Page:La Fontaine - Fables choisies, Barbin 1692, tome 3.djvu/138

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Tant d’honneur que d’y prendre un champeſtre repas,
J’ay des fruits, j’ay du lait : Ce n’eſt peut-eſtre pas
De Noſſeigneurs les Ours le manger ordinaire ;
Mais j’offre ce que j’ay. L’Ours l’accepte ; & d’aller.
Les voila bons amis avant que d’arriver.
Arrivez, les voila, ſe trouvant bien enſemble ;
Et bien qu’on ſoit à ce qu’il ſemble
Beaucoup mieux ſeul qu’avec des ſots,
Comme l’Ours en un jour ne diſoit pas deux mots
L’homme pouvoit ſans bruit vaquer à ſon ouvrage.
L’Ours alloit à la chaſſe, apportoit du gibier,