Mémoires historiques/09

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Annales principales
Chapitre IX
L’impératrice Lu [1]
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p.406 L’impératrice-douairière Lu (102) était la femme de Kao-tsou, dès le temps où il était dans une humble condition. Elle enfanta l’empereur Hiao-hoei (103) et une fille qui fut la reine-douairière Yuen, de Lou (104). Puis Kao-tsou devint roi de Han ; il eut parmi ses femmes la i (105) Ts’i de p.407 Ting-t’ao, qui fut sa favorite et enfanta Jou-i, roi Yn de Tchao (106). Hiao-hoei était un homme bon et faible ; Kao-tsou, trouvant qu’il ne lui ressemblait pas, désirait sans cesse lui enlever le titre d’héritier présomptif et le donner à Jou-i, fils de la i Ts’i, parce qu’il lui ressemblait ; la i Ts’i, étant favorite, suivait continuellement l’empereur et alla avec lui dans le pays à l’est des passes (107) ; jour et nuit elle se lamentait, car elle désirait faire nommer son fils à la place de l’héritier présomptif ; l’impératrice Lu était âgée ; elle restait continuellement chez elle, voyait rarement l’empereur et avait de moins en moins d’intimité avec lui. Jou-i fut nommé roi de Tchao : ensuite, à plusieurs reprises il fut sur le point de remplacer l’héritier présomptif : grâce à l’opposition des seigneurs et à la requête du marquis de Lieou (108), l’héritier présomptif put n’être pas dégradé.

L’impératrice Lu était une femme dure et inflexible ; elle aida Kao-tsou à s’assurer de l’empire, les hauts fonctionnaires qui furent mis à mort le furent pour la plupart par l’autorité de l’impératrice Lu (109). L’impératrice p.408 Lu avait deux frères aînés qui tous deux furent généraux ; le plus âgé était le marquis de Tcheou-lu ; à sa mort (110), on conféra à un de ses fils, Lu T’ai, le titre de marquis de Li, et à un autre de ses fils, (Lu) Tch’an, le titre de marquis de Kiao. Le cadet des frères aînés (de l’impératrice), Lu Che-tche, fut marquis de Kien-tch’eng. Kao-tsou mourut dans le palais Tch’ang-lo, la douzième année de son règne, le quatrième mois, au jour kia-tch’en (1er juin 195). L’héritier présomptif hérita de son titre et devint empereur. Il y avait alors huit fils de Kao-tsou : le plus âgé, Fei, était le frère aîné de (l’empereur) Hiao- hoei, mais né d’une autre mère (111) ; Fei était roi de Ts’i. Tous les autres étaient les frères cadets de (l’empereur) Hiao-hoei : Tou-i, fils de la i Ts’i, était roi de Tchao ; Heng, fils de la fou-jen Po, était roi de Tai ; les fils des autres femmes étaient le prince K’oei, qui était roi de Leang, le prince Yeou qui était roi de Hoai-yang, le prince Tchang qui était roi de Hoai-nan et le prince Kien qui était roi de Yen. Kiao, frère cadet de Kao-tsou, était roi de Tch’ou ; Pi, fils du frère aîné (de Kao-tsou), était roi de Ou. Tch’en, qui ne faisait pas partie de la famille Lieou, mais qui était le fils de l’illustre Ou-joei, prince de P’ouo, était roi de Tch’ang-cha (112). p.409 L’impératrice Lu haïssait fort la fou-jen (113) Ts’i ainsi que son fils, le roi de Tchao. Elle donna l’ordre au yong-hiang d’emprisonner la fou-jen Ts’i dans le bâtiment (114), puis elle manda le roi de Tchao ; par trois fois ses envoyés revinrent ; le conseiller de Tchao, Tcheou Tch’ang, marquis de Kien-p’ing, dit aux envoyés :

— L’empereur Kao m’a confié le roi de Tchao ; le roi de Tchao est jeune ; j’ai entendu dire que l’impératrice-douairière hait la fou-jen Ts’i et qu’elle veut mander le roi de Tchao afin de les faire périr ensemble ; je ne puis envoyer le roi. D’ailleurs le roi est malade et ne peut obéir à cet ordre.

L’impératrice Lu fut fort irritée ; elle envoya donc des gens mander le conseiller de Tchao ; celui-ci, appelé formellement, vint à Tch’ang-ngan ; alors (l’impératrice) envoya de nouveau mander le roi de Tchao ; le roi de Tchao vint. Avant qu’il fût arrivé, l’empereur Hiao-hoei, qui était compatissant et bon et qui savait que l’impératrice-douairière était irritée, alla lui-même à sa rencontre au bord de la rivière Pa (115) et entra avec lui dans le palais en se tenant lui-même à ses côtés ; soit pour sortir, soit pour rester à la maison, soit pour boire, soit pour manger, il était toujours avec le roi de Tchao ; l’impératrice-douairière voulait tuer le roi, mais n’en trouvait pas l’occasion.

La première année (de l’empereur) Hiao-hoei, au douzième mois (30 déc. 195 - 28 janv. 194), l’empereur sortit de bon matin pour tirer de l’arc. Le roi de Tchao était p.410 jeune et n’avait pu se lever si tôt. L’impératrice-douairière, apprenant qu’il était resté seul, envoya des émissaires lui faire boire du poison. Au point du jour, (l’empereur) Hiao-hoei revint ; le roi de Tchao était mort. — A la suite de cet événement, Yeou, roi de Hoai-yang, changea de titre et devint roi de Tchao. — En été, un édit (de l’impératrice) conféra, par un honneur rétrospectif, le titre posthume de marquis de Ling-ou au père (116) du marquis de Li. — Ensuite, l’impératrice-douairière coupa les mains et les pieds de la fou-jen Ts’i ; elle lui arracha les yeux ; elle lui brûla les oreilles ; elle lui fit boire une drogue qui rend muet et la fit rester dans des latrines ; elle l’appelait le porc-femme ; quelques jours après, elle appela l’empereur Hiao-hoei pour qu’il regardât le porc-femme ; Hiao-hoei le vit, s’informa et apprit que c’était la fou-jen Ts’i ; il pleura alors abondamment et en tomba malade ; pendant plus d’une année, il ne put se lever ; il envoya des gens adresser cette requête à l’impératrice-douairière :

— Ce que vous avez fait n’est pas une action humaine ; comme je suis votre fils, désormais, je ne pourrai plus jamais gouverner l’empire.

A partir de ce moment, Hiao-hoei se mit à boire chaque jour et à vivre dans la débauche sans s’occuper du gouvernement ; c’est pourquoi il tomba malade.

La deuxième année, le roi Yuen, de Tch’ou, et le roi Tao-hoei, de Ts’i, vinrent tous deux à la cour. Le dixième mois (21 nov. - 19 déc. 194), (l’empereur) Hiao-hoei et le roi de Ts’i festoyaient et buvaient en présence de l’impératrice-douairière. Hiao-hoei, considérant que le roi p.411 de Ts’i était son frère aîné, l’avait fait asseoir à la place d’honneur comme le veulent les rites de la famille. L’impératrice-douairière s’en irrita ; elle ordonna donc qu’on remplît deux tasses de poison et qu’on les plaçât devant elle ; elle invita le roi de Ts’i à se lever et à porter un toast ; le roi de Ts’i se leva ; Hiao-hoei se leva aussi et prit une des tasses pour porter le toast en même temps que lui ; l’impératrice-douairière eut peur ; elle se leva elle-même et renversa la tasse de Hiao-hoei ; le roi de Ts’i, trouvant la chose étrange, n’osa pas boire ; il simula l’ivresse et se retira. Il questionna des gens et apprit qu’on avait voulu l’empoisonner ; saisi de crainte, il pensait qu’il ne pourrait plus s’échapper de Tch’ang-ngan et il s’affligeait ; Che, nei-che de Ts’i (117), donna ce conseil au roi :

— L’impératrice-douairière n’a d’autres enfants que Hiao-hoei et la princesse Yuen de Lou. Maintenant, Votre Altesse possède plus de soixante-dix villes, tandis que la princesse n’a le revenu que de quelques villes ; si Votre Altesse veut bien offrir à l’impératrice-douairière une commanderie pour en faire un apanage de la princesse, l’impératrice-douairière ne manquera pas d’être contente et vous n’aurez aucun mal.

Le roi de Ts’i offrit donc la commanderie de Tch’eng-yang (118) et honora la princesse du titre de reine douairière. L’impératrice Lu fut satisfaite (de cette offre) et l’accepta ; on organisa donc un banquet dans le palais p.412 de Ts’i (119) ; on se réjouit et on but et, quand ce fut fini, le roi de Ts’i fut renvoyé chez lui.

La troisième année (192 av. J.-C.), on commença à construire le rempart de Tch’ang-ngan ; la quatrième année (191 av. J.-C.), il était à moitié achevé ; de la cinquième (190 av. J.-C.) à la sixième année (189 av. J.-C.), il fut terminé. Les vassaux vinrent à une assemblée. Le dixième mois, ils présentèrent leurs félicitations à la cour.

La septième année, en automne, le huitième mois, au jour ou-yn (26 sept. 188), l’empereur Hiao-hoei mourut (120). Lorsqu’on annonça le deuil, l’impératrice-douairière se lamenta, mais ses larmes ne coulaient pas. Tchang Pi-k’iang, fils du marquis de Lieou (121), remplissait la charge de che-tchong et était âgé de quinze ans ; il dit au grand conseiller :

— L’impératrice-douairière n’avait pas d’autre fils que Hiao-hoei ; maintenant qu’il est mort, elle se lamente, mais ne se laisse pas aller à la tristesse. En savez-vous la raison ?

