Page:La Boétie - Œuvres complètes Bonnefon 1892.djvu/106

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DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE 2I 25 tion, ini afïriandes à la liberté, & qu’ils ne fçeuiïent - que c’eft ni de l’vn ni de l’autre, ni à grand’—peine des noms; ii on leur prefentoit ou d’eitre ferfs, ou viure francs, felon les loix defquelles ils ne flaccor- 'deroient: il ne faut pas faire doute qu’ils n’aimaffent 30 trop mieulx obeïr à la raifon feulement que feruir à vn homme; finonpofïible que ce fulïent ceux d’lfraël, qui, fans contrainte ni aucun befoin, fe firent vn tiran : duquel peuple ie ne lis iamais Phiftoire que ie- n’en aye trop grand defpit, & quafi iufques à en 35 deuenir inhumain pour me refiouïr de tant de maus qui lui en aduindrent. Mais certes tous les hommes, tant qu’ils ont quelque chofe d’homme, deuant qu’ils fe laiffent affuietir, il faut l’vn des deus, qu’ils foient contrains ou deceus : contrains par les armes eftran- 40 geres, comme Sparthe ou Athenes par les forces `d’Alexandre, ou par les factions, ainfi que la feigneurie d’Athenes eftoit deuant venue entre les mains de Pififtrat. Par tromperie perdent ils fouuentla liberté, &, en ce, ils ne font pas fi fouuent feduits par autrui 45 comme ils font trompes par eus mefmes : ainii le peuple de Siracufe, la maiftreffe ville de Sicile (on me dit qu’elle ûappelle auiourd’hui Sarragoulfe), eitant preifé pa-r les guerres, inconfiderement ne mettant VARKANTES les fucceffeurs, d’en faire ainfi que g2. « ny fans aucun befoin ». de leurs naturels efclaues ». 34. «quaû iufques à deuenir·in· 24. (K D0!] 3CCOLIl.t�mCS)). l1Um3lH )). ` 27. « ou d`cfîre fuicâs, ou viure 36. « qui leur en acluindrentn. en liberté, à quoy fiaccorderoyent 38. « ou qu’ils foient >>. ils} » 40. « Sparthe & Athenes ». 29. «pas faire difficulté ». . 46. « de Sicile, qui fiappelle au· 30. « feulemcnt à la raifon ». . iourd’huy Sarag0fl`e».