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Moisson de souvenirs/15

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(Pseudo de Cécile Beauregard)
Le Devoir (p. 143-155).

XV


Ma santé se raffermissait tout doucement, quand maman tomba malade à son tour : mais peu grièvement et elle devait se rétablir bientôt ; toutefois, laissant partir Roseline pour Sainte-Adèle, je remis à la fin d’août, un séjour projeté chez grand’mère.

Un dimanche matin, mon jeune frère Lucien revint d’une messe matinale en disant : « L’Allemagne a déclaré la guerre à la France. L’Europe est en feu. C’est écrit en grosses lettres, sur le sommaire des journaux. » Depuis quelques jours, on parlait des possibilités d’une guerre, mais je n’avais pas voulu prêter attention à ces propos. La nouvelle de ce matin, brutale, m’abattit comme un coup de foudre et je murmurai : « Mon Dieu ! »

J’entendis la messe, comme j’aurais assisté au service funèbre de mon père ou de ma mère ; en revenant de l’église, je croyais vivre un cauchemar et le sol se serait dérobé sous mes pieds, que je n’en aurais pas été autrement surprise. La guerre ? Mon Dieu ! À la maison, les petits discutaient avec acharnement. Papa et Gonzague aussi. Roseline paraissait fort paisible ; maman, un peu inquiète.

Dès lors, il ne fut plus question d’autre chose que de la sinistre guerre. Tout y aboutissait fatalement. Des bouleversements s’annonçaient et l’on proférait d’angoissantes prédictions. Je renonçai à mon voyage de Saint-Claude. J’aurais voulu renoncer à tout. Rien ne me tentait plus et si la mort n’avait été aussi effrayante, j’aurais aimé mourir. La France appelait tous les siens, en état de porter les armes, même ceux qui, nés aux Colonies par exemple, n’avaient jamais foulé son sol. Le territoire de la Belgique fut violé. L’Angleterre se déclara. Y avait-il véritablement un océan entre l’Europe et nous ?

Et tous les soirs, les journaux, autrefois lecture attrayante, nous apportaient l’écho terrible de la guerre, et longtemps, je me retournais dans mon lit, fatiguée et incapable de chasser les visions brutales. Les froids vinrent : on parla des soldats qui souffriraient dans les tranchées, de la misère prochaine ; surtout, on assurait que le conflit n’était pas près de se terminer.

Enfin, presque soudainement, un assoupissement considérable se produisit en moi, comme si ma sensibilité avait reçu le coup de grâce. Tout en les répudiant encore de tout mon être, je m’habituai, en quelque sorte, aux mots nouveaux, les plus vilains de la langue, dont l’usage était devenu nécessaire. Enjouée par habitude, toujours un peu lasse, je compatissais, mais je ne souffrais plus.

La veille de Noël arriva. Brisée de fatigue, le soir, je m’étais jetée sur mon lit et endormie par surprise. Maintenant, je me levais ; il pouvait être dix heures et demie, je suppose, et j’entendais, venant de la bibliothèque, la voix rieuse de Thérèse. En quel honneur, était-elle ici ? Tout en revêtant ma robe, je fermai les yeux et j’eus, durant un moment, l’illusion troublante que mon enfance revenait, que ni Thérèse, ni Amanda n’étaient mariées, et que la table se couronnerait de jeunes têtes, au réveillon.

Tout à coup, un appel strident de la sonnette. Sans interrompre sa gaieté, Thérèse courut ouvrir et s’exclama, étonnée.

— Tu tombes bien, fit-elle, puisque j’allais justement partir. Tu n’aurais pas pu arriver un quart d’heure plus tôt, garnement ?

Je sortis en ce moment et stupéfaite, je me trouvai en face de Jean. Avec un petit sourire voulu, que je sentais trembler bien fort, je lui tendis la main.

— Et moi ? me réclama Thérèse, tu ne m’embrasses même pas ? Il y a bien une semaine et demie que je ne t’ai vue.