— « Quelle en est la raison ? demanda le conseiller

— C’est que, répliqua Pi-k’iang, l’empereur ne laisse pas de fils adulte et que l’impératrice-douairière vous craint, vous et les autres. Proposez maintenant qu’on donne le titre de général à Lu T’ai, Lu Tch’an et Lu Lou (122) et qu’on les place à la tête des p.413 troupes dans les camps du sud et du nord, puis que tous les membres de la famille Lu entrent dans le palais, y occupent des places importantes et dirigent les affaires. S’il en est ainsi, le cœur de l’impératrice-douairière se calmera et vous et les autres vous pourrez échapper au malheur.

Le grand conseiller suivit l’avis de Pi-K’iang. L’impératrice-douairière se détendit ; elle se lamenta en s’affligeant. Telle fut l’origine de la puissance de la famille Lu.

Une amnistie générale fut alors promulguée dans l’empire. Le neuvième mois, au jour sin-tch’eou (19 oct. 188), on fit les funérailles. L’héritier présomptif (123) prit donc la dignité d’empereur et se rendit au temple funéraire de Kao(-tsou). Dès la première année, les proclamations et les ordonnances émanèrent toutes de l’impératrice-douairière ; l’impératrice-douairière intitula « décrets » (124) (ses édits).

(L’impératrice) tint conseil, dans le désir de nommer rois les membres de la famille Lu. Elle interrogea le p.414 grand conseiller de droite Wang Ling, qui répondit :

— L’empereur Kao a immolé un cheval blanc et nous a fait prêter ce serment : Ceux qui n’appartiennent pas à la famille Lieou et qui seront rois, que tout l’empire s’unisse pour les combattre. Maintenant, nommer rois (des membres de) la famille Lu, c’est contraire à cet engagement.

L’impératrice-douairière fut mécontente ; elle interrogea le grand conseiller de gauche, Tch’en P’ing et le marquis de Kiang, Tcheou P’o ; (Tcheou) P’o et les autres lui dirent :

— C’est lorsque l’empereur Kao s’était emparé de l’empire, qu’il nomma rois ses fils et ses frères cadets ; maintenant que l’impératrice-douairière rend des décrets, il n’y a rien d’impossible à ce qu’elle nomme rois les membres de la famille Lu ses frères.

L’impératrice-douairière fut satisfaite et leva l’audience. Wang Ling fit des reproches à Tch’en P’ing et au marquis de Kiang et leur dit :

— Autrefois, lorsque nous avons prêté serment à l’empereur Kao, après avoir humecté vos lèvres du sang (de la victime) (125), n’étiez-vous pas présents ? Maintenant, l’empereur Kao est mort ; l’impératrice-douairière, une femme, règne ; elle veut nommer rois (les membres de) la famille Lu ; pour vous conformer à ses désirs et pour flatter ses pensées, vous violez votre engagement. De quel visage aborderez-vous l’empereur Kao sous la terre (126) ?

Tch’en p.415 P’ing et le marquis de Kiang lui dirent :

— Pour ce qui est de rompre en visière sur-le-champ dans une discussion à la cour, nous ne vous valons pas ; mais pour ce qui est de sauvegarder les dieux de la terre et des moissons et d’affermir les descendants de la famille Lieou, à votre tour vous ne nous valez pas.

Wang Ling ne trouva rien à leur répondre.

Le onzième mois (13 déc. 188 - 10 janv. 187), l’impératrice-douairière voulut se débarrasser de Wang Ling et le nomma premier précepteur de l’empereur, lui enlevant ainsi l’autorité qui appartenait au conseiller. Wang Ling prétexta aussitôt une maladie pour donner sa démission et se retirer. Alors le grand conseiller de gauche (Tch’en) P’ing fut nommé grand conseiller de droite (127) ; Chen I-ki, marquis de Pi-yang, fut nommé grand p.416 conseiller de gauche ; le grand conseiller de gauche ne dirigeait pas les affaires, mais exerçait l’autorité et la surveillance dans le palais, comme le lang-tchong-ling. (Chen) I-ki avait été autrefois l’amant de l’impératricedouairière et avait toujours eu quelque charge ; les ducs du palais et les hauts dignitaires se trouvèrent ainsi tous exclus des affaires.

Puis (l’impératrice) honora, par une vénération posthume, du nom de « roi Tao-ou » le père (128) du marquis de Li ; elle se proposait ainsi d’arriver graduellement à nommer rois les membres de la famille Lu. Le quatrième mois (10 mai - 8 juin 187), l’impératrice, voulant nommer marquis les membres de la famille Lu, commença par conférer des titres aux ministres de Kao-tsou qui avaient rendu d’éclatants services : le lang tchong-ling Ou-tche (129), fut nommé marquis de Po-tch’eng ; — la princesse Yuen de Lou étant morte, on lui attribua le titre posthume de reine-douairière Yuen de Lou, et son fils, (Tchang) Yen devint roi de Lou ; le père du roi de Lou était Tchang Ngao, marquis de Siuen-p’ing ; — Tchang, fils du roi Tao-hoei (130) de Ts’i fut nommé marquis de Tchou-hiu et fut marié à une fille de Lu Lou (131) ; p.417 Cheou (132), grand conseiller de Ts’i, fut nommé marquis de P’ing-ting ; — le chao-fou Yen (133) fut nommé marquis de Ou ; — alors on nomma Lu Tchong (134) marquis de P’ei et Lu P’ing (135) marquis de Fou-leou ; — Tchang Mai (136) fut nommé marquis de Nan-kong. L’irnpératrice-douairière voulant nommer rois des membres de la famille Lu, commença par conférer (ce titre ou celui de marquis, à des fils de concubines de Hiao-hoei : Kiang devint roi de Hoai-yang ; Pou-i devint roi de Tch’ang-chan ; Chan devint marquis de Siang-tch’eng ; Tch’ao devint marquis de Tche ; Ou devint marquis de Hou-koan (137) ; (puis), sous l’inspiration de l’impératrice-douairière, les principaux ministres proposèrent qu’on donnât le titre de roi de Lu à Lu T’ai, marquis de Li. L’impératrice-douairière y consentit. (Lu) Che-tche, marquis K’ang de Kien-tch’eng, étant mort, et le fils qui devait lui succéder ayant été dégradé pour une faute commise, on donna p.418 le titre de marquis de Hou-ling à son frère cadet (138) Lu Lou, pour qu’il continuât la descendance du marquis K’ang. La deuxième année (186 av. J.-C.), le roi de Tch’ang-chan (139) mourut ; son frère cadet, Chan, marquis de Siang-tch’eng, fut nommé roi de Tch’ang-chan. Son nom personnel fut changé en celui de I. — Le onzième mois (3 déc. - 31 déc. 187), (Lu) T’ai, roi de Lu, mourut ; son titre posthume fut « le roi Sou » ; son héritier présomptif, (Lu) Kia, devint roi à sa place.

La troisième année (185 av. J.-C.), il n’y eut rien.

La quatrième année (184 av. J.-C.), Lu Sin (140) fut nommée marquise de Lin-koang ; Lu T’o (141) devint marquis de Chou ; Lu Keng-che (142) devint marquis de Tchoei-k’i ; Lu Fen (143) devint marquis de Lu-tch’eng ; puis on nomma cinq personnes à des postes de grands conseillers des vassaux.

Au temps où la fille du marquis de Siuen p’ing (144) était l’impératrice femme de Hiao-hoei, elle n’avait pas de fils ; elle simula une grossesse ; elle prit le fils d’une p.419 concubine et le fit passer pour sien ; on tua la mère et on nomma héritier présomptif le fils qui passait pour le sien. Après que Hiao-hoei fut mort, l’héritier présomptif devint empereur ; quand il fut grand, quelqu’un lui apprit que sa mère était morte et qu’il n’était pas véritablement fils de l’impératrice ; il proféra alors cette parole :

— L’impératrice a bien pu tuer ma mère et me faire passer pour son fils ; je ne suis pas encore adulte, mais quand je serai grand, je ferai des changements.

L’impératrice-douairière apprit ces propos et en fut inquiète ; elle craignit qu’il ne suscitât des troubles et l’emprisonna donc dans le pavillon Yong-hiang (145) ; elle prétendit que l’empereur était fort malade et son entourage ne put plus le voir, l’impératrice-douairière dit :

— Toute personne qui a entre ses mains le gouvernement de l’empire est la destinée même de tout le peuple, elle le couvre comme le Ciel ; elle le contient comme la Terre ; quand l’empereur a un cœur aimant, il donne par là même le repos aux cent familles ; les cent familles sont alors satisfaites de lui et par là même servent leur souverain ; par les relations réciproques entre l’amour et la satisfaction, l’empire est bien gouverné. Maintenant l’empereur est malade ; sa maladie dure depuis longtemps et ne prend pas fin ; il a perdu le sens et son esprit est troublé ; il est incapable de continuer la lignée (impériale) et de s’acquitter des sacrifices au temple ancestral ; on ne peut lui confier l’empire. Je le remplace donc.

Tous les ministres assemblés se prosternèrent la tête contre terre et dirent :

— L’impératrice-douairière maintient l’ordre dans le peuple pour le plus grand bien de l’empire ; les plans par lesquels elle assure le repos du temple ancestral et des dieux de la terre et des moissons sont très profonds. Nous, ses ministres assemblés, nous nous prosternons la tête contre terre et acceptons son édit.

