Marie (Auguste Brizeux)/Le Bal

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MarieAlphonse Lemerre, éditeur1 (p. 93).


Le Bal


 
Ny va pas ! Reste sur ton livre,
Dans ta chambre d’étudiant !
Courbé sous la lampe de cuivre,

Occupe ta pensée et ton cœur en veillant.


Je le sais trop, le plus stoïque
N’est bien sûr de lui qu’à l’écart ;
Et l’âpreté jeune et pudique

N’est pas lente à céder au charme d’un regard.


Il est une fleur douce et blanche
Qui croît à l’arbre du devoir ;
Cueille cette fleur sur sa branche.

Pour être fort demain respire-la ce soir.


Non ! Ta pensée ailleurs s’enivre :
Un ruban sur de noirs cheveux
Dans un bal attire tes yeux,

Ô jeune homme inquiet ! — et tu fermes ton livre !