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Nouvelles poésies (Van Hasselt)/À mon ami Achille Jubinal

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Odes
Nouvelles PoésiesBruylant et Cie (p. 89-90).


À mon ami Achille Jubinal.





Parvulus enim natus… et filius datus est.
Isaïe, IX, 6.





 
À la ruche d’or manquait une abeille,
Une étoile aux cieux, lis du firmament.
Une fleur vermeille
Au rosier charmant.

Chêne, qui répands au gazon ton ombre,
Il manquait, hélas ! sous ton frais berceau

De rameaux sans nombre,
Une voix d’oiseau.

Chante, ô ruche d’or, car voici l’abeille.
Vois, ô ciel d’azur, l’astre blanc surgir.
Vois la fleur vermeille,
Ô rosier, s’ouvrir.

Chêne, dont le front monte dans l’espace,
Sous ton frais feuillage un oiseau des cieux
Jette au vent qui passe
Mille cris joyeux.

Cette abeille d’or, cette étoile douce,
Cette fleur éclose à son vert rameau,
Dans son nid de mousse
Ce charmant oiseau,

C’est l’enfant vermeil, c’est la douce chose,
C’est l’esprit vivant et prédestiné,
L’enfant blond et rose
Que Dieu t’a donné.



Septembre 1857.