L’empereur fut déposé ; l’impératrice-douairière le fit périr secrètement. Le cinquième mois, au jour ping-tch’en (15 juin 184), I, roi de Tch’ang-chan, fut nommé empereur ; son nom personnel fut changé en celui de Hong ; si l’on ne data pas les années à partir de son avènement, c’est parce que l’impératrice-douairière réglait par décrets (146) les affaires de l’empire. — Tch’ao (147), marquis de Tche, fut nommé roi de Tch’ang-chan. — On institua la charge de t’ai-wei ; (Tcheou) P’o, marquis de Kiang, fut nommé t’ai-wei. La cinquième année, au huitième mois (22 août - 19 sept. 183), le roi de Hoai-yang (148) mourut ; son frère cadet, Ou, marquis de Hou-koan, fut nommé roi de Hoai-yang. La sixième année, au dixième mois (19 nov. - 17 déc. 183), l’impératrice-douairière dit :

Kia (149), roi de Lu, s’est rendu coupable d’arrogance et de licence ; je le dégrade.

Lu Tch’an, frère cadet de (Lu) T’ai, roi Sou, devint roi de Lu. — En été, une amnistie fut promulguée dans tout l’empire. — Hing-kiu, fils du roi Tao-hoei (150), de Ts’i, fut nommé marquis de Tong-meou. p.421 La septième année, au premier mois (4 février - 4 mars 181), l’impératrice-douairière manda Yeou (151), roi de Tchao. Yeou avait pris pour femme principale une fille de la famille Lu ; mais il ne l’aimait pas et aimait une autre concubine : la fille de la famille Lu en fut jalouse ; de dépit, elle s’en alla et calomnia le roi auprès de l’impératrice-douairière ; elle l’accusa faussement d’avoir commis le crime de dire :

— A quoi sert à la famille Lu d’avoir obtenu le titre de roi (pour quelques-uns de ses membres) ? Après la mort de l’impératrice-douairière, je ne manquerai pas de les combattre.

L’impératrice-douairière en fut irritée et c’est pourquoi elle manda le roi de Tchao. Lorsque le roi de Tchao fut arrivé, il fut logé dans son palais (152) et ne fut pas reçu en audience ; des gardes reçurent l’ordre de le garder étroitement et de ne pas lui donner à manger : si parmi ses sujets il se trouvait quelqu’un qui lui apportât de la nourriture, on l’arrêtait aussitôt et on le condamnait. Le roi de Tchao mourait de faim ; il fit alors ce chant :

Les Lu exercent le pouvoir : la famille Lieou est en danger. Usant de contrainte envers un roi et un vassal, on m’a donné de force une femme ; Ma femme, par jalousie, m’a faussement accusé d’un crime ; La calomnie d’une femme a troublé mon royaume ; l’empereur n’a point compris la vérité ; p.422 Je n’ai plus de sujets fidèles ; pourquoi ai-je quitté mon royaume ? Si j’avais décidé de mon sort en pleine campagne, le Ciel azuré aurait récompensé mon intégrité (153). Hélas ! à quoi servent les regrets ? il aurait mieux valu sans retard recourir à ce qui était en mon pouvoir.

Être roi et mourir de faim, qui aurait pitié d’un tel sort ? La famille Lu a violé la justice ; je confie ma vengeance au Ciel.

Au jour ting-tch’eou (21 février 181), le roi de Tchao mourut dans sa prison ; on l’enterra à Tch’ang-ngan, avec les rites qui conviennent à un homme du peuple et dans les rangs des tombes du peuple. — Au jour kitch’eou (4 mars 181) (154), il y eut une éclipse de soleil et il p.423 fit nuit en plein jour ; l’impératrice-douairière en fut affectée et son cœur fut sans joie ; elle dit alors à son entourage :

— Cela arrive à cause de moi. Le deuxième mois (5 mars - 2 avril 181), K’oei, roi de Leang, fut transféré et devint roi de Tchao. (Lu) Tch’an, roi de Lu, fut transféré et devint roi de Leang ; le roi de Leang ne se rendit pas dans ses États, mais fut nommé premier précepteur de l’empereur. Le fils impérial, T’ai (155), marquis de P’ing-tch’ang, fut nommé roi de Lu. On changea le nom de Leang en celui de Lu et le nom de Lu en celui de Tsi-tch’oan. Lu Siu (156), sœur cadette de l’impératrice-douairière, avait eu une fille qui était devenue la femme de Lieou Tsé, marquis de Yng-Ling ; (Lieou) Tsé était général en chef ; l’impératrice-douairière qui avait nommé rois les membres de la famille Lu, craignait qu’après sa mort, le général Lieou ne leur fit du mal ; elle nomma donc Lieou Tsé roi de Lang-ya afin de gagner son cœur.

Depuis que K’oei, roi de Leang, avait été déplacé et nommé roi de Tchao, le mécontentement couvait dans son cœur ; l’impératrice-douairière avait fait épouser au roi de Tchao une fille de Lu Tchan ; les officiers de la suite de la reine appartenaient tous à la famille Lu ; ils exerçaient à leur guise l’autorité et surveillaient secrètement le roi de Tchao ; celui-ci ne pouvait pas agir comme il le désirait. Il avait une concubine qu’il aimait ; la reine envoya des gens l’empoisonner ; le roi composa alors un p.424 chant en quatre stances qu’il fit chanter par des musiciens ; le roi était pénétré de tristesse ; le sixième mois (2 juillet - 30 juillet 181), il se tua donc (157). Quand l’impératrice-douairière l’apprit, considérant qu’à cause d’une femme il avait renoncé à s’acquitter des rites au temple ancestral (158), elle enleva son titre à ses descendants.

Tchang Ngao, marquis de Siuen-p’ing, mourut ; son fils, (Tchang) Yen, fut nommé roi de Lou ; (Tchang) Ngao fut gratifié du titre posthume de « roi Yuen de Lou (159) ».

En automne, l’impératrice-douairière envoya dire au roi de Tai qu’elle désirait qu’il allât régner à Tchao ; le roi de Tai (160) s’excusa en disant qu’il désirait garder la frontière à Tai. — Le premier précepteur (Lu) Tch’an, le grand conseiller (Tch’en) P’ing et d’autres dirent que Lu Lou, marquis de Ou-sin, était à la tête des marquis et que son rang était le premier ; ils proposaient donc qu’on le nommât roi de Tchao. L’impératrice-douairière y consentit ; par un honneur rétrospectif, elle conféra au marquis K’ang, père de (Lu) Lou, le titre de roi Tchao de Tchao.

p.425 Le neuvième mois (27 sept. - 26 oct. 181), Kien (161), roi Ling de Yen, mourut ; il avait un fils d’une concubine ; l’impératrice douairière envoya des émissaires le tuer ; le royaume tomba en déshérence et fut supprimé.

La huitième année, au dixième mois (26 nov. - 24 déc. 181), Lu T’ong, marquis de Tong-p’ing et fils du roi Sou (162) de Lu, fut nommé roi de Yen ; Lu Tchoang, frère cadet de (Lu) T’ong, reçut le marquisat de Tong-p’ing. Au milieu du troisième mois (22 avril - 21 mai 180), l’impératrice Lu, qui était allée se purifier (163), passait à son retour par Tche-tao (164) ; on vit un être semblable à un chien bleu qui mordit l’impératrice femme de Kao(-tsou) au côté, puis disparut soudain. On consulta les sorts qui dirent :

— Ce fantôme était Jou-i (165), roi de Tchao. L’impératrice femme de Kao(-tsou) tomba alors malade de sa blessure au côté.

L’impératrice femme de Kao(-tsou), considérant que son petit-fils, Yen (166), roi Yuen de Lou, était jeune, qu’il avait perdu de bonne heure son père et sa mère et qu’il restait orphelin et faible, conféra des apanages aux deux fils que Tchang Ngao avait eus auparavant d’une concubine : elle nomma Tch’e marquis de Sin-tou et Cheou marquis de Lo-Tch’ang, afin qu’ils fussent les soutiens p.426 de Yen, roi Yuen de Lou. Puis elle conféra au tchong-ta-ye-tché Tchang Che (167) le titre de marquis de Kien-ling et à Lu Yong, le titre de marquis de Tchou-tse. Tous les eunuques du palais, titulaires ou assistants, furent faits marquis de l’intérieur des passes, avec la jouissance des revenus de cinq cents foyers.

Au milieu du septième mois, la maladie de l’impératrice femme de Kao(-tsou) s’aggrava fort ; elle ordonna alors que Lu Lou, roi de Tchao, prit le titre de général en chef et campât dans l’armée du nord. , et que (Lu) Tch’an, roi de Lu, résidât dans le camp du sud. L’impératrice-douairière Lu fit des recommandations à (Lu) Tch’an et à (Lu) Lou en ces termes :

— Lorsque l’empereur Kao(-tsou) se fut assuré de l’empire, il fit prononcer à ses principaux ministres ce serment : Ceux qui n’appartiennent pas à la famille Lieou et qui seront rois, que tout l’empire s’unisse pour les combattre. Maintenant, des membres de la famille Lu sont rois ; les principaux ministres ne sont pas calmes. Après ma mort, comme l’empereur est jeune, il est à craindre que les principaux ministres ne fassent une révolution. Ayez soin de vous appuyer sur les troupes pour garder le palais ; gardez-vous d’accompagner le cortège funéraire ; ne vous laissez commander par personne.

