Maison rustique du XIXe siècle/éd. 1844/Livre 5/ch. 2

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Texte établi par Jacques Alexandre Bixiola librairie agricole (Tome quatrièmep. 15-67).

CHAPITRE II. — Des arbres et arbustes forestiers.

La plupart des arbres qui entrent dans la composition des forêts de la France sont à peu près connus de tout le monde ; aussi croyons-nous inutile de reproduire la figure de toutes les espèces. Ce qu’il importe surtout à l’agriculteur praticien, c’est d’apprendre quel est le terrain et l’exposition qui conviennent à chacune des essences, la manière de les multiplier, l’emploi qu’on peut faire de leur bois, de leurs feuilles, de leur écorce, etc.; ce qui sera traité tant dans ce chapitre que dans les suivans, et dans le livre consacré aux Arts agricoles.

Les arbres résineux, qui sont appelés peut-être à repeupler les forêts de la France et à couvrir de leur ombrage une foule de terrains vagues, en pente ou aujourd’hui sans valeur, seront l’objet de notre attention particulière.

Enfin, un certain nombre des plus beaux arbres forestiers de l’Amérique septentrionale et de quelques autres pays, qui pourraient être introduits si avantageusement dans notre économie forestière, seront décrits et figurés avec soin.

F. M.

Sect. ire. Arbres et arbustes indigènes. 
 ib.
Art. Ier. Arbres à feuilles caduques. 
 ib.
Art. II. Arbres résineux conifères. 
 40
Sect. ii. Arbres forestiers exotiques. 
 52
Art. Ier. Arbres à feuilles caduques. 
 53
Art. II. Arbres résineux conifères. 
 64


Section 1re. — Arbres et arbustes forestiers indigènes.
Art. ier. — Arbres à feuilles caduques.
§ 1er. — Arbres des terrains secs.

1. ALIZIER (en latin Cratœgus). Arbre ayant beaucoup de rapport avec les sorbiers et les poiriers.

Fig. 34.

L’Alizier commun ou Allouchier (C. aria Lin. ; en anglais, Whitebeam-tree ; en allemand, Mehlbeerbaum ; en italien, Bagolaro) (fig. 34) s’élève dans nos parcs et nos jardins à 30 pieds environ ; son tronc a 3 ou 4 pieds de tour ; mais dans les Alpes et sur les hautes montagnes, il n’atteint pas à d’aussi fortes Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/30 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/31 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/32 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/33 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/34 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/35 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/36 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/37 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/38 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/39 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/40 de terrain, entrecoupés de rochers et plantés de micocouliers, fournissent, tous les ans, près de cinq mille douzaines de fourches, et produisent un revenu d’environ 25,000 fr. par an. Dans le nord de la France, ainsi que dans le centre, on ne cultive pourtant le micocoulier que comme arbre d’ornement ; il serait du plus grand intérêt de le répandre dans les forêts. Il présente tant d’avantages, que peu d’arbres peuvent rivaliser avec lui ; il a même le mérite d’être à l’abri des attaques de plusieurs insectes qui rongent l’orme, le chêne, etc.

Fig. 50.

Cet arbre croît dans presque tous les terrains ; il préfère ceux qui sont légers, frais et de bonne qualité. Aux environs de Grasse, j’en ai vu un bois de la plus grande hauteur, au milieu de rochers et de 15 à 20 pieds d’élévation. On le multiplie de greffe, de drageons enracinés et de graines qui ne lèvent souvent que la seconde année. Au nord de la France, les jeunes arbres sont sensibles à la gelée ; il faut les abriter en les entourant de paille jusqu’à ce qu’ils aient atteint une hauteur de 5 à 6 pieds : ils peuvent alors résister aux plus fortes gelées. Dambourney a obtenu une belle couleur jaune-chamois de deux onces de son écorce bouillie dans l’eau pendant une heure.

Les feuilles du micocoulier conviennent aux bestiaux, surtout aux chèvres. Ses fruits sont d’un goût agréable ; quoique peu nourrissans, les enfans les recherchent. Soumis à la presse, ils donnent une huile dont la saveur rappelle celle de l’huile d’amandes douces : cette huile, brûlée dans les lampes, produit une flamme très-claire.