Et avec sa spontanéité irrésistible, elle prit elle-même l’initiative du geste qu’elle me proposait. Qu’avait donc Thérèse, ce soir ? Stimulée par ce fol exemple, Roseline s’approcha à son tour, puis elle voulut aussi embrasser Jean et nous fit à tous de grands adieux. Car elle partait : Thérèse l’emmenait avec elle, à la messe de minuit.

Après quelques minutes de causerie, surtout entre maman et notre visiteur, maman s’excusa et me dit :

— Jean est une visite rare, Marcelle, fais-le donc entrer au salon.

En silence, soumis comme des enfants, nous passâmes, Jean et moi, dans notre grand salon rouge, bien clos par ce soir d’hiver, les persiennes fermées sous l’habillement joli de la guipure. Aux branches de cuivre de l’électrolier, Roseline avait enroulé du feuillage avec des graines de houx. Papa et mes frères étaient allés à confesse. Victor dormait. Lydia, avec toute l’importance de ses quinze ans, avait voulu veiller, cette année. Quand maman s’était retirée, elle l’avait suivie, mais voici qu’elle reparaissait, en nous demandant la permission de faire un peu de musique.

— Pas fort, promit-elle.

Lydia, gâtée, n’était pas toujours gentille, mais elle savait se racheter, quand il lui plaisait, car elle était fine comme l’ambre. Au piano, elle nous joua des noëls, lentement, du bout des doigts, appuyant à peine. Après chacun, elle se retournait et demandait :

— C’est beau ?

Alors, pour l’encourager, Jean lui souriait. Il la regardait beaucoup, bon, indulgent, mais — je n’en pouvais douter — c’était à moi, qu’il pensait. Cependant, sa visite était si imprévue, et entre nous, subsistait une gêne si étrange, qu’à peine osions-nous nous regarder. À un moment donné, il s’inclina de mon côté et à voix retenue, ne voulant pas couvrir la frêle musique :

— Marcelle, fit-il, je n’espérais pas être si heureux, car c’est dans l’intention de te dire un mot, à toi seule, que je suis venu.

Quel mot ? Jean était grave dans sa douceur et assez ému pour que je pusse deviner vaguement. Mais, comme frappée d’impuissance, je demeurai muette et craintive. Jean sourit et la nervosité de son sourire me fit mal.

— Depuis si longtemps, commença-t-il.

Lydia interrogeait encore :

— Est-ce que c’est beau ?

— Oui, oui, répondit-il, avec tant de bonté ! Continue…

Mais elle demeura tournée vers lui et elle ajouta :

— Ce serait bien plus beau, cousin, si tu voulais chanter en même temps.

— Vraiment ? fit-il. Si Marcelle permet…

Déconcertée, je balbutiai que j’en serais très heureuse.

Alors, il se leva et se rendit immédiatement auprès du piano. Sans plus me regarder, entre haut et bas, probablement dans la crainte puérile, de réveiller Victor, il commença :

Dans cette étable…

Étonnée, saisie, voici que je retrouvais dans sa voix actuelle, beaucoup de sa voix d’enfant. C’était la même ferveur pure, émouvante à l’excès, plus encore aujourd’hui qu’alors, parce qu’il s’y mêlait quelque chose de profondément humain qui n’avait pu appartenir à l’enfant. Après « Dans cette étable », il chanta : « Il est né » puis « Nouvelle agréable ». Maman revint alors ; elle avait fait toilette et continuait de lisser ses bandeaux, avec la main. Elle s’assit en disant, contente :

— Du chant ! De la musique !

Elle avait prononcé ces mots sur un ton de voix naturel et tout naturellement aussi, quand il commença « Les anges dans nos campagnes, » Jean ne retint plus sa voix. Ce fut un peu moins beau.