Au jour sin-se (168) (21 juill. 180), l’impératrice femme de Kao-tsou p.427 mourut. Par son décret testamentaire, elle donnait à p.428 chacun des rois-vassaux (169) un millier d’or (170) ; les généraux, les conseillers, les seigneurs, les secrétaires et les officiers étaient tous gratifiés de sommes suivant leur grade ; une amnistie générale était promulguée dans tout l’empire ; (Lu) Tch’an, roi de Lu, était nommé conseiller d’État ; la fille de Lu Lou était nommée impératrice (171). — Après les funérailles de l’impératrice, le conseiller de gauche Chen I-ki fut nommé premier précepteur de l’empereur.

Lieou Tchang, marquis de Tchou-hiu, était plein de bravoure. Hing-kiu, marquis de Tong-meou, était son frère cadet. Tous deux étaient frères cadets du roi Ngai (172) de Ts’i ; ils résidaient à Tch’ang-ngan. En ce temps, les membres de la famille Lu dirigeaient les affaires et étaient tout-puissants ; ils désiraient faire une révolution, mais, craignant ceux qui avaient été autrefois les p.429 principaux ministres de l’empereur Kao, à savoir Kiang (173), Koan (174) et leurs collègues, ils n’avaient pas encore osé en donner le signal. Le marquis de Tchou-hiu (175) avait épousé une fille de Lu Lou ; il apprit secrètement quels étaient les projets (des Lu) ; il eut peur d’être mis à mort ; il chargea donc en cachette des gens d’aller avertir son frère aîné, le roi de Ts’i, qu’il désirait l’inviter à envoyer une armée dans l’ouest, à exterminer les Lu et à prendre le pouvoir ; le marquis de Tchou-hiu se proposait, avec les principaux ministres, de lui prêter main-forte de l’intérieur de la capitale. Le roi de Ts’i voulut faire partir ses soldats ; son conseiller s’y opposa ; le huitième mois (176), au jour ping-ou (12 sept. 180), le roi de Ts’i tenta de faire assassiner son conseiller ; le conseiller Chao P’ing (177) leva à son tour des troupes et tenta de faire prisonnier le roi ; ce fut alors que celui-ci tua son conseiller. Puis il envoya ses soldats dans l’est et s’empara par ruse des troupes du roi de Lang-ya (178) ; il les réunit sous son commandement et marcha vers l’ouest. Ces choses sont racontées dans le chapitre consacré au roi de Ts’i (179).

Le roi de Ts’i envoya alors aux rois-vassaux une lettre en ces termes :

« Lorsque l’empereur Kao eut pacifié et conquis l’empire, il nomma rois ses fils et ses frères p.430 cadets ; le roi Tao-hoei régna à Ts’i ; à la mort du roi Tao-hoei, l’empereur Hiao-hoei chargea (Tchang) Leang, marquis de Lieou, de me nommer roi de Ts’i. Lorsque Hiao-hoei fut mort, l’impératrice femme de Kao(-tsou) dirigea les affaires ; elle était âgée ; elle écouta les membres de la famille Lu ; de sa propre autorité elle déposa un empereur et en nomma un autre (180) ; en outre, elle tua successivement trois rois de Tchao (181) ; elle anéantit (les familles royales de) Leang, Tchao et Yen, afin de faire rois des membres de la famille Lu ; elle partageai Ts’i en quatre (182). Des ministres fidèles lui présentèrent des remontrances ; la souveraine continua sa conduite insensée et révolutionnaire et ne les écouta pas. Maintenant, l’impératrice femme de Kao (-tsou) est morte ; d’autre part, l’empereur est jeune et ne peut encore gouverner l’empire ; il se confie absolument aux principaux ministres et aux vassaux. Or les Lu s’arrogent toutes les charges élevées ; ils ont rassemblé des troupes pour se donner une autorité redoutable ; ils font violence aux seigneurs et aux ministres fidèles ; ils usurpent le privilège de porter des décrets pour commander à l’empire ; c’est pourquoi le temple ancestral est en péril. Pour moi, je me mets à la tête de mes troupes et je viendrai exterminer ceux qui sont rois sans en avoir le droit.

p.431 Quand la nouvelle de ces événements parvint à la cour (183), le conseiller d’État Lu Tch’an et ceux de son parti envoyèrent aussitôt Koan Yng, marquis de Yin-yn, à la tête d’une armée pour l’attaquer. Quand Koan Yng fut arrivé à Yong-yang (184), il fit ces réflexions :

— Les Lu disposent de toutes les forces militaires à l’intérieur des passes ; ils se proposent de mettre en péril la famille Lieou et de prendre le pouvoir pour eux-mêmes. Maintenant, si je détruis Ts’i et que je revienne annoncer ma victoire, je ne ferai par là que procurer de nouvelles ressources à la famille Lu.

Alors il s’arrêta à Yong-yang et y établit ses cantonnements. Il envoya des émissaires avertir le roi de Ts’i et les vassaux qu’il s’unirait à eux, mais qu’il fallait attendre que la famille Lu se révoltât pour aller tous ensemble l’exterminer. Quand le roi de Ts’i en eut été informé, il retira ses troupes de la frontière de l’ouest et attendit le moment convenu.

Lu Lou et Lu Tch’an auraient voulu faire éclater une révolution dans le pays à l’intérieur des passes ; mais, au dedans, ils avaient peur des marquis de Kiang (185) et de Tchou-hiu (186) et de leur parti ; au dehors, ils craignaient les troupes de Ts’i et de Tch’ou et redoutaient aussi que Koan Yng ne leur fit défection ; ils désiraient attendre, pour donner le signal (de la révolte), que les soldats de Koan Yng se fussent réunis à (ceux de) Ts’i ; dans l’incertitude, ils restaient indécis.

En ce temps, T’ai (187), roi de Tsi-tch’oan, Ou, roi de p.432 Hoai-yang, et Tch’ao, roi de Tch’ang-chan, qui passaient pour des frères cadets du jeune empereur (188) et pour des petits-fils en ligne féminine de la princesse Lu, reine Yuen de Lou (189), étaient tous des enfants et ne s’étaient point encore rendus dans leurs États ; ils résidaient à Tch’ang-ngan. (Lu) Lou, roi de Tchao, et (Lu) Tch’an, roi de Leang, étaient chacun à la tête d’une armée et résidaient, l’un dans le camp du sud, l’autre dans le camp du nord ; ils étaient tous deux membres de la famille Lu. Les seigneurs et les ministres n’avaient aucun moyen de s’assurer la sécurité de leur vie. Le t’ai-wei (Tcheou) P’o, marquis de Kiang, ne put pas entrer dans le camp pour prendre le commandement des troupes.

Li Chang, marquis de K’iu-tcheou (190), était vieux et malade ; son fils, (Li) Ki, était ami de Lu Lou : le marquis de Kiang fit alors un complot avec le grand conseiller Tch’en P’ing ; ils envoyèrent des gens enlever de force Li Chang, puis ils ordonnèrent à son fils, (Li) Ki, d’aller donner à Lu Lou ce conseil trompeur :

— L’empereur Kao et l’impératrice Lu ont ensemble conquis l’empire ; neuf rois (191) ont été nommés dans la famille Lieou et trois rois (192) dans la famille Lu ; toutes ces nominations sont sorties des délibérations des principaux ministres ; la chose a été notifiée aux vassaux qui tous ont jugé que c’était p.433 bien. Maintenant, l’impératrice-douairière est morte et l’empereur est jeune ; Votre Altesse cependant porte le sceau de roi de Tchao ; si vous ne vous rendez pas promptement dans vos États pour y garder le fief qu’on vous a confié, si vous êtes général en chef et qu’à la tête de vos troupes vous restiez ici, vous serez en butte aux soupçons des principaux ministres et des vassaux. Pourquoi Votre Altesse ne rend-elle pas son sceau de général et ne remet-elle pas les troupes au t’ai-wei (193) ? Priez le roi de Leang de rendre le sceau de conseiller d’État. Faites une convention jurée avec les principaux ministres et rendez-vous dans vos États ; les soldats de Ts’i ne manqueront pas alors d’être licenciés ; les principaux ministres auront la paix ; vous pourrez dormir tranquille et régner sur un territoire de mille li ; ce sera là un bienfait pour dix mille générations.

Lu Lou ajouta foi à cet avis : il était disposé à rendre le sceau de général et à remettre ses troupes au t’ai-wei. Il envoya des messagers rendre compte du projet à Lu Tch’an et aux plus âgés parmi les membres de la famille Lu ; les uns estimèrent que c’était avantageux, les autres que non ; le projet restait donc en suspens et rien ne se décidait. Lu Lou avait confiance en Li Ki (194) ; un jour il sortit avec lui pour aller chasser ; il passa chez sa tante, Lu Siu (195) ; celle-ci entra dans une grande colère et dit :

— Si, quand vous occupez le poste de général, vous abandonnez votre armée, la famille Lu n’a plus aucun refuge.

A ces mots, elle sortit tout ce qu’elle p.434 possédait de perles, de joyaux et d’ustensiles précieux et les jeta par terre dans la salle en disant :

— Je ne veux pas les garder pour d’autres personnes.

Le grand conseiller de gauche, (Chen) I-ki, donna sa démission.

Le huitième mois, au jour keng-chen (26 sept. 180), le matin, (Ts’ao) Tchou (196), marquis de P’ing-yang, qui exerçait les fonctions de yu-che-ta-fou, rendit visite au conseiller d’État (Lu) Tch’an pour discuter sur les affaires ; (il arriva que) le Lang-tchong-ling Kia Cheou, qui revenait du pays de Ts’i où il avait été envoyé en mission, en profita pour énumérer à (Lu) Tch’an ses fautes en lui disant :

— Votre Altesse n’est pas allée immédiatement dans ses États ; maintenant, quand même vous voudriez vous y rendre, comment y parviendrez-vous ?

