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Ordres du 29 juillet 1944 pour l’attaque de Souillac

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Documents de résistant du colonel Delmas


Ordres du 29 juillet 1944 pour l’attaque de Souillac
1944
par le colonnel Delmas, alias Drouot[n 1]


En exécution du plan de harcèlement prévu, les éléments partie du secteur II, des secteurs IV et éventuellement Gourdon, prendront, dès la parution de cet ordre, place dans le dispositif qui leur est assigné et qui a pour but d’interdire la route nationale n° 20, de harceler l’ennemi qui s’engagerait sur cette voie, de lui infliger des pertes par un engagement vif rapide et violent, au moyen de grenades, fusils et fusils mitrailleurs, éventuellement avec le P.I.A.T.

À cet effet le groupe de Cahors prendra position entre Cressensac et le nord de La Chapelle‑Auzac, exactement à partir de « Le Maure »jusqu’à Leygonie inclus. Le groupe de Cahors étant placé dans une position désavantageuse, la topographie du terrain ne se prêtant pas à une action de ce genre et ne disposant pas dans la partie de son secteur de falaises surplombant la route, il lui sera bien difficile d’attaquer une colonne blindée venant par la route nationale. Ce groupe aura pour mission de couvrir le dispositif sud, surveillera la fraction de route N 20 de « Le Maure » à Leygonie, au sud de la portion de la route nationale n° 703, de Martel à Souillac et enfin, à l’est, la fraction de la route nationale n° 681, de Martel à Cressenssac.

Étant donné que la route nationale 20 dans la partie de ce secteur manque de couverts, de falaises et sites naturels propices à une embuscade, le groupe de Cahors s’installera et se déploiera à quelques centaines de mètres de la route, dans la nature, sous les couverts, prêt à agir et infliger des pertes à l’ennemi si l’occasion se présente. Je répète que l’engagement doit être vif, violent et rapide. Éviter de se laisser accrocher. Rompre le combat après une vive action, se replier, faire face un instant, engager l’action vivement, rompre encore et ainsi de suite.

Le secteur II prendra position face à la route nationale n°20 à l’ouest dans le secteur compris entre le pont de Lanzac inclus et Saint-Projet. Un noyau solide avec mitrailleuse tiendra le pont de Lanzac, un autre avec deux fusils mitrailleurs au lieu-dit « a cuve à goudron », sur la falaise, un troisième, avec deux fusils mitrailleurs également, sera placé à Grézelade, sur la falaise surplombant la route.

Ces groupes auront pour mission d’attaquer les colonnes allemandes passant sur la route par tous les moyens mis à leur disposition : fusils mitrailleurs, mitraillettes, fusils et grenades. Les troupes n’ouvriront le feu que sur l’ordre formel de leur chef qui conviendra d’un coup de sifflet pour l’ouverture et d’une série prolongée et alternative pour la cessation du feu et le repliement.

Il est bien entendu et j’insiste là-dessus et je le répète, les groupes n’ouvriront le feu que l’ordre de leur chef, c’est une question de discipline du feu et aussi une question de sécurité et de certitude du succès. Le feu ne sera ouvert que sur les camions transportant des troupes, les chars seront négligés. En principe, chaque colonne allemande est précédée d’une série de chars et chenillettes, les laisser passer et ouvrir le feu ensuite sur les camions qui suivent. Comme il a été dit plus haut en ce qui concerne le groupe de Cahors, ne pas se laisser accrocher, se replier rapidement, faire face et ainsi de suite. En cas d’attaque massive et au cours de laquelle un repli pourrait être envisagé, le premier repli pour le secteur II s’exécutera sur Nadaillac le Rouge. Enfin, un deuxième repli et le regroupement définitif à Masclat.

En ce qui concerne le placement des groupes, il y a lieu de prévoir la mise en place dès l’aube jusqu’au crépuscule et j’estime qu’il est inutile de laisser les hommes sur la position la nuit, étant donné que les Allemands évitent tout déplacement dès la chute du jour. En conséquence, et sur le territoire comprise dans le dispositif, une ferme ou grange sera reconnue et utilisée comme cantonnement de nuit et d’alerte. Pendant la durée des opérations, cette ferme ou grange servira de centre de ravitaillement. Dès que les groupes seront en place dans la journée il ne doit plus y avoir de mouvements : les hommes devront être pourvus de vivres pour le jour ; le repas du soir sera consommé dans la ferme.

Pour le groupe de Cahors, le premier repli envisagé en cas d’attaque massive sera Rignac, le deuxième Bournissar et enfin éventuellement Strenquels. À partir de demain, le groupe de Strenquels se tiendra prêt à être en mesure d’opérer dans les mêmes conditions qu’il est indiqué ci-dessus pour les groupes du secteur II et se placera sur le chemin de Meyronne exactement entre Meyronne et Les Vaches au lieu-dit « Le Linon » avec mission d’interdire la route.

P.C. Du commandant : P.C. Martin ferme de l’Espellit, avec un groupe de corps franc. Chaque chef de groupe, sauf pour le groupe de Cahors qui l'a déjà fait, enverra au P.C. Du commandant un agent de liaison.

P.C. Le 24 juillet 1944, Le commandant Drouot, Commandant le dispositif, Signé : Drouot.

Notes et références[modifier]

  1. document publié près de quatre décennies plus tard dans Ombres et espérances en Quercy : 1940-1945, les groupes Armée secrète Vény dans leurs secteurs du Lot, éd. Privat Toulouse,‎ 1980, [présentation en ligne]