Décidément en verve, il demanda ensuite à Lydia, si elle pouvait accompagner Adeste fideles. Sur la réponse négative de la petite qui rougissait, il prit sa place au piano et s’accompagna lui-même. Religieusement, avec une charité grave et tendre, il chanta les belles syllabes latines, laissant se déployer sans entraves, toute la vivante richesse de sa voix à laquelle se mêlaient humblement, les notes veloutées du piano. En tournant le dos, il semblait nous avoir oubliées, et la tête légèrement renversée en arrière, il tenait ses paupières presque closes, comme s’il eût été en face du Tabernacle.

J’avais pu considérer ma sensibilité comme à jamais anéantie, mais, raidie de toutes mes forces contre moi-même, éperdue et avalant des sanglots, je n’en croyais plus rien. Jean m’avait tout rendu.

Il terminait à peine l’Adeste quand papa revint, puis mes frères. Il leur tendit la main, échangea quelques mots avec eux, mais absorbé et frémissant, comme toujours lorsqu’il venait de chanter, il nous quitta presqu’aussitôt. Je communiai aux côtés de maman, durant la messe, et à Notre-Seigneur, roi de mon cœur, je murmurai, m’épanchant enfin : « Merci ô mon Dieu. Merci ! Merci ! Je ne comprends pas encore Jean ; il a une chose inconnue à me dire, mais peu importe. Je sais maintenant qu’il n’a pas changé et cela, c’est tout pour moi. » Les autres remarquèrent que Notre-Dame était moins remplie que les années précédentes, sans doute à cause des départs nombreux pour outre-mer. Moi, je disais : « C’est Noël dans mon cœur ». J’oubliais tout : la guerre, mes souffrances passées, la conduite étrange de Jean. J’avais rêvé sans doute. Ou bien je m’étais exagéré les choses. Car ma confiance grandissait d’heure en heure et l’on finit même par s’étonner de ma vive gaieté.

Le jour de Noël, au commencement de l’après-midi, Jean reparut. Mais cette fois, sa visite fut toute banale : la famille était si nombreuse. Amanda et mes frères mariés se trouvaient chez nous avec leurs enfants. Jean nous annonça qu’il retournait à Maricourt par le premier train.

Le plus pressé, pour nous, le lendemain, fut de remettre la maison en ordre ; entre autres choses, il restait quantité de vaisselle à nettoyer et à ranger. De bon cœur, je partageais la besogne avec Roseline et Lydia quand, obligée d’attendre un moment, je m’avançai jusque dans le passage, pour le seul plaisir de marcher et de retrouver mes pensées riantes dans la solitude. Comme j’approchais du vestibule, le facteur sonnait et je reçus le courrier, lequel contenait une lettre pour moi. Maman étant occupée dans la bibliothèque, j’allai m’asseoir près de la fenêtre, dans le salon. L’écriture très irrégulière de la suscription me sembla inconnue, mais en ouvrant la lettre, je reconnus qu’elle était de Jean. Il n’avait signé que de son initiale et les petites phrases courtes se succédaient, souvent séparées par des points de suspension. Oh ! j’eus grand’peur. Ma joie brillante, trop vite rebâtie, sans doute, chancela sur ses bases et oppressée, je lus :

« Marcelle, pardonne-moi ce qui va suivre : je souffre tellement, et depuis longtemps, à cause de toi, Marcelle !… Car pour ma part, je suis maintenant paisible et si heureux. Je m’étais aveuglé sur ma vocation et je ne voulais pas entendre la voix du bon Dieu m’appelant à devenir un autre Christ : alter Christus. C’est fini. Je suis décidé. C’est ce que j’ai voulu te dire, avant la messe de minuit, mais le courage m’a manqué… Prie pour moi, Marcelle, et surtout, ne t’afflige pas, je t’en supplie. Tu aurais tort… Mais si tu souffres, va trouver grand’mère. Avec toi, elle seule connaît mon secret. Elle est bien bonne, je t’assure, et elle saura te consoler. T’ai-je gâté les Fêtes ?… Non, n’est-ce pas ? Si le malentendu avait continué entre nous, tu aurais souffert autrement. Je te verrai au jour de l’An et aux Rois, je l’espère. J’ai grand besoin de m’épancher en toi, l’âme ouverte, enfin… Pardonne-moi, Marcelle ! »

