Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/232

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Scène II.

PONTGOUIN, PITOU.


Pontgouin. Je ne parierais pas pour le sous-préfet, mais je parierais pour Gaston de Morières !… (Hésitant.) Je parierais ?… Eh !… eh ! parierais-je ?… Il est grand et généreux, mon ami Gaston ! mais trente mille livres de rentes qui s’évanouissent à votre barbe !… on ne s’attend pas… on reçoit la botte à bout portant… l’épreuve est raide !… (Frappé d’une idée.) Je parierai à coup sûr ! Un bon averti en vaut deux !… Avertissons Gaston !… (Il écrit.) “ Courage, ami, déclarez-vous ! L’histoire du codicille n’est qu’une invention. Il n’y a pas de codicille. Feignez d’y croire, n’y croyez pas, et la victoire est à vous ! ”

Pitou, s’approchant. Monsieur !… puisque monsieur est là, monsieur devrait donner un coup d’œil aux espaliers.

Pontgouin. Pourquoi cela, Pitou ?… je ne suis pas jardinier.

Pitou. C’est vrai ! mais monsieur est homme de loi, et monsieur verrait s’il est juste que le mur du voisin s’éboule sur les fruits de madame !

Pontgouin. Toujours le mur du voisin !

Pitou. Monsieur connaît M. de Morières. Monsieur pourrait le décider à réparer son mur ! Moi, si madame m’en croyait, on lui ferait un bon procès.

Pontgouin. J’y pensais, Pitou… mais quand nous aurons essayé, d’abord, de la… conciliation…