Puis il dévoila en détail à (Lu) Tch’an que Koan Yng avait fait alliance avec Ts’i et Tch’ou dans le but d’exterminer les Lu et il pressa (Lu) Tch’an d’entrer au plus vite dans le palais. Le marquis de P’ing-yang entendit une grande partie de ces paroles et alla en toute hâte les rapporter au grand conseiller et au t’ai-wei (197). Le t’ai-wei voulut entrer dans le camp du nord, mais ne put y pénétrer. T’ong (198), marquis de Siang p’ing (199), était préposé aux sceaux et aux insignes ; (le t’ai-wei) lui ordonna de prendre un insigne qui, par fraude, remettait au t’ai-wei l’armée du nord (200) ; le t’ai-wei ordonna p.435 ensuite à Li Ki et au tien-k’o Lieou Kie de donner d’abord cet avertissement à Lu Lou :

— L’empereur a chargé le t’ai-wei de prendre en main l’armée du nord ; nous désirons que Votre Altesse se rende dans ses États, qu’elle rende au plus vite son sceau de général, qu’elle prenne congé et s’en aille. Si vous n’agissez pas ainsi, le malheur ne tardera pas à survenir.

Lu Lou, qui croyait que Li K’oang (201) ne le trompait pas, détacha son sceau qu’il remit au tien-k’o, puis il livra ses troupes au t’ai-wei. Le t’ai-wei en prit le commandement et franchit la porte du camp ; il fit porter cet ordre dans tout le camp :

« Que ceux qui sont pour la famille Lu mettent à nu leur bras droit ; que ceux qui sont pour la famille Lieou mettent à nu leur bras gauche.

Dans le camp, tous découvrirent leur bras gauche et se déclarèrent pour la famille Lieou. Dès l’arrivée du t’ai-wei, le général Lu Lou était parti après avoir détaché son sceau de général en chef ; le t’ai-wei se trouva alors commander à l’armée du nord.

Cependant il restait encore l’armée du sud. Le marquis de P’ing-yang, qui avait entendu (la conversation avec Kia Cheou), avait averti le grand conseiller (Tch’en) P’ing des desseins de Lu Tch’an. Le grand conseiller p.436 (Tch’en) P’ing appela alors le marquis de Tchou-hiu pour qu’il aidât le t’ai-wei ; le t’ai-wei ordonna au marquis de Tchou-hiu de veiller sur la porte du camp ; il ordonna au marquis de P’ing-yang d’avertir le commandant des gardes qu’il ne laissât pas franchir la porte du bâtiment impérial au conseiller d’État Lu Tch’an. Lu Tch’an ne savait pas que Lu Lou avait quitté l’armée du nord. Il pénétra alors dans le palais Wei-yang avec l’intention d’y faire une révolution ; à la porte du bâtiment impérial, il ne put entrer ; il passait et repassait, allait et venait ; le marquis de P’ing-yang, craignant de ne pas avoir l’avantage, courut le dire au t’ai-wei ; le t’ai-wei craignait aussi de ne pas triompher des Lu, mais n’osait pas encore dire ouvertement de les exterminer ; alors il envoya dire au marquis de Tchou-hiu :

— Entrez promptement dans le palais et gardez l’empereur.

Le marquis de Tchou-hiu demanda des soldats. Le t’ai-wei lui en donna plus de mille. Il entra par la porte (202) du palais Wei-yang et aperçut aussitôt (Lu) Tch’an au milieu de la cour principale : c’était le moment du repas de l’après-midi ; il attaqua sur-le-champ (Lu) Tch’an qui s’enfuit ; un vent qui venait du ciel (203) se mit à souffler violemment ; c’est pourquoi les dignitaires de la suite (de Lu Tch’an) furent jetés dans la confusion et aucun d’eux n’osa combattre. On poursuivit (Lu) Tch’an p.437 qui fut tué dans les latrines des officiers du bâtiment affecté au lang-tchong. Quand le marquis de Tchou-hiu eut tué (Lu) Tch’an, l’empereur ordonna à un ye-tché de prendre en main un insigne de délégation et d’aller féliciter le marquis de Tchou-hiu. Le marquis de Tchou-hiu voulut lui enlever l’insigne qui l’accréditait ; le ye-tché refusa ; le marquis de Tchou-hiu l’emmena alors avec lui dans son char et, profitant de l’insigne qui l’accréditait (204), il s’en alla en toute hâte et tua le commandant des gardes du palais Tch’ang-lo, Lu Keng-che (205). Il revint et se rendit promptement dans le camp du nord pour annoncer la chose au t’ai-wei. Le t’ai-wei se leva, félicita le marquis de Tchou-hiu en le saluant et il dit :

— Le seul qui fût à craindre était Lu Tch’an ; maintenant qu’il a été tué, le sort de l’empire est assuré.

Puis (le t’ai-wei) envoya des hommes divisés en plusieurs escouades arrêter tous les membres de la famille Lu, hommes et femmes, et les décapiter tous, jeunes et vieux. Au jour sin-yeou (27 sept. 180), on arrêta et on décapita Lu Lou ; on fit périr Lu Siu (206) sous les coups ; des émissaires furent envoyés qui tuèrent Lu T’ong, roi de Yen, et déposèrent Yen (207), roi de Lou. Au jour jen-siu (28 sept. 180), le premier précepteur de l’empereur (Chen) I-ki, redevint grand conseiller de gauche.

Au jour ou-tch’en (4 oct. 180), le roi de Tsi-tch’oan fut transféré pour régner à Leang ; Soei, fils du roi Yeou, de p.438 Tchao, fut nommé roi de Tchao. — (Lieou) Tchang, marquis de Tchou-hiu, fut chargé d’aller annoncer au roi de Ts’i le massacre de tous les membres de la famille Lu, et de l’inviter à licencier ses troupes. Les soldats de Koan Yng furent aussi licenciés à Yong-yang et s’en revinrent.

Les principaux ministres tinrent entre eux un conseil secret et dirent :

— Le jeune empereur, ainsi que les rois de Leang, de Hoai-yang et de Tch’ang-chan, ne sont point véritablement fils de Hiao-hoei ; c’est l’impératrice Lu qui, par ses machinations, a fait passer faussement pour tels des fils d’autres hommes ; elle a tué leurs mères, les a élevés dans le sérail et a ordonné à Hiao-hoei de les reconnaître pour ses fils, de choisir l’un d’eux pour son successeur et de nommer rois les autres, afin de fortifier ainsi la famille Lu. Maintenant que nous avons exterminé tous les membres de la famille Lu, si nous maintenons ceux qu’ils ont nommés, quand ceux-ci seront devenus grands et dirigeront les affaires, nous serons considérés comme des gens indignes. Il vaut mieux considérer quel est le plus sage parmi les rois et lui donner le pouvoir.

Quelqu’un dit :

— Le roi Tao-hoei de Ts’i était le plus âgé des fils de l’empereur Kao ; c’est maintenant son fils légitimement aîné qui est roi de Ts’i (208). Si l’on remonte à l’origine, on pourra dire qu’il est le petit-fils légitimement aîné de l’empereur Kao ; il est p.439 digne d’être nommé.

Les principaux ministres répliquèrent tous :

— La famille Lu, grâce à son funeste parentage par les femmes avec l’empereur, a failli mettre en péril le temple ancestral et a jeté le trouble parmi les sujets les plus méritants. Maintenant, le roi de Ts’i a, dans la famille de sa mère, Se Kiun (209) ; Se Kiun est un homme pervers ; si nous nommons le roi de Ts’i, il y aura une nouvelle famille Lu. On proposa de nommer le roi de Hoai-nan (210) ; mais, comme il était jeune et que la famille de sa mère était aussi mauvaise, on dit alors :

— Le roi de Tai (211) est justement à présent, parmi les fils encore vivants de l’empereur Kao, celui qui est l’aîné ; sa bonté et sa piété filiale sont grandes et réelles ; la famille Pouo, qui est celle de la reine-mère, est attentive à ses devoirs et excellente ; d’ailleurs, puisque nous nommerons l’aîné, on se conformera (à notre choix). Sa bonté et sa piété filiale sont renommées dans tout l’empire. C’est lui qu’il convient de prendre.

(Les principaux ministres) convinrent alors entre eux d’envoyer des gens mander le roi de Tai ; le roi de Tai renvoya un émissaire décliner la proposition ; mais après que les envoyés furent revenus deux fois, (le roi) monta en char avec un cortège de six chars d’apparat (212) ; le p.440 neuvième mois (213), au jour ki-yeou (14 nov. 180), qui était le dernier jour du mois, il arriva à Tch’ang-ngan et s’arrêta dans le palais de Tai (214). Les principaux ministres vinrent tous lui rendre visite ; ils tenaient le sceau de Fils du Ciel qu’ils présentèrent au roi de Tai ; tous ensemble l’élevèrent au rang de Fils du Ciel ; le roi de Tai refusa plusieurs fois ; les ministres assemblés le prièrent avec instances et il finit par consentir.

Hing-kiu, marquis de Tong-meou, dit :

— Lorsqu’on a exterminé la famille Lu, je n’ai eu aucune part à cette action glorieuse. Je demande à être chargé de faire évacuer le palais.

Alors il entra dans le palais avec le t’ai p’ou, qui était le gouverneur de T’eng, marquis de Jou-yn ; arrivé en présence du jeune empereur, il lui dit :

— Votre Majesté n’appartient pas à la famille Lieou et ne doit pas avoir le pouvoir.

