Molière, Shakspeare, la Comédie et le Rire/Le Rire/Le Rire

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Texte établi par Henri Martineau, Le Divan (p. 328-329).
Le Rire

LE RIRE[1]



I



On rit par une jouissance d’amour-propre fondée sur la vue subite de quelque perfection que la faiblesse d’autrui nous montre en nous.


II


Pour peindre un caractère d’une manière qui plaise pendant plusieurs siècles, il faut qu’il y ait beaucoup d’incidents qui le prouvent, et beaucoup de naturel dans la manière d’exposer ces incidents (4 janvier 1815).

Hobbes in his Discourse on Human nature says:

« La passion du Rire n’est autre chose qu’un soudain effet de l’amour-propre excité par une conception plus spontanée encore de notre mérite personnel comparé aux défauts des autres, ou avec ceux que nous pouvons avoir eu nous-mêmes autrefois ; car nous rions aussi de nos propres pensées, quand elles se présentent tout-à-coup à notre esprit ; excepté lorsqu’elles sont accompagnées actuellement de quelque idée déshonorante[2]. »

Voilà la lumière qui sortie d’un petit in-12 de la Bibliothèque nationale m’éclaira soudainement vers l’an 1803.

  1. Cette dernière page sur le rire est extraits des notes manuscrites du Molière de 1812.
  2. En termes à peu près idendiques Beyle avait déjà écrit un peu plus haut sur le même tome du Molière de 1812 :
    « Hobbes, Discours sur la nature humaine, dit :

    » La passion qui excite à rire n’est autre chose qu’une vaine gloire fondée sur la conception subite de quelque excellence qui se trouve en nous par opposition à l’infirmité des autres, ou à celle que nous avons eue autrefois car on rit de ses folies passées, lorsqu’elles viennent tout d’un coup dans l’esprit, à moins qu’il n’y ait du déshonneur attaché. » Le Spectateur, t. I, Discours XXXV. »