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M. Rossi

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Revue des Deux Mondes, période initiale, tome 24,  (p. 1033-1038).

M. ROSSI.

Nous avons éprouvé le besoin de laisser l’indignation publique se faire justice sur la tombe de M. Rossi. Les sanglantes catastrophes qui ont suivi sa mort, et dont son bras seul avait retardé le débordement, les cris d’admiration que cette fin glorieuse a arrachés même à d’anciens adversaires, nous semblaient parler plus haut que tous les éloges. L’Institut, qui peut mesurer dans ses propres rangs toute l’étendue d’une telle perte, a confié le soin de la faire apprécier du public à un écrivain éloquent, naturellement désigné par l’amitié et par cette sympathie qui existe entre intelligences d’élite. Sans anticiper sur le travail de M. Mignet, que nous attendons avec impatience, la Revue, qui s’est honorée long-temps de compter M. Rossi comme collaborateur, se doit à elle-même de payer ici solennellement un tribut de regrets à sa mémoire. Ce n’est point seulement le souvenir de travaux communs qui nous unissait à M. Rossi, la communauté d’opinions formait un lien plus étroit encore. Son nom restera, en effet, comme l’un des titres de gloire de ce grand parti constitutionnel modéré, également ennemi de tous les excès, également dévoué à toutes les idées hautes et saines, dont le passage n’a pas été sans gloire en Europe, et dont les débris luttent encore avec énergie contre les invasions du torrent démagogique. Exilé volontaire en 1815 pour la cause de la liberté, M. Rossi est mort en 1848 martyr volontaire de la cause de l’ordre. Il quitta sa patrie, dans des jours de réaction absolutiste, pour se soustraire au joug d’une domination ecclésiastique routinière et humiliante. Il est revenu mourir au pied du dôme de Saint-Pierre, pour défendre l’indépendance spirituelle de l’église menacée dans le pouvoir et dans la personne de son chef. À son début et à sa fin, cette forte vie a fait face aux deux excès opposés, et résume encore d’une manière frappante les deux termes de nos opinions.

Et ce qui frappe chez M. Rossi, sous quelque point de vue qu’on l’envisage, écrivain, professeur, pair de France, ambassadeur ou premier ministre, il ne s’est jamais démenti. La fortune a fait de sa destinée la plus bizarre peut-être de nos temps de révolution. En la transplantant pour ainsi dire sur tant de sols différens et l’en déracinant tour à tour, elle n’est pas parvenue à lui enlever l’unité qui tient à la constance du caractère et à la fixité des opinions. Ceux qui l’ont connu dans la politique le retrouvent tout entier en ses ouvrages. Dans son traité de droit pénal, dans son cours d’économie politique, c’est la même rigueur de principes, c’est la même mesure habile dans l’application. Une démonstration profonde de l’origine philosophique du droit de punir dans les sociétés élève le premier de ces deux ouvrages au-dessus de ce scepticisme moral et de cette philanthropie un peu molle qui déparent trop souvent les plus beaux ouvrages de législation du siècle dernier. L’autorité des lois pénales nécessaires à la vie des peuples ressort de sa discussion, aussi intacte, aussi puissante, aussi acérée, pour ainsi dire, que des théories de la rude école de MM. de Maistre et de Bonald ; mais tout ce que l’humanité des temps modernes a pu suggérer de précautions pour protéger l’innocence ou excuser la passion y est admis, développé avec complaisance, présenté souvent avec une heureuse hardiesse d’innovation. Une telle lecture, trop peu répandue dans nos écoles de droit, enseignerait souvent utilement à nos jeunes magistrats à fortifier leurs principes, en modérant quelquefois leur pratique. Les leçons du Collége de France seraient plus de mise encore aujourd’hui. Quelle lumière ne jette pas en effet sur tous les débats dont nous sommes témoins la distinction profonde et nouvelle, dont M. Rossi fut l’inventeur, entre la science et l’art dans l’économie politique ! La science, suivant lui, observe, décrit les faits, trace les lois de la richesse telles qu’elles sortent de la nature des choses et du simple jeu de la liberté humaine ; l’art peut enseigner aux gouvernemens à modifier ces faits, à substituer, s’ils s’en reconnaissent le droit et le pouvoir, leurs lois à celles de la nature. L’art peut corriger la science ; mais la science est nécessaire à l’art. Grace à cette distinction fondamentale, dégagée dans sa marche, l’économie politique peut s’avancer d’un pas plus ferme, et avec la rigueur des sciences exactes, dans l’étude des ressorts naturels de la société, et prêter plus tard au gouvernement les lumières qu’une anatomie bien faite apporte dans l’art de guérir ; mais ces lumières mêmes sont précisément ce que bien des gens ne veulent pas ; elles blessaient déjà leurs yeux dans l’enseignement de M. Rossi, et c’est ce qui explique la fureur aveugle qui a porté une révolution triomphante à briser, comme premier coup d’autorité, la chaire modeste du Collége de France. Le champion courageux qui vient d’y rentrer aujourd’hui par la brèche a remercié, j’en suis sûr, plus d’une fois son devancier de lui avoir laissé, pour de si rudes épreuves, des armes retrempées par une logique nerveuse.

