Marie (Auguste Brizeux)/« Notre premier malheur »

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MarieAlphonse Lemerre, éditeur1 (p. 73).
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Notre premier malheur est notre sûre épreuve.
A ce coup imprévu toute âme belle et neuve
Se révolte, et se plaint amèrement à Dieu
D’un mal inexplicable et mérité si peu ;
Mais tendre et résignée, et se sentant meilleure,
Sur le malheur d’autrui cette âme rêve et pleure.
Le méchant se révolte aussi contre le ciel ;
Mais chez lui le courroux bientôt se change en fiel :
Du mal, en souriant, il sonde le mystère,
Et prévoit qu’on en peut tirer parti sur terre.