Page:Berlioz - Traité d’instrumentation et d’orchestration.djvu/96

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


La Mandoline est aujourd’hui tellement abandonnée, que, dans les théâtres où l’on monte Don Juan on est toujours embarrassé pour exécuter ce morceau de la sérénade. Bien qu’au bout de quelques jours d’étude un Guitariste ou même un Violoniste ordinaire puisse se rendre familier le manche de la mandoline, on a si peu de respect en général pour les intentions des grands maîtres, dès qu’il s’agit de déranger en la moindre chose de vieilles habitudes, qu’on se permet presque partout, et même à l’Opéra (le dernier lieu au monde où l’on devrait prendre une pareille liberté), de jouer la partie de Mandoline de Don Juan sur des Violons en pizzicato ou sur des Guitares. Le timbre de ces instruments n’a point la finesse mordante de celui auquel on le substitue, et Mozart savait bien ce qu’il faisait en choisissant la Mandoline pour accompagner l’érotique chanson de son héros.