Puis il se retourna pour donner le signal à ceux de l’entourage (de l’empereur) qui tenaient des lances, de jeter leurs armes à terre et de se débander ; plusieurs hommes ne voulurent pas p.441 quitter leurs armes ; le chef des eunuques Tchang Tsé leur en donna l’ordre et eux aussi quittèrent leurs armes. Le gouverneur de T’eng (215) manda le char de l’empereur ; il sortit en emmenant en char le jeune empereur ; le jeune empereur lui dit :

— Où vous proposez-vous de me mener ?

Le gouverneur de T’en lui répondit :

— Dès que nous serons sortis, je vous donnerai une demeure.

Il l’établit dans le bâtiment affecté au chao-fou (216). On prit alors l’équipage régulier (217) du Fils du Ciel et on vint chercher le roi de Tai dans son palais en lui annonçant que le palais avait été soigneusement évacué. Le roi de Tai entra donc le soir dans le palais Wei-yang ; il trouva dix ye-tché armés de lances qui gardaient la porte Toan (218) et lui dirent :

— Le Fils du Ciel est ici. Pourquoi Votre Altesse veut-elle entrer ?

Le roi de Tai dit la chose au t’ai-wei ; le t’ai-wei vint leur donner ses ordres ; les dix ye-tché jetèrent tous leurs armes à terre et se retirèrent. Le roi de Tai entra aussitôt et commença à gouverner.

Pendant la nuit, des officiers répartis par escouades allèrent massacrer les rois de Leang, de Hoai-yang et de Tch’ang-chan ainsi que le jeune empereur, dans leurs p.442 hôtels. Le roi de Tai prit le titre de Fils du Ciel ; il mourut vingt-trois ans après ; son titre posthume fut l’empereur Hiao-wen. Le duc grand astrologue dit : Au temps de l’empereur Hiao-hoei et de l’impératrice femme de Kao-tsou, le peuple aux cheveux noirs put enfin échapper aux horreurs des royaumes combattants ; princes et sujets désiraient tous le repos et l’inaction. C’est pourquoi, bien que l’empereur Hoei laissât pendre sa robe et restât les mains jointes (219), bien que l’impératrice femme de Kao-tsou fût une femme sur le trône et se fût arrogé le droit de faire des décrets (220), et bien que le gouvernement ne sortît pas des affaires de ménage (221), cependant l’empire jouit du calme ; les supplices furent rarement appliqués ; les criminels furent peu nombreux ; le peuple s’appliqua aux semailles et aux moissons ; il eut en abondance de quoi se vêtir et se nourrir (222).


Notes[modifier]

  1. Les critiques chinois reprochent à Se-ma Ts’ien de n’avoir pas consacré d’Annales principales à l’empereur Hiao-hoei. Pan Kou, observateur plus rigoureux de la méthode, a écrit un chapitre sur l’empereur Hiao-hoei et un autre sur l’impératrice Lu. En fait cependant, dès la mort de Kao-tsou, ce fut l’impératrice sa femme qui exerça le gouvernement et nous ne saurions blâmer Se-ma Ts’ien de l’avoir mise dès le début au premier plan.


(102. ) On a vu plus haut (p. 327-329) dans quelles singulières conditions celle qui devait être un jour l’impératrice Lu devint la femme de Kao-tsou. Cf. aussi note 08.120.

(103. ) Le nom personnel de ce prince était Yng (cf. note 07.300. ) ; son appellation était Man.

(104. ) Cf. note 07.301.

(105. ) Le caractère [] doit ici se prononcer i. Il désigne une femme de l’empereur d’un rang déterminé ; quelques commentateurs disent qu’on appliquait ce terme à toutes les femmes de l’empereur. Jou Choen veut cependant que le caractère [] se prononce ici ki, comme dans le cas où il désigne le nom de clan des Tcheou ; c’est parce que les filles du clan Ki, c’est-à-dire de la famille du Fils du Ciel, étaient les plus recherchées par les seigneurs, qu’on en serait venu à appeler ki toutes les femmes du souverain.

(106. ) En 199, après que Lieou Hi (ou Lieou Tchong), frère aîné de l’empereur, eut abandonné son royaume de Tai, par crainte d’une invasion des Hiong-nou, Jou-i avait été nommé roi de Tai, En 198, après la révolte de Tchang Ngao, roi de Tchao, Jou-i fut nommé roi de Tchao.

(107. ) Lors de son expédition en 197-196 contre Tch’en Hi, conseiller de Tai, et contre K’ing Pou, roi de Hoai-nan, qui s’étaient révoltés.

(108. ) Tchang Leang.

(109. ) Ce fut l’impératrice Lu, qui, la onzième année de Kao-tsou, mit à mort, pendant que 1’emperenr guerroyait loin de la capitale, Han Sin, marquis de Hoai-yn, et ses parents aux trois degrés. En cette même année, elle décida l’empereur à faire périr P’ong Yue, roi de Leang, qui avait été d’abord condamné seulement à l’exil.

(110. ) Il mourut la huitième année (199 av. J.-C.) de Kao-tsou. Son nom personnel était Tse.

(111. ) La mère de Fei était la i Ts’ao.

(112. ) Sur tous ces rois, cf. le chapitre XVIII des Mémoires historiques.

(113. ) Cette femme est appelée plus haut : la i Ts’i.

(114. ) C’était un des bâtiments détachés qui entouraient le palais principal. Il faut sans doute se représenter le palais des Han comme le palais actuel à Péking, qui se compose d’une enceinte dans laquelle sont plusieurs constructions indépendantes les unes des autres.

(115. ) Cf. note 07.207. .

(116. ) C’est-à-dire à Lu Tse, marquis de Tcheou-lu, et frère aîné de l’impératrice. Cf. note 110.

(117. ) Che était le nom personnel de ce personnage ; nei-che est Ie nom de la fonction qu’il remplissait auprès du roi Ts’i (T’ong kien tsi lan, chap. XIII, p. 28 r°).

(118. ) Le centre de cette commanderie se trouvait sur le territoire de la préfecture secondaire de Lu, préfecture de I-tcheou, province de Chan-tong.

(119. ) Les seigneurs et les rois, qui résidaient ordinairement dans leurs fiefs, avaient à la capitale des palais ou hôtels qui étaient spécialement affectés à chacun d’eux. C’est dans l’hôtel du roi de Ts’i que la cour se réunit pour banqueter à l’occasion du don fait par le roi à la fille de l’impératrice-douairière.

(120. ) Hoang-fou Mi dit qu’il mourut âgé de vingt-trois ans.

(121. ) Ce Tchang Pi-k’iang était, dit le T’ong kien kang mou, petit-fils de Tchang Leang.

(122. ) Lu T’ai et Lu Tch’an étaient fils de Lu Tse, marquis de Tcheou-lu (cf. note 111). Lu Lou était le troisième fils de Lu Che-tche, marquis de Kien-tch’eng (cf. p. 408, ligne 6).

(123. ) La princesse Yuen de Lou (cf. note 07.301. ), qui était fille de l’impératrice Lu et sœur de l’empereur Hiao-hoei, avait eu, de son mariage avec Tchang Ngao, marquis de Siuen-p’ing, une fille qui, lorsqu’elle fut devenue nubile, épousa son oncle, l’empereur Hiao-hoei. C’était l’impératrice Lu qui avait combiné cette union afin de donner plus de puissance à sa propre famille. De ce mariage n’était né en réalité aucun enfant ; mais l’impératrice Lu obligea sa petite nièce à simuler une grossesse ; puis elle fit passer pour le fils de l’impératrice l’enfant d’une autre femme du palais, après avoir eu le soin de faire périr la véritable mère. Ce fut cet enfant qui fut proclamé héritier présomptif et qui prit le pouvoir à la mort de l’empereur Hiao-hoei.

(124. ) L’impératrice, en donnant le nom de tche à ses propres ordonnances, usurpait un droit qui ne pouvait appartenir qu’à l’empereur (cf. note 06.208. ).

(125. ) Dans la Chine ancienne, lorsqu’on faisait une convention, on la scellait en se frottant les côtés de la bouche avec le sang de la victime. Les textes qui attestent cette coutume sont nombreux ; cf. Mémoires historiques, chap. LXXVI, p. 2 r° ; et comme preuve indirecte, Mencius, VI, b, 7 § 3. On désignait cet acte rituel sous le nom de cha-hiue.

(126. ) Ce passage est remarquable parce qu’il prouve nettement la croyance à une vie des morts sous la terre (cf. note 06.464. ).

(127. ) Tch’en P’ing est promu de la dignité de grand conseiller de gauche à celle de grand conseiller de droite. — Ce texte est un de ceux qui prouvent qu’à l’époque de Se-ma Ts’ien, contrairement à ce qui est admis aujourd’hui en Chine, le côté droit passait pour être plus hoorifique que le côté gauche.

Cf. les textes suivants : § Mémoires historiques, chap. CVII, p. 3 r° : « Ceux qui étaient avant lui, il se refusait à les honorer et ne manquait pas de les traiter avec mépris ; tous les hommes de valeur qui étaient au-dessous de lui et qui étaient plus pauvres que lui, il redoublait de respect à leur égard et les traitait comme des égaux. § Mémoires historiques, chap. CXII, p. 2 r° : « Lorsque tout est en bon ordre, on exalte les arts pacifiques : lorsqu’on rencontre (des difficultés), on met en honneur les talents militaires. § Mémoires historiques, chap. CXXVIII, p. 1 v° : « On appela les gens les plus habiles pour leur donner les places d’honneur. § Lieou Hiang (86-15 av. J.-C.), dans sa préface au Tchan kouo ts’é (cf. Introduction, p. CLII, n. 3), dit : « Celui qui était vainqueur était le premier.

