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Préface

est un plastique ; avec l’étude et le temps, cette qualité ne fera que se développer et donnera à son vers une harmonie de rythme et une perfection de ciselure qu’il n’a pas encore atteintes. Peut-être faudrait-il aussi lui conseiller d’éviter ce travers où tombent quelquefois les poètes de sa préférence, qui, voulant aller trop au vif dans leurs tableaux, ne savent pas reculer devant la trivialité du trait.

Mais ce dont il faut, selon moi, louer notre jeune auteur, c’est la recherche constante du coloris, le soin qu’il prend d’éviter les redites, de marcher dans les sentiers battus de ces vulgaires versificateurs qui encombrent nos revues et nos journaux de leurs élucubrations, et font la cour aux Muses dans un langage fade et commun qui doit faire lever les épaules à ces grandes dames. Entre plusieurs gracieux petits tableaux pleins de couleur, nous voudrions citer en entier la Bluette qui commence ainsi :