Ma lecture finie, je pliai la lettre, la remis dans son enveloppe et glissai le tout dans la grande poche de mon tablier. Puis, je regardai dehors ; il neigeait à gros flocons larges, des flocons de la Sainte-Catherine, lents, nombreux et qui causaient une sorte de vertige étouffant. La provision était donc énorme là-haut, qu’il ne cessait pas d’en tomber ? On eût dit des petits morceaux de lettre déchirée et à force de les regarder, ils prenaient une teinte grise. Mais comme ils étaient fascinants à regarder !

Absorbée dans ma contemplation, je ne m’apercevais pas que la chanson fragile de la vaisselle s’était tue. Son torchon à la main, Roseline apparut tout à coup à la porte du salon ; curieuse et mutine, Lydia l’avait suivie.

— Dans le monde, fit Roseline, employant son expression favorite, à quoi penses-tu de nous abandonner ainsi avec toute la besogne ? Tu es aussi distraite que le bonhomme dont papa parlait l’autre jour.

Gonzague sortait de sa chambre ; mal éveillé, il s’approcha à son tour, en demandant ce qu’il y avait. Je m’étais levée.

— Oh ! rien, dit Roseline, en s’éloignant, toujours suivie de Lydia. C’est Marcelle qui sort d’un rêve.

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Nous nous revîmes, en effet, à Saint-Claude, puis à Maricourt, dans ces paradis peuplés de nos âmes enfantines, nous recherchant sans mystère et causant, le cœur à l’abandon, comme Jean l’avait voulu. Ma joie de le posséder ainsi après tant d’absences et de malaise était si violente que j’écoutais ses confidences sans souffrir, comme s’il m’eût parlé d’un autre, heureuse de lui, de lui seul. Parfois, cependant, la pensée de mon malheur m’atteignait soudain, au vif ; mon visage se décomposait tout à coup, et comme bien des années auparavant, Jean suppliait :

— Ne pleure pas, Marcelle ! Tu sais bien que je ne pourrais pas… Puisque je suis heureux.

Les Fêtes terminées et de nouveau séparée de Jean, j’essayai, bien en vain, de mes distractions ordinaires : dessin, lectures, sorties. Le dégoût m’étouffait et le vide, cet affreux ennui, toujours si redouté, me menaça de nouveau, uni à une noire tristesse. « Que vais-je devenir ? » me répétais-je avec désespoir et ne voyant de secours nulle part. Un matin, après une nuit de torture, je songeai enfin au conseil de Jean et partis pour Saint-Claude.

Sur la fin de l’après-midi, comme le jour allait tomber, me trouvant seule avec grand’mère, je la regardai longtemps ; sous ses cheveux à peine plus gris, elle était demeurée si droite, si énergique et lucide, tandis que grand-père s’en allait visiblement.

— Grand’mère, lui dis-je, je voudrais que vous me parliez de Jean.

Sans paraître étonnée, comme si ma demande était attendue, elle me conta aussitôt une histoire très simple, comme en savent toutes les grand’mères.