Cette distinction de la science et de l’art, que M. Rossi porte avec fruit dans l’économie politique, il avait dû en trouver le modèle dans sa propre intelligence. Sur quelque terrain qu’on le rencontre, il y avait en quelque sorte toujours en lui l’homme de la science et l’homme de l’art, l’homme qui excellait à remonter aux principes, l’homme qui réussissait merveilleusement à les accommoder aux habitudes, aux préjugés, aux faiblesses, aux vanités mêmes des hommes. Dans un débat public, il élucidait toutes les questions ; dans un cabinet, il dénouait toutes les difficultés personnelles. Il trouvait, à une grande hauteur de raisonnement, le point de jonction des idées les plus opposées ; il opérait, avec une fine entente du cœur humain, la conciliation des intérêts et des amours-propres en conflit. Ses talens divers se lisaient, pour ainsi dire, sur son visage et dans ce regard de lynx qui perçait sous le profil d’aigle des vieux Romains. Inépuisable en connaissances, fertile en expédiens, il était dans les affaires un inappréciable conseiller. Presque tous les hommes politiques de France ont recherché ses avis : il resta leur ami commun à travers la vivacité de leurs dissentimens. Dans cette position délicate, aucun d’eux n’a jamais eu de plaintes sérieuses à faire contre lui, et ses efforts ont toujours tendu à faire cesser des divisions funestes dont il apercevait les conséquences.

Le rôle de M. Rossi, dans la diète constituante de Suisse en 1833 et dans les affaires d’Italie pendant ces trois dernières années, sont les deux faits capitaux de sa vie politique. Il est curieux de considérer combien, sur des théâtres et sous des personnages différens, on retrouve exactement le même ordre d’opinions et la même ligne de conduite. M. Rossi arrivait à Lucerne, en 1835, pour y représenter, au nom du canton de Genève, une opinion mitoyenne entre les tendances rétrogrades et superstitieuses des petits cantons catholiques et l’exaltation radicale des cantons révolutionnaires. Dès cette époque, de bons esprits prévoyaient qu’une collision finirait par éclater dans ce petit pays, où la Providence s’était plu à resserrer tout ce qui divise et anime les hommes, différences de mœurs, de religion et de principes, comme pour se donner, dans un bassin resserré, le spectacle de leurs orages. Pour prévenir cette lutte, le but des hommes modérés était de constituer dès-lors, à la place du pouvoir fédéral incertain, tiraillé, impuissant, tel qu’il sortait du pacte de 1815, une autorité centrale véritable, fidèle expression de la majorité de la Suisse, et en mesure de faire respecter tour à tour la volonté commune aux minorités turbulentes, et le droit des faibles aux majorités oppressives. D’un commun aveu, le projet de pacte rédigé par M. Rossi avait trouvé l’art de concilier l’intégrité de l’indépendance cantonale avec la force de l’autorité fédérale. La Suisse entière le regrette aujourd’hui ; elle le méconnut alors. Le sacrifice de quelques priviléges ne put se faire agréer des esprits obstinés des paysans catholiques. Le respect d’un droit quelconque fut insupportable aux révolutionnaires. Au lieu d’un droit qui eût pesé sur tout le monde, les uns aimèrent mieux conserver des prérogatives sans réalités, les autres une force sans entraves. On a vu ce qui en est résulté.

Les deux ordres d’ennemis qui avaient fait échouer les intentions éclairées de M. Rossi à Lucerne l’attendaient à Rome, lorsqu’il y vint représenter le dernier gouvernement de la France. Les premiers l’abreuvèrent de dégoûts, les seconds ont tranché ses jours par le fer. Quand le cabinet français, inquiet de la vivacité d’un débat qui mettait aux prises deux grandes puissances morales dans le pays, l’église et le corps enseignant, et achevait ainsi d’épuiser les forces de notre société malade, conçut l’idée de recourir à l’intervention pacifique de la cour de Rome, personne n’était plus naturellement désigné que M. Rossi pour une telle mission. Dans le conseil de l’Université, dans les débats de la chambre des pairs, il avait fait preuve d’une mesure qui, à elle seule, dans cette discussion brûlante, était une rareté et un mérite. On n’essaya pas moins de le représenter à Rome comme un incrédule insolent qui venait insulter le pape dans sa cour. Plus d’un Romain qui, hier encore, pointait le canon de la garde civique contre le Quirinal désert se fit alors, auprès de Grégoire XVI, l’interprète de ces calomnies. Peu s’en fallut que le palais pontifical ne fût fermé au ministre de France. M. Rossi franchit hardiment ces obstacles, et, pénétrant jusqu’au pontife, il eut, en quelques jours, par sa conversation insinuante et vive, percé, comme un trait de lumière, les ténèbres dont on environnait à plaisir l’esprit juste, mais étroit, du bon vieillard. Grégoire XVI l’écouta avec une surprise mêlée de plaisir. M. Rossi lui fit entrevoir quelques-unes des conditions de la société nouvelle qu’on lui avait trop laissé ignorer. Le vieux pontife lui en sut gré et l’honora d’une affection qui confondit ses adversaires.

