Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/237

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Marie. Encore ! Ah ! mon voisin, je ne vous ai jamais vu si désagréable que ce matin !

Gaston. Je n’ai pas de chance, alors ! moi qui m’étais promis d’être très agréable !

Marie. Pour me laisser des regrets plus vifs ! Vous tenez bien mal cet engagement.

Gaston. Je vais m’observer.

Marie. Vous observer ?… Or çà, monsieur de Morières ! parlons net. Depuis un an que j’habite la terre de Chantenay…

Gaston. Un an déjà !…

Marie. Faites-moi grâce de vos exclamations !… Depuis un an, nous vivons, vous et moi, dans des relations de voisinage, qui ressemblent à de l’amitié.

Gaston. La ressemblance est frappante. Mon château est à deux portées de fusil du vôtre, et vos terres s’enchevêtrent dans les miennes ! C’est à ce voisinage, que je bénis d’ailleurs, que je dois l’eau qui, de votre fossé, vient inonder mes caves !

Marie. Et moi, les pierres de votre mur qui écrasent mes plus beaux fruits ! Mais il ne s’agit pas de ces revers de la mitoyenneté… permettez-moi de continuer.

Gaston. Je vous écoute.

Marie. En suite de je ne sais quel échange de graines… plus ou moins potagères…

Gaston. Des graines de melon blanc ! Je ne l’oublierai de ma vie !

Marie. En suite de cet échange de graines de melon…

Gaston. Blanc !

Marie. Blanc !… Vous m’avez rendu visite !

Gaston. Je m’y vois encore ! Je vous apportais des greffes de rosiers, et des roses de mes greffes… pour vous permettre de juger !