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Préface

de contentement, de gaieté douce, dont on se sent pénétré, durant l’été, au milieu des sereines beautés de la campagne. Quant aux notes tristes que laisse échapper quelquefois le poète, elles lui sont venues sans doute plus tard dans un de ces moments d’angoisse si bien connus des hommes d’imagination. Causées par des blessures fictives ou vraies, ces douleurs de poètes, qui font pousser aux plus grands d’entre eux des sanglots immortels, méritent le respect de tous ; il ne faut point porter une main brutale sur ces délicates sensitives.

La poésie de M. Évanturel n’affecte certes pas le ton enthousiaste du genre lyrique. Loin de là son ambition. Ne se sentant pas encore les ailes assez fortes, le jeune poète ne veut pas s’élancer maintenant dans les régions éthérées, et, comme l’abeille, il se contente de butiner sur les fleurs. Ses idées là-dessus sont bien arrêtées et son intention manifeste. Il le dit volontiers :