nous connoîtrions sans doute l’essence de tout ce qui existe. Mais s’il ne nous est connu que par les raports qu’il a avec nous, ces raports prouvent invinciblement son existence.
Plus une vérité est importante, plus on doit avoir soin de l’apuyer que sur de solides raisons. l’existence de Dieu en est une, contre laquelle s’émoussent tous les traits des Athées. Mais si nous l’établissons sur de foibles principes, n’est-il pas à craindre que l’incrédule ne s’imagine avoir sur la vérité même, un avantage qu’il n’auroit que sur nos frivoles raisonnemens, et que cette fausse victoire ne le retienne dans l’erreur ? N’est-il pas à craindre qu’il ne nous dise comme aux Cartésiens : à quoi servent des principes métaphisiques, qui portent sur des hipotheses toutes gratuite ? Croyez-vous raisonner d’après une notion fort exacte, lorsque vous parlez de l’idée d’un être infiniment parfait, comme d’une idée qui renferme une infinité de réalités ? N’y reconnoissez-vous [497] pas l’ouvrage de votre imagination, et ne voyez-vous pas que