Page:Évanturel - Premières poésies, 1878.djvu/10

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Préface

qu’aux dernières limites de l’horizon. Sur la droite, à travers le feuillage mouvant des arbres qui s’élèvent au premier plan, l’éblouissante traînée des toits de la ville, étincelants comme de l’argent en fusion. En face, le large cours du fleuve roule avec majesté la masse de ses eaux qui vont se perdre et se confondre à l’extrême gauche, dans les lointains du ciel. Tout en bas, à cent pieds d’abîme, la plage où, sur les sables d’or, s’ébattent quelques enfants dont les cris de joie montent affaiblis jusqu’à nous ; tandis que la silhouette gracieuse de leur jeune mère — belle inconnue qui erre lentement sur la rive ombragée par la côte — se découpe en blanc sur les eaux sombres. Enfin, capricieusement étagés sur le flanc de la falaise, grimpent vers nous les sapins et les chênes, dentelant la verte bordure de l’anse, qui s’amincit graduellement et plonge au loin dans les flots.

Et, près de nous, n’entends-tu pas les cigales