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Page:Œuvres complètes de Condillac, tome 5 - Traité des animaux, 1803.djvu/148

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raisonner conséquemment, de lui refuser l’intelligence.

Cet être, comme intelligent, discerne le bien et le mal, juge du mérite et du démérite, aprécie tout : comme libre, il se détermine et agit en conséquence de ce qu’il connoît. Ainsi, de son intelligence et de sa liberté, naissent sa bonté, sa justice et sa miséricorde, sa providence en un mot.

Le premier principe connoît et agit de maniere qu’il ne passe pas de pensées en pensées, de desseins en desseins. Tout lui est présent, comme nous l’avons dit, et par conséquent c’est dans un instant qui n’a point de succession, qu’il jouit de toutes ses idées, qu’il forme tous ses ouvrages. Il est permanemment, et tout à-la-fois tout ce qu’il peut être, il est immuable ; mais s’il crée par une action qui n’a ni commencement ni fin, comment les choses commencent-elles, comment peuvent-elles finir ?

C’est que les créatures sont nécessairement limitées ; elles ne sauroient être à-la-fois tout ce qu’elles peuvent être : il faut