doutant pas que ce ne sont que des notions abstraites, ils les prennent pour des choses très-réelles, qui existent en quelque sorte séparément dans l’ame, et qui ont chacune un caractere essentiellement diférent. Les abstractions réalisées, sont une source de vaines disputes et de mauvais raisonnemens.
Il est certain qu’il y a dans l’ame des idées, des jugemens, des réflexions ; et si c’est-là ce qu’on apelle entendement, il y a aussi un entendement en elle.
Mais cette explication est trop simple, pour paroître assez profonde [527] aux philosophes. Ils ne sont point contens, lorsqu’on se borne à dire, que nous avons des organes propres à transmettre des idées et une ame destinée à les recevoir ; ils veulent encore qu’il y ait entre l’ame et les sens une faculté intelligente, qui ne soit ni l’ame ni les sens. C’est un phantôme qui leur échape ; mais il a assez de réalité pour eux, et ils persistent dans leur opinion.