigoter ces fesses malmenées, et celui que je retire ensuite de mes deux lampions en rut.

Depuis que j’ai éprouvé la saveur de la langue de Mina, j’ai exigé de la fille de chambre, qui me les rend d’ailleurs avec autant d’ardeur qu’à côté, d’autres services qui ont bien leur prix. Quand Yvan me prend par devant, après m’avoir couchée sur le bord du lit, il me redresse ployé sur ses genoux, et pendant qu’il fouille le logis debout, toujours péniblement dans cette posture, mais à mon grand plaisir, Mina, agenouillée entre le lit et mes fesses, se livre à toutes les caresses que j’exige d’elle, ne retirant ses lèvres et sa langue de leur occupation que lorsque je n’ai plus besoin de leurs services.


FIN