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Notes sur la Corée/03

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Henri Charles-Lavauzelle (p. 18-21).

LE PEUPLE CORÉEN


Population et origines.

La superficie totale du territoire de la Corée est évaluée à environ 223.000 kilomètres carrés.

On ignore quel est le chiffre exact de la population, parce que l’on ne procède pas à des recensements réguliers, mais on peut évaluer ce chiffre, sans exagération, à 10 ou 12 millions d’habitants.

Les Coréens se rattachent au type mongol, mais ils ressemblent beaucoup plus aux Japonais qu’aux Chinois ; cependant, ils sont plus grands et plus vigoureux que les premiers. Ils ont généralement le teint cuivré, le nez court et un peu épaté, les pommettes proéminentes, la tête et la figure arrondies, les sourcils élevés. Leurs cheveux sont noirs ; il n’est cependant pas rare de rencontrer des cheveux châtain et même châtain clair.

Les habitants des provinces du Nord, voisins de la Tartarie, sont beaucoup plus robustes et presque sauvages.

D’après les traditions recueillies dans les livres japonais, le fond principal de la nation coréenne appartiendrait aux Siampi, une des branches de la race tartare.

Classes.

Les Coréens se divisent en trois classes : les nobles, la classe moyenne et le bas peuple.

Les nobles descendent pour la plupart des guerriers. qui, il y a cinq siècles, ont placé sur le trône le fondateur de la dynastie actuelle.

Les services publics sont monopolisés par eux ; les traitements de leurs fonctions sont l’unique moyen régulier de leur existence.

Ils ont, en outre, certains privilèges, tels que celui de ne pas se voir inscrits sur les rôles de l’armée, d’être inviolables dans leur demeure et leur personne, et de porter chez eux le bonnet de crin qui est le signe distinctif de leur rang.

Entre la noblesse et le peuple proprement dit, se trouve la classe moyenne, qui se rencontre surtout dans la capitale.

Elle comprend des familles qui, depuis plusieurs générations, remplissent auprès du gouvernement certaines fonctions spéciales, telles que celles d’astrologues, de médecins et d’interprètes.

Au-dessous de la noblesse et des lettrés vient la troisième classe, c’est-à-dire le peuple qui n’a absolument aucune influence politique.

Instruction publique.

Écoles indigènes. — Les études littéraires et philosophiques sont en honneur, comme dans tous les pays de civilisation chinoise.

Les sciences sont l’apanage de la classe moyenne et se rattachent à huit professions différentes.

La première, celle des interprètes, est très recherchée.

La deuxième comprend l’étude de l’astronomie et l’art de choisir les jours propices. Ceux qui en sont chargés ne travaillent que pour le roi.

Puis viennent les écoles de médecine, des chartes, de dessin pour l’État, plans et portraits, l’école de droit, de calcul, et enfin l’école de l’horloge qui fournit les directeurs et surveillants de l’horloge unique du gouvernement. C’est une machine hydraulique, qui mesure le temps en laissant tomber des gouttes d’eau à intervalles réguliers.

Les Coréens ont inventé les caractères mobiles métalliques, précédant ainsi l’Europe de plus d’un siècle et demi.

Un livre, le Kung-Say-Kia-You, ou l’apologie de Confucius, imprimé en caractères mobiles, date de 1317. C’est l’un des plus anciens livres qu’il y ait au monde.

Écoles européennes. — Il y a en ce moment en Corée plusieurs écoles européennes ; les plus importantes sont :

1o L’école française dirigée par M. Martel ; cette école comprend annuellement une centaine d’élèves, répartis en plusieurs classes et cours, suivant le degré d’instruction des élèves ;

2o L’école allemande et l’école russe.

Cette dernière école vient d’envoyer en Russie dix de ses élèves pour compléter leur instruction.

Ces différentes écoles servent à fournir des interprètes et des fonctionnaires pour les différents services de l’État.

Religion.

Le bouddhisme, mélangé de superstitions plus ou moins grossières, est la religion de la majeure partie de la population. La philosophie de Confucius est répandue dans les classes lettrées.

Le culte des ancêtres est pratiqué par tous les Coréens, comme par tous les autres peuples de l’Extrême-Orient.

Enfin le culte officiel rend hommage au Sia-Tsik, ou génie protecteur du royaume.

Dans plusieurs provinces, mais surtout autour de Séoul, on rencontre des missions américaines. Ces missions ont très peu de prosélytes, les missionnaires américains pratiquant plutôt le commerce que la religion.

Les missions françaises comprennent un évêque (Monseigneur Mutel) dont la résidence est à Séoul ; les autres missionnaires, au nombre de 43, sont répandus dans toutes les provinces de l’empire.