18. NOISETIER (lat. Corylus ; angl. Hazel ; all. Haselstrauch ; ital. Nocciuolo.) — Le Noisetier commun ou Coudrier (C. avellana, Lin.) (fig. 51) est un grand arbrisseau qui croît naturellement dans les taillis et dans les haies de l’Europe. Il est peu propre à être cultivé dans les forêts, mais on l’élève en pépinière et dans les jardins ; il n’est jamais assez gros pour qu’on en puisse faire des ouvrages de quelque importance. Son bois est tendre, souple, d’un blanc-roux, d’un grain assez égal, mais il ne prend pas un assez beau poli ; il pèse par pied cube 49 livres. On en fait des cerceaux, des claies, des harts, des échalas, des étuis, des pieux et différens ouvrages de vannerie. Son charbon est très-léger et propre à la fabrication de la poudre à canon. On coupe les taillis de coudrier tous les 10 à 15 ans ; il ne dure guère que 40 à 50 ans, mais il repousse du pied avec une grande force. Les noisettes ont un goût généralement agréable, mais qui varie suivant les variétés que l’on cultive et dont on connaît un assez grand nombre : on en retire une huile douce, béchique, anodine et qui rancit difficilement.

Fig. 51.

Le noisetier est peu délicat sur la nature du terrain, il préfère cependant ceux qui sont légers et frais ; il supporte également le froid et le chaud. On le multiplie de graines et surtout par marcottes et par ses drageons : il est à propos d’en mettre dans les remises, parce que le gibier recherche ses fruits. On le propage le plus souvent en le greffant par approche, c’est la seule greffe qui ne manque jamais ; elle se fait an commencement du printemps, et il faut attendre la seconde année pour séparer le sujet de l’arbre qui est greffé, afin que la réussite soit complète et bien assurée.

19. ORME (lat. Ulmus ; ang. Elm ; all. Ulme, Ruster ; ital. Olmo). — L’Orme commun (U. campestris, Lin.) a une tige haute de 60 à 70 pieds ; elle acquiert quelquefois une circonférence de 12 à 15 pieds. Le bois en est jaune, marbré de couleurs brunes ou jaunâtres, dur, pesant, susceptible d’un beau poli. C’est le meilleur de nos bois indigènes pour le charronnage ; il sert, de préférence à tout autre, pour les moyeux, les jantes, les entretoises et les essieux de l’artillerie. Le pied cube sec pèse 48 ½ livres ; on en fait des tuyaux pour la conduite des eaux, des corps de pompes et autres ouvrages destinés à rester sous l’eau ou dans la terre, et qui durent très-long-temps. Après le chêne, c’est le bois de construction le plus durable. Dans le Nord, on fait des nattes avec la seconde écorce, qui est presque aussi souple que celle du tilleul, et on en fabrique des cordes à puits : les feuilles servent à la nourriture des vaches, des chèvres et des moutons. Cet arbre est souvent attaqué par plusieurs insectes, qui le maltraitent et quelquefois causent sa mort.

L’Orme tortillard, que l’on considère comme une variété de l’orme commun, quoique ses caractères distinctifs se conservent par le semis de ses graines, est un des arbres les plus précieux de l’Europe pour le charronnage. Son bois se vend 3 ou 4 fois plus cher que celui de l’autre, de sorte que les propriétaires auraient le plus grand avantage à le cultiver en grand, comme à Varèdes, près de Meaux, et dans quelques autres parties de la France.

L’orme, multiplié par ses graines, a produit un grand nombre de variétés distinctes par la forme et la grandeur des feuilles, et elles ont reçu différentes destinations comme arbres d’ornement. On peut, dit Duhamel, faire de superbes avenues avec l’Orme à larges feuilles, des lisières admirables avec celui à petites feuilles ou Orme pyramidal, des belles palissades, des boules en forme d’orangers, et des tapis ou massifs sous les grands arbres, dans les quinconces, avec l’Orme à très-petites feulles.

