Page:Mémoires de Louise Michel.djvu/116

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pas mal de révoltées, prenant tout simplement notre place à la lutte, sans la demander. — Vous parlementeriez jusqu’à la fin du monde !

Pour ma part, camarades, je n’ai pas voulu être le potage de l’homme, et je m’en suis allée à travers la vie, avec la vile multitude, sans donner d’esclaves aux Césars.

Elle aussi, la vile multitude, on la flatte à ses heures, on l’appelle le peuple-roi.

Disons quelques vérités aux fortes parties du genre humain, nous ne pourrons jamais trop en dire.

Et d’abord, parlons-en de cette force, faite de nos lâchetés : elle est beaucoup moins grande qu’elle ne paraît.

Si le diable existait, il saurait que si l’homme règne, menant grand tapage, c’est la femme qui gouverne à petit bruit. Mais tout ce qui se fait dans l’ombre ne vaut rien ; ce pouvoir mystérieux, une fois transformé en égalité, les petites vanités mesquines et les grandes tromperies disparaîtront ; alors il n’y aura plus ni la brutalité du maître, ni la perfidie de l’esclave.

Ce culte de la force reporte aux temps des cavernes ; il est général chez les sauvages, comme chez les premiers peuples du monde.

J’ai vu là-bas, on Calédonie, des tayos char-