Comment l’homme aquiert la connoissance des principes de la morale.===
[507] L’expérience ne permet pas aux hommes d’ignorer combien ils se nuiroient, si chacun voulant s’ocuper de son bonheur aux dépens de celui des autres, pensoit que toute action est suffisamment bonne, dès qu’elle procure un bien phisique à celui qui agit. Plus ils réfléchissent sur leurs besoins, sur leurs plaisirs, sur leurs peines, et sur toutes les circonstances par où ils passent, plus ils sentent combien il leur est nécessaire de se donner des secours mutuels. Ils s’engagent donc réciproquement ; ils conviennent de ce qui sera permis ou défendu, et leurs conventions sont autant de lois auxquelles les actions doivent être subordonnées ; c’est-là que commence la moralité.
Dans ces conventions, les hommes ne