À l’avénement de Pie IX, la scène changea. Un pape jeune, éclairé, dont la vie était pleine de sainteté et l’abord plein de grace, venait occuper le trône pontifical et inaugurait son règne par un grand acte de clémence. M. Rossi fut des premiers, non point à lui conseiller cette conduite (Pie IX n’avait pas besoin de conseil et ne prit l’inspiration que dans son cœur), mais à applaudir à sa généreuse détermination et à l’encourager à persévérer dans les voies libérales où il entrait aux acclamations de l’Europe entière. Mais les illusions étaient étrangères à l’esprit exercé de M. Rossi ; il connaissait les hommes de son ancienne patrie, et il prédit, dès le premier jour, les dangers de tout genre dont une si noble tâche allait se trouver entourée. Il crut devoir ne les dissimuler ni au pape ni à l’Italie, et, en mesure de parler haut au nom du gouvernement qu’il représentait, il s’exprima avec une franchise qui (c’est le sort de la vérité) n’eut pas toujours le bonheur de plaire.

Au pape, aux souverains italiens qui, à son exemple, entreprenaient d’opérer eux-mêmes l’affranchissement et la réforme de leurs états, il disait sans relâche : « L’œuvre que vous abordez est grande et périlleuse ; une administration vieillie ne se réforme pas en un jour ; des paroles de liberté ne tombent pas impunément du haut d’un trône sans aller réveiller ce foyer de passions révolutionnaires qui couve toujours au fond des sociétés. Vous avez promis, mettez-vous à l’œuvre. Dès aujourd’hui faites vos plans, dès demain exécutez-les. Ne laissez pas les esprits errer à l’aventure et soulever toutes les questions au hasard. Guidez vous-mêmes le mouvement que vous avez donné, ou vous serez entraînés par lui. Ayez peu de foi aux applaudissemens populaires, ils se changent vite en murmures. Travaillez pour le bien qui dure, et non pour la récompense passagère et dangereuse d’une ovation de la rue. »

Aux Italiens, à leur tour, l’envoyé de la France avait un autre langage à tenir. En associant les vœux de la France à ceux que cette nation malheureuse formait pour sa liberté renaissante, en les assurant de l’appui de son gouvernement contre toute atteinte du dehors qui pourrait les menacer : « Prenez garde cependant, disait-il aux Italiens ; il y a deux extrémités où la France, dans sa bonne foi, vous avertit de ne pas compter sur elle : une attaque imprudente et précipitée contre la puissance autrichienne dans le nord de l’Italie ; un affaiblissement exagéré de l’autorité spirituelle du souverain pontife à Rome. La première vous serait funeste à vous-mêmes, la seconde compromettrait la liberté religieuse du genre humain. Pour aller attaquer l’Autriche dans ses forteresses de Lombardie, un désir, si généreux qu’il soit, n’est pas suffisant. Rien n’est prêt, chez vous, pour une guerre de l’indépendance ; vos troupes sont sans chefs, sans canons, sans vêtemens ; vos populations dispersées ne ressemblent point aux guérillas de l’Espagne ; elles ne viendront point, je les connais, au rendez-vous de l’insurrection. C’est à la France encore qu’il vous faudra recourir. La France ne prend conseil que de son honneur, et ne se met par avance à la discrétion de personne. Quant au trône pontifical, la chose est plus sérieuse encore. L’indépendance du souverain pontife est sous la garantie commune de la conscience des catholiques. Rome, avec ses monumens élevés par les trésors de l’Europe entière, Rome, centre et tête du catholicisme, appartient aux chrétiens encore plus qu’aux Romains mêmes. Tenez-vous bien pour avertis que nous ne vous laisserons pas décapiter la chrétienté et réduire le pape fugitif à demander un abri qu’on pourrait faire payer cher à sa liberté. »

Il faut avoir entendu M. Rossi répéter, à toutes les heures et sous toutes les formes, ces fortes paroles pendant deux années pour comprendre ce que c’est que l’autorité d’un ambassadeur, et quelle force se prêtent mutuellement le nom d’un grand peuple et les ressources d’un grand esprit. Les révolutionnaires de l’Italie, gênés par ce témoin incommode, firent entendre contre lui des clameurs dont l’opposition de France, trop prompte malheureusement à accueillir contre son gouvernement les calomnies de l’étranger, s’empressa de se faire l’écho. La révolution de février se chargea de les en débarrasser. Une autre politique a été adoptée par la France, d’autres conseils ont été suivis par l’Italie ; que la France, dans son équité, juge et compare !