Il serait intéressant de rechercher à quelle époque et pour quelles raisons le côté gauche devint le côté le plus honorifique.

(128. ) Lu Tse, marquis de Tcheou-lu ; cf. note 110. En donnant le titre de roi à un membre mort de la famille de Lu, l’impératrice préparait les esprits à admettre qu’on pût donner le titre de roi à d’autres qu’aux membres de la famille Lieou.

(129. ) Son nom de famille était Fong.

(130. ) Nom posthume de Lieou Fei, fils de l’empereur Kao-tsou, frère aîné de l’empereur Hiao-hoei.

(131. ) Cf. note 121. Par ce mariage, l’impératrice resserrait les liens déjà si nombreux qui unissaient les familles Lieou et Lu.

(132. ) Ts’i Cheou.

(133. ) Yang-tch’eng Yen.

(134. ) C’était un fils de Lu Che-tche, qui était lui-même le cadet des frères aînés de l’impératrice Lu.

(135. ) C’était un fils de la sœur aînée de l’impératrice Lu ; l’appellation de sa mère était Tchang-kiu.

(136. ) Fils de Tchang Yue-jen qui avait été général de cavalerie au temps de Kao-tsou.

(137. ) D’après le T’ong kien kang mou, ces cinq personnages n’auraient point été réellement fils de l’empereur Hiao-hoei ; c’est l’impératrice Lu qui les fit passer pour tels. En effet, le Ts’ien Han chou ne les mentionne pas dans le Tableau chronologique des rois vassaux (chap. XIV) et, s’il cite deux d’entre eux, c’est dans le Tableau chronologique de ceux qui furent ennoblis parce qu’ils étaient parents de l’empereur par les femmes (chap. XVIII).

(138. ) C’est-à-dire au frère cadet de ce fils de Lu Che- tche.

(139. ) Pou-i. Cf. plus haut.

(140. ) Lu Siu était une sœur cadette de l’impératrice Lu. Cet ennoblissement d’une femme est une chose extraordinaire, mais non unique en son genre, dans l’histoire chinoise.

(141. ) Lu T’o (cf. Mémoires historiques, chap. XIX, p. 7 r° et Ts’ien Han chou, chap. XVI, p. 51 r°) était fils de ce Lu Yng qui avait été un des capitaines de Kao-tsou.

(142. ) Les Tableaux chronologiques (Mém. hist. , chap. XIX, p. 7 v° et 8 r° et Ts’ien Han chou, chap. XVIII, p. 4 r°) disent que Lu Keng-che fut marquis de T’eng et que le marquis de Tchoei-K’i s’appelait Lu Cheng.

(143. ) C’était le fils d’un des frères de l’impératrice.

(144. ) Cf. note 123.

(145. ) Cf. note 114.

(146. ) L’impératrice s’était arrogé le droit de porter des décrets (cf. note 124) et, par suite, elle datait ses décisions des années de son règne.

(147. ) Ce Tch’ao passait pour un fils de l’empereur Hiao-hoei (cf. Ts’ien Han chou, chap. XVIII, p. 3 r°).

(148. ) On a vu plus haut (p. 417) que Kiang avait été nommé roi, de Hoai-yang ; sous le prétexte qu’il était le fils de l’empereur Hiao-hoei.

(149. ) Lu Kia était le fils de ce Lu T’ai qui avait reçu le titre posthume de roi Sou et qui était lui-même fils de Lu Tse, marquis de Tcheou-lu et frère aîné de l’impératrice Lu.

(150. ) Cf. note 130. Le roi Tao-hoei avait eu neuf fils qui tous reçurent des fiefs ; Hing-kiu est le quatrième.

(151. ) On a vu plus haut (p. 410) que l’impératrice Lu avait empoisonné Lieou Jou-i, roi de Tchao, qui était le fils de Kao-tsou et de la i Ts’i. Le titre de roi de Tchao avait alors été donné à Lieou Yeou, ex-roi de Hoai-yang, qui était un autre fils de Kao-tsou

(152. ) Cf. note 119.

(153. ) Littéralement : « promouvoir celui qui est intègre ». Cf. Luen yu, chap. IX, § 19 : « donnez de l’avancement à celui qui est intègre et rejetez ceux qui sont pervers ». — Le roi de Tchao regrette de s’être rendu à l’appel de l’impératrice et d’avoir quitté son royaume de Tchao ; il aurait mieux fait, voyant que son cas était désespéré, de se tuer lui-même en pleine campagne, c’est-à-dire en pleine liberté, et de prendre à témoin de son innocence le Ciel qui aurait proclamé sa droiture. Il ne se serait pas exposé à l’humiliation de mourir de faim, supplice dégradant qui excite la risée plutôt que la compassion.

(154. ) Ce jour, ajoute le Ts’ien Han chou, était le dernier du mois. Je ne me suis pas servi de cette indication pour dresser mon Tableau chronologique (T’oung pao, vol. VII, p. 26) : elle se trouve cependant en accord rigoureux avec ce tableau et en prouve l’exactitude.

(155. ) T’ai était un des princes que l’impératrice Lu faisait passer pour fils de Hiao-hoei ; il fut nommé roi de Lu, et, comme le nom de ce fief fut changé, presque aussitôt après, il fut appelé roi de Tsi-tch’oan.

(156. ) Cf. note 134.

(157. ) Ainsi l’impératrice avait causé directement ou indirectement la mort de trois fils de Kao-tsou, à savoir Lieou Jou-i (cf. p. 410), Lieou Yeou (cf. p. 422) et Lieou K’oei, qui tous trois avaient eu le titre de roi de Tchao.

(158. ) En se tuant, il avait renoncé à rendre les sacrifices à ses ancêtres ; or la cause de son suicide était son amour pour sa concubine ; l’impératrice le punit donc rétrospectivement de cette faute en enlevant son titre à ses descendants, c’est-à-dire en supprimant les sacrifices ancestraux de sa famille. Le sens est mis hors de doute par la rédaction de ce passage dans le Tong kien tsi lan, chap. XIII, p 34 v°.

(159. ) Il y a ici une inexactitude, car c’est Tchang Yen, et non Tchang Ngao, qui eut le titre posthume de roi Yuen de Lou.

(160. ) Le roi de Tai était celui des fils de Kao-tsou qui devait devenir l’empereur Hiao-wen Cf. le chapitre suivant des Mémoires historiques.

(161. ) Lieou Kien était un des fils de Kao-tsou.

(162. ) C’est-à-dire : fils de Lu T’ai.

(163. ) Le Heou Han chou (chap. XIV, dernier paragraphe) cite au nombre des rites pratiqués au temps des Han la coutume qui voulait que, dans le courant du troisième mois, au premier jour marqué du caractère cyclique [], tout le monde, fonctionnaires et hommes du peuple, allât se purifier auprès du cours d’eau à l’est de la capitale.

(164. ) Cf. note 135.

(165. ) Cf. p. 409- 410.

(166. ) Tchang Yen était le fils de Tchang Ngao et de la princesse Yuen de Lou (cf. note 07.301. ).

(167. ) Ce Tchang Che était un eunuque ; il avait favorisé la politique de l’impératrice et aidé à nommer rois des membres de la famille de Lu ; c’est pourquoi il fut ennobli.

(168. ) [css : cf. l’errata en fin de note]. D’après ce texte, le jour sin-se aurait dû se trouver vers la fin du septième mois, puisque l’impératrice était tombée gravement malade au milieu du septième mois ; le Ts’ien Han chou dit aussi : Le septième mois, au jour sin-se. . . Cependant Se-ma Ts’ien et Pan Kou sont tous deux dans l’erreur, car il n’y a pas de jour sin-se, 18e du cycle dans le courant du 7e mois. Le jour sin-se est le dernier du 6e mois (18 août 180) et il faut donc lire « sixième mois » au lieu de « septième mois. » — Ce passage est cependant un de ceux qui pourraient le plus faire douter de la valeur de la chronologie que j’ai exposée dans le T’oung pao (vol. VII). Voici en effet l’objection qu’on peut élever : quelques pages plus loin on lit : « le neuvième mois intercalaire, au jour ki yeou qui était le dernier du mois. . . » Il semble donc qu’il y ait lieu de reconnaître un mois intercalaire dans la huitième année de l’impératrice Lu ; on aurait alors la chronologie suivante pour les derniers mois de cette année-là :

Le 7e mois commence au 50e et finit au 18e jour du cycle.

Le 8e mois commence au 19e et finit au 47e jour du cycle.

Le 9e mois commence au 48e et finit au 16e jour du cycle.

Le 9e m. interc. commence au 17e et finit au 46e jour du cycle.

Ces dates feraient du jour sin-se, 18e du cycle, le dernier du 7e mois, et il n’y aurait pas lieu de corriger le texte des Mémoires historiques, et du Ts’ien Han chou. Ce serait donc parce que ma chronologie aurait méconnu l’existence d’un neuvième mois intercalaire dans la huitième année de l’impératrice Lu qu’elle se trouverait en désaccord avec les témoignages des historiens. — Je dois avouer que ce passage m’a longtemps arrêté dans mes premiers essais pour établir une chronologie exacte ; je crois cependant prouver qu’il n’y a pas lieu d’en tenir compte, parce qu’il est manifestement altéré. Nous trouvons en effet dans les pages de Se-ma Ts’ien qui viennent immédiatement après celle-ci, les indications suivantes :

« le 8e mois, au jour ping-ou (43e du cycle). . . ; le 8e mois, au jour keng-chen (57e du cycle). . . ; au jour sin-yeou (58e du cycle). . . ; au jour jen-siu (59e du cycle). . . ; au jour ou-tch’en (5e du cycle).

