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Notes sur la Corée/01

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Henri Charles-Lavauzelle (p. 5-10).

NOTES SUR LA CORÉE

DESCRIPTION GÉNÉRALE


Position géographique.

L’empire de Corée, au nord-est de l’Asie, se compose d’une presqu’île allongée dans le sens nord-sud, qui forme pour ainsi dire le trait d’union entre la Chine et le Japon.

La Corée était autrefois tributaire de la Chine, qui en défendait l’accès aux étrangers. La Corée est devenue, depuis le traité sino-japonais du 17 avril 1895, un royaume indépendant.

La souveraineté de l’empereur a été proclamée le 12 octobre 1897.

L’ensemble est compris entre 33°15’ et 42°25’ de latitude Nord ; 122°15’ et 128°30’ de longitude Est de Paris. Elle est bornée : au nord par la province chinoise de Mandchourie, dont elle est séparée par les fleuves Am-Nou-Kang (Ya-Lou-Kiang) à l’ouest, et le fleuve Tou-Man-Kang (Mi-Kiang) à l’est, et par le massif des monts Chan-Yan-Alin au centre ; au nord-est par la Sibérie dont elle est séparée par le Tou-Man ; à l’est par la mer du Japon ; au sud par le détroit de Corée ; à l’ouest par la mer Jaune.

Le nom de Corée vient du mot chinois Kao-Li, que les Coréens prononcent Ko-Rie et les Japonais Ko-Raï.

La Corée a un développement de côtes considérable, environ 3.200 kilomètres.

La côte occidentale est très accidentée et très découpée ; elle présente des quantités de golfes ou de baies. Toute la côte est parsemée d’îles et d’îlots dont les principaux groupes sont Kang-Hoa à l’embouchure du Han-Kang, l’archipel dit du Prince-Impérial, l’île Aan-Min-To près de la presqu’île de Naï-Po, puis l’archipel coréen et les îles de Tsin-To, Quelpaert, Nam-Haï-To, Ko-Ting-To.

La côte orientale est plus régulière ; on y remarque cependant le golfe Brougthon ; l’île Dagelet est la seule île remarquable de la côte orientale.

Montagnes.

La Corée est un pays de montagnes. Une grande chaîne, partant des Chan-Yan-Alin dans la Mandchourie, se dirige du nord au sud, en suivant le rivage de l’est, dont elle détermine les contours ; les ramifications de cette chaîne couvrent le pays presque tout entier. Presque partout on semble être emprisonné entre les rochers, resserré entre les flancs de collines, tantôt nues, tantôt couvertes de pins sauvages, tantôt embarrassées de broussailles ou couronnées de forêts.

On aperçoit, dans toutes les directions, des milliers. de pics aux pointes aiguës, d’énormes cônes arrondis, des rochers inaccessibles, et, plus loin, aux limites de l’horizon, d’autres montagnes plus hautes encore, et c’est ainsi dans presque tout le pays.

La seule exception est un district qui s’allonge dans la mer de l’Ouest et se nomme la plaine du Naï-Po. Cette plaine ne ressemble en rien à nos plaines de France : c’est simplement un endroit où les montagnes sont beaucoup moins hautes et beaucoup plus espacées que dans le reste de la Corée. Le sol de cette plaine est très fertile : on y cultive le riz, et ses produits sont si abondants que le Naï-Po est appelé le grenier de la capitale.

Les principaux sommets sont : le Pai-Tou-San (2.600 mètres), Chil-Po-San (1.700 mètres), Tchang-Pai-San (1.900 mètres), O-Pouk-San (1.800 mètres), dans le Ham-Kiang-Tô ; Keum-Kiang-San (1.800 mètres), appelé aussi Montagne de Diamant, dans le Kang-Ouen-Tô ; le mont Han-Ka-San (2.200 mètres) ou mont Auk-land, dans l’île de Quelpaert ; le Kou-Ouen-San, dans le Ouang-Haï-Tô ; le Pouk-San (850 mètres), forteresse au nord de Séoul ; le Nam-San (550 mètres), forteresse au sud de Séoul.

Fleuves[1].

Les principaux fleuves de la Corée sont presque tous dans la partie occidentale ; on en compte deux dans la partie méridionale et un seul important sur la côte orientale.

Ces fleuves sont :

1o Sur la côte occidentale, le Am-No-Kang (Ya-Lou-Kiang), qui prend sa source au Paï-Tou-San, forme la frontière nord-ouest de la Mandchourie et se jette dans la mer Jaune près de Eui-Tsiou ; le Tseng-Tien-Kang, ou rivière le Chiou ; le Taï-Tong-Kang qui arrose Pieng-Yang et se jette dans la mer près de Chim-Nam-Po.

On remarque encore comme fleuves sur la côte occidentale ; l’Im-Ching-Kang, qui se réunit au fleuve Han-Kang ; le Han-Kang, ou rivière de Séoul, qui passe à environ 4 kilomètres de la capitale et se jette dans la mer Jaune en face de l’île de Kang-Hoa ; le Keum-Kang, le Sao-Kang, qui se jettent près de Mok-Po.

2o Dans la partie méridionale, le Tsong-Ching-Kang, qui passe près de Kou-Riei ; le Nak-Tong-Kang, qui arrose les deux provinces de King-San.

Le chemin de fer de Fou-San à Séoul suit la vallée de ce fleuve.

3o Dans la partie orientale, le Tou-Man-Kang qui forme la frontière nord-est entre la Mandchourie et la Sibérie.

En attendant le bac.

Climat.

Le climat de la Corée est un climat extrême, c’est-à-dire froid en hiver et chaud en été.

Le climat, dans le nord surtout, est rigoureux ; le fleuve Tou-Man-Kang est gelé pendant six mois de l’année.

Dans la partie méridionale, la neige se maintient encore au mois de mai en plusieurs endroits ; par 35° de latitude, on a vu le thermomètre descendre au-dessous de —15 centigrades ; mais par 38°, on trouve souvent —25.

Le printemps et l’automne sont généralement fort beaux. Le changement de mousson a lieu du 15 juillet au 15 août ; c’est une période de pluies torrentielles, de vents variables et de tempêtes qui souvent interceptent pendant plusieurs jours toutes espèces de communications.

  1. En coréen Kang, — en chinois Kiang.