Au lieu de presser le gouvernement d’accomplir des réformes pratiques et sincères, on a mieux aimé encourager les peuples à faire des révolutions. Au lieu de prévenir l’Italie des chances funestes d’une guerre de l’indépendance, on a mieux aimé mettre à ses ordres spontanément et sans demande les troupes et les trésors de la France. Au lieu de protéger par avance la personne et l’autorité du pape contre les attentats de ses sujets, au lieu de déclarer nettement qu’on ne laisserait pas ébranler la puissance pontificale, on a mieux aimé fraterniser d’un bout de l’Italie jusqu’à l’autre avec les ennemis de la religion et du trône ; on s’est fait belliqueux à Turin, et révolutionnaire partout.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. L’expédition de Piémont a eu tout le succès que s’en promettait M. Rossi. On s’est aperçu alors qu’il était moins dangereux de promettre et de rassembler des troupes que de les faire passer en pays ennemi. Après avoir manqué aux traités qui nous unissaient avec l’Autriche, on n’a rien trouvé de mieux que de manquer à la parole qu’on avait donnée à l’Italie, et l’on a imaginé la médiation ; mais on ne pouvait guère être médiateur à soi seul entre deux parties qu’on avait également blessées. Il a fallu aller chercher à Londres un introducteur qui nous fît admettre, et, moyennant cette garantie, on est parvenu, au bout de six mois de négociations, à ce merveilleux résultat, pour les Milanais opprimés, de faire indiquer un lieu pour ouvrir des conférences. Pendant ce temps, l’orage a grossi à Rome : les démagogues ont jeté le masque ; vainement le pontife effrayé a cherché quelque appui du côté de la France ; pour qu’on lui donnât signe de vie, il a fallu qu’il vît son ministre égorgé sur les marches de son palais, et des canons pointés contre lui. Alors aussi on s’est aperçu qu’il y avait des catholiques en France, et que ces catholiques même étaient électeurs.

Le profit que la révolution de février empêcha le dernier gouvernement français de retirer de sa conduite loyale et prudente, M. Rossi l’avait recueilli tout entier. Pie IX et les hommes sages de l’Italie reconnurent de quel côté leur étaient venus les véritables conseils d’amis, et c’est ce jugement de la raison publique qui porta M. Rossi à la tête du gouvernement pontifical. Il y entra pour diriger ce généreux mouvement de l’Italie, objet de tant d’espérances, et que les fautes des partis et les violences démocratiques n’avaient pas encore trop complètement compromis. Depuis deux mois qu’il tenait le pouvoir, chacune de ses journées, laborieusement employées, était marquée par quelque mesure de réforme. Il s’efforçait de plier aux institutions constitutionnelles la vieille machine du gouvernement pontifical, et de contenir en même temps dans l’enceinte des libertés légales l’essor du mouvement populaire. Déjà il avait soustrait le trésor papal aux exigences d’une crise financière menaçante. Il préparait des mesures législatives pour opérer, dans les diverses parties de l’administration, la séparation complète des élémens spirituels et temporels, et pour déterminer ainsi d’une manière précise dans quelle sphère pourrait s’exercer l’initiative politique du pays. Plein de ces vastes problèmes, tout prêt sans doute à les exposer avec sa lucidité accoutumée, il montait les degrés du palais législatif, lorsqu’une populace brutale l’accueillit par des cris. Il se retourna vers elle, nous dit-on, en souriant, comme s’il eût défié la violence de trancher de telles pensées. Cette noble confiance fut trompée. Le théâtre de ce monde appartient-il donc à la force ?

C’est avec un douloureux serrement de cœur qu’on pose une telle question. Comme le débat s’est établi, en effet, entre M. Rossi et ses meurtriers, il est ouvert aujourd’hui partout en Europe. Pendant trente ans, la liberté constitutionnelle, dont l’influence rayonnait même sur les pays qui n’en jouissaient pas encore, avait porté à un degré inoui le respect de la vie humaine et la douceur des relations privées ; des rapports fraternels s’établissaient paisiblement entre tous les peuples ; la prospérité débordant descendait des rangs élevés aux rangs inférieurs de la société. Quatre ou cinq grandes villes bombardées, les populations des campagnes mourant de faim, des généraux, des prêtres, des premiers ministres couvrant de leur cadavre le pavé des rues, voilà le progrès et la liberté que d’autres doctrines nous ont faits.

A. de B.