En premier lieu, les indications relatives aux jours sin-yeou, jen-siu et ou-tch’en n’étant précédées d’aucune mention de mois, on doit supposer que, suivant l’usage constant de Se-ma Ts’ien, ces jours sont compris dans le mois dont il été question en dernier. c’est-à-dire, ici, dans le huitième mois ; c’est ce qui est vrai d’après mon Tableau chronologique ; c’est ce qui serait faux si l’on admettait un neuvième mois intercalaire. En second lieu, les jours ping-ou et keng-chen ne peuvent être compris tous deux dans le même mois, soit que l’on admette, soit que l’on n’admette pas un mois intercalaire ; il y a là une erreur manifeste qu’on ne peut concilier avec aucun système. En troisième lieu (et c’est là l’argument le plus fort), j’ai démontré (T’oung pao, tome VII, p. 10) que le 1er jour du 8e mois de la 7e année de l’impératrice Lu ayant été le 24e jour du cycle, tandis que le 1er jour du 11e mois de la 8e année fut le 22e jour du cycle, il est de toute nécessité que la 7e année ait compté un mois intercalaire ; or il ne peut y avoir de mois intercalaire dans deux années de suite ; donc il n’y en a pas eu dans la 8e année. — En résumé, nous sommes obligé de faire dans la fin de ce chapitre de Se-ma Ts’ien les trois corrections suivantes : 1° le jour sin-se, que l’historien rapporte au septième mois, est en réalité le dernier du sixième mois ; — 2° le jour ping-ou, qu’il rapporte au huitième mois, tombe en réalité dans le septième mois ; — 3° le jour ki-yeou, qu’il dit être le dernier du neuvième mois intercalaire, est en réalité le dernier du neuvième mois et il n’y a pas de mois intercalaire.

(Errata d’Éd. Chav. : Cette note est inexacte ; il faut reconnaître un neuvième mois intercalaire dans la huitième année de l’impératrice Lu ; cf. le P. Havret, La Chronologie des Han, T’oung pao ; vol. VIII, p. 383 et suiv.).

(169. ) Cf. Appendice 1, § 3.

(170. ) Cf. note 07.368. .

(171. ) Elle devait donc être l’épouse principale de ce I, roi de Tch’ang-chan, que l’impératrice Lu avait fait passer pour un fils de l’empereur Hiao-hoei et à qui elle avait décerné le titre d’empereur le 15 juin 184 ; cf. p. 420.

(172. ) Lieou Siang, fils aîné de Lieou Fei qui était roi de Ts’i et fils de l’empereur Kao-tsou.

(173. ) Le marquis de Kiang, Tcheou P’o.

(174. ) Koan Yng.

(175. ) Lieou Tchang ; cf. note 131.

(176. ) En réalité, le septième mois ; cf. note 18 ad fin. [css : mais errata ?]

(177. ) D’après une note de Se-ma Tcheng (Mémoires historiques, chap. LII, p. 1 v°), il faut distinguer ce Chao P’ing de Chao P’ing, originaire de Koang-ling et de Chao P’ing, marquis de Tong-ling.

(178. ) Lieou Tsé, mari de Lu Siu, cf. p. 423.

(179. ) Mémoires historiques, chap. LII.

(180. ) Cf. p. 419-420.

(181. ) Cf. note 157.

(182. ) Du pays de Ts’i, l’impératrice avait successivement détaché : 1. La commanderie de Tch’eng-yang qui avait été donnée (cf. p. 411) à la princesse Yuen de Lou ; 2. La commanderie de Tsi-nan, dont les revenus avaient été attribués au roi de Lu ; 3. Le royaume de Lang-ya qui avait été donné à Lieou Tsé (cf. p. 423).

Ces trois territoires et ce qui restait du royaume de Ts’i sont les quatre parties auxquelles fait allusion Lieou Siang, roi de Ts’i, dans son message aux rois-vassaux.

(183. ) Le mot Han [A] est bien mal choisi pour désigner la cour, puisque c’était le parti des Lu, et non celui des Lieou, qui y était alors prédominant.

(184. ) Cf. note 06.109. .

(185. ) Tcheou P’o.

(186. ) Lieou Tchang.

(187. ) Cf. note 155.

(188. ) Cf. note 137.

(189. ) On se rappelle que l’empereur Hiao-hoei avait épousé sa nièce, fille de la princesse Yuen de Lou (cf. note 123).

(190. ) K’iu-tcheou était une localité située sur le territoire de la préfecture actuelle de Koang-p’ing, province de Tche-li.

(191. ) Les rois de Ou, de Tch’ou, de Ts’i, de Hoai-nan, de Lang-ya, de Tai, de Tch’ang-chan, de Hoai-yang et de Tsi-tch’oan.

(192. ) Le roi de Leang, Lu Tch’an ; le roi de Tchao, Lu Lou ; le roi de Lu, Lu T’ong.

(193. ) C’est-à-dire : à Tcheou P’o.

(194. ) Lu Tch’an.

(195. ) Lu Lou était fils de Lu Che-tche qui était frère de l’impératrice Lu. Lu Siu (cf. note 140) était sœur cadette de l’impératrice Lu ; elle était donc la tante de Lu Lou.

(196. ) C’était le fils de Ts’ao Ts’an (cf. Mémoires historiques, chap. LIV, p. 3 v°).

(197. ) A Tch’en P’ing et à Tcheou P’o.

(198. ) Ki T’ong.

(199. ) Cette localité se trouvait sur le territoire de la préfecture de Leao-yang, préfecture de Fong-t’ien (Moukden), en Mandchourie.

(200. ) Tcheou P’o, qui était t’ai-wei, c’est-à-dire commandant en chef des troupes de la capitale, ne pouvait entrer dans le camp du nord, parce que Lu Lou ne s’était pas encore dessaisi de son commandement ; il eut donc recours à un stratagème : Ki T’ong avait la garde des insignes ou mandats impériaux ; Tcheou P’o lui fit émettre un faux mandat qui lui conférait le commandement de l’armée du nord ; Lu Lou, de son côté, qui, sur les conseils perfides de Li Ki, songeait à se retirer dans son royaume, crut que la nomination de Tcheou P’o émanait directement de l’empereur et livra le sceau qui lui donnait l’autorité sur l’armée.

(201. ) K’oang est l’appellation de Li Ki. Li K’oang et Li Ki ne sont donc qu’un seul et même personnage.

(202. ) Le Ts’ien Han chou (chap. III, p. 3 v°) écrit : []. Cette expression est expliquée par Yen Che-kou comme désignant, non la porte principale du palais, mais les portes latérales des deux côtés.

(203. ) Le mot [] est ajouté par l’historien pour bien montrer que ce vent était envoyé par la Providence.

(204. ) C’est-à-dire qu’ayant avec lui sur son char le ye-tché, porteur de l’insigne qui prouvait qu’il était chargé d’une mission par l’empereur, il put entrer sans obstacle dans le palais Tch’ang-lo.

(205. ) Cf. note 142.

(206. ) Cf. note 140.

(207. ) Cf. note 166.

(208. ) Lieou Siang, roi Ngai, fils de Lieou Fei, roi Tao-hoei, avait hérité en 188 avant J.-C. du titre de roi de Ts’i.

(209. ) Se Kiun était l’oncle maternel de Lieou Siang, roi de Ts’i.

(210. ) Le roi de Hoai-nan était Tchang, roi Li ; c’était un fils de Kao-tsou. Cf. p. 404.

(211. ) Cf.note 160.

(212. ) Le mot désigne le char d’apparat qu’un seigneur prenait pour se rendre à la capitale. Dans le Tsien Han chou (chap. IV, p. 1, v°), on trouve la leçon [] …signifiant : « Alors il ordonna à Song Tch’ang de monter sur le même char que lui, et à six personnes, parmi lesquelles se trouvait Tchang Ou, de monter sur six chars d’apparat. » La phrase, telle qu’elle se trouve dans le chapitre X des Mémoires historiques, sera traduite d’une manière analogue. Enfin la leçon que nous avons ici doit signifier : « il monta en char avec un cortège de six chars d’apparat ».

(213. ) Le texte des Mémoires historiques dit : heou kieou yue = le neuvième mois intercalaire, et celui du Ts’ien Han chou dit : juen yue = au mois intercalaire. Mais nous avons vu qu’il n’y eut pas de mois intercalaire dans la huitième année de l’impératrice Lu. Cf. note 168 [css : mais errata].

(214. ) Cf. note 119.

(215. ) Hia-heou Yng ; cf. note 07.302. .

(216. ) Cf. Appendice I, § 1, n° XVII.

(217. ) Cet équipage régulier comportait un cortège de trente-six chars.

(218. ) La porte Toan était la porte sud du palais. Cette porte devait être l’entrée principale ; je crois donc que le mot toan est ici le substitut du mot tcheng dont l’usage avait été interdit au temps de Ts’in Che hoang-ti.

(219. ) C’est-à-dire : « bien qu’il fût inactif ».

(220. ) Cf. note 124.

(221. ) La politique de l’impératrice Lu fut en effet tout entière appliquée à des intrigues de famille.

(222. ) Se-ma Ts’ien fait cette remarque intéressante que, bien que le gouvernement de l’empereur Hiao-hoei et celui de l’impératrice Lu aient été fort mauvais, le peuple jouit cependant d’un grand bien-être sous leurs règnes parce que les lois économiques et sociales sont souvent indépendantes des perturbations politiques.