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FABLES D’ÉSOPE

Cette fable montre que souvent le travail l’emporte sur les dons naturels, si on les néglige.

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LES OIES ET LES GRUES


Des oies et des grues picoraient dans la même prairie. Des chasseurs parurent : les grues, légères, s’envolèrent ; mais les oies, retardées par la pesanteur de leurs corps, furent prises.

Il en est ainsi chez les hommes : quand une ville est en proie à la guerre, les pauvres se déplacent et se sauvent facilement d’un pays dans un autre et conservent leur liberté ; mais les riches retenus par le poids excessif de leurs richesses deviennent souvent esclaves.

354


LES POTS


Un pot de terre et un pot de cuivre étaient emportés par le courant d’une rivière. Le pot de terre dit au pot de cuivre : « Nage loin de moi, pas à mes côtés ; car si tu me touches, je vole en éclats, même si je m’approche de toi sans le vouloir. »

La vie n’est pas sûre pour le pauvre qui a pour voisin un prince rapace.

355


LE PERROQUET ET LA CHATTE


Un homme, ayant acheté un perroquet, le laissa libre en sa maison. Le perroquet, qui était apprivoisé, sauta et se percha sur le foyer, et de là se mit à caqueter d’une manière plaisante. Une chatte, l’ayant vu, lui demanda qui il était et