qui ne remarque sa dépendance, et qui ne se sente naturellement porté à craindre et à respecter les êtres dont il croit dépendre ? Dans les momens où il est tourmenté par ses besoins, ne s’humiliera-t-il pas devant tout ce qui lui paroît la cause de son bonheur ou de son malheur ? Or ces sentimens n’emportent-ils pas que les êtres qu’il craint et qu’il respecte, sont puissans, intelligens et libres ? Il a donc déja sur Dieu les idées les plus nécessaires par raport a l’effet moral. Que cet homme donne ensuite des noms à ces êtres, qu’il imagine un culte, poura-t-on dire qu’il ne connoît la Divinité que de ce moment, et que jusques-là il a été athée ? Concluons que la connoissance de Dieu est à la portée de tous les hommes, c’est-à-dire, une connoissance proportionnée à l’intérêt de la société.
===Chapitre VII.