Nouvelle Biographie générale/Sénèque (Marcus Annæus Seneca)
SÉNÈQUE (Marcus Annæus Seneca), rhéteur latin, né à Cordoue, vers 61 av. J.-C. Sa famille était sans illustration politique. Il appartenait à l’ordre équestre, et possédait une fortune considérable. Il se trouvait à Rome dans les premières années du règne d’Auguste ; il eut pour maître le rhéteur Marillius et pour intime ami le rhéteur Porcius Latro. Étant retourné à Cordoue, il épousa une dame espagnole du nom d’Helvia, qui lui donna trois fils, Marcus Novatus[1], Lucius Annæus Seneca (voy. ci-après), et Lucius Annæus Mela, dont le plus grand honneur fut, suivant Tacite, d’être le père de Lucain. La date de sa mort n’est pas connue ; mais il est probable qu’il prolongea sa vie jusque vers la fin du règne de Tibère, et qu’il mourut soit à Rome, soit en Italie. Sénèque avait une mémoire prodigieuse. C’était un homme de lettres à la mode de son temps, où la fausse éloquence était en vogue. Les deux recueils qu’il a laissés sont l’œuvre de sa vieillesse ; l’un, Controversiarum lib. X, ne se compose que de cinq livres et de fragments ; l’autre, Suasoriarum liber, paraît également mutilé ou incomplet. On les trouve d’ordinaire ensemble, à la suite des œuvres de Sénèque le philosophe. L’édition particulière qu’en a faite Schott (Heidelberg, 1603, in-8o) a été effacée par celle des Elseviers (1672, in-8o). Ces deux ouvrages ne sont qu’un ramas de lieux communs et de puérilités, et le mérite du style est loin d’y racheter le vide des idées.
Juste Lipse, Electorum lib. I, c. I.
- ↑ Il prit le nom de Junius Gallio, et devint proconsul d’Achaïe. C’est à son tribunal que les juifs traînèrent saint Paul, l’accusant d’innover en matière de religion. C’était, dit la Chronique d’Eusèbe, un rhéteur distingué, et, au témoignage de son frère le plus tolérant des hommes.