Page:Énault, Feuillet, Ferrier, Labiche - Le chien du capitaine, La fée, Le codicille, Le major Cravachon, 1897.djvu/244

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Scène VI.

MARIE, PONTGOUIN.


Marie. Non, monsieur Pontgouin ! assez, je vous prie.

Pontgouin. Mais, madame…

Marie. C’est inutile ! je ne vous reproche rien, à vous : vous avez cru que l’amitié justifierait votre petite perfidie ; elle l’excuse, au moins. Quant à M. de Morières, n’essayez pas de le défendre !

Pontgouin. Vous le faites plus noir qu’il n’est vraiment.

Marie. C’est peut-être qu’il tombe de plus haut dans mon estime. Je m’étais sottement laissé prendre à ses protestations chevaleresques, et je lui en veux deux fois : d’avoir joué les don Quichottes, et de les avoir joués à si bon marché !

Pontgouin. Vous me ferez regretter amèrement…

Marie. Quoi donc ?… d’avoir douté de son désintéressement, au point de le mettre en garde contre l’épreuve, ou de m’avoir confessé votre tentative de trahison ? Ceci, pourtant, vous absout de cela !

Pontgouin. Oh ! ceci a été si involontaire ! Vous m’avez arraché mes aveux avec une habileté !…

Marie.… Que le hasard a servie ; sans l’indiscrétion de Pitou qui m’avait dit, innocemment, avoir remis, tout à l’heure, une lettre de vous à M. de Morières…

Pontgouin. Animal de Pitou !… mais n’avez-vous pas, vous, plaidé le faux avec moi pour me faire dire le vrai ?

Marie. C’est de bonne guerre !…

Pontgouin. Oui, dans une instruction criminelle ! contre un coupable endurci ! mais contre un brave homme de notaire ?