Ce fond varie ensuite, parce que la diférence des conditions, en nous plaçant chacun dans des circonstances particulieres, nous soumet à des besoins diférens. Ce germe de nos connoissances est donc plus ou moins cultivé : il se dévelope par conséquent plus ou moins. Tantôt, c’est un arbre qui s’éleve, et qui pousse des branches de toutes parts, pour nous mettre à l’abri ; tantôt, ce n’est qu’un tronc, où des sauvages se retirent.
Ainsi le sistême général des connoissances humaines embrasse plusieurs sistêmes particuliers ; et les circonstances où nous nous trouvons, nous renferment dans un seul, ou nous déterminent à nous répandre dans plusieurs.
Alors les hommes ne peuvent mutuellement se faire connoître leurs pensées que par le moyen des idées qui sont communes à tous. C’est par-là que chacun doit commencer ; et c’est là par conséquent que le savant doit aller prendre l’ignorant, pour l’élever insensiblement jusqu’à lui.
Les bêtes qui ont cinq sens, participent plus que les autres à notre fond d’idée. Mais comme elles