L’Orme fongueux (U. suberosa, Wild.) a été long-temps confondu avec l’orme commun. Il en diffère par les jeunes rameaux qui sont toujours couverts d’excroissances de la nature du liège. Ses fleurs n’ont que quatre étamines, et ses fruits sont glabres. Son bois est employé aux mêmes usages que celui de l’orme commun.

Fig. 52.

L’Orme pédonculé (U. pedunculata, Foug.) (fig. 52) est un bel arbre très-élevé qui mérite d’être propagé dans nos forêts. On le croit originaire de Russie ; il est actuellement très-commun sur les routes de Villers-Cotterets à Paris et Crépy. On le distingue des autres par ses fleurs pédonculées et ses fruits ciliés sur les bords. Ses premières feuilles paraissent 15 jours avant celles de l’orme commun.

L’orme se plaît assez dans tous les terrains ; il préfère cependant un composé de terre végétale, de sable et de petites pierres, et un peu frais : il ne réussit pas dans les lieux aquatiques ou dans les sables mouvans et stériles. On le multiplie par le semis de ses graines, par rejetons, par marcottes, par boutures et par greffes ; mais les semis donnent les arbres les plus vigoureux. La meilleure graine est celle qu’on recueille sous les plus beaux ormes, aussitôt qu’elle est tombée. Lorsqu’on la sème de suite, elle lève au bout de 15 jours ou 3 semaines ; si on attend au printemps suivant, elle reste 8 jours de plus à lever. Il faut avoir soin de sarcler les semis et les débarrasser des mauvaises herbes. On les recèpe à la 4e ou 5e année.

Jaume Saint-Hilaire.

Fig. 53.

20. ROBINIER (lat. Robinia) (fig. 53). — Il y a environ 230 ans que le Robinier faux-acacia (R. pseudo-acacia. Lin.) a été introduit en France, où il est parfaitement acclimaté. Il appartient à la famille des Légumineuses, et il est le type d’un genre nombreux en espèces, dont plusieurs sont cultivées dans les jardins d’agrément. Le robinier faux-acacia est lui-même un des plus beaux arbres qu’on puisse employer pour l’ornement des parcs et des jardins paysagers, et les bonnes qualités de son bois le rendent recommandable comme arbre forestier. Il s’élève à 60 ou 80 pi. de haut, sur un tronc qui peut en acquérir 8 à 12 de circonférence dans sa partie inférieure. Ses rameaux sont armés de fortes épines ; ses feuilles sont alternes, ailées, composées de 15 à 25 folioles ovales, d’un vert très-agréable. Les fleurs, qui paraissent en juin, sont papilionacées, blanches, d’une odeur suave, et disposées en belles grappes pendantes ; il leur succède des gousses aplaties, renfermant plusieurs graines en forme de rein, et un peu comprimées.

Le faux-acacia se multiplie de graines et de drageons qui poussent autour des arbres d’un certain âge ; mais les semis donnant dès la 1re année des jets de 5 à 6 pieds de hauteur, ce dernier moyen démultiplication est presque le seul généralement employé, parce qu’il est plus prompt et plus facile. Les graines se sèment, à la fin de l’hiver ou au commencement du printemps, dans une terre légère et ombragée. On les arrose de temps en temps si la saison est sèche, et on les débarrasse des mauvaises herbes. A 2 ou 3 ans au plus, si on a laissé le semis en place, en ne faisant que l’éclaircir, les plus beaux sujets sont bons à être plantés à demeure. Cet arbre réussit bien dans les terres sableuses, plus sèches qu’humides : il n’est pas nécessaire que le sol ait beaucoup de fond ; il suffit seulement que la superficie soit de bonne terre, parce que les racines ne pivotent pas, mais s’étendent beaucoup en traçant.

Le robinier croît bien plus rapidement que tous les bois durs qu’on pourrait lui comparer ; il n’est pas rare d’en voir qui, ayant crû dans un terrain convenable, ont 2 pieds ½ de circonférence à hauteur d’homme à l’âge de 15 ans ; le plus souvent, cependant, il faut 20 années pour les voir de cette grosseur. Cet arbre a l’inconvénient d’être sujet à être assez souvent éclaté par les vents. On doit éviter, d’ailleurs, de le planter sur la lisière des champs cultivés, parce que ses racines traçantes nuisent aux récoltes.