— Jean, me dit-elle, est un prédestiné. Tout petit, sa mère ne l’a-t-elle pas trouvé en larmes et qui disait : « Je voudrais mour pour aller au ciel ». Il l’a toujours gardée, la nostalgie du ciel. Et cette foi hardie des purs ! et cette ferveur d’ange dès qu’il joignait les mains ! Non, je ne pense pas que cet enfant ait jamais prié légèrement. Tu crois l’aimer et tu le connais à peine, puisque tu n’as pu le suivre, comme moi, dès le berceau, et même avant sa naissance, dans son père. J’ai toujours su que le Seigneur se le réserverait sans partage, aussi ne l’ai-je aimé qu’avec un respect craintif. Sa destinée cependant, n’est pas rare. Dieu merci, dans notre pays, les soutanes font pour ainsi dire partie du paysage. C’est une de nos traditions que chaque année, ainsi que dans la catholique Vendée de René Bazin, le Seigneur prélève une forte dîme de jeunes prêtres. J’espérais bien que ma race serait à l’honneur et après avoir été successivement déçue dans mes fils, puis dans Charles et Thérèse, tes aînés, je triomphe enfin avec Jean. Jeune, j’avais voulu moi-même, me consacrer à Dieu. Mais il m’avait refusée ; peut-être à cause de mon orgueil qui est grand.

Pour Jean, le danger différait et dès votre première rencontre, j’ai compris ce que tu deviendrais pour lui ; aussi ai-je veillé jalousement. J’ai été dure pour toi, Marcelle et bien souvent, je m’en suis accusée, au confessionnal. Pourtant, quel héroïsme ne me fallait-il pas pour dominer le dépit que me causaient tes attraits naissants, tes avantages physiques, ton charme d’âme, surtout. Et cette parenté, cette affinité de vos êtres intimes. La vocation de Jean était en jeu, je n’ai rien négligé. Je vous ai épiés, étudiés sans relâche. Jean a toujours eu à mon égard, une confiance presque superstitieuse ; je le savais de conscience délicate aussi, ce qui facilitait ma tâche. Lorsqu’il eut grandi, redoutant de le voir m’échapper à la fin, je lui fis entendre que tu serais mise sur tes gardes, si un seul instant, sa conduite s’écartait du chemin de la prudence ; la crainte de me voir porter le trouble chez toi, le retenait puissamment.

Mais mes pauvres efforts n’étaient rien auprès de la grâce qui le travaillait et il est sauvé enfin ! Il m’a confié qu’enfin décidé de s’abandonner à la direction d’un confesseur, il s’était subitement trouvé en face de toi, en entrant à l’église et que ses résolutions avaient fondu, comme la neige au soleil. Qu’importe ? Il a ouvert les yeux et consommé de lui-même l’holocauste ; aussi, mes longues supplications au Très-Haut, se sont-elles changées en hymnes de reconnaissance ineffables.

Attendrie et torturée, je pleurais depuis longtemps, sans que grand’mère eût jugé à propos d’interrompre son récit. Enfin, elle se tut et mes larmes taries à leur tour, j’appelai :

— Grand’mère ?

— Qu’est-ce ? demanda-t-elle, sans même tourner les yeux de mon côté.

Je demeurai muette ; alors, posant la main sur mon front :

— Voyons ! fit-elle doucement, est-ce qu’on se gêne avec sa grand’mère ?

Glissant sur le tapis, j’enfouis ma tête dans les plis de sa jupe.

— Grand’mère ! dis-je encore. Vous avez espéré dans quelques-uns ; vous étiez sûre pour Jean. Mais pour moi, n’avez-vous rien pensé ?

Laissant tomber son tricot, elle me releva promptement et me tint embrassée, longtemps, longtemps. À ce moment, et ce fut aussi étrange que bon, j’eus l’impression très nette, que Jean avait pressenti cette minute. Mentalement, je relisais sa lettre, si claire maintenant et je comprenais pourquoi il avait dit : « Va trouver grand’mère ». Et j’entendais la voix de celle-ci qui répétait :

— Dieu soit loué ! Dieu soit loué ! Oui, j’ai pensé ce que tu sais, petite. Pardonne-moi si m’exagérant tes faiblesses, dans ma sollicitude pour Jean, j’ai pu douter parfois. Mais mes prières étaient aussi pour toi et je t’attendais. Ah ! Dieu soit loué, car il me comble !