souvent que le tissu des erreurs où ils ont jetté les philosophes.
Cet instinct n’est gueres plus sûr lorsqu’il juge du beau ; la raison sera sensible, si on fait deux observations. La premiere, c’est qu’il est le résultat de certains jugemens que nous nous sommes rendus familiers, qui par cette raison, se sont transformés en ce que nous apelons sentiment, goût ; en sorte que sentir ou goûter la beauté d’un objet, n’a été dans les commencemens que juger de lui par comparaison avec d’autres.
La seconde, c’est que, livrés dès l’enfance à mille préjugés, élevé dans toutes sortes d’usages, et par conséquent dans bien des erreurs, le caprice préside plus que la raison aux jugemens dont les hommes se font une habitude.
Cette derniere observation n’a pas besoin d’être prouvée ; mais pour être convaincu de la premiere, il suffit de considérer ceux qui s’apliquent à l’étude d’un art qu’ils ignorent. Quand un peintre, par [493] exemple, veut former un éleve, il lui fait remarquer la composition, le dessein, l’expression