Odes (Horace, Mondot)/20

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Traduction par Jacques Mondot.
Poncelet (p. 108-109).
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Il se glorifie, & dit que par le moyen
de ses chans liriques il vivra
au monde eternellement.
ODE XX.


IE ne seray pas d’vn vol,
Commun a tous, & friuol,
Ores rauy par le monde.
La terre ie quitteray,
L’envie ie dompteray.
Par mes vers, & leur faconde.

Bien que de pauures parens,
I’aye retissu mes ans,
Mon cher Mecenat si est ce,
Que vainqueur dessus la mort,
D’u Stix ie n’yray au bort,
Lieu de l’infernalle presse.

Peu à peu nouuelle peau
Couure mes os. en oyseau,
Plus il va, plus ie me change,
Sur mon dos saillir ie vois,
Vn plumage, & sur mes doigtz,
Qui me faict paroistre estrange.

Mon vol plus qu’Icarien,
Du beau flot Bosphorien,
I’yray percher sur la riue ;
Le monde i’iray visant,
Ma memoire eternisant,
Puis qu’il faut, qu’heureux ie viue.

Le Colche m’honorera,
D’Accus me reuerera,
Le Gelon prendra ma gloire.
Et mon Iiure (au beau renom)
Au front portera mon nom,
Par la France, & ma memoire.