à l’ame la faculté d’opérer sur ses sensations, sans savoir ce qu’il lui donne ; que l’ame, ne peut, par l’exercice de ses opérations, aquérir de l’intelligence qu’il n’ait lui-même une idée de cette intelligence ; qu’en un mot, il connoît le sistême par lequel toutes nos facultés naissent du sentiment, et que par conséquent il nous a formés avec connoissance et avec dessein.
Mais son intelligence doit être telle que je l’ai dit, c’est-à-dire qu’elle doit tout embrasser d’un même coup d’œil. Si quelque chose lui échapoit, ne fût-ce que pour un instant, le désordre détruiroit son ouvrage.
Notre liberté renferme trois choses ; 1°. quelque connoissance de ce que nous devons, ou ne devons pas faire ; 2°. la détermination de la volonté, mais une détermination qui soit à nous, et qui ne soit pas l’effet d’une cause plus puissante ; 3°. le pouvoir de faire ce que nous voulons.
Si notre esprit étoit assez étendu et assez vif pour embrasser d’une simple vue les choses selon tous les raports qu’elles ont à nous, nous ne perdrions pas de tems à