Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/242

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pilule !… Réfléchissez et partez de ce principe que je vous aime ! Épousez-moi. Quittez Chantenay, venez à Morières. Vous n’avez qu’un pas à faire, un ruisseau à passer !… et à propos de ruisseau, ce sont les héritiers de Chantenay que nous allons houspiller ! un bon procès pour leur entrée en jouissance !… Réfléchissez ! le moins longuement possible… et quand vous aurez réfléchi… soyez compatissante ! vite ! un mot à Morières, où je retourne cacher la fièvre de mon attente !

Marie. Eh ! mon voisin ! que vous êtes pressé !…

Gaston. Dame ! plus tôt vous commencerez de réfléchir, plus tôt vous aurez terminé, et…

Marie. Mais vous présent, je réfléchis tout de même, et, si vous ne craignez pas d’alimenter votre fièvre, je vous offre à dîner.

Gaston. Je ferai un mauvais convive, mais bien heureux.

Marie. Je vais donner des ordres ; n’ayez crainte ! on ne fera pas d’extra ! Les amoureux vivent de peu… c’est connu.

Gaston. Ne vous moquez pas de moi ! je vous aime de tout mon cœur, et je ne demande qu’à le prouver !

Marie lui tend la main qu’il prend vivement. —
Un temps, un regard.

Marie, à part. Eh bien ! vrai ! j’eusse été peinée qu’il ne valût pas mieux que les autres ! !…

Elle sort.