Malgré la croissance rapide du robinier, son bois est fort dur et pesant ; il est jaune, avec des veines un peu plus foncées ; il a le grain fin, serré, se coupe bien au rabot, et est susceptible de prendre un beau poli, ce qui le rend propre à être employé par les menuisiers et les ébénistes. Il est aussi très-bon pour divers ouvrages de tour. Comme l’arbre devient gros, il pourrait aussi sans doute être employé comme bois de charpente. Dans les Etats-Unis, on s’en sert fréquemment pour diverses parties des constructions navales. Comme c’est un des bois qui résistent le plus à la pourriture, on l’emploie beaucoup dans ce pays à faire des pieux et des palissades de clôtures qui durent 30 à 40 ans, exposées à toutes les alternatives de la sécheresse et de l’humidité. On peut aussi en faire des pilotis. C’est un bon bois de chauffage.

Cultivé en taillis, il est bon à couper tous les 4 à 5 ans pour faire des échalas, des cercles, et il peut donner ainsi des produits abondans et avantageux ; seulement les épines qui garnissent ses tiges et ses rameaux le rendent plus difficile à exploiter. Il y a 20 et quelques années qu’on a obtenu de cette espèce une variété dépourvue d’aiguillons, qui fut nommée R. spectabilis ; il serait à désirer qu’on pût la multiplier assez par marcottes pour la substituer dans les taillis à l’espèce épineuse.

Les haies et les clôtures qu’on peut faire avec cette dernière ont l’avantage d’être promptement de défense ; mais elles ne valent jamais celles d’aubépine. Comme on a beaucoup semé cette espèce, on en a obtenu un assez grand nombre de variétés qui sont cultivées dans les jardins d’agrément.

Les fleurs du faux-acacia sont, dit-on, antispasmodiques ; on en a préparé un sirop. On est parvenu, par une préparation particulière, à en retirer, ainsi que du bois lui ; même, une teinture jaune. L’écorce des tiges et des branches est émétique. Les bestiaux broutent volontiers les feuilles fraiches ; en les recueillant et en les faisant sécher, on peut les conserver, et les leur donner pendant l’hiver comme fourrage sec.

21. SORBIER (lat. Sorbus). — Les sorbiers sont des arbres de la famille des Rosacées, dont les fleurs ont un calice à 5 divisions, adhérant dans sa partie inférieure avec l’ovaire, 5 pétales arrondis, 20 étamines ou plus attachées sur le calice et un ovaire turbiné ou globuleux, qui devient une petite pomme globuleuse ou pyriforme à 5 loges, dans chacune desquelles se trouvent une ou deux graines. Ce genre ne renferme que 4 espèces, dont deux sont indigènes de nos forêts.

Sorbier des oiseaux, ou Cochesne (lat. S. aucuparia, Lin. ; angl. Mountain-ash ; all. Eberesche ; ital. Sorbo). — Cette espèce ne s’élève qu’à 20 ou 30 pieds ; ses feuilles sont grandes, ailées, composées de 13 à 17 folioles oblongues, dentées, légèrement pubescentes dans leur jeunesse ; ses fleurs, qui se développent au mois de mai, sont blanches, nombreuses, légèrement odorantes, disposées au sommet des rameaux en un large corymbe ; il leur succède des fruits arrondis de la grosseur d’une petite cerise et presque de la même couleur. Cet arbre est plutôt d’agrément que de valeur ; on le plante communément dans les jardins paysagers, dont il fait l’ornement. Beaucoup d’oiseaux, comme les grives, les merles, les poules, etc., recherchent ses fruits pour s’en nourrir, et plusieurs bestiaux paraissent aussi les manger avec plaisir. Dans quelques contrées du nord on les récolte, on les met fermenter avec de l’eau, et on en compose une boisson qui n’est pas désagréable, et de laquelle on peut même retirer de l’eau-de-vie par la distillation.

Le bois du sorbier des oiseaux est assez dur, blanchâtre ; il a le grain fin, serré, se travaille facilement et se polit bien. Les tourneurs s’en servent pour divers ouvrages ; on en fait aussi des montures d’outils ; mais comme il est moins commun et qu’il ne devient jamais très-gros, on lui préfère le sorbier domestique, qui réunit ces deux avantages. Il se multiplie facilement de graines ; mais le plus ordinairement ies pépiniéristes préfèrent le greffer sur l’alizier, l’aubépine ou le néflier. Il n’est d’ailleurs pas délicat, et il vient partout où le terrain n’est pas trop aride ou trop humide.

Sorbier domestique, vulgairement Cormier (S.domestica, Lin.) (fig. 54).— Cette espèce s’élève à 40 ou 50 pieds ; ses feuilles sont formées d’environ 15 folioles ovales-oblongues, vertes en-dessus, blanchâtres et velus en-dessous ; ses fleurs, petites, blanchâtres, paraissent en mai. et sont disposées, un grand nombre ensemble, sur des pédoncules rameux, et forment un corymbe terminal. Il leur succède des fruits d’abord verts, puis jaunâtres ou rougeâtres dans la parfaite maturité, ayant la forme d’une petite poire, et connus sous le nom de sorbes ou de cormes. Cet arbre croit naturellement, en France et dans plusieurs autres contrées de l’Europe, dans les forêts ; on le cultive dans les campagnes, mais pas aussi abondamment qu’il le mériterait.

Ou multiplie quelquefois le cormier en le greffant sur le poirier ou sur l’aubépine, mais les arbres venus de graines sont toujours plus beaux ; il faut semer celles-ci aussitôt la parfaite maturité des fruits, ou les stratifier dans le sable jusqu’au moment où l’on lait Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/44 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/45 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/46 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/47 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/48 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/49 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/50 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/51 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/52 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/53 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/54 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/55 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/56 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/57 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/58 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/59 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/60 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/61 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/62 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/63 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/64 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/65 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/66 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/67 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/68 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/69 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/70 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/71 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/72 ainsi que dans les états de l’Ouest. La singulière exfoliation de son écorce sert à le faire distinguer facilement en hiver, quand il a perdu ses feuilles. Doué comme les autres hickorys, de force, d’élasticité et de ténacité, comme il s’élève à une grande hauteur sur un diamètre presque uniforme, on l’emploie quelquefois à la mâture des vaisseaux. Sa très-grande élasticité permet de le refendre avec beaucoup de facilité, et de l’employer à de nombreux ouvrages de vannerie. Ces qualités sont encore relevées par celle de pouvoir être planté dans les lieux les plus humides, qu’il affectionne particulièrement.

Noyer dur, J. tomentosa (en angl. Mockernut hickory). Le bois de cet arbre, de même texture et couleur que celui des autres hickorys. offre les qualités qui rendent ces arbres si remarquables, et on en fait un très-grand cas pour le chauffage, usage auquel tous les hickorys sont particulièrement propres et supérieurs à la plupart des autres arbres.

13. TULIPIER. — Tulipier, Lyriodendrum tulipifera. Dans les états Atlantiques, et surtout très-loin de la mer, cet arbre magnifique s’élève de 70 à 80 et 100 pi. sur 2 a 3 pi. de diamètre ; mais les états de l’Ouest sont ceux qui sont le plus favorables à sa végétation. C’est de tous les arbres à feuilles caduques, celui qui atteint les plus grandes dimensions, après le platane d’occident ; mais il l’emporte de beaucoup sur lui, par la beauté de ses feuilles et de ses fleurs. Dans la jeunesse de l’arbre, son écorce est unie et lisse ; ensuite elle commence à se fendre et à s’épaissir. Le cœur du bois mûr est jaune citron. Quoiqu’on l’ait classé dans les bois légers, il est plus pesant que les peupliers ; également fin et plus compacte, son ois se travaille bien et peut recevoir un beau poli. Le cœur du bois, bien mûr et séparé de l’aubier, résiste long-temps aux influences de l’air, et n’est que rarement attaqué par les vers. Il est employé à une foule d’usages dans différentes parties de la construction, dans l’économie rurale, dans l’ébénisterie, etc. Quand il est très-sec, il reçoit et conserve très-bien la peinture.

14. PEUPLIERS (Populus). — On en compte huit, qui sont déjà plus ou moins répandus en France, savoir : le P. angulata, P. argentea, P. Canadensis, P. candicans, P. grandidentata, P. Hudsonica, P. monilifera, P. tremuloïdes.

Le premier, qui est le peuplier de la Caroline, se distingue entre tous par sa taille, qui est de 80 pieds, son port, sa tête étalée, et son magnifique feuillage. L’argentea et le Canadensis ont de 70 à 80 pieds ; le monilifera, qui est le peuplier de Virgirnie, parvient encore à la hauteur de 60 à 70 pieds ; mais le candican, qui est le baumier, s’arrête à celle de 40 à 50, et les trois autres sont encore moins grands. Les bois de tous ces peupliers sont inférieurs à celui du peuplier de Lombardie, et offrent les qualités analogues qui les font rechercher dans les arts ou pour le chauffage.

15. Les CHENES (Qercus). M. And. Michaux a observé et décrit 26 espèces de chêne croissant dans les diverses contrées de l’Amérique du nord. Nous ne décrirons que les 16 espèces que nous avons pu jusqu’ici réunir et observer à Fromont, ainsi que le chêne velani.

Fig. 82.

Chêne blanc, Quercus alba (en angl. White oak). Aucun des chênes américains (fig. 82) ne ressemble plus que celui-ci au chêne d’Europe, et notamment à la variété connue sous le nom de chêne pédoncule. On commence à le trouver, en remontant au nord, dans le district de Maine, par 46° 20’ de latitude, et en suivant le cours de l’Océan, on le remarque encore sous celle de 28°, au delà du cap Cannavérali ; il s’étend vers l’ouest, depuis les bords de la mer jusque dans le pays des Illinois, espace qui comprend à peu près 400 lieues carrées. Son nom vient de ce que son tronc se trouve revêtu d’une écorce très-blanche, parsemée de taches noires. Son bois est rougeâtre, et très-semblable à celui du chêne de l’ancien continent. Contrarié dans son développement par ime température trop rigoureuse, un sol trop aride ou trop aquatique, ou même une fertilité trop grande, il s’élève, dans les situations qui lui conviennent, à la hauteur de 23 à 26 mètres. Il n’est guère d’usages auxquels on ne l’emploie, mais c’est surtout dans les constructions navales que cet arbre est nécessaire, et il est constant qu’aux Etats-Unis, il ne pourrait être avantageusement remplacé par un autre. Doué de beaucoup de force et d’élasticité, il résiste très-long-temps à la pourriture ; et quoique moins pesant et moins compacte que le chêne d’Europe, de savans agronomes ne doutent point que, supérieur à celui-ci par son élasticité, il ne l’égalât en bonté sous tous les autres rapports, si on ne le mettait en œuvre que parfaitement sec, et si on l’élevait, soit en ligne autour des champs ou le long des routes, soit dans des endroits parfaitement aérés. Il est très- difficile de s’en procurer des glands sains : c’est ce qui fait que cet arbre précieux est encore si rare chez nous, où il mérite éminemment d’être introduit.

Chêne gris, Chêne ambigu, Q. ambigua, (en angl. Grey oak). Ce nom d’ambigu lui a été donné par les botanistes à cause de sa ressemblance avec le chêne rouge par son Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/74 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/75 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/76 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/77 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/78 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/79 Page:Maison rustique du XIXe siècle, éd. Bixio, 1844, IV.djvu/80 gèreté sur ceux de Riga ; mais on dit qu’ils s’altèrent plus vite entre les ponts et aux points d’intersection avec les vergues, et cette circonstance, dans l’esprit des constructeurs américains, donne la supériorité au pin austral sur tous les autres.

P. tœda (en angl. Loblolly pine). Cet arbre est particulier aux parties basses des Etats du sud, et sa limite la plus septentrionale est à Fredericksburg, a 230 milles au sud de Philadelphie ; il atteint quelquefois 80 pi., et se termine par un vaste sommet étalé. Quoiqu’il contienne une grande proportion d’aubier, il est employé à divers usages, et il est très-recherché pour le chauffage des fours. Il donne beaucoup de térébenthine, qui est plus épaisse que celle du pin austral.

Soulange-Bodin.