l’ame aprend à parcourir, et les suites de mouvemens que le corps aprend à répéter, sont les seules causes de ces phénomenes, et que les unes et les autres varient suivant la diférence des passions. Chaque passion supose donc dans l’ame une suite d’idées qui lui est propre, et dans le corps une suite correspondante de mouvemens. Elle commande à toutes ses suites : c’est un premier mobile qui, frapant un seul ressort, donne le mouvement à tous ; et l’action se transmet avec plus ou moins de vivacité, à proportion que la passion est plus forte, que les idées sont plus liées, et que le corps obéit mieux aux ordres de l’ame.
[517] Il arrive cependant du désordre dans le sistême des habitudes de l’homme ; mais ce n’est pas que nos actions dépendent de plusieurs principes : elles n’en ont qu’un, et ne peuvent en avoir qu’un. C’est donc parce qu’elles ne conspirent pas toutes également à notre conservation, c’est parce qu’elles ne sont pas toutes subordonnées à une même fin ; et cela a lieu, lorsque nous mettons notre plaisir dans des objets contraires à notre vrai bonheur. L’unité de