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Page:Œuvres complètes de Condillac, tome 5 - Traité des animaux, 1803.djvu/178

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nous jugeons d’après eux, et notre esprit commence à devenir faux.

L’âge des passions fortes arrive, c’est le tems de nos plus grands égaremens. Nous conservons nos anciennes erreurs, nous en adoptons de nouvelles : on diroit que notre plus vif intérêt est d’abuser de notre raison, et c’est alors que le sistême de nos facultés est plus imparfait.

Il y a deux sortes d’erreurs : les unes apartiennent à la pratique, les autres à la spéculation.

Les premieres sont plus aisées à détruire, parce que l’expérience nous aprend souvent que les moyens que nous employons pour être heureux, sont précisément ceux qui éloignent notre bonheur. Ils nous livrent à de faux biens qui passent rapidement, et qui ne laissent après eux que la douleur ou la honte.

Alors nous revenons sur nos premiers jugemens, nous révoquons en doute des maximes que nous avons reçues sans examen, nous les rejetons et nous détruisons peu-à-peu le principe de nos égaremens.

S’il y